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24 mars 2019

Judge


L'année dernière, j'ai eu l'occasion de lire Doubt de Yoshiki Tonogai. Une manga dont je n'attendais pas grand chose et qui m'a pourtant littéralement scotché à mon lit. Dès lors, il ne s'agissait que d'une question de temps avant que je mette la main sur Judge, autre thriller psychologique offert par ce même Tonogai.

Un thriller qui nous invite à suivre la mésaventure d'Hiroyuki, un jeune adolescent qui se retrouve séquestré dans un tribunal visiblement à l'abandon, avec huit autres personnes. Ils apprennent que tous incarnent l'un des sept péchés capitaux. Tous les 12 heures, ils devront se juger et voter pour une personne. Celle qui a le plus de voix à chacun des procès, n'aura autre choix que de mourir. Au final, seulement quatre d'entre eux pourront ressortir des lieux et retrouver la liberté.

Personnellement, je trouve pas que le synopsis soit bien original, y a pas mal de ressemblances avec Doubt, rien que sur le déroulement de l'histoire, l'utilisation des masques, le caractère de certains personnages, mais je trouve que la formule est toujours aussi efficace.

J'ai ainsi été intrigué dès le premier volume sur ce qui allait se passer, je voulais savoir qui était à l'origine de cette séquestration, j'ai eu également cette curiosité morbide de voir le sort qu'allait être réservé aux jugés. Honnêtement, c'est un manga qui marche tout seul, le concept est bon, les dessins sont super, le découpage des cases et les plans définis font penser aux films hollywoodiens. Difficile de ne pas être séduit.


Le système des procès apporte énormément à la série. Voir le temps qui défile, les condamnés arriver au tribunal, sentir le stress qui entoure les personnages, la tension qui y règne, bref on a tout une atmosphère malsaine, tellement bien pensée et amenée.

Alors bien entendu, y a quelques petits trucs qui ne vont pas. Je pense notamment à l'absence de logique chez un des personnages qui se fait plusieurs fois avoir mais semble toujours aussi têtu alors que sa vie ne tient à presque rien, n'importe qui aurait agi différemment. De plus, j'ai beaucoup de mal à accepter la fin du manga, lorsque l'on découvre qui est à l'origine de cette séquestration, car le personnage a agi constamment en attirant l'attention sur lui et pouvait ainsi mourir sans réaliser son objectif. De plus, je trouve que l'auteur abuse un peu trop des retournements de situation.

Enfin, si de base, les personnages sont jugés en rapport aux péchés qu'ils ont commis, ceci sera progressivement mis aux oubliettes ou peu exploité dans le manga. Seules les premières pages de couverture agiront comme une sorte de rappel avec ces fameux masques qui représentent les sept pêchés capitaux.

Conclusion : Une bonne lecture

Ki-oon est sans conteste l'un des plus gros éditeurs de manga en France et personnellement l'un de mes préférés, me permettant de découvrir des titres un peu "underground", souvent solides et intéressants. Judge rentre dans cette catégorie. Malgré la fin assez pénible, j'ai pas eu la sensation d'avoir perdu mon temps. C'est un bon manga, qui se lit assez vite et surprendra très probablement ceux qui ne sont pas habitué aux thrillers psychologiques.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Yoshiki Tonogai
Éditeur japonais : Square Enix via Monthly Shônen Gangan (2010-2012)
Éditeur français : Ki-oon (2011-2013)
Nombre de tome : 6

Mickael Karakac
© Yoshiki Tonogai / SQUARE ENIX CO., LTD.

15 mars 2019

Les Royaumes Carnivores


À moins de parler japonais et de pouvoir surfer sur les sites nippons, vous ne trouverez pas beaucoup d'informations concernant Yui Hata sur le web français. Et pour cause, cette femme n'est encore qu'une débutante dans son domaine. Le manga que je vais évoquer dans quelques instants est d'ailleurs, son tout premier projet. N'allez pas croire que c'est une œuvre légère et oubliable, les éditions Akata ont commercialisé une belle série, certes courte, qui souffre de quelques défauts, mais qui sait se montrer intéressante du début à la fin.

Je n'aurais probablement jamais eu l'idée de lire "Les Royaumes Carnivores", mais un de mes lecteurs m'a proposé l'idée et je dois dire que je ne regrette pas et je vais vous expliquer pourquoi.

