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05 octobre 2022

Atlantid

Se devant de suivre des règles pour respecter certains codes du genre, les auteurs de shōnens peinent parfois à se démarquer les uns par rapport aux autres. Il n'est ainsi pas rare de voir des oeuvres éprouver des difficultés à trouver leur public et espérer durer dans le temps, dans une industrie où la popularité influence et détermine le choix des éditeurs, d'arrêter ou non les oeuvres en cours de publication.

Il m'est déjà arrivé par le passé de lire des mangas dont les derniers tomes me laissaient un peu sur ma faim, comme s'ils avaient été brusquement conclus par décision des éditeurs ; je pense notamment à Shaman King ou Hikaru no Go. Et il n'y a rien de plus frustrant, chez les passionnés de lecture, que de commencer une oeuvre sans jamais pouvoir connaître le fin mot de l'histoire.

C'est malheureusement pour moi, ce qu'il vient de se passer avec Atlantid, que je viens de finir et qui rentre dans la liste des nombreux mangas qui amenèrent l'auteur, en l'occurrence Hidenori Yamaji pour ce qui est d'Atlantid, à bâcler la série.

Avant de revenir sur ce qui est d'après moi, la principale raison de l'échec d'Atlantid, je vais brièvement vous présenter le pitch de départ.

Le manga nous plonge dans un Londres en pleine révolution industrielle où un jeune adolescent vole un mystérieux anneau convoité par une organisation secrète. Alors qu'il est pris en chasse, il comprend très vite que l'objet renferme des pouvoirs anciens très puissants et qu'il vaut mieux éviter que celui-ci ne tombe entre de mauvaises mains.

On peut se dire que c'est un scénario classique de shōnen, où le personnage principal va avoir la noble mission d'empêcher les forces du mal d'avoir le pouvoir et qu'il va parallèlement progresser pour pouvoir leur faire face. Comment expliquer alors ce manque de succès et l'arrêt prématuré de la série ?

J'indiquais plus haut, qu'il y avait une raison en particulier et celle-ci concerne l'abondance d'éléments mystérieux. L'auteur a visiblement voulu créer un manga se voulant "bien pensé" et a donc mis l'accent sur le mystère, avec pour objectif - probable - de lever le voile, des volumes plus tard, sur les mystères de son oeuvre, afin de lui donner cette impression qu'elle fut réfléchie en amont et que tout ce qui allait se passer était prévu depuis le départ. C'est ainsi que nous avons un personnage principal dont on ne sait pas grand chose, mis à part son nom et le fait qu'il est orphelin ; des amis à lui qui ne sont pas vraiment mis en avant et qui ne sont donc pas attachants ; une organisation secrète qui fait office d'antagoniste ; une autre organisation secrète qui semble être du côté du héros ; un objet mystérieux aux pouvoirs qui le sont tout autant ; sans oublier le cadre spatio-temporel du récit qui manque de cohérence, entre l'action étant supposée se tenir dans le Londres de 1882 et la technologie digne du XXIe siècle utilisée par certains personnages.

Trop de mystère, tue le mystère.

Il n'est pas évident pour un lecteur de s'accrocher à la lecture, lorsque rien ne lui parle et j'ai le sentiment que c'est ce qui a conduit Atlantid droit dans le mur.

Sans aucune prétention, j'ai supposé - au travers d'une conversation avec mon frère - que cette façon de faire, qui manque de sincérité et qui fut plus que maladroite, ne pouvait être l'oeuvre que d'un jeune auteur sans expérience et après vérification, il s'avère effectivement que le CV de Hidenori Yamaji était vierge et qu'Atlantid fut son premier travail.

Conclusion : Passez votre chemin

Difficile de voir Atlantid comme un manga à fort potentiel, puisque tout laisse à penser que la trajectoire qui aurait été prise, nous aurait conduit à un énième shōnen, à la fois banal et sans saveur. Le manque d'expérience et de sincérité de l'auteur, font que je n'ai pas tant de regrets que d'habitude, lorsqu'il m'arrive de tomber sur des oeuvres qui ne connaissent pas de fin. Je note tout de même un coup de crayon fin, qui permet d'enrichir les planches en détaillant celles-ci, le tout dans un style qui se prête bien aux shōnens, mais cela ne suffit pas à me faire regretter Atlantid.

Je n'aime pas trop noter, mais si je devais donner une note, ce serait 1/5.

25 août 2022

Kingdom Hearts - Chain of Memories

J'ai ouvert ce blog, il y a presque sept ans de cela et l'un des premiers mangas que j'ai abordé n'était autre que Kingdom Hearts. De mémoire, la série ne m'avait pas convaincu et il y avait des chances que je ne me décide à lire la suite. Du moins, jusqu'à tout récemment où mes frères n'étaient pas contre à l'idée de se replonger dans l'univers de Kingdom Hearts. C'est ainsi que j'ai lu Chain of Memories, la suite des aventures de Sora, en deux tomes.

Et malheureusement pour moi, la lecture fut tout aussi déplaisante qu'il y a sept ans.

Avant d'en expliquer les raisons, qui seront probablement les mêmes que sur ma précédente critique ; faisons un point sur l'histoire. Dans Chain of Memories, Sora, Donald et Dingo sont respectivement toujours à la recherche de Riku et du Roi Mickey. À mesure qu'ils avancent dans leur quête, ils se retrouvent face à une mystérieuse organisation qui les a attiré dans le Manoir Oblivion, lieu où les héros vont progressivement perdre leurs souvenirs, mais également se remémorer certains moments marquants de leur vie.

Ce que je remarque dans Chain of Memories, c'est qu'il y a moins d'action et plus de réflexion, d'échanges entre les personnages. Ce qui n'est pas forcément un mauvais point, étant donné les difficultés que connaît l'auteur à retranscrire des batailles épiques de Kingdom Hearts... du moins, c'était ce que je pensais au début. Le fait est que - malheureusement - ce choix se révèle malvenu et pour cause, ces moments "posés" n'ont pas apporté grand chose à l'histoire, ils n'ont donné aucune consistence à l'oeuvre. C'est simple, à la fin de la lecture, je me suis demandé en quoi Chain of Memories était important et je n'ai toujours pas de réponse positive à donner. Je ne sais pas encore si ce qu'il s'est passé dans ce manga va être évoqué plus tard ou aura des répercussions par la suite, mais actuellement, alors que je viens de terminer la lecture des deux tomes, je pense davantage que passer outre Chain of Memories n'aura aucun impact sur la compréhension de l'histoire.

Mes doutes sur la pertinence même de l'oeuvre est accentué par l'enchaînement rapide des évènements, si on peut appeler cela ainsi. C'était déjà l'un des points que je soulevais sur la première série, cela se ressent davantage sur Chain of Memories, puisque l'histoire ne tient que sur deux volumes, l'auteur ayant eu encore moins d'espace pour développer la trame. Difficile dès lors de se souvenir des noms des personnages, ce qu'ils font, pourquoi ils le font et ce qu'il se passe globalement dans le Manoir Oblivion, puisqu'on ne s'attarde pas du tout sur les différentes péripéties de l'aventure.

Conclusion : Je vais encore attendre quelques années avant de lire la suite

Je plaisante (ou pas) en disant cela, toujours est-il que la lecture n'a pas été passionnante et je ne me vois pas me précipiter sur la suite des mésaventures de Sora. La première série m'a laissé un souvenir amer et je pensais que le passage de Kingdom Hearts en format manga était raté ; Chain of Memories confirme mon ressenti et c'est bien dommage, car j'apprécie la licence et son univers. Le style de Shiro Amano reste le seul point positif que je souligne, puisqu'il garde son côté mignon et colle bien à l'univers de la série.

Je n'aime pas trop noter, mais si je devais donner une note, ce serait 1/5.

05 avril 2022

Batman - l'Asile d'Arkham

Il n'y a pas de doute sur le fait que Gotham City est l'une des villes les plus dangereuses de l'univers DC, mais la réputation de certains de ses quartiers n'est rien par rapport à l'Asile d'Arkham. Cet endroit regroupe les personnalités les plus folles que Batman a dû affronter et bien qu'il s'agisse avant-tout d'un hôpital psychiatrique, c'est aussi une prison condensant les pires criminels qui existent.

Alors qu'il se sait condamné par la justice pour escroquerie financière, Warren White plaide la folie pour échapper à la prison dite « classique » (Blackgate) et se retrouve ainsi envoyé dans l'Asile d'Arkham. Bien entendu, il ne connaît pas du tout ce lieu, mais va vite comprendre dans quelle mésaventure il s'est mis.

J'avais des doutes concernant la qualité de cet album, d'abord parce que la première page de couverture n'est pas à mon goût, mais aussi parce que je n'arrive pas à apprécier des dessins de Ryan Sook. Néanmoins, le contenu m'a très vite séduit, j'ai grandement apprécié la tournure des évènements avec une certaine montée en puissance de la folie, jusqu'à arriver à une situation totalement dingue, qu'on ne pourrait typiquement voir ou imaginer qu'à Arkham. Le gros point positif de ce bouquin, c'est qu'il illustre bien la dangerosité de ce lieu et ce côté malsain qui émane de l'asile. On comprend vite que Warren White a fait le mauvais choix et à mesure que l'on avance dans la lecture, on a clairement pas envie de se retrouver à sa place.

