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16 octobre 2017

Monster Soul

Introduction :

Il y a presque dix ans, Fairy Tail était l'un des mangas les plus populaires du moment. Désirant surfer sur le succès de l’œuvre d'Hiro Mashima, l'éditeur Pika entreprend l'idée de commercialiser trois courtes séries et moins connues du même mangaka. Parmi elles, Monster Soul.

Un manga tenant sur deux volumes, publié juste avant la sortie de Fairy Tail et utilisant la même formule que les principaux travaux de l'auteur. À la différence près que cette fois-ci, il s'agit d'un petit projet. Mais pas de soucis pour Mashima qui a réussi malgré tout, à le rendre intéressant.

Synopsis :

L'action se déroule à Elfenland, un monde où les humains et les monstres cohabitent. Il y a longtemps, une grande guerre s'est déclenchée entre les deux races et pendant celle-ci, un groupe de monstre s'est particulièrement illustré. Considérés aujourd'hui comme les plus puissants, les Black Airs n'ont cependant aucune haine envers les humains, ils combattent uniquement pour se défendre, peu importe les adversaires. Le groupe est composé d'Aki, Tooran, James, Mamie et Joba. Ensemble, ils essayent d'éviter les conflits et défendent les faibles, peu importe la race.

Plus profond que ça en a l'air :

L'une des choses intéressantes ici est le point de vue choisi. Dans Monster Soul, les personnages principaux sont des monstres, on a donc une nouvelle vision des choses, ce qui est différent de ce que l'on a pour habitude de lire. C'est un bon moyen pour entrer dans le thème du racisme et y dénoncer celui-ci, à l'image de ce que l'on a pu constater dans le manga +Anima.

Ici, les Black Airs sont tout puissants et peuvent jouer un rôle important dans une quelconque guerre contre les humains, mais leur refus de participer à des massacres et les explications qu'ils donnent, sont un réel message de paix. Comme ils aiment à le dire, la différence entre peuples n'est pas un argument pour se faire la guerre.

Tout est cadré comme il faut :

Monster Soul se passe dans un univers fantaisiste, on le remarque assez vite et facilement, encore plus quand on connait un minimum l'auteur. L'avantage d'une série courte, c'est qu'il n'y a pas besoin de créer quelque chose de complexe et réfléchi, ce type d'univers fantaisiste convient donc parfaitement. Pour les personnages, c'est pareil. Il faut une bonne liste de personnages, mais pas besoin d'avoir une imagination débordante. Il faut juste qu'ils soient différents les uns par rapport aux autres, afin que le lecteur puisse les identifier facilement, car ce genre de série vise particulièrement un public jeune.

Dans ce manga, l'auteur réussi donc parfaitement son coup, le groupe des Black Airs est légitime. On a un enfant en apparence qui peut devenir un puissant démon, un androïde qui a le rôle de colosse du groupe, une fille capable de contrôler le sable, une femme momie qui contrôle ses bandages et un familier assez mystérieux. Ajoutez à cela, des petits flashbacks pour présenter les personnages à certains moments de l'histoire, et on obtient une série courte avec un semblant de profondeur, c'est pas si mal et bien joué de la part de l'auteur et de son staff.

Dessins et action :

Mais tout n'est pas parfait et cette fois-ci, je vais m'en prendre aux dessins. Premièrement, je trouve que les personnages de cette série ressemblent à certains d'autres séries d'Hiro Mashima. Je sais que c'est un soucis loin d'être majeur, mais j'ai toujours cette impression de lire la même chose avec Mashima. Peut-être que le fait que ses histoires se tiennent tous dans un univers similaire, joue beaucoup dans ce ressentiment, allez savoir.

Deuxièmement, c'est les dessins durant les combats. Autant, je trouve son style assez sympathique, autant quand il y a des combats, je dois prendre une bonne minute pour analyser tout une page et comprendre l'action. Le problème est loin d'être important dans une série comme Death Note, mais dans un manga comme Monster Soul ou Dragon Ball, avoir des difficultés à comprendre les combats, c'est un comble. Bon, on est quand même loin de Kingdom Hearts où, pour le coup, c'était vraiment pénible et atroce à suivre.

Je serais tenté de le défendre un peu, en disant qu'il était au début de sa carrière, mais en faite, non. Il avait déjà près de dix ans d'expérience.

Faut-il enterrer la série ?

Personnellement, je pense que ce manga a un potentiel énorme et aurait eu un très grand succès si l'auteur aurait bénéficié d'une meilleure plateforme que Comic BonBon et s'il avait réussi à faire durer cette série. Je pense aussi que tout n'est pas perdu et que s'il décide un jour de reprendre cet univers, de lui donner plus de profondeur et de créer une suite, un succès à la Fairy Tail ne serait pas à exclure.

