
Nous sommes le 08 juillet 2021 et le comic book que je vais aborder aujourd'hui se focalise sur Hulk, un des nombreux super-héros emblématiques de l'univers Marvel.
Pourtant, il a beau être emblématique, il a beau être l'un de mes préféré - notamment grâce aux films sortis en 2003 et 2008 - ça ne change pas le fait que je ne connais pas tant que ça le personnage et n'allez pas croire que mon choix de lire ce bouquin a été réfléchi. Non et non, cela s'est fait sur un simple coup de tête. J'avais envie de lire du Hulk et j'ai pris le premier livre que j'avais sous la main (dans ma chambre, je précise, car on pourrait croire que je l'ai volé). Peu importe cette inquiétude, qui revient souvent au moment d'ouvrir un comic book, cette habituelle crainte de se perdre, de ne pas comprendre ce qui est raconté et qu'il faut possiblement approfondir le sujet en amont en lisant d'autres titres. J'ai décidé de me lancer tête baissée et advienne que pourra.
Et le moins que je puisse dire, c'est que j'ai eu la chance de tomber sur une œuvre très accessible, une relecture des origines du personnage, par Jeph Loeb. Forcément, lorsqu'il s'agit de ce que les anglophones appellent une "origin story", il n'y a pas besoin d'avoir quelconques connaissances sur celui que l'on surnomme le "colosse de jade". D'ailleurs, le récit a de quoi surprendre, car si Hulk se distingue aujourd'hui par sa peau toute verte, il a été gris, brièvement à ses débuts, d'où le nom du comic book.
Le comic book justement ; il commence avec Bruce Banner parlant à son psychiatre, il parle, il évacue ses ressentiments, il est notamment amené à revenir sur le jour où tout a basculé et c'est au travers de ses paroles, que se forme une sorte de flashback, qui permet d'assister au début des gros ennuis du personnage. Entre sa première transformation, ses premiers accros avec l'armée, le début de sa fameuse rivalité avec le général Ross et sa relation compliquée avec Betty Ross, Jeph Loeb réussi à offrir un condensé des éléments qui servent de base à tout récit concernant Hulk.
Honnêtement, je trouve que c'est un bon moyen de raconter l'origine du personnage, sans aller jusqu'à uniquement moderniser un récit en récupérant ce qui s'est déjà fait auparavant. Néanmoins, je ne vais pas mentir, j'ai l'impression qu'on a là, que le strict minimum et qu'il y avait moyen - sur les six numéros qui composent l'album - d'offrir bien plus. On dirait que Jeph Loeb a juste respecté un cahier des charges, sans forcément prendre le risque d'ajouter sa patte. Il y a bien une apparition d'Iron Man, mais elle est peu marquante et le personnage disparaît comme une merde si de rien n'était. Celui qui se démarque vraiment ici, c'est Tim Sale, via son coup de crayon typique de ce que l'on peut voir dans les BD franco-belges. Certaines planches sont superbes, il y a de gros plans et des pages doubles très belles à mon goût ; le seul soucis qui m'a gêné, c'est qu'on était pas loin d'un style complétement cartoonesque et forcément, il n'est pas rare de trouver des pages avec peu de détails, des cases où les illustrations donnent l'impression d'avoir été faites de manière hâtive. Par contre, la magnifique première page de couverture que vous pouvez voir plus haut, n'est pas de Tim Sale, mais de Jean-Louis Mourier. Je note également un regret sur le fait qu'on ait pas abordé le changement de couleur, j'aurais aimé savoir pourquoi il est passé du gris au vert, d'un point de vue scénaristique... si tant est que les auteurs travaillant pour Marvel aient invoqué une
raison, par le passé, parce qu'on sait en réalité que ce n'est qu'une
directive d'ordre éditoriale. N'empêche que ça aurait été drôle de voir
quelle excuse les auteurs auraient trouvé pour justifier un tel
changement visuel.

Après s'être pris une bombe gamma de plein fouet, Bruce Banner s'est fait un nouvel ami, mais pas celui qu'on aurait aimé avoir.
Conclusion : « Hulk : Gris » permet de se familiariser avec le personnage et constitue une bonne porte d'entrée pour découvrir le colosse de jade. En revanche, je nourris quelques regrets, car j'attendais quand même plus d'un album composé de six numéros. Loin de moi l'idée de dire que je suis déçu, ce n'est pas le cas, j'ai vraiment bien apprécié la lecture, mais il manque peut-être un petit quelque chose à mon sens.
Ma note : 5/5
| Mes points positifs : |
Mes points négatifs : |
| + Rapide à lire + La manière de raconter l'origine + Simple et accessible + La relation Betty/Bruce + Certaines planches superbes, mais... | – Impression que certaines cases sont dessinées à la va-vite – Pas d'explication sur le fameux changement de couleur de Hulk ? |
Contenu et auteurs :
Hulk : Gray (2003) #1-6 par Jeph Loeb & Tim Sale
© 2017 MARVEL
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