
Il n'y a pas de doute sur le fait que Gotham City est l'une des villes les plus dangereuses de l'univers DC, mais la réputation de certains de ses quartiers n'est rien par rapport à l'Asile d'Arkham. Cet endroit regroupe les personnalités les plus folles que Batman a dû affronter et bien qu'il s'agisse avant-tout d'un hôpital psychiatrique, c'est aussi une prison condensant les pires criminels qui existent.
Alors qu'il se sait condamné par la justice pour escroquerie financière, Warren White plaide la folie pour échapper à la prison dite « classique » (Blackgate) et se retrouve ainsi envoyé dans l'Asile d'Arkham. Bien entendu, il ne connaît pas du tout ce lieu, mais va vite comprendre dans quelle mésaventure il s'est mis.
J'avais des doutes concernant la qualité de cet album, d'abord parce que la première page de couverture n'est pas à mon goût, mais aussi parce que je n'arrive pas à apprécier des dessins de Ryan Sook. Néanmoins, le contenu m'a très vite séduit, j'ai grandement apprécié la tournure des évènements avec une certaine montée en puissance de la folie, jusqu'à arriver à une situation totalement dingue, qu'on ne pourrait typiquement voir ou imaginer qu'à Arkham. Le gros point positif de ce bouquin, c'est qu'il illustre bien la dangerosité de ce lieu et ce côté malsain qui émane de l'asile. On comprend vite que Warren White a fait le mauvais choix et à mesure que l'on avance dans la lecture, on a clairement pas envie de se retrouver à sa place.
Cet album est surtout l'occasion de revoir certains des plus grands antagonistes de l'homme chauve-souris, je pense notamment au Sphinx, au Chapelier Fou, à Poison Ivy, et bien d'autres encore. Malheureusement, si le comic book prend le nom de "Batman", ce dernier n'est pas là et son absence se fait un peu sentir. Il faut tout de même dire que la présence de ses rivaux dans cet asile est légitime et est une bonne raison pour les mettre - plus ou moins - en avant et que l'histoire ne tourne pas autour du héros. Par ailleurs, derrière cette faible présence, on comprend également qu'il y a une volonté de déséquilibrer le plus possible le récit, afin d'accentuer le chaos des évènements qui se produisent. Ainsi, ne pas utiliser Batman comme une force d'opposition habituelle, permet de créer un sentiment d'impuissance face à de tels criminels. J'ai utilisé le terme "chaos" plus haut, à juste titre, puisqu'il faut légèrement s'accrocher à la lecture pour bien suivre. Le final offre paradoxalement du sens aux évènements qui se sont produits dans l'asile et conclut ce comic book d'une belle manière, confirmant la qualité du titre et les échos que l'on peut avoir sur cette série, dont l'intégralité des six numéros sont regroupés dans ce comic book.
Conclusion : Un récit qui se lit très vite, qui ne perd pas de temps pour rentrer dans le vif du sujet et qui donne envie d'explorer davantage l'univers de Batman. Je regrette cette première page de couverture et les dessins de Ryan Sook, qui n'arrivent pas à me séduire.
Note : 4/5
Contenu : Arkham Asylum Living Hell (2004) 1 à 6