Tout d'abord, sachez que le manga ne met en scène que des animaux. Ils parlent, agissent et se comportent comme les hommes, au point où certains se déplacent sur deux pattes. L'histoire se déroule dans une savane et plus précisément, dans un royaume, dirigé par la tribu royale des Lions. Une espèce carnivore qui s'est placée comme la force dominante de la région et oblige les autres à respecter leur autorité. Pire encore, les herbivores qui servent habituellement de nourriture sont utilisés comme esclaves, si elles ont mauvais goût. C'est le cas des gazelles de Thomson. Et parmi elles, une certaine Buena décide qu'il est grand temps de stopper cette tyrannie. Pour cela, elle n'a d'autres choix que de faire appel notamment à la "Démone Blanche", la dernière guépard blanche, seule espèce capable de mettre à mal les lions.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce manga n'est pas une simple ode à la rébellion, il est plus profond que ça. Yui Hata réussi le tour de force de dénoncer -en seulement trois tomes- certains travers de notre société, comme la surconsommation, l'abus de pouvoir, la haine de l'autre, la luxure et le péché d'orgueil. Se faisant, on se rend compte qu'on a là un manga pensé, qui nous amène à réfléchir sur notre mode de vie.


Autre grande force du titre : les dessins. Difficile de les ignorer tant ils sont un régal pour les yeux. Yui Hata charme par ses environnements détaillés, ses personnages pleins de vie et ses scènes de combat à couper le souffle. Un bon point aussi pour être allé au bout des idées et ne pas avoir fait dans la censure, illustrant des planches difficile à regarder, tant certains moments sont cruel et dégueulasse à voir.

Une sorte de rappel à la réalité, la nature est belle mais peut sembler parfois injuste. Dans cette même idée de réalisme, on peut évoquer ces lions. S'ils semblent foncièrement mauvais dans "Les Royaumes Carnivores", le but n'est pas de dire qu'être végétarien est mieux ou moins bon, mais se rappeler que ces derniers se situent au sommet de la chaîne alimentaire et un animal agissant par instinct ne fera pas de cadeau à ses proies.

Là où j'ai plutôt été déçu, c'est sur la fin. Quand on sait que la série n’excède pas les trois tome, voir le combat contre Marsias durer sur plus de cent pages, amène un peu de frustration. Plus on approche de la fin, plus on se rend compte qu'il s'agit finalement du dernier combat que nous -lecteurs- seront amenés à voir. Buena a toujours pour objectif de renverser cet état totalitaire, mais ce sera visiblement sans nous et c'est fort dommage sachant que l'auteur n'hésite pas à teaser un ennemi bien plus important que Marsias et Moussa.

Conclusion : Âmes sensibles s'abstenir

Je ne regrette absolument pas d'avoir lu "Les Royaume Carnivores", ça reste un manga plaisant et intéressant dans le fond. Le dernier tome est frustrant, tant on a pas ce mot de la fin, mais il n’éclipse en rien le merveilleux travail offert précédemment. Yui Hata se fera probablement une belle réputation dans les années à venir, je saurais personnellement à quoi m'attendre en voyant son nom sur une première page de couverture.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Yui Hata
Éditeur original : Shūeisha via Miracle Jump (2014-2016)
Éditeur français : Akata (2017)
Nombre de tome : 3

Mickael Karakac
JASMIN © 2014 by Yui Hata / SHUEISHA Inc.

10 mars 2019

Avengers


Dans l'optique de trouver de nouveaux lecteurs, Carrefour s'est associé à Panini Comics pour proposer une collection exclusive de huit volumes, présentant les plus grands personnages/groupes de l'univers Marvel à prix réduit. Si le premier tome est centré sur Spider-Man, le deuxième nous invite à découvrir les Avengers, l'équipe phare du moment au cinéma, en atteste les deux milliards de dollars au box office récemment engrangé par Marvel Studio.

Personnellement, si je connaissais légèrement Peter Parker pour avoir lu ses premières aventures, je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire du Avengers et ce bouquin s'est donc présenté comme une belle opportunité de découvrir la formation du groupe et me transporter dans certains des meilleurs numéros de la série.

