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24 mai 2020

X-Men


Cela fera bientôt deux ans que Panini Comics et Carrefour se sont associés pour offrir des comics à prix réduits pour attirer un public plus large et tenter de surfer sur le succès des productions cinématographiques, qui engendrent -encore aujourd'hui- milliards sur milliards. Issue de la collaboration entre les deux groupes, la Super Heroes Collection est la première série annuelle à avoir vu le jour et ma dernière lecture en date concerne le troisième volume, centré sur les X-Men.

Petit rappel pour les non-initiés, les X-Men sont porteurs d'un gène X, leur donnant des capacités extraordinaires. Ils ont choisi d'utiliser leurs pouvoirs aux côtés du Professeur Charles Xavier et de travailler à maintenir la paix entre l'homo sapiens et l'homo superior (c'est ainsi qu'ils sont définis). En revanche, d'autres préfèrent suivre Magneto dans son idée que l'espèce évolue naturellement et que la leur doit se répandre et conquérir la planète. C'est ce qui fait que les X-Men sont haïs et craints par un monde qu'ils ont pourtant juré de protéger.

Grâce à certains arcs narratifs désormais considérés comme légendaires, la licence X-Men s'est imposée avec le temps comme l'une des plus aboutis sur l'évocation des thèmes comme le racisme, l'extinction de l'espèce, l'évolution et les guerres. Prenez donc le meilleur de la riche histoire des mutants Marvel et vous obtiendrez approximativement ce bouquin. Il faut dire que ce volume n'est pas avare en numéro de qualité et reprend ainsi certains des récits les plus importants et passionnants de l'histoire des X-Men.

Alors certes, l'historique n°1 de 1963 va paraitre ridicule en comparaison aux chapitres suivants, tant dans la narration que sur les dessins, mais c'est le jeu des livres qui se veulent anthologiques. Pour autant, n'allez pas croire que le travail de Stan Lee et Jack Kirby est moins bon que celui d'un Grant Morrison et Frank Quitely, tout est une question de goût dans l'art ; on peut aimer ou détester, mais ce serait maladroit de hiérarchiser les styles entre eux. Pour ma part, j'ai beaucoup de mal avec les planches de New X-Men, je trouve le coup de crayon de Quitely banal, il a un style inégal avec parfois un manque de détail et des expressions du visage -à mon sens- ratées, mais est capable de mettre en valeur ses dessins en illustrant des seconds plans riches. Je préfère davantage le style de John Byrne, plus épatant et équilibré.

Difficile en revanche, de nier que j'ai passé un bon moment en lisant ce volume. Entre les numéros qui ont inspiré le film "Days of Future Past" en 2014, le Giant-Size X-Men qui a relancé la série en 1975, le procès de Jean Grey de 1980 et le premier numéro de 1963 que j'avais déjà pu lire en 2015 via une intégrale qui constituait ma porte d'entrée dans le monde des comics, je peux dire que ce bouquin ne m'a pas déçu.

New X-Men (2003) par Frank Quitely

Tout n'est pas super, je vous l'avoue.

Tout d'abord, je ne comprends pas pourquoi l'Annual n°12 est proposé, surtout en fin de volume après qu'on ait lu certaines des meilleures histoires, le chapitre tombe ainsi comme un cheveu sur la soupe. En effet, alors qu'on a l'impression d'avancer chronologiquement, on repart quelques années en arrière pour un récit que j'ai trouvé peu passionnant et qui est daté visuellement parlant. J'ai bien vu sur internet qu'il avait eu beaucoup de succès aux États-Unis, mais ça n'explique pas -à mon sens- le fait de l'incorporer au livre, surtout à la toute fin.

J'ai l'impression que Panini et Carrefour ne savaient pas quoi proposer pour occuper les dernières pages et ont choisi aléatoirement un one-shot et que sous-prétexte qu'il fut écrit par Chris Claremont, ça légitimerait la présence du numéro auprès des acheteurs. Un raisonnement stupide -s'il est avéré vrai- vu que l'objectif premier de la Super Heroes Collection est de séduire un lectorat débutant qui ne demande qu'à être charmé par cet univers de la BD américaine.

Autre problème que l'on avait déjà sur le volume précédent centré sur les Avengers, c'est la limitation aux 240 pages, ce qui empêche d'avoir les couvertures originales en fin de volume et c'est personnellement quelque chose qui m'embête toujours quand on y a pas droit.