Cet album est surtout l'occasion de revoir certains des plus grands antagonistes de l'homme chauve-souris, je pense notamment au Sphinx, au Chapelier Fou, à Poison Ivy, et bien d'autres encore. Malheureusement, si le comic book prend le nom de "Batman", ce dernier n'est pas là et son absence se fait un peu sentir. Il faut tout de même dire que la présence de ses rivaux dans cet asile est légitime et est une bonne raison pour les mettre - plus ou moins - en avant et que l'histoire ne tourne pas autour du héros. Par ailleurs, derrière cette faible présence, on comprend également qu'il y a une volonté de déséquilibrer le plus possible le récit, afin d'accentuer le chaos des évènements qui se produisent. Ainsi, ne pas utiliser Batman comme une force d'opposition habituelle, permet de créer un sentiment d'impuissance face à de tels criminels. J'ai utilisé le terme "chaos" plus haut, à juste titre, puisqu'il faut légèrement s'accrocher à la lecture pour bien suivre. Le final offre paradoxalement du sens aux évènements qui se sont produits dans l'asile et conclut ce comic book d'une belle manière, confirmant la qualité du titre et les échos que l'on peut avoir sur cette série, dont l'intégralité des six numéros sont regroupés dans ce comic book.

Conclusion : Un récit qui se lit très vite, qui ne perd pas de temps pour rentrer dans le vif du sujet et qui donne envie d'explorer davantage l'univers de Batman. Je regrette cette première page de couverture et les dessins de Ryan Sook, qui n'arrivent pas à me séduire.

Note : 4/5

Contenu : Arkham Asylum Living Hell (2004) 1 à 6

30 mars 2022

Punisher - Sale Boulot

Je viens de finir la lecture de Punisher - Sale Boulot.

C'était assez plaisant, on suit Frank Castle dans sa quête de vengeance, lui qui souhaite tuer et se débarrasser des acteurs du crime. Et à l'image du personnage, ça commence très rapidement, il n'y a aucune tergiversation, on comprend très vite que le Punisher est à la fois recherché par la police, parce qu'il dépasse le cadre de la loi, mais il est également pourchassé par des malfaiteurs. Cela donne le sentiment que Frank Castle est seul contre tous et doit donc agir sans se faire repérer et vivre comme un fugitif. Bien entendu, il s'est mis dans cette position tout seul et ne semble pas la regretter, il y a un pragmatisme appuyé chez le personnage et c'est probablement ce qui fait sa force.

Comme dit plus haut, j'ai plutôt apprécié la lecture, mais j'avoue avoir eu un peu de mal avec les dessins. Non pas que le coup de crayon de Steve Dillon n'est pas à mon goût, mais j'avoue que je m'attendais à voir le Punisher tel qu'on le voit dans les couverture originales. Il faut tout de même que je vous explique ; l'édition que j'ai lue est celle de 2017, qui marquait le 20e anniversaire de Panini Comics, d'où la première page de couverture étrange que vous pouvez voir plus haut. Celle-ci a été illustrée par un dessinateur français qui s'appelle Joann Sfar. Pour les couvertures originales (ou américaines, si vous préférez), le Punisher est illustré dans un style complétement différent et visiblement, ce n'est pas Steve Dillon qui en est à l'origine, mais un certain Tim Bradstreet. En bref, c'est un style que j'apprécie tellement, que j'ai finalement acheté les 9 tomes du Punisher sortis au début des années 2000,  dont les premières pages de couvertures sont calquées sur les couvertures originales.

Pour en revenir à cet album, outre le carnage que le Punisher provoque, je n'ai personnellement pas retenu grand chose. Les deux antagonistes m'ont parus quelconque, je veux dire par là que les raisons qui font qu'ils sont opposés au protagoniste ne sont pas marquantes et il y a plus de chance de se souvenir d'eux (ou de l'un d'entre eux en particulier) pour son apparence physique, que pour ses motivations qui se résument à vouloir "tuer le Punisher".

Conclusion : Prometteur, mais...

Je n'ai lu que les six premiers chapitres de la série de 2001 et si je me fie à mes achats évoqués plus haut, j'ai en ma possession la totalité des deux séries (2000 et 2001), je vais donc pouvoir me faire une réelle idée du personnage et d'un run que beaucoup de passionnés considèrent comme iconique. Pour ma part, j'estime qu'il y a du bon, que c'est prometteur, mais que ça manque de sentiment et qu'on a là, l'équivalent d'un film bourré uniquement d'actions.

Ma note : 4/5

21 mars 2022

Avengers : L'armée d'Ultron !

La raison d'être des Avengers est toute simple : quand un ennemi est bien trop puissant et représente un gros danger pour la planète, il faut se rassembler pour ne faire qu'un face à l'adversité. En ce sens, on peut pratiquement être sûr que les aventures du groupe en mettent plein la vue, ont de l'intérêt et qu'il s'agit d'une bonne opportunité pour (re)voir certaines figures majeures "made in Marvel".

Et cet album tape en plein dans le mille avec une première aventure opposant les Avengers à Ultron et son armée de robots. C'est l'occasion pour Iron Man et ses partenaires de montrer au gouvernement son erreur de vouloir initialement se passer d'eux pour l'avenir. La seconde histoire met en avant le Leader, un antagoniste que je ne connaissais pas et que j'ai découvert sur cette BD. Samuel Sterns, de son vrai nom, a également été irradié par les rayons gamma, au même titre qu'Hulk et Abomination, à la différence près qu'il n'est pas devenu une brute de plus de deux mètres, mais un génie (du mal) disposant d'un cerveau surdimensionné.

Personnellement, j'aime découvrir des personnages et avoir cette sensation d'en apprendre un peu plus sur l'univers qui entoure certains super-héros. Pour autant, j'ai eu un peu de mal avec cet album, notamment au niveau des dessins de Manuel Garcia. Je trouve que ça manquait de fluidité d'une case à l'autre, l'action n'était pas toujours compréhensible à la première lecture. Au-delà de ça, je n'ai pas énormément de choses négatives à dire.

Conclusion : Dernière lecture de la collection Marvel Adventures, mais non la moindre. Cet album sur les Avengers est probablement celui qu'il faudrait conseiller en priorité aux très jeunes lecteurs, puisqu'il réunit les plus grands super-héros de Marvel, que ce soit Spider-Man, Hulk, Iron Man ou encore Wolverine, au travers de deux récits efficaces, dans le sens où ils sont dynamiques, où l'action n'attend pas et où la plupart des protagonistes sont mis en avant (même ce loser de Captain America).

Ma note : 4/5

15 mars 2022

Hulk : Le goliath vert

S'il est généralement boudé par l'éditeur lorsqu'il s'agit de proposer des bouquins à moindre coûts au travers d'opérations commerciales, Hulk a finalement eu droit à sa propre BD estampillée Marvel Adventures, rien de surprenant d'ailleurs, tant il est facilement identifiable pour le jeune lectorat visé par cette collection. D'ailleurs, s'il y a un album à retenir de cette collection, c'est bien celui de Hulk.

Ce n'est pas la première fois les aventures du "colosse de jade" se révèlent passionnantes à suivre. L'année dernière, j'avais déjà pu découvrir le personnage via deux comic books et la lecture de ses mésaventures (si je puis dire) s'était révélée plaisante.

L'album s'ouvre sur un premier numéro qui fait office d'origin story et bien qu'agréable à lire, j'ai encore le récit de « Hulk Gris » en tête, qui offrait justement une porte d'entrée similaire à l'univers du super-héros, notamment parce qu'il proposait une introduction au personnage. Difficile dès lors, d’être subjugué par le chapitre, comme si je lisais ce genre d’histoires pour la première fois. Néanmoins, il m'est tout autant difficile de critiquer ce qu'on a là, tant les récits de ce genre sont captivants. Par ailleurs, c'est aussi l'occasion d'admirer les planches de David Nakayama, qui a un style accrocheur, dans les standards de ce qui se fait habituellement. Avec tout ce que j'ai pu dire, on pourrait penser que j'ai commencé par le meilleur, mais il n'en est rien, j'ai davantage aimé le second numéro, qui voit Hulk se multiplier en plein Manhattan (New York City) et devenir un vrai problème qu'il faut résoudre. J'ai vraiment apprécier lire ce chapitre, car il montre exactement à quel point ce mastodonte vert fait des ravages partout où il passe. Le personnage de Jamie Madrox, bien qu'il ne soit pas le plus connu, a su faire une entrée - pas loin d'être badass -  et réussir à se montrer important, sans forcément voler du spotlight à l'alter-égo de Bruce Banner. C'est Juan Santacruz qui s'est occupé des dessins ; autant je ne suis pas trop fan lorsque ça manque de détails, autant là, étrangement, je trouve qu'il y a quelque chose qui fait que j'aime plutôt bien. Je ne suis pas un professionnel, donc je n'arrive pas forcément à mettre le doigt sur les éléments qui font que j'aime ces illustrations, mais je pense que ça a un rapport avec les couleurs utilisées et les dégradés qui furent réalisés par Wilfredo Quintana. C'est légèrement sombre et ça colle bien avec la pénombre new yorkaise, le récit se déroulant en pleine nuit.