Les Vengeurs -pour reprendre leur nom en français- sont des super-héros qui ont préféré s'unir pour repousser les grandes menaces, plutôt que de combattre séparément. Loki fut d'ailleurs, le premier ennemi du groupe et celui ayant provoqué -malgré lui- cette alliance. On découvre cela à travers le premier numéro des Avengers, datant de 1963 et qui lance cette mini-anthologie. Un premier chapitre offert par Stan Lee et Jack Kirby, qui est plutôt plaisant et surtout bien légitime puisqu'il nous invite à comprendre la création du groupe et de faire connaissance avec les premiers membres de l'équipe qu'étaient Hulk, Thor, Ant-Man, la Guêpe et Iron Man.

Le bouquin nous propose par la suite, une trilogie sur les jumeaux Maximoff qui avaient déjà rejoint l'équipe des Avengers, quelques années auparavant. Publiés en 1979 avec David Michelinie, Steven Grant et Mark Gruenwald au scénario, ainsi que John Byrne aux dessins, ces trois chapitres permettent d'explorer brièvement une partie du passé de Wanda et Pietro Maximoff. Kurt Busiek & George Pérez prennent le relai pour quatre épisodes centré sur Ultron, un robot construit par Hank Pym, qui est vite devenu un problème pour son créateur, du fait de son intelligence artificielle très développée. Enfin, c'est le final de la série New Avengers de Brian Michael Bendis qui complète ce livre. Ici, les évènements que se déroulent quelques temps après Civil War et les vengeurs apprennent l'heureuse nouvelle qui les informe qu'ils sont désormais libre de ne plus se cacher, grâce aux conditions imposées par Steve Rogers au gouvernement américain, après le siège d'Asgard.

Wanda & Pietro Maximoff, par John Byrne (1979).

Il y a beaucoup de choses à dire, sur ce livre. Tout d'abord, comme dit plus haut, le premier numéro sur l'origine du groupe est légitime et plutôt sympathique, mais ce qui suit avec les Maximoff reste assez inintéressant. Je ne vous cache pas que j'ai été déçu dans le sens où ce n'est pas forcément les premiers membres du groupe que j'ai envie de découvrir quand j'ouvre un livre qui se veut rétrospectif. Vient ensuite le dernier numéro, celui sur les New Avengers qui est disons-le difficile à comprendre. C'est là qu'on se rend compte qu'il manque un travail rédactionnel présentant le contexte de chaque numéro avant chaque récit. D'autant plus que ce livre vise avant tout, le grand public et non les fins connaisseurs, d'où l'intérêt de textes introductifs avant chaque chapitre.

Enfin, quel dommage de constater l'absence des couvertures originales qui étaient pourtant bien présentes dans le précédent volume dédié à Spider-Man. Je viens de me rendre compte que ces mini-anthologies ne dépassent pas les 240 pages, ce qui est assez frustrant car c'est tout simplement une contrainte éditoriale superficielle, probablement défini par l'éditeur et le distributeur. De mon point de vue et de celui des autres lecteurs, on peut se demander pourquoi la limite n'a pas été fixée à 250 pages.

Conclusion : Un deuxième volume frustrant

Une moitié intéressante et une dont on aurait pu s'en passer, c'est comme cela qu'on pourrait résumer ce comic book. Y a cette impression que l'éditeur a voulu conserver quelques numéros bien meilleurs pour d'autres collections. On peut également regretter l'absence de Thanos, vu sa popularité actuelle et son lien avec les Avengers. Les couvertures originales qui manquent à l'appel n'aident pas à relever le niveau. En clair, difficile d'apprécier pleinement le bouquin.

★★★☆☆

Points positifs :
+ Lire les origines du groupe
+ L'arc centré sur Ultron
+ Possibilité d'admirer les dessins de John Byrne, George Pérez et Bryan Hitch

Points négatifs :
- Des numéros douteux
- L'absence de textes introductifs avant chaque chapitre
- Pas de couvertures originales

AVENGERS

Scénaristes : Stan Lee (Avengers Vol.1 #1), David Michelinie (Avengers Vol.1 #185), Steven Grant (Avengers Vol.1 #186), Mark Gruenwald (Avengers Vol.1 #187), Kurt Busiek (Avengers Vol.3 #19 à 22) & Brian Michael Bendis (New Avengers Finale #1)

Illustrateurs : Jack Kirby (Avengers Vol.1 #1), John Byrne (Avengers Vol.1 #185 à 187), George Pérez (Avengers Vol.3 #19 à 22) & Bryan Hitch (New Avengers Finale #1)

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