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06 février 2017

Guardian Dog

Introduction :

Outre l’habituel staff qui travaille et vit dans l’ombre du mangaka, voir deux ou plusieurs personnes crédités pour une série est quelque chose qui m’a toujours rendu perplexe. Je me dis souvent qu’il est possible que la qualité du manga peut prendre un sacré coup en cas de conflit d’intérêt. Attention, une association entre un scénariste et un dessinateur peut offrir quelque chose de très bon, je dis juste que parfois, c’est la catastrophe. Pour la série que je vais évoquer, on en est pas passé loin.

Édité par Ki-oon, y a pratiquement une décennie, Guardian Dog entre dans cette catégorie des mangas « underground », pas très connu du grand public. La série ne dépasse pas les 4 tomes et les auteurs sont restés inconnus auprès des fans de mangas français. Pourtant, cette première association entre Akira Shirakawa et l’illustrateur Shôko Fukaki, aurait pu devenir un succès. Il y a eu de l’idée, des choses positives que je retiens, mais l’ensemble était trop friable.

Synopsis :

L’histoire est centré sur Gengo Kurosaka, un lycéen ordinaire qui va malheureusement pour lui, devenir l’hôte d’un parasite extraterrestre en fuite, du nom de « Six-Yeux ». Cela conduit Kurosaka à devenir la cible d’Ishtar, une extraterrestre de la catégorie « Observer », voulant tuer Six-Yeux et empêcher que ce dernier et ses semblables fassent de la Terre un terrain de chasse géant. Heureusement pour lui, Ishtar change d’avis et décide de surveiller Six-Yeux et par la même occasion, de veiller sur Kurosaka. C’est ainsi qu’elle est amenée à habiter chez lui et vivre quotidiennement à ses côtés.

L’histoire deviendra plus complexe au fil des chapitres, notamment par rapport à une organisation voulant semer le chaos à travers la planète et qui pourtant, partage la même mission qu’Ishtar, sans oublier l’apparition d’autres personnages plus mystérieux.

On ne traine pas...

À priori, ça ressemble à un vrai bazar et… c’en est pas loin. C’est difficile de proposer une histoire qui se veut complexe sur quatre volumes seulement. C’est donc tout naturellement que les choses s’enchaînent alors qu’elles sont à peine installées. On a pas vraiment le temps de tout assimiler qu’il faut déjà passer à la suite. En faite, on partage le même sentiment que Kurosaka, qui est lui aussi rapidement dépassé par ce qui se passe.

Dessins :

Concernant les dessins, Shôko Fukaki m’a d’abord surpris avant de me décevoir. C’est très beau et les pages de couvertures donnent un petit avant-goût de ce qui attend les lecteurs. Mais le soucis c’est que quand viennent les combats, l’incompréhension s’installe. Il est pas évident de comprendre les affrontements, même en regardant plusieurs fois les planches et comme on pouvait l’imaginer, avec quatre tomes, presque aucun combat n’est épique et dure assez longtemps pour qu’il soit appréciable. C’est exactement le même problème qu’a Kingdom Hearts et que l’on retrouve ici.

Distribution des rôles, si je puis dire :

Autre chose à noter, Gengo Kurosaka est souvent éclipsé par Ishtar et le « frangin », qui est un ancien Observer. Ce dernier a d’ailleurs, un rôle clé dans le combat ultime. Dans mon cas, je considère que voir le personnage principal avoir aussi peu d’importance, c’est quelque peu maladroit. Difficile de s’y attacher et de le prendre au sérieux. Néanmoins, j’ai bien aimé la touche d’humour que l’auteur a insufflé au manga, ça rend la lecture légèrement plus agréable.

Conclusion : Difficile d’aimer

Guardian Dog aurait probablement offert quelque chose de meilleur si les auteurs avaient pu étaler leur histoire davantage. Ça reste un manga qui se tente, parce qu’au niveau scénaristique, c’est pas mauvais. Mais faut bien s’accrocher pour suivre et être à fond dedans. Les dessins sont un régal pour les yeux, là où l’action est décevante. Je comprends cependant qu’il est difficile d’apprécier cette série et qu’elle tombera probablement dans l’inconnue. D’ailleurs, n’est-ce pas déjà le cas ?

★★☆☆☆

Informations :

Scénario et dessins : Akira Shirakawa et Shôko Fukaki
Éditeur japonais : Jive via Monthly Comic Rush (2004-2005)
Éditeur français : Ki-oon (2007-2008)
Nombre de tome : 4