
Après la lecture de Monster Soul, je suis resté sur du Hiro Mashima. Et comme le précédent manga, celui-ci n'a pas duré bien longtemps mais a été travaillé en parallèle à Fairy Tail, son manga du moment.
Sauf qu'il ne s'agit pas vraiment d'une de ses créations, mais plutôt un travail inspirée et basée d'un monde bien connu des joueurs de jeux vidéos : Monster Hunter. Ayant moi-même joué aux jeux sur PlayStation Portable, j'ai vraiment été séduit par cette idée de créer un manga prenant cet univers comme base et le développer. Et ce qui m'a davantage convaincu est l'indication selon laquelle, Capcom supervisait le projet.
Synopsis :
Formé à l'art de la chasse par son défunt maitre Gurelee, Shiki désire trouver et chasser la vouivre légendaire appelée Miogaruna. En pleine quête, il fait la connaissance d'une jeune aventurière, Eilee. D'abord réticente à l'accompagner, elle se rend compte qu'elle a le même objectif que Shiki. La loyauté de ce dernier finira par la convaincre de devenir son compagnon d'arme et de partir à l'aventure.
Une aventure n'est d'ailleurs, pas de tout repos, les deux chasseurs se retrouvent face à la menace de bêtes dangereuses, mais aussi de personnes voulant les stopper et récupérer les fameuses dagues du vent que possède Shiki.
Respect de l’œuvre et univers enrichi :
Comme écrit plus haut, Capcom a supervisé l’œuvre et du coup, on se retrouve avec un manga qui reprend en grande partie ce qui existe du jeu vidéo. C'est-à-dire que comme pour le jeu, le chasseur doit passer par une guilde pour démarrer une quête, il a droit à différentes armes (double dagues, katana, Fusarbalète, etc ...), les chasseurs rencontrent les mêmes monstres... ou presque.
Car oui, Mashima a aussi eu un minimum de liberté et a pu y intégrer quelques petits trucs. Il faut ainsi savoir que Shiki possède la marque du "Chasseur-Traqueur", qui lui permet de chasser n'importe où, sans forcément signaler sa présence à une guilde. De nouvelles armes sont présentes, comme le fouet d'un personnage secondaire. Enfin, l'auteur a aussi créé des monstres comme le Miogaruna ou le Girukuuza, enrichissant ainsi un univers déjà très riche.
Dessins et couvertures :
Un petit mot sur les couvertures. Je les trouve magnifiques, elles attirent l'oeil et donnent vraiment envie de lire et d'acheter le manga.
Comme pour Monster Soul, l'action est un peu brouillonne, mais globalement, ça reste correct. J'ai pas grand chose à dire, à part répéter qu'avec Hiro Mashima, on peut aussi bien remplacer Shiki par Natsu ou Aki, que ça ne changerai presque rien au final. C'est un peu le point faible de l'auteur, j'en envie de dire. Il semble avoir du mal à varier son graphisme et donne donc, cette impression de lire une histoire différente, mais avec les mêmes personnages et dans le même univers.
La touche frustrante "made in Mashima" :
La tournure des évènements est également similaire. Le monstre arrive et les chasseurs n'arrivent pas à le vaincre ou ne s'entendent pas, puis une action se passe et l'un des personnages passe près de la mort. Celui-ci est finalement sauvé, des petits mots viennent le remotiver et finalement l'équipe devient plus puissante et vaincre la bête féroce n'est plus qu'une question de volonté. Ajoutez à cela que le monstre n'est plus vraiment féroce, comme s'il était aussi impacté par les paroles du héros. De mémoire, le passage classique que je viens de décrire se situe au moment de la bataille contre le Plesioth, une vouivre des mers.
Je sais bien qu'il s'agit d'un schéma que l'on retrouve dans beaucoup de mangas shonens, mais je ne vois pas pourquoi il serait impossible pour l'auteur de dériver légèrement et offrir une construction différente des scènes d'actions.
Une série courte, mais un bon bonus :
Encore une fois, la série est courte, trop courte même. Monster Hunter est un monde riche et l'exploiter davantage aurait pu s'avérer intéressant. Je ne connais pas les raisons de l'arrêt de la série, mais il est fort possible que le manga ait été complétement éclipsé par le jeu vidéo, qui était bien plus populaire. En parlant de popularité, on peut aussi se dire que l'auteur pouvait difficilement tenir un tel rythme avec son travail sur Fairy Tail, sa série phare du moment.
Le dernier volume propose un long bonus constitué d'histoire courte mettant en avant l'équipe ayant travaillé aux côtés d'Hiro Mashima. Les histoires sont rapide à lire, on peut suivre le staff jouant à Monster Hunter Freedom Unite au quotidien, elles tiennent sur une demi-page et sont assez drôle.
Conclusion : Pas mauvais, mais ...
Monster Hunter Orage est une série riche, amusante par moments et convaincante dans sa globalité. Mais elle est souvent redondante et n'arrive pas à se distinguer des autres mangas d'Hiro Mashima. Il est vraiment dommage qu'il ne va pas au-delà des quatre tomes. Là encore, s'il aurait été possible d'exploiter au maximum l’œuvre, on se retrouverait avec un gros manga marquant des années 2000.
★★★☆☆
Informations :
Scénario et dessins : Hiro Mashima
Éditeur japonais : Kôdansha via Monthly Shônen Rival (2008-2009)
Éditeur français : Pika Édition (2010)
Nombre de tome : 4