Conclusion : Comme indiqué dans l'introduction, ce comic book sur Hulk est celui que j'ai le plus apprécié de cette collection Marvel Adventure. Il me reste celui sur les Avengers à lire, donc je serais vite fixé sur mon avis définitif. Pour autant, on est complétement loin de certains albums qui manquent d'intérêt (Thor) ou qui méritent d'être brûlés (Captain America).

Ma note : 5/5

14 mars 2022

Iron Man : Cœur d'Acier

Voilà plusieurs mois que je n'avais pas lu, que ce soit des comic books ou des mangas, voir même les habituels bouquins sur la géopolitique qui me passionnent tant et dont je ne sais toujours pas si je vais les aborder sur ce blog. Quoi qu'il en soit, j'ai terminé aujourd'hui la lecture d'un petit album centré sur Iron Man, d'où le fait que je ponde un nouvel article.

C'est un super-héros que je n'affectionne pas vraiment, mais qui a étrangement réussi à me séduire sur une petite anthologie que j'ai lu dernièrement. Et ça l'a été cette fois encore, sans que je n'arrive vraiment à l'expliquer. Il y a bien un point que j'ai apprécié particulièrement, c'est que les deux numéros proposés dans ce comic book pouvaient être considérés comme faisant partie d'une même histoire, c'était ainsi scénarisé et dessiné par les même personnes. Je relève cela, parce que ce n'était pas forcément le cas sur l'album concernant Thor, où je regrettais ce gros contraste entre les numéros proposés. Pour en revenir à Iron Man, c'est Fred Van Lente qui derrière les deux histoires du comic book, c'est un auteur que j'ai découvert via « Ivar, Timewalker » et si on peut raisonnablement penser que ce n'est pas ces récits sur Iron Man que nous citerions en premier lieu si nous devions le louanger, ces deux numéros ont le mérite d'être prenants. Je dis cela, car l'auteur ne tergiverse pas et lance son histoire très rapidement, en plus d'ajouter de la tension en mettant son héros en grand danger. Pour ce qui est des dessins, ils se révèlent agréables à voir, ils manquent un peu de détails au niveau des visages, mais James Cordeiro compense par des arrières-plans et environnements soignés.

Pour évoquer brièvement le contenu, le premier chapitre est une "origin story", le but est ainsi d'essayer de raconter la naissance d'Iron Man à partir d'une situation donnée. En 1963, Larry Lieber avait choisi le contexte de la guerre au Vietnam pour lancer le personnage. En 2008, Hollywood a introduit le super-héros en armure depuis le Moyen-Orient, une manière de faire vivre les histoires fictives avec leur temps. Pour ce qui est de Fred Van Lente, Iron Man prend vie dans une île perdue du Pacifique, la menace est toujours d'origine asiatique et le cahier des charges respecté. Je dis cela, car il se retrouve enfermé avec une personne, il va collaborer avec cette même personne, celle-ci finira par le sauver, avant de mourir, c'est globalement un schéma qui revient souvent et qui fait que Tony Stark (la réelle identité d'Iron Man) change profondément et voit les choses sous un autre angle, en ce qui concerne le fait de tenir un business dans l'armement. Pour quelqu'un comme moi qui ne connaît pas énormément le personnage, lire ce genre de chapitre introductif est toujours plaisant, il permet de se familiariser avec certains personnages et de les connaître. Le deuxième numéro met en scène le Mandarin, un adversaire bien plus charismatique que la scientifique menaçante du premier numéro. En plus d'attirer les regards, le Mandarin se révèle ici particulièrement dangereux avec les pouvoirs qui lui proviennent de différents anneaux, il met d'aileurs Iron Man en difficulté.

Conclusion : Un bon comic book pour les petits fans d'Iron Man

Et oui, cet album s'adresse aux jeunes lecteurs, fans du "guerrier en armure". C'est rapide à lire, les histoires ne sont pas complexes et les courtes scènes de dialogues permettent à l'action de rester le cœur du bouquin. On peut dire sans crainte qu'il s'agit d'une porte d'entrée pour le lectorat jeune, qui fera connaissance avec Iron Man, mais également des personnages importants du super-héros comme Pepper Potts et James Rhodes. Les lecteurs pourront ensuite sans craintes, s'attaquer à la lecture de comic books plus complexes. Aucun réel point négatif à souligner ; la traduction était correcte, mais je retiens l'utilisation d'un terme qui ne veut rien dire et une tournure de phrase qui passe naturellement en anglais, mais qui paraît étrange en français. Ce n'est pas grand chose et ce n'est certainement pas ce que l'on retient de l'album.

Ma note : 5/5

31 décembre 2021

Bilan sur mes lectures de 2021

Voilà six ans maintenant que je profite du 31 décembre pour rédiger un petit compte rendu de mes lectures sur l'année qui vient de se terminer.

Commençons sans tarder avec - comme d'habitude - le visuel qui liste mes lectures et comme vous pouvez le voir ci-dessous, je n'ai lu qu'un seul manga, me contentant principalement de comic books. C'est la première fois depuis que j'ai ouvert ce blog que j'ai dû me limiter à une seule série nippone, la faute - bien évidemment - à la crise sanitaire. Je ne sais pas encore combien de temps cette situation durera, mais je ne souhaite pas spécialement faire des tests PCR à chaque fois que je me rends à la bibliothèque, je me doute aussi qu'il y a certaines restrictions désormais, comme le fait de ne pas toucher/feuilleter les bouquins ou rester plus de trois minutes dans l'enceinte des lieux. Il y a bien entendu, pire dans la vie, donc je ne vais pas me plaindre de cette situation, je trouve juste que c'est dommage, car j'aurais aimé lire davantage de mangas.



Forcément, j'ai donc pioché dans les comic books que j'avais à la maison, j'en achète par moments et je dois en avoir près de deux cents environ. Ça peut paraître beaucoup, mais on relative assez vite quand on compare avec certains autres passionnés qui ont des collections regroupant quelques milliers de titres. Néanmoins, j'avoue avoir un peu honte, car je n'ai alloué que très peu de temps à la lecture ces derniers mois, je ne sais pas si c'est le fait que 2021 était une sale année sur le plan personnel et professionnel, mais ça a dû jouer. Je sais qu'il m'arrivait parfois de vouloir lire, mais je n'avais pas la conscience tranquille, j'étais noyé dans les problèmes, c'est toujours le cas à l'heure actuelle d'ailleurs.

Voilà en gros ce que j'avais à dire pour expliquer avoir aussi peu lu.

Parmi les six comic books, trois d'entre eux n'excèdent pas les 50 pages, de mémoire. Il s'agit de petits livres destinés aux très jeunes lecteurs, comme je l'ai indiqué dans mes critiques, c'était vraiment le genre de BD que j'ai lu quand j'avais très peu de temps devant moi. Dans la liste, j'ai également précisé que deux de mes lectures étaient des aperçus du FCBD, qui signifie "Free Comic Book Day", il s'agit de léger livrets contenant un ou deux chapitres, pour découvrir certaines séries. Au final, ce fut donc une année presque blanche, j'espère pouvoir remettre un peu d'ordre dans ma vie et avoir l'esprit tranquille pour enchaîner les lectures, dans les mois qui arrivent.

Comme depuis le premier bilan de fin d'année, je vous invite à (re)lire mes critiques, n'hésitez pas à cliquer sur les liens, vous avez également les notes* que j'ai attribué, entre parenthèses.


* Personnellement, je note sur cinq.

J'ai souvent eu pour habitude d'évoquer un peu les séries que je comptais lire, mais étant donné la situation actuelle, je ne pense pas que cela est pertinent. Surtout que j'ai énormément de mal à respecter un planning de lecture, lorsque j'en met un en place. Du coup, je vais faire l'expérience des lectures impulsives, celles qu'on ne prévoit pas, c'est peut-être mieux ainsi.

13 septembre 2021

Thor : Le Dieu du tonnerre

N'ayant que peu de temps devant moi, mais ayant tout de même cette volonté de remplir le blog, je continue de m'appuyer sur ces courts récits, issus de la collection Marvel Adventures. Après Spider-Man et Captain America, c'est désormais Thor qui est à l'honneur avec deux histoires qui permettent de se familiariser avec le personnage... sans forcément aller plus loin. En effet, les numéros proposés dans cet album n'ont pas pour objectifs de faire connaître le super-héros en profondeur, mais de brièvement le présenter et si possible, séduire le jeune lectorat via quelques doses d'actions.

Honnêtement, je ne suis pas très attiré par la mythologie nordique et de ce fait, Thor ne me passionne pas. Je ne sais donc vraiment pas quand est-ce que je me déciderai à lire certaines de ses aventures, et ce n'est certainement pas ce livre - qui ne fait qu'éfleurer le personnage - qui va changer les choses.

Pourtant, c'est rapide à lire, l'histoire démarre très vite et les dessins de Rodney Buchemi sont vraiment agréable à voir. Néanmoins, il manque le côté épique que l'on associe à Thor et que l'on ne retrouve pas ici. Prenez Loki ; il a beau être son adversaire, c'est surtout un antagoniste du nom de Klaus Voorhees qui est au centre de l'action ici et c'est fort dommage, car on perd beaucoup en charisme et intérêt. Le deuxième numéro ne fait guère mieux, puisque celui que l'on surnomme le "Dieu de la Malice" est toujours dans les sales coups, mais bien trop en retrait pour donner un gros intérêt à l'histoire, qui tourne finalement autour de deux ennemis bien trop méconnus. Par ailleurs, les dessins de Jon Buran font un énorme contraste avec ceux de Rodney Buchemi et souffrent - à mon sens - de la comparaison que l'on peut inconsciemment se faire. Je ne dis pas qu'il a un mauvais coup de crayon, mais celui-ci est particulier et ce n'est habituellement pas le genre de style que l'on associe aux comic books américains de super-héros.

