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24 avril 2020

Prince du Tennis

Comme beaucoup d'entre vous, j'ai profité du confinement pour avancer dans mes lectures et en ce qui me concerne, finir Prince du Tennis. Il s'agit probablement de la plus grosse œuvre de sport des années 2000 et celle qui a permis à Takeshi Konomi d'être un auteur qui compte au sein du Shōnen Jump. Si vous êtes affecté par le report de Roland Garros, la série de l'éditeur Kana se pose comme une assez bonne alternative.

Honnêtement, je m'attendais à du très lourd, parce que j'en avais un bon souvenir, mais je n'étais jamais allé au-delà du 19e tome durant mes années collèges. En effet, j'étais du genre à lire pas mal de mangas en même temps et certains ont perdu mon attention au fil du temps, comme Prince du Tennis. Au final, je peux dire que la série n'est pas aussi géniale que je l'espérais, c'est une œuvre qui a des qualités, dont une grosse notamment, mais qui souffre de pas mal de défauts.

Je vais d'abord vous résumer brièvement l'histoire, on suit des jeunes du collège de Seigaku (Tokyo) qui sont passionnés par le tennis et envisagent de devenir la meilleure équipe inter-collège du Japon et décrocher le titre national dans leur catégorie. Ils ne sont pas tous dans la même classe mais apprennent à se connaitre à travers leur passion et l'arrivée d'Echizen Ryoma dans leur collège va apporter une grosse plus-value à leur rêve, puisque ce dernier est un génie du tennis et son père, l'une des plus grandes légendes de ce sport et l'a entraîné depuis son plus jeune âge.

On voit donc cette équipe de Seigaku gagner en maturité au fil de l'aventure (42 tomes au total !) contre des adversaires toujours plus fort (Hyotei, St. Rudolph, Rikkai, Fudomine, etc...).

Je parlais d'un gros point fort et je vais l'évoquer dès maintenant, c'est la galerie des personnages et le traitement de ceux-ci. Les joueurs de Seigaku sont tous différents les uns des autres, on les identifie très facilement et personnellement, j'adore ça ; mais là où l'auteur se montre très bon, c'est dans leur traitement. Aucun des personnages n'est mis en retrait ou en avant davantage que les autres, ils vont ainsi tous progresser et bénéficier d'une mise en avant, là où dans Dragon Ball ou Naruto, le personnage principal devient tellement fort que les autres paraissent ridiculement faible.

Ce n'est pas le cas ici et tant mieux, car quand on s'attache à un personnage, on a qu'une envie, c'est de prendre plaisir à le suivre. Pour les personnages secondaires, l'auteur les a bien traités également et on a plaisir à revoir certains par la suite, car le manga propose deux arcs, d'abord un tournoi du Kanto (région tokyoïte), puis un tournoi national et certaines équipes se retrouvent par la suite.

Oubliez les Roger Federer ou Rafael Nadal, ces collégiens sont 100x meilleurs.

D'autres petits points positifs à signaler : le rythme de la série, à part deux temps morts (sur +40 tomes, c'est fort), tout le reste de la série s'enchaîne avec un rythme soutenu, on ne s'ennuie pas. Enfin, y a les dessins qu'il faut relever également, Takeshi Konomi adopte un style typique de ce qu'on voit dans le Shōnen Jump, c'est-à-dire un trait fin, précis et par moments, des environnements détaillés.

En revanche, comme je l'ai dit plus haut, Prince du Tennis multiplie les petits défauts et il est temps de les aborder.

D'abord, le fait de démarrer l'histoire sur un base réaliste où certains coups de raquette sont même expliqués, le genre de coup qu'une personne extérieur à cette discipline (comme moi) ne pourrait croire une seule seconde que ce serait possible à exécuter.

Sauf que ce côté réaliste et -au passage- intéressant perd tout sens quand l'auteur entreprend le virage "fantastique" (j'ai que ce mot en tête, désolé) et nous offre typiquement la même chose que les autres mangas, à savoir des affrontements où l'on pourrait carrément remplacer les raquettes par des poings en flammes que ça ne changerait rien à ce que l'on voit. Les matchs de tennis deviennent ainsi qu'un simple prétexte à de l'action pure où les balles peuvent disparaitre, être attirées à un point spécifique du terrain, rouler sur le filet à l'horizontale pour ne pas retomber là où est l'adversaire ou tout simplement ne pas passer le filet (car une force l'en empêche).

À la limite, si c'était un manga de cette veine dès le début, je n'aurais pas été embêté, car cela aurait été assumé dès le début. Ce qui me dérange en réalité, c'est qu'on nous vend un manga qui au final, n'est clairement plus le même à la fin, il y a cette impression de lire une autre série.

Autre point négatif, c'est qu'avec ce virage entrepris, on ne comprend plus grand chose aux actions, je ne parle pas d'avoir des explications, mais plutôt des dessins qui atteignent leurs limites puisqu'ils ne sont plus aussi clair qu'avant.

Notez la casquette Jack Purcell.

Enfin, un dernier point noir selon moi, c'est dans le dernier tome de la série, lors du dernier match de la finale du championnat national. Echizen Ryoma, le personnage principal reprend le dessus sans qu'il n'y ait de raison valable (je n'ai pas envie d'en dire plus pour ne pas dévoiler davantage), me laissant un petit goût amer dans la bouche.

Conclusion : Ça reste un bon manga

Prince du Tennis me rappelle Yu Yu Hakusho que j'aime beaucoup mais qui a pas mal de défaut. On a là, une série à lire au moins une fois, afin de se faire une réelle idée du manga, mais pas plus à moins d'être vraiment fan de l’œuvre. J'apprécie les personnages, j'aime les suivre, ils sont bien traités, mais il est évident que ce titre a trop de faiblesses pour finir un jour sur mon étagère. Takeshi Konomi est malgré tout un vrai passionné de tennis et réussit à transmettre son amour dans cette série et c'est tout à son honneur.


Points positifs :
+ Le traitement des principaux protagonistes de l'histoire
+ La galerie des personnages
+ Le coup de crayon intéressant
+ La première moitié du manga

Points négatifs :
- La seconde moitié de l’œuvre
- Le virage fantaisiste emprunté
- Les dessins qui perdent en clarté
- Le final du manga

© 1999 by Takeshi Konomi