C'est vraiment malheureux de passer à côté de quelque chose d'aussi gros, car malgré la durée de l'histoire, Monster Soul m'a plutôt bien plu.

Conclusion : Un potentiel monstrueux

Un scénario loin d'être original, mais une histoire attachante, des couvertures magnifiques, de l'action, autant de raisons qui auraient pu faire de Monster Soul une référence du manga shônen. Mais visiblement, il ne s'agissait que d'un petit projet et l'aventure s'est rapidement terminée, ce qui est bien regrettable. Je n'étais pas trop tenté au début et maintenant, je regrette même que la série ne dure pas un petit peu plus. Juste dommage que les graphismes ne soient pas à la hauteur et qu'on a cette petite impression d'avoir une succession d'histoire courtes, plutôt qu'une histoire pleine et unique.

★★★☆☆

Informations :

Scénario et dessins : Hiro Mashima
Éditeur japonais : Kôdansha via Comic Bon Bon (2007)
Éditeur français : Pika Édition (2010)
Nombre de tome : 2

04 octobre 2017

Yakitate !! Ja-Pan

Introduction :

Quand je dis à des amis que j’ai adoré lire un manga centré sur la culture du pain et l’amour de la boulangerie, généralement ils ont du mal à comprendre et imaginer comment cela est possible. Il faut dire que c’est pas le thème le plus évident à développer dans une fiction et pourtant, à travers les 26 volumes de Yakitate !! Japan, Takashi Hashiguchi s’est parfaitement bien débrouillé. Moi-même, j’avais des doutes avant de démarrer la lecture et au final, je ne suis pas déçu, loin de là.

Synopsis :

Le manga nous invite à suivre Kazuma Azuma, qui depuis tout petit, prépare du pain pour sa famille et désire devenir artisan boulanger. Son but étant de créer un pain qui fera la fierté des japonais, au même titre que la baguette pour les français ou le pain de mie pour les anglais. Son amour et sa passion pour la boulangerie l’amènent à participer à une compétition pour intégrer la célèbre chaîne de boulangerie Pantasia.

À partir de là, les choses vont s’enchaîner, Azuma rencontrera beaucoup de concurrents, mais se fera également des amis. Et c’est à travers différentes compétitions, qu’il se rapprochera petit à petit de son but ultime.

Le réalisme, la force principale du manga :

Le manga a beaucoup d’atouts pour se vendre, mais l’une des principales forces de cette série reste le réalisme et la découverte d’un monde pas très connu. Le plupart des recettes semblent irréalisables, mais l’auteur nous fait bien comprendre qu’il est réellement possible de les réaliser, grâce à des mémos ou des fiches explicatives.

À côté de cela, on peut souligner le rythme soutenu de la série. Ici, pas de temps mort, les choses s’enchaînent, on ne s’ennuie pas. J’ai même eu cette sensation que l’histoire n’a duré qu’un mois, entre le tome 1 et le 26e et dernier tome, preuve que c’est allé assez vite. J’aimerai également vous faire remarquer que la série est très drôle et ça permet justement d’ajouter un peu de légèreté au milieu du stress et du suspens des différentes confrontations, donnant cette impression que l’auteur a voulu détendre le lecteur.

Un petit défaut :

Le seul défaut que j’ai réussi à trouver est le côté un peu « WTF », notamment pour les réactions des jurés, quand ces derniers sont amenés à goûter les pains. Mais je trouve que ce n’est pas un défaut très majeur, dans le sens où il colle un peu avec le ton humoristique prisé par Hashiguchi. D’ailleurs, dès le premier volume, on sent que la série ne sera pas très sérieuse, même si on reste assez loin de la parodie.

Dessins :

Pour ce qui est des dessins, j’aime beaucoup ce style. En réalité, les seuls dessins que je n’apprécie pas trop, c’est ceux qui manquent de détails. Dans Yakitate !! Ja-Pan, c’est très bien détaillé, le coup de crayon est fin, les pains paraissent délicieux, ils le sont sûrement d’ailleurs. Les personnages sont tous différenciables et y a un gros effort sur les environnements et les autres arrière-plans.

Conclusion : Un régal du début à la fin

Yakitate !! Ja-Pan est une de ces œuvres qui prouvent qu’il ne faut jamais se fier aux thèmes traités dans les séries. Le manga est léger, assez rapide à lire et réaliste. On découvre le monde de la boulangerie, la partie non-visible de l’iceberg en quelques sortes. Yakitate !! Ja-Pan agit comme une bouffée d’air frais, quelque chose de différent et positif. Enfin, je pense que Takashi Hashiguchi est un nom à retenir, qui surprendra encore les lecteurs prochainement.

★★★★★

Informations :

Scénario et dessins : Takashi Hashiguchi
Éditeur japonais : Shōgakukan via Weekly Shōnen Sunday (2002-2007)
Éditeur français : Delcourt (2005-2010)
Nombre de tome : 26