Conclusion : À mon sens, ce petit bouquin centré sur Thor aurait gagné à introduire le personnage via une "origin story" et proposer un petit clash avec Loki. Ça aurait été une solution facile certes, mais quand on voit les deux aventures quelconques proposées ici, avec des antagonistes secondaires et d'affrontements de courtes durées, qui n'ont rien d'épique, je me dis que ça n'aurait pas été plus mal, tant le manque d'intérêt se faire sentir sur cet album. À noter également un style graphique qui détonne d'un chapitre à l'autre, ce qui peut gêner certains lecteurs.

Ma note : 2/5

10 septembre 2021

Captain America : La légende vivante

C'est probablement le super-héros que je trouvais le plus ridicule quand j'étais jeune, mais j'ai finalement appris à l'aimer avec la sortie des films, il y a presque dix ans maintenant. À tel point que je souhaitais lire du Captain America et avait même contacté Panini Comics pour leur demander de sortir l'intégralité des premières aventures du personnage, sorties à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale (avec notamment cette fameuse couverture où il place un coup de poing à Adolf Hitler). Cette intégrale est depuis sortie, mais comme je suis un mec bizarre, je ne me suis pas jeté dessus. Non, il a fallu attendre cette collection Marvel Adventure pour que je lise un premier bouquin sur Captain America.

Et je ne vais pas aller par quatre chemins : je n'ai pas aimé. J'ai trouvé le contenu trop vide d'intérêt dans les deux premiers chapitres avec un Steve Rogers qui se réveille à notre époque et est pris en chasse par HYDRA. Aucun réel effort n'a été fait pour expliquer pourquoi il ne peut être libre et comment il fut maintenu en vie, la congélation sur +60 ans n'expliquant pas tout. Graphiquement, je ne suis pas fan du style de Craig Rousseau, qui a un style cartoonesque avec très peu de détails et des contours formant très souvent des figures rectangulaires, l'encrage est par ailleurs, appuyé et les couleurs un peu trop claires pour moi. Les dessins de Chris Cross, sur le dernier numéro proposé dans cet album, sont plus à mon goût, mais même là, il y a quelque chose qui me dérange, entre les contours trop gros et un surplus de détails qui donnent cette impression de brouillon sur certaines planches. Au-delà de la patte graphique de Cross, c'est surtout le scénario qui laisse à désirer. Alors que je m'attendais à une opposition entre Captain America et le Rhino, j'ai eu la mauvaise surprise de voir que cette histoire allait finalement voir les deux personnages travailler de concert pour... sauver un petit animal. Ais-je besoin d'en dire plus ?

Conclusion : Probablement le pire album de cette petite collection Marvel Adventures. Bien entendu, il ne faut pas oublier qu'elle s'adresse à un lectorat très jeune, mais difficile d'imaginer les très jeunes lecteurs apprécier un produit où ce qui est annoncé dans la page de couverture est en réalité bien loin du contenu.

Ma note : 1/5

28 août 2021

Spider-Man : De grands pouvoirs...

Il m'arrive parfois de bouquiner des BD sur un coup de tête, alors même que l'envie n'est pas forcément là. C'est ce que j'ai fait aujourd'hui, en prenant pas plus d'un quart d'heure de mon temps à lire ce petit album centré sur Spider-Man. C'était court, parce que destiné aux enfants, mais un réel plaisir - malgré tout - de replonger dans deux aventures du personnages.

Dans ce comic book, nous avons droit à deux chapitres, le premier servant de prologue, tandis que le second nous offre un face-à-face avec l'un de ses pires adversaires, un certain Max Dillon, aussi connu sous le nom d'Electro.

Comme indiqué plus haut, c'était plaisant. J'avais un peu peur du résultat au moment d'acheter cette BD, pensant que j'allais le regretter à cause d'un contenu immature et des dessins cartoonesque, mais il s'avère que le contenu, bien que peu profond, n'est pas si éloigné de ce que l'on peut retrouver dans les comic books destiné au public plus large, à mon sens ; en plus d'un style graphique finalement pas si dérangeant, personnellement. Outre cela, la lecture fut rapide, les auteurs ont visiblement fait le choix de ne pas rentrer dans les détails et survoler - plus ou moins - les deux histoires proposées.

Moi qui aime les "origin stories", j'ai beaucoup aimé le premier chapitre, qui était pratiquement calqué sur le film Spider-Man de Sam Raimi, sorti en 2002. Ça manquait un peu de dialogue, je ne cache pas qu'il y a eu cette impression de vouloir expédier l'histoire, mais c'est un choix que je peux comprendre, étant donné le lectorat visé. Concernant le deuxième chapitre, il fut assez drôle, sans que ce soit excessif. Vous imaginez bien que l'opposition entre Spider-Man et Electro ne fut pas épique et d'ailleurs, j'avoue que je ne m'attendais pas à grand chose, on peut dire qu'il a rempli la mission, il fallait un affrontement entre deux personnages et le contrat est respecté, voilà tout.

Conclusion : Pas si mal, pas si décevant que cela. Juste un peu dommage qu'on ait pas une centaine de pages, plutôt que seulement une cinquantaine. À l'évidence, ce n'est pas un comic book à conseiller aux adultes, ni même aux adolescents, mais davantage pour les enfants. Néanmoins, rien ne vous empêche de le lire, si vous avez un petit quart d'heure à combler.

Ma note : 5/5

14 juillet 2021

Immortal Hulk : Ou est-il les deux ?

Nous sommes le 14 juillet 2021, jour de fête nationale et en bon patriote français, je viens de lire un comic book de nos cher amis américains. À la vue du titre, vous avez probablement deviné que Hulk est à nouveau au centre du bouquin, comme ce fut le cas la semaine dernière. Sauf que cette fois-ci, nous n'avons pas droit aux origines du héros, mais à un récit qui illustre bien tout le problème que représente le colosse de jade pour Bruce Banner.

Le titre - encore une fois - nous en dit beaucoup à ce sujet, puisque Hulk est immortel. Peu importe ce qu'il lui arrivera, il reviendra d'entre les morts et continuera de causer de gros dégâts partout où il passera, forçant ainsi Bruce Banner à jouer les fugitifs à travers le pays et faire profil bas. Malheureusement pour lui, une journaliste est bien déterminée à le retrouver et se rapproche progressivement de lui.

Très honnêtement, bien que j'accroche à l'intrigue et que j'apprécie les dessins, j'avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dedans. Je ne suis pas trop d'accord avec l'éditeur lorsqu'il vend cela comme un album accessible. Il faut avoir lu des récits en amonts et en ce qui me concerne, je n'étais - par exemple - pas au courant de ce qu'avait fait  Hawkeye à Hulk, tout comme je ne comprenais pas pourquoi le fait que Hulk soit vivant pouvait surprendre dans cette histoire.

Et du coup, quand je me suis retrouvé face à des éléments comme la "porte verte", j'étais un peu déconcerté, ne sachant pas s'il fallait comprendre quelque chose ou s'il s'agissait d'un détail qui trouverait son explication plus tard, dans la série. Je n'ai cité qu'un exemple, mais je peux aussi  revenir sur l'affrontement entre Hulk et Sasquatch, affrontement dont l'issue finale n'a pas eu d'effet sur moi, car je ne connaissais pas la relation qu'entretenait Bruce Banner avec la personne qui possédait Sasquatch et cette fin, qui voit Hulk drainer l'énergie de son adversaire... bref, encore une chose qui m'a surpris et mis dans le doute. Alors oui, on pourrait se dire que c'est de ma faute, que c'est à moi de faire le nécessaire pour rattraper mon retard sur les - bientôt - 60 ans du personnage, mais entre les livres qui ne sont pas réédités et actuellement en rupture de stock, les séries qui ne sont pas toutes entièrement publiées et les prix qui me forcent à acheter de plus en plus de la VO, je me dis que Panini Comics n'aide pas forcément les débutants. À mon sens, l'éditeur aurait dû offrir un guide de lecture dans les premières pages du bouquin, pour nous conseiller sur ce qu'il faut lire avant d'entamer Immortal Hulk ; ça reste leur job de faire en sorte que les lecteurs prennent plaisir et aient envie de mettre à nouveau la main au porte-monnaie. Là, j'ai été assez déçu, car Immortal Hulk a été vendu comme accessible, alors que ce n'est pas trop le cas, selon moi.

En voilà un, qu'il ne vaut mieux pas embêter...

