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18 août 2019

X-Men l’intégrale 1969-1970

Considérée aujourd’hui comme l’une des plus grosses licences du neuvième art, la série X-Men n’a pas toujours tutoyé le sommet des ventes et aussi surprenant que cela puisse être aujourd’hui, elle s’est même arrêtée au tout début des années 70. Il a fallu attendre cinq ans et le premier numéro de Giant-Size X-Men pour relancer le titre. Cette intégrale 1969-1970 propose justement de revivre les derniers chapitres offerts avant cette longue pause, une période où les mutants étaient en plein déclin, n’arrivant pas à suivre le rythme imposé par les autres séries Marvel.

Malgré ce que cette introduction peut laisser penser, cette intégrale 1969-1970 comprend deux parties, bien distinctes.

La première est dans la continuité de l’année 1968 avec des histoires trop simplistes, difficilement exploitables sur une quinzaine de pages et des antagonistes de seconde zone, créés pour meubler les aventures sans saveur des super-héros mutants. Le personnage de Blaastar est l’exemple typique de l’ennemi sans profondeur, semblant avoir été créé à la dernière minute et sans idée précise, si ce n’est d’offrir un peu d’action. On peut le placer dans la même veine qu’un Red Raven ou Grotesk.

En revanche, la seconde partie voit les auteurs proposer bénéficier de plus de pages par numéros et réussissent à donner plus d’épaisseur aux antagonistes. Je pense notamment à Sunfire, un mutant japonais influencé par son oncle dans le but de faire payer les américains pour avoir lâché deux bombes nucléaires durant la Seconde Guerre Mondiale. Constat similaire pour Sauron, un mutant qui va user de ses pouvoirs pour agrandir sa fortune et ainsi pouvoir épouser Tanya, son amour. Cette dernière étant la fille d’un riche homme d’affaire qui ne souhaite pas que celle-ci se marie à un homme en difficulté financière, afin que son avenir ne soit pas en danger.

Des exemples parmi d’autres qui montrent que de mêler réalisme et romantisme était finalement un bon moyen de susciter l’intérêt des lecteurs, de permettre à ceux-ci de s’identifier plus facilement à ces personnages qui -comme le lectorat- avaient des problèmes personnels ou professionnels.

Tout ces changements ne sont pas arrivés par un simple hasard.

C’est avec le numéro 54, le premier d’une quadrilogie centrée sur le Pharaon Vivant, que Arnold Drake et Don Heck réussissent à remettre la série X-Men sur le bon chemin. Si Roy Thomas et Werner Roth reprennent la main, c’est l’arrivée de Neal Adams au 56e numéro qui change définitivement le destin du titre. Ce dernier amène un style graphique moderne, les personnages et les environnements sont plus détaillés que jamais et le découpage inhabituel des cases devient un régal pour les yeux, les planches devenant plus vivantes et dynamiques, donnant cette impression de regarder un épisode plutôt que de le lire.

Scénaristiquement parlant, le titre bouge également. On assiste aux grands débuts de Havok, le frère de Cyclope, Magneto et les Sentinelles sont de retours, sans oublier Ka-Zar et certains des anciens mutants de la période Lee/Kirby : Unus l’intouchable, le Crapaud, le Colosse et bien d’autres.

La menace Z’Nox est l’occasion de faire revenir le Professeur Xavier d’entre les morts, même s’il s’agit personnellement d’une décision scénaristique que j’ai du mal à apprécier, comme si Roy Thomas n’assumait plus son idée. Le dernier numéro proposé dans l’intégrale avec la participation de Hulk a été légèrement moins bon, mais a eu le mérite de donner un petit point final à la série.

Conclusion : On a là, un aperçu du meilleur ! C’est après de longs mois d’agonies au niveau des ventes, que X-Men s’est finalement arrêtée en 1970. Un évènement dans l’histoire des comic books, qui aurait pu ne jamais arriver, tant les derniers numéros ont propulsé la série au sommet de son art. Par son intervention, Neal Adams a probablement sauvé les X-Men d’un naufrage total. Ce volume revient justement sur cette période à la fois tragique et magnifique, laissant un arrière goût de gâchis à tout une génération de lecteurs.

Ma note : 4/5

Points positifs :
+ Pas mal de bons numéros
+ L’arrivée de Neal Adams sur la série
+ La création de nouveaux personnages intéressants/importants

Points négatifs :
– Un gros contraste avec tous les auteurs qui ont précédemment travaillé sur le titre
– Le dernier numéro qui est trop mou par rapport aux autres

Contenu et auteurs :
X-Men 52 à 66 par Roy Thomas, Werner Roth & Neal Adams

© 1969, 1970, 2011 Marvel Entertainment