Le paragraphe que je viens de rédiger peut laisser croire que j'ai détesté la lecture, alors que j'ai étonnamment bien aimé, surtout le côté enquête, apporté ici par le personnage de Jackie McGee, même si ce n'était pas grand chose ; il me tarde d'ailleurs de lire du Batman, je suis sûr d'apprécier. À noter aussi que Hulk est dépeint ici comme un monstre intelligent, qui fait peur à son hôte et qui est réellement dangereux, en atteste ses actions dans les premiers numéros qui composent cet album. On est clairement loin de l'image qu'on a de lui dans les récentes productions cinématographiques et c'est franchement cool, j'en avais marre de voir que le titan vert soit perçu comme une blague, alors qu'il a été longtemps vu comme l'une des plus grandes menaces de l'univers Marvel. En clair, je salue cette idée d'Al Ewing, qui apporte un petit vent de fraîcheur au personnage. En ce qui concerne les dessins,  j'étais au départ déçu de voir qu'Alex Ross ne signait que les couvertures, mais Joe Bennett m'a vite séduit. Il a un coup de crayon qui est exactement ce que j'attends de voir, lorsque j'ouvre un comic book. C'est beau, détaillé et dynamique ; ça aide à finir la lecture très vite, même quand certains éléments nous échappent, comme j'ai pu l'expliquer plus haut.

Conclusion : Immortal Hulk propose typiquement ce que j'espérais, une version du colosse de jade sérieuse et imposante, rendant ainsi la lecture plaisante. Elle aurait certainement été meilleure si j'avais davantage de connaissances vis-à-vis du personnage, c'est pourquoi je compte bien relire cet album, un de ces jours, j'ai d'ailleurs déjà acheté les premiers volumes de la série en VO. Ça se tente, c'est pas mauvais, juste un peu difficile d'accès pour les débutants.

Ma note : 4/5

Contenu et auteurs :
 Immortal Hulk (2018) #1-5 par Al Ewing & Joe Bennett

Mes points positifs :
+ Fraîcheur apportée par le récit
+ Comic book qui démarre très vite
+ Cette version de Hulk
+ Le côté "enquête" apporté par Jackie McGee
+ Les planches de Joe Bennett

Mes points négatifs :
– Récit pas forcément accessible, il faut avoir lu d'autres séries en amont
– Le combat contre Sasquatch qui se finit sans "climax"

© 2021 MARVEL

08 juillet 2021

Hulk : Gris

Nous sommes le 08 juillet 2021 et le comic book que je vais aborder aujourd'hui se focalise sur Hulk, un des nombreux super-héros emblématiques de l'univers Marvel.
 
Pourtant, il a beau être emblématique, il a beau être l'un de mes préféré - notamment grâce aux films sortis en 2003 et 2008 - ça ne change pas le fait que je ne connais pas tant que ça le personnage et n'allez pas croire que mon choix de lire ce bouquin a été réfléchi. Non et non, cela s'est fait sur un simple coup de tête. J'avais envie de lire du Hulk et j'ai pris le premier livre que j'avais sous la main (dans ma chambre, je précise, car on pourrait croire que je l'ai volé). Peu importe cette inquiétude, qui revient souvent au moment d'ouvrir un comic book, cette habituelle crainte de se perdre, de ne pas comprendre ce qui est raconté et qu'il faut possiblement approfondir le sujet en amont en lisant d'autres titres. J'ai décidé de me lancer tête baissée et advienne que pourra.

Et le moins que je puisse dire, c'est que j'ai eu la chance de tomber sur une œuvre très accessible, une relecture des origines du personnage, par Jeph Loeb. Forcément, lorsqu'il s'agit de ce que les anglophones appellent une "origin story", il n'y a pas besoin d'avoir quelconques connaissances sur celui que l'on surnomme le "colosse de jade". D'ailleurs, le récit a de quoi surprendre, car si Hulk se distingue aujourd'hui par sa peau toute verte, il a été gris, brièvement à ses débuts, d'où le nom du comic book.

Le comic book justement ; il commence avec Bruce Banner parlant à son psychiatre, il parle, il évacue ses ressentiments, il est notamment amené à revenir sur le jour où tout a basculé et c'est au travers de ses paroles, que se forme une sorte de flashback, qui permet d'assister au début des gros ennuis du personnage. Entre sa première transformation, ses premiers accros avec l'armée, le début de sa fameuse rivalité avec le général Ross et sa relation compliquée avec Betty Ross, Jeph Loeb réussi à offrir un condensé des éléments qui servent de base à tout récit concernant Hulk.

Honnêtement, je trouve que c'est un bon moyen de raconter l'origine du personnage, sans aller jusqu'à uniquement moderniser un récit en récupérant ce qui s'est déjà fait auparavant. Néanmoins, je ne vais pas mentir, j'ai l'impression qu'on a là, que le strict minimum et qu'il y avait moyen - sur les six numéros qui composent l'album - d'offrir bien plus. On dirait que Jeph Loeb a juste respecté un cahier des charges, sans forcément prendre le risque d'ajouter sa patte. Il y a bien une apparition d'Iron Man, mais elle est peu marquante et le personnage disparaît comme une merde si de rien n'était. Celui qui se démarque vraiment ici, c'est Tim Sale, via son coup de crayon typique de ce que l'on peut voir dans les BD franco-belges. Certaines planches sont superbes, il y a de gros plans et des pages doubles très belles à mon goût ; le seul soucis qui m'a gêné, c'est qu'on était pas loin d'un style complétement cartoonesque et forcément, il n'est pas rare de trouver des pages avec peu de détails, des cases où les illustrations donnent l'impression d'avoir été faites de manière hâtive. Par contre, la magnifique première page de couverture que vous pouvez voir plus haut, n'est pas de Tim Sale, mais de Jean-Louis Mourier. Je note également un regret sur le fait qu'on ait pas abordé le changement de couleur, j'aurais aimé savoir pourquoi il est passé du gris au vert, d'un point de vue scénaristique... si tant est que les auteurs travaillant pour Marvel aient invoqué une raison, par le passé, parce qu'on sait en réalité que ce n'est qu'une directive d'ordre éditoriale. N'empêche que ça aurait été drôle de voir quelle excuse les auteurs auraient trouvé pour justifier un tel changement visuel.

Après s'être pris une bombe gamma de plein fouet, Bruce Banner s'est fait un nouvel ami, mais pas celui qu'on aurait aimé avoir.
 
Conclusion : « Hulk : Gris » permet de se familiariser avec le personnage et constitue une bonne porte d'entrée pour découvrir le colosse de jade. En revanche, je nourris quelques regrets, car j'attendais quand même plus d'un album composé de six numéros. Loin de moi l'idée de dire que je suis déçu, ce n'est pas le cas, j'ai vraiment bien apprécié la lecture, mais il manque peut-être un petit quelque chose à mon sens.

Ma note : 5/5

Mes points positifs :
Mes points négatifs :
+ Rapide à lire
+ La manière de raconter l'origine
+ Simple et accessible
+ La relation Betty/Bruce
+ Certaines planches superbes, mais...
– Impression que certaines cases sont dessinées à la va-vite
– Pas d'explication sur le fameux changement de couleur de Hulk ?

Contenu et auteurs :

Hulk : Gray (2003) #1-6 par Jeph Loeb & Tim Sale

© 2017 MARVEL

27 juin 2021

Spider-Man : L'histoire d'une vie

Voilà un moment que je n'avais pas lu un peu de Spider-Man. Ce n'était pas faute d'avoir envie, mais je me devais de finir quelques bouquins en priorité, afin de les rendre à la bibliothèque. Néanmoins, je préparais déjà mes futures lectures en parallèle, en effectuant notamment l'achat d'un comic book sur l'homme-araignée. Il s'agit de « Spider-Man : L'histoire d'une vie » ; je l'ai enfin lu et je comprends pourquoi on en dit beaucoup de bien.

Nous avons tous - pour la plupart - inconsciemment accepté l'idée que les personnages de fiction soient comme figé dans le temps et qu'ils ne vieillissent qu'au gré des auteurs. Mais que se passerait-il, si le temps s'écoulait normalement ? C'est la question que s'est posé Chip Zdarsky, au travers de cet album, qui permet de suivre Spider-Man, de ses débuts en 1962, à nos jours.

On aura beau dire ou non que ce n'est pas une idée originale, mais cette approche a le mérite d'être intéressante, puisqu'elle oppose le personnage face à un problème insolvable : le temps. Peter Parker vieillit, il prend de l'âge et ne peut rien y faire. Sa fin approche, elle est inexorable et pour un super-héros de son envergure, pour un personnage aussi symbolique que lui, ce récit peut vite se montrer poignant. On voit le temps défiler à mesure que l'on avance dans la lecture, on voit des personnages mourir, ne plus revenir, d'autres qui viennent à la vie, on voit la situation familiale/professionnelle de ce cher Peter Parker changer ; il y a ce réalisme, certes cruel, mais qui donne pourtant tout son sens à la vie.

Si le fond est passionnant, la forme est - quant à elle - bien pensée.

Nous aurions pu avoir une histoire inédite, Chip Zdarsky aurait pu se laisser tenter à imposer ses idées et égoïstement essayer de voler la vedette, mais il a visiblement préféré revisiter certains des moments les plus marquants de la carrière du Tisseur ; une manière de reconnaître et rendre hommage à la formidable carrière du personnage. Un choix pas forcément mauvais, même s'il peut laisser perplexe. Je comprends en effet qu'on puisse croire que cette BD ne s'adresse qu'aux vrais connaisseurs de Spider-Man et il est vrai qu'il faut connaître l'homme-araignée pour pleinement profiter de cette œuvre ; néanmoins, ne pas connaître le héros masqué n'est pas un soucis, dans la mesure où aucune connaissance n'est nécessaire pour comprendre et surtout, apprécier le récit proposé.

En ce qui concerne Mark Bagley, j'avoue avoir beaucoup de mal avec son style. Ça manque d'équilibre entre un Spider-Man très beau et accrocheur et certains personnages peu expressifs. Par ailleurs, certaines planches se révèlent peu fluides, je pense notamment à celle illustrant Norman Osborn, lorsqu'il apprend que son fils est décédé. Il passe de la colère, aux larmes et tout ça d'une case à l'autre, sans même que l'on ne sent la tristesse monter en lui. Notez que ce n'est qu'un exemple, parmi tant d'autres et je trouve cela dommage, parce que le récit est touchant et peut l'être encore plus si les illustrations accentuent le côté dramatique des situations.

Conclusion : Tout s'enchaîne très vite dans ce bouquin et c'est peut-être une analogie de la vie voulue par l'auteur. Quoi qu'il en soit, ça n'enlève pas le fait que ce long voyage de Peter Parker est prenant, mais aussi triste, quand on connait d'avance le fin mot de l'histoire. À la fois dramatique et romancé, l’œuvre propose aussi une dose d'action, qui accompagne - malgré lui - le personnage. L'histoire aurait gagné à être développée davantage pour que certains néophytes puissent suivre plus facilement, mais comme dit précédemment, ce n'est pas dérangeant ; je garde quand même quelques regrets sur les dessins.

Ma note : 5/5

J'ai aimé : J'ai moins aimé :
+ L'idée de base
+ La manière dont c'est amené
+ Certains passages du bouquin
– Certains dessins et des planches qui manquent de fluidité

Contenu et auteurs :

Spider-Man : Life Story (2019) #1-6 par Chip Zdarsky & Mark Bagley

© 2019 MARVEL

10 juin 2021

Horseback 1861 [FCBD]

Le petit livret du « Free Comic Book Day France » que j'ai évoqué dans la précédente critique, celle de Carbone & Silicium, comportait aussi un aperçu de la série « Horseback 1861 » de David Hasteda et Nikho. J'en ai donc profité pour lire les premières pages et j'avoue ne pas avoir réussi à apprécier ce qui était proposé. Pourtant, ça ne se joue pas à grand chose.

Horseback 1861 nous transporte dans les États-Unis du XIXe siècle, en plein milieu de la fameuse "conquête de l'Ouest". Redford J. Randall a pris sa retraite de chasseur de primes et s'est lancé dans le convoyage afin de couler paisiblement les quelques dernières années de sa vie. Malheureusement pour lui, après avoir accepté une mission du gouvernement qui l'invite à transporter une cargaison à San Francisco (California), il doit faire face à des bandits qui lorgnent sur le contenu qu'il transporte et qui n'hésitent pas à attaquer les hommes qu'il emploie.

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Sur le papier, ça donne bien envie, mais à la lecture... c'était compliqué de rentrer dans l'histoire. Pour vous donner une idée du sentiment que j'ai eu : il y a une superbe introduction sur Redford J. Randall dans les premières pages, que j'ai bien apprécié, avant qu'une ellipse nous plonge quelques années plus tard, dans le vif du sujet. Dès lors, les personnages qui apparaissent nous sont inconnus et n'ont pas été introduits clairement, on se retrouve au milieu d'une scène qui dégénère très vite, sans que l'on ne sache qui est qui. Il y a même une page ou deux, que je n'ai pas compris, avec ce qui semble être le maire de la ville.

Deux choses à dire sur le paragraphe précédent pour clarifier mes propos :

---> Tout d'abord, j'ai conscience qu'une BD n'a pas à tout révéler d'un coup et que la lecture peut agir comme un puzzle et nous offrir des réponses bien plus tard, aux questions que l'on se pose. C'est d'ailleurs, un procédé que j'aime bien. Il y a certes une part de mystère ici, mais ce n'est pas celle d'un cliffhanger, davantage celle qui donne l'impression que l'auteur doit avancer très vite et n'a pas le temps de poser le contexte et il ne faut pas oublier que ce petit livret doit être sur "un aperçu" de Horseback 1861. Il doit avoir l'objectif de nous inciter à acheter le bouquin entier ; or, je sors de la lecture en me disant qu'on ne m'a rien montré de concret. Je sais globalement ce qu'il se passe, mais rien d'autre.

---> Un mot aussi sur les dessins qui n'aident pas à la compréhension du récit. Autant le style, typique que l'on retrouve sur les BD franco-belges est sympathique visuellement parlant et les couleurs utilisées rendent le tout accrocheur ; autant je dénote des planches inégales les unes par rapport aux autres, comme s'il y avait deux dessinateurs différents. C'est pour cela que je parle du maire de la ville qui apparaît à un moment ; j'ai eu beaucoup de mal à le reconnaître d'une case à l'autre, sur la même page. Je le redis, j'aime ce coup de crayon, j'aime les plans et les découpages qui facilitent l'immersion, mais je trouve qu'il manque une certaine homogénéité dans le travail de Nikho.

Conclusion : Il est évident que j'attendrai de réellement voir ce que Horseback 1861 vaut, avant de me faire un réel avis et malgré tout ce que j'ai écris, j'ai le sentiment que ça va être une superbe lecture. Le pitch de départ me tente bien, il y a de l'enjeu, ça a l'air de démarrer vite, donc pas le temps de s'ennuyer et les dessins sont beaux à voir. C'est surtout l'aperçu que je critique et non pas l’œuvre en elle-même.

Ma note : 2/5

J'ai aimé : J'ai moins aimé :
+ Le pitch de départ
+ Les dessins et les couleurs utilisées, mais...
– Certaines planches inégales
– L'aperçu en général, Ankama ne nous offre rien ici

08 juin 2021

Carbone & Silicium

Chaque année, le « Free Comic Book Day France » permet aux passionnés ou à ceux qui souhaitent découvrir la BD américaine, d'obtenir quelques comics gratuitement, après avoir effectué un ou plusieurs achats. L'année dernière, j'ai ainsi reçu un petit livret des éditions Ankama comprenant les premières pages de deux séries ; l'une d'entre elle s'appelle « Carbone & Silicium ».

la suite à venir...

Carbone & Silicium [FCBD]

Chaque année, le « Free Comic Book Day France » permet aux passionnés ou à ceux qui souhaitent découvrir la BD américaine, d'obtenir quelques comics gratuitement, après avoir effectué un ou plusieurs achats. L'année dernière, j'ai ainsi reçu un petit livret des éditions Ankama comprenant les premières pages de « Carbone & Silicium » et devinez quoi ? Ce n'est même pas américain, mais français et sur le peu que j'ai lu, Mathieu Bablet nous offre du très bon !

Je n'ai - en effet - eu droit qu'à un petit aperçu, mais ce fut suffisant pour me faire une première idée et placer la série dans ma liste des « futures lectures » et pourquoi pas « futurs achats ».

Pour vous présenter brièvement l'intrigue, l'histoire se passe dans un futur proche où une entreprise s'apprête à commercialiser des robots ayant pour objectif d'aider l'être humain, notamment les personnes âgées. Ces machines prennent forme après le travail réalisé par un groupe disposant d'un savoir-faire et ayant également comme objectif parallèle d'insuffler une humanité aux robots. L'une des étapes est de leur transmettre l'intégralité du savoir humain. Sauf qu'après avoir reçu toutes les données, les deux androïdes vont ressentir... le besoin - avant toute chose - de vivre la vie comme des êtres humains.

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La première chose que j'ai envie de dire, c'est que Carbone & Silicium apporte un vent de fraîcheur et donne aux lecteurs, une nouvelle expérience, une perspective différente de ce que nous avons l'habitude de lire lorsqu'il s'agit de robots. Il faut dire que lorsque ce thème est abordé, il n'est pas rare de voir les auteurs se tourner vers des scénarios catastrophes, voyant l'humain être constamment mis en danger de mort par des machines qui auraient décidé de prendre leur indépendance. C'est d'ailleurs drôle, mais un clin d'oeil est fait à cela, lorsque les deux prototypes s'empressent de blaguer sur le fait que l'être humain est un danger et doit mourir, faisant ainsi peur au docteur qui les prenait en charge. Le fait qu'ils s'amusent d'elle est déjà un moyen de voir qu'ils sont presque comme nous, qu'ils ne sont pas contre une petite taquinerie.

J'ai globalement aimé que l'auteur casse les habitudes du genre et nous épargne le fait de placer son histoire dans monde futuriste typiquement "cyberpunk". De ce point de vue, l’œuvre se révèle être plutôt réaliste sur le peu qu'on voit, on est ici dans un monde qui ressemble au notre, qui n'a pas trop évolué et avec des préoccupations identiques à celles que nous avons, c'est-à-dire faire du profit et conquérir un marché. C'est, à titre personnel, beaucoup plus facile d'entrer dedans, on connait cet environnement et on peut plus aisément s'y aventurer dedans, être pris dans l'histoire. Nous avons même des petites remarques qui accentuent cette impression, notamment lorsqu'une des personnes travaillant sur le projet indique avoir dû faire des concessions sur l'apparence des androïdes, pour faire plaisir à des communautés, ce qui est très bien pensé, puisqu'il y a fort à parier que c'est ce qui arrivera dans le futur.

Le seul point où j'ai eu un peu de mal, c'est au niveau des dessins. C'est particulier, ce n'est qu'une impression, mais on dirait un hybride entre ce qu'on pourrait attendre des comic books américains et de la BD franco-belge, un mélange de styles si vous préférez. Certaines cases manquent de fluidités les unes par rapports aux autres et j'ai personnellement du mal avec ce style qui va jusqu'à grossir certains éléments, comme le front du professeur Noriko. Mathieu Bablet alterne d'ailleurs les coups de crayons fins et ceux qui sont plus marqués ; ce qui donne aussi bien des arrières-plans détaillés que des contours de personnages, à la limite du style cartoonesque. Le tout sous des couleurs vives, telles que le rouge, le jaune et l'orange, donnant une ambiance particulièrement chaude à la série.

Conclusion : Cet aperçu est un bon début. Malgré le thème choisi et la tentation d'amener le récit dans une direction déjà connue, Mathieu Bablet offre une tout autre aventure avec Carbone & Silicium, qui a le mérite de détonner avec ce qui existe déjà. J'attendrai cependant, de mettre la main sur le bouquin - qui est un one-shot d'ailleurs - avant de donner un avis définitif sur le titre. Néanmoins, le simple fait que je compte lire la suite, me fait dire que ce petit livret offert par les Éditions Ankama a plus ou moins, rempli sa mission.

Ma note : 4/5

J'ai aimé :
+ L'histoire proposée et le vent de fraîcheur que ça amène
+ Le côté réaliste

J'ai moins aimé :
– Les dessins, que ce soit le style ou le rythme des cases

Je vous laisse avec le trailer de Carbone & Silicium.


07 juin 2021

Letter Bee

C'est en lisant des mangas comme « Letter Bee » que je me dis que tous les thèmes ont probablement déjà été exploités par la bande-dessinée nippone. Sérieusement, imaginiez-vous que le métier de facteur serait - un jour - source d'inspiration pour créer une série ? Pensiez-vous qu'il existait une œuvre où les postiers seraient les héros d'une histoire ? Et bien moi non plus et le mieux dans tout ça, c'est que la série est pas si mal.

Letter Bee nous plonge dans un monde où les ouvriers de la poste ont la dangereuse mission de livrer des lettres à travers différentes régions inhospitalières, peuplées de terrifiantes créatures appelées "insectarmures". C'est en voyant la détermination d'un certain Gauche Suede, prêt à tout pour mener à bien son travail, que Lag Seeing décide de suivre le même chemin. Il faut dire que celui-ci est l'un des rares moyens lui permettant d'aspirer un jour à travailler dans la capitale, lieu où se trouve sa mère, elle qui fut enlevée, alors qu'il était encore très jeune. Néanmoins, il se rendra vite compte que le monde dans lequel ils vivent, cache de terribles secrets et que le gouvernement est derrière un sombre programme, qui va jusqu'à instrumentaliser les postiers pour assouvir un mystérieux projet.

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Honnêtement, j'étais plutôt dubitatif au début, mais l'auteur a quand même réussi à rendre le concept intéressant au fil des tomes. Il faut dire qu'il n'y a qu'un moyen d'éliminer les "insectarmures", leur tirer une balle-cœur. Celle-ci puise dans l'énergie vitale du postier et permet d'atteindre le cœur même des monstres, qui peuvent ensuite vivre en paix. Malheureusement, abuser de cette méthode n'est pas sans risque et peut conduire à la mort par arrêt cardiaque. Il faut donc faire preuve de modération et ce point-là sera central tout au long du manga, rendant la série assez tendue par moments. Il y a bien évidemment d'autres subtilités, mais je ne compte pas tout dévoiler et vous laisser le plaisir de découvrir cela par vous-mêmes.

J'ai personnellement trouvé les débuts assez mous. Hiroyuki Asada prend en effet le temps d'expliquer le concept en posant parallèlement le contexte de son histoire ; on a donc beaucoup d'informations à retenir d'un coup et c'est un peu déconcertant. Malheureusement, il [l'auteur] abuse des récits courts qui n'ont pas beaucoup d'importance sur l'histoire en elle-même, voir pas du tout et le fil rouge passe rapidement au second plan... du moins, au début. Par la suite, tout s'enchaîne plutôt vite, lorsque l'action prend le pas sur les dialogues. Je ne m'en souviens plus, mais j'imagine que ces courts chapitres avaient pour but de dévoiler justement les subtilités que j'ai évoqué lors du précédent paragraphe. Par ailleurs, l'un des gros points négatifs de la série est directement lié à ces débuts poussifs ; la fin de l'histoire est - à mon sens - vite expédiée, comme si l'auteur n'avait plus le temps et devait terminer au plus vite son récit. C'est à la fin du dernier tome que je me suis demandé s'il n'aurait été plus judicieux de profiter du début de la série pour y aller à fond et ne pas prendre autant de retard dans le développement de l'histoire ?

En plus de cela, deux autres points m'ont dérangé.

Tout d'abord, l'arrivée du « fan service » dans Letter Bee, alors qu'on était plutôt épargné par cette pratique, qui est d'ailleurs adoptée de plus en plus par les auteurs. De mémoire, Hiroyuki Asada a pris ce virage à partir du 13e ou 14e tome et dénature complétement l'univers charmant et mignon qu'il avait créé jusqu'ici. Dès lors, il ne se passe pas un chapitre sans qu'un gros plan de la poitrine d'Aria Link ne soit illustré ou que le fessier d'un personnage féminin soit exagéré. À croire qu'il fallait booster les ventes du manga... Le deuxième problème qui m'a beaucoup gêné aussi, c'est les choix scénaristiques surprenants que l'auteur n'a plus assumé par la suite, comme s'il voulait faire machine arrière et c'est fort dommage, car il n'est pas allé au bout de ses idées. Celles-ci auraient pu être géniales et offrir bien mieux que ce que nous avons eu à la fin ; Letter Bee a tout pour être un très bon shōnen, mais il manque d'un antagoniste marquant et nous aurions pu l'avoir, nous aurions même pu en avoir deux, quel dommage !

On pourrait croire que tout est à jeter et pourtant, cette série a des qualités qui font que je suis prêt à la conseiller aux passionnés.

Tout d'abord, c'est un manga qui réussit à placer et exploiter le métier des livreurs au cœur d'une série, ce qui vaut quand même - selon moi - un sérieux coup d'oeil. Loin de m'emporter, je considère tout de même qu'Hiroyuki Asada a eu le mérite d'avoir créé un concept original, là où d'autres shōnens n'ont pas vraiment su inventer quoi que ce soit. Mais la plus grande force du titre à mon sens, est la galerie de personnages, dont pas mal d'entre eux transpirent le charisme et ils sont nombreux ! Entre Largo Lloyd, Jiggy Pepper, Gauche Suede, Garrard ou encore Zazie Winters, on peut dire que l'auteur sait y faire pour donner vie à des protagonistes qui en mettent plein la vue. Enfin, un petit mot sur les dessins ; ça démarrait mal avec des scènes d'actions brouillonnes où je ne comprenais pas grand chose, mais ça s'est amélioré au fil des tomes. Je ne sais pas si l'auteur s'est appuyé sur un membre de son staff pour remédier au problème, mais toujours est-il que les planches étaient plus fluides par la suite. Son style ne se démarque pas trop de celui de ses confrères qui travaillent sur des séries du Shōnen Jump, on a cet habituel coup de crayon fin qui permet de détailler parfaitement certains environnements et personnages, même si on tombe parfois sur des pages inégales les unes par rapport aux autres, avec des cases qui se révèlent peu travaillées ; ça reste globalement mignon et agréable à voir. Quant aux premières pages de couverture, elles sont parmi les plus belles que j'ai eu l'occasion de voir.

Conclusion : Laissez-vous tenter par la lecture

Comme indiqué quelques lignes plus haut, Letter Bee est une série que je suis prêt à conseiller pour tous ceux qui cherchent de quoi s'évader. C'est un beau manga, qui nous transporte dans un univers bien pensé, riche et surprenant. L'auteur distille quelques mystères ici et là, qui trouvent finalement une réponse à mesure que l'on progresse dans l'histoire, confirmant qu'il y a un vrai travail en amont et qu'Hiroyuki Asada laisse peu de place à l'improvisation. J'ai noté quelques défauts à mon goût, mais globalement la balance penche vers le positif ; ça vaut le coup d'y jeter un coup d'oeil et de donner une chance à Letter Bee.

Ma note : 3/5

Le positif :
+ L'univers Letter Bee et le concept des balles-cœur
+ La liste des personnages
+ Des premières pages de couvertures sublimes

Le négatif :
– Quelques planches difficiles à comprendre
– L'idée d'insérer du « fan service » à un moment donné et en abuser
– Ça manque d'antagonistes marquants
– Des choix scénaristiques qui ne semble pas assumés par la suite

Tegami Bachi © 2006 by Hiroyuki Asada / SHUEISHA Inc.

31 décembre 2020

Bilan sur mes lectures de 2020

Tous les ans, je profite du 31 décembre pour rédiger un article concernant mes lectures sur l'année écoulée et cette fois, c'est au tour de 2020 d'être à l'honneur dans ce petit bilan. Ce fut une année assez particulière à cause de la pandémie de coronavirus qui a forcé la fermeture momentanée des bibliothèques du coin où j'habite, m'amenant à piocher dans ma chambre pour trouver de quoi lire. Pour autant, malgré les confinements et autres mesures gouvernementales, j'ai été étonnamment sur un rythme similaire à 2019 avec seulement une dizaine de lectures.

La première chose que l'on remarque en jetant un coup d'oeil au visuel ci-dessus, c'est le nombre de mangas lus (2). Comme indiqué plus haut, difficile d'en emprunter davantage à cause de la fermeture des médiathèques. Heureusement, ma bibliothèque personnelle m'a bien dépanné, avec des achats que j'ai réalisé courant 2018 et 2019. D'ailleurs, avec ma - presque - centaine de comic books chez moi, je suis bien paré aux possibles confinements de l'année à venir.

Comme d'habitude, je vais vous proposer deux graphiques - assez ridicules - qui imagent la répartition de mes lectures.

Ça me rappelle celui que j'avais fait en 2015, qui était presque l'exacte opposé de celui-ci.

À noter que Prince du Tennis s'étale sur 42 tomes, ce qui compense un peu le manque de lectures nippones, à mon sens. Bon... je pense qu'il n'y a pas besoin de s'éterniser davantage là-dessus, on passe au second graphique qui comptabilise le nombre de mes lectures par éditeurs.

Vu que mes critiques ne sont pas lues par tout le monde, je profite de cet espace pour vous proposer des liens menant à celles-ci, avec les notes* entre parenthèses.

Prince du Tennis (3)
Pokémon Or et Argent (5)
Unity : Dans la toile du Dr. Silk (5)
Kaijumax - Chapitre 1 (5)
Harbinger Wars : Blackout - Prologue (4)
Valiant High (4)
Ivar, Timewalker (5)
X-Men (5)
Deadpool (5)
Black Panther (4)
Iron Man (4)
Les Gardiens de la Galaxie (3)
Wolverine (5)

* Personnellement, je note sur cinq.

Généralement, je partage toujours une partie de mon planning pour l'année à venir, histoire que les visiteurs du blog puissent avoir une idée de ce qui les attend. En revanche, j'ai décidé de ne plus forcément respecter ce que j'ai planifié et je ne lirais que selon mes envies le moment venu.

Maintenant que c'est dit, sachez que côté manga - pour l'instant - je compte lire « Dragon Ball » et si possible, l'ancienne édition avec le sens de lecture à la française. Je sais que certains sont probablement en train de vomir en lisant ces lignes, mais je suis nostalgique des volumes de l'époque qu'un ami à moi me prêtait pour que je puisse lire la série. J'ai dû lire ce manga trois ou quatre fois, mais sans jamais enchaîner tous les tomes dans l'ordre, pour diverses raisons ; ce serait donc l'occasion de réparer cela. Je compte offrir une nouvelle chance à « Kingdom Hearts » que j'avais détesté en 2015 avec la suite qui ne tient que sur deux tomes. Enfin, j'ai également placé « Atlantis » et « Zatchbell ! » sur ma liste des mangas à lire prochainement.

Du côté des comic books, j'ai envie de reprendre les intégrales Spider-Man qui me manquent de plus en plus. La dernière lecture remonte à 2018, donc si je peux reprendre et avancer en lisant deux ou trois volumes, ce serait bien cool. J'ai envie de lire plusieurs one-shots issus de la collection 100% Marvel... ce qui ferait beaucoup de Marvel, donc si l'envie me prend de lire du DC Comics, je n'hésiterais probablement pas. J'ai longtemps hésité à acheter « Superman : Red Son » et 2021 pourrait peut-être me décider à enfin passer à la caisse, on verra bien. Je trouve qu'en France, Urban Comics se focalise trop sur Batman et oublie qu'il a d'autres licences qui ne demandent qu'à être mises en avant.

En attendant, merci de m'avoir lu et si vous avez des idées de lectures, des suggestions pour améliorer le blog, n'hésitez pas à m'en faire part. Bonne année, en espérant que celle qui s'annonce sera plus heureuse et profitable à tous.

30 décembre 2020

Pokémon Or et Argent

Cela fait à peu près deux ans que j'ai terminé la lecture de la première série Pokémon, j'en ai globalement gardé un bon souvenir et il ne s'agissait que d'une question de temps avant que je me décide à commencer « Or et Argent » ; je pensais qu'il s'agissait d'une nouvelle aventure, mais ce fut finalement une suite et quelle suite ! 

Attention, je vais autant spoiler que Neymar fait des roulades.

Je ne sais pas comment cela se passe chez l'éditeur japonais, mais on dirait vraiment qu'ils n'ont aucun problème à donner du temps et une liberté créative à Hidenori Kusaka. Ce dernier m'avait déjà bluffé sur la précédente série, par le récit qu'il avait délivré ; il confirme à nouveau sur Pokémon Or et Argent qu'il a des idées et que si on lui donne l'opportunité de les développer, le rendu final peut être très bon. C'est d'ailleurs le sentiment que j'ai vis-à-vis de ce manga. Au niveau des dessins, Mato est remplacée à un moment donné par Satoshi Yamamoto suite à des problèmes de santé ; les planches restent relativement similaires, ce n'est pas énormément détaillé, mais c'est voulu et le côté brouillon des séquences d'actions qui disparaît peu à peu, même si certaines pages n'étaient pas évidentes à comprendre.

Pour vous présenter brièvement le contexte de l'histoire, on suit Or à la recherche d'un voleur qu'il tente d'arrêter, mais il va rapidement se rendre compte que le supposé méchant qu'est Argent tente en réalité de stopper un homme masqué qui a pour ambition de contrôler le temps en essayant de capturer un pokémon unique.

Ceux qui ont déjà joué aux jeux vidéos et lu cette œuvre savent que l'aventure proposée ici n'a strictement rien à voir avec ce que l'on avait connu auparavant. À titre personnel, c'est exactement ce qui me plaît. L'effet de fraîcheur qui émane des trois volumes qui composent la série est bien réel ; dès les premières pages, on sait d'avance que l'on aura droit à des évènements aucunement calqués sur le support initial. Ainsi, pas question de voir le personnage principal tenter de chercher les badges et voyager d'arènes en arènes pour tenter de devenir le meilleur dresseur de la région de Johto. Non, dans Pokémon Or et Argent, le récit est bien différent, on le remarque notamment sur l'exploitation des personnages, qui se fait selon l'envie de l'auteur. Je pense notamment aux champions d'arènes qui sont utilisés hors de leurs arènes justement lors de certains segments narratifs incluant Suicune. C'est une manière originale de les introduire, sans aller jusqu'à pousser le héros principal à les défier ou les rencontrer personnellement. De même que l'on retrouve les anciens protagonistes et qui influencent la narration. Par ailleurs, on remarque que le manga n'est pas entièrement centré sur Or, puisque Cristal et Suicune prennent une grande place scénaristiquement parlant à un moment donné. J'indiquais dans l'introduction que ce manga était une suite du premier et bien de nombreux liens sont faits entre les deux séries et permettent de mieux comprendre l'origine de certains personnages. Un dernier point m'a plu, c'est au niveau des combats Pokémon, je les trouve plus nerveux et épiques, notamment ceux avec Lugia et Ho-Oh ; un problème que je pointais sur la précédente série.

Trois petits détails m'ont vraiment embêté sur Pokémon Or et Argent, d'abord sur l'identité de l'homme masqué. En sachant qu'il s'agit d'un professionnel du type Glace, qu'il cherche à obtenir et contrôler le temps, laissant penser qu'il est âgé ; il me paraissait évident que l'antagoniste ne pouvait être que Frédo. J'ai ainsi longtemps pensé qu'on aurait droit à un retournement de situation et qu'il s'agisse en réalité d'un tout nouveau personnage ou du retour d'Olga, mais il n'en fut rien. Deuxièmement, j'ai trouvé que Entei et Raikou étaient bien trop en retrait par rapport à Suicune, donnant l'impression que ce dernier est clairement le leader (s'il y en a un) du trio bestial. Enfin, le dernier point qui m'a légèrement contrarié, c'est l'apparition brève de Celebi, qui est pourtant l'objectif de l'antagoniste. J'attendais de le voir davantage, mais il faut croire que ce sera pour une prochaine fois.

Enfin, vous aurez probablement remarqué que cette critique arrive longtemps après ma dernière lecture, je dois avouer avoir eu énormément de mal à trouver le rythme pour avancer dans la lecture et cela n'a rien à voir avec la qualité de la série qui est juste géniale. C'est davantage lié à ma vie privé, j'ai été amené à constamment faire des breaks à tel point que j'ai eu l'envie - sur un coup de tête - de lire le troisième tome du manga d'un seul coup, ça m'a pris environ deux heures ce matin. Maintenant que c'est dit, passons à la conclusion.

Conclusion : Un pur plaisir à lire

Pokémon Or et Argent fut vraiment plaisant à lire, l'histoire s'enchaîne assez vite et est même assez drôle par moments, grâce au personnage d'Or et son Togepi. Elle manque d'équilibre sur certains aspects, mais réussit globalement à compenser par ses points forts et notamment son originalité, en plus de gommer - à mes yeux - les deux défauts de la première série.

Points positifs :
+ L'aventure proposée
+ L'utilisation de certains personnages
+ Retrouver le côté épique de la licence
+ Les liens entre les deux séries Pokémon

Points négatifs :
- Suicune "trop" en avant par rapport à Entei et Raikou
- L'identité trop évidente de l'antagoniste
- La présence brève de Celebi