Conclusion : Il vaut vraiment le coup

Malgré la limite des 240 pages, le volume se révèle être très riche en contenu (de qualité) et rentabilise largement son prix bas, il doit être trouvable à moins de cinq euros aujourd'hui. C'est une manière de démarrer les X-Men, d'avoir une bonne idée de ce qui a pu être fait auparavant et de voir les thèmes qui ont été abordés sur les plus de cinquante dernières années. Autant j'avais quelques déception sur le volume consacré aux Avengers, autant là, à part un chapitre dispensable, tout le reste est légitime et intéressant, je ne peux que vous le recommander.


Points positifs :
+ La plupart des récits sont intéressants et prenant
+ Certaines pages sont magnifiques
+ Le rapport qualité/prix

Points négatifs :
- Le dernier numéro avec les X-Babies
- L'absence des couvertures originales

Contenu et auteurs :

X-Men (1963) 1 par Stan Lee & Jack Kirby
Giant Size X-Men (1975) 1 par Len Wein & Dave Cockrum
Uncanny X-Men (1963) 137, 141-142 par Chris Claremont & John Byrne
New X-Men (2001) 114-116 par Grant Morrison & Frank Quitely
Uncanny X-Men (1963) Annual 12 par Chris Claremont & Arthur Adams

© 2018 MARVEL

05 mai 2020

Ivar, Timewalker

Quand j'ai acheté ce comics, je ne savais pas trop sur quoi j'allais tomber, mais comme on dit, "il faut se jeter à l'eau" et mon premier contact avec Valiant Comics eut lieu à ce moment-là. Aujourd'hui, je ne regrette absolument pas mon choix, qui a été réconforté tout au long de la lecture. Explications.

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis passionné par l'histoire ; le monde dans lequel nous vivons n'est que l'héritage du passé et j'aime personnellement l'étudier, le comprendre. Forcément, quand une bande-dessinée met en avant un homme capable de voyager à travers le temps et que l'on va pouvoir le suivre à travers presque 300 pages, l'excitation est à son maximum.

Ici, le héros (ou plutôt antihéros) s'appelle Ivar Anni-Padda et n'a qu'un objectif, empêcher Neela Sethi de découvrir le voyage dans le temps, chose qu'elle s'apprêtait à faire au Grand Collisionneur de Hadrons (du CERN, en Suisse). Si les raisons sont au départ floues, la physicienne obtient un élément de réponse en devenant la cible de conquérants de l'espace-temps, qu'elle tente de fuir avec Ivar, qui utilise des arcs temporels pour voyager à travers le temps et l'espace.

Dès lors, on est plongé dans ce qui est une course poursuite et l'esprit créatif Fred Van Lente revisite certaines des époques plus ou moins sombres de notre histoire, comme les prémices de l'Allemagne nazie, l'ère coloniale, le Jurassique, sans oublier le futur avec le Néo-Japon de l'an 4001.

Honnêtement, j'ai été largement satisfait du résultat final, j'ai enchaîné les numéros très rapidement, l'auteur avait pas mal d'idées. Celle de la puce anti-racisme qui finalement provoque quand même des discrimination est très superbe, les mondes parallèles, les époques passées revisitées, voir l'astéroïde de Chicxulub sous un autre angle, les monstres humanoïdes, tout cela est génial, j'ai vraiment adoré.
 
J'ai bien aimé la réaction de Neela Sethi, qui se rend compte du pouvoir et de l'avantage qu'elle a et le fait qu'elle souhaite l'utiliser pour réparer un des aléas de sa vie. Ça me conforte dans l'idée que le récit a été pensé en amont et qu'ils ont choisi d'aller avec la logique ; car c'est ce que ferait -probablement- toute personne ayant le pouvoir de voyager dans le temps. Autre chose que j'ai apprécié, la bonne dose d'humour, que ce soit avec Ivar ou ses deux frères. Les auteurs n'en ont pas abusé et les moments drôles ne cassent pas le rythme de la série, ils sont amenés au bon moment, rendant l'histoire plus équilibrée.

Quand une physicienne comprend que le 3x500 mètres d'EPS servait finalement à quelque chose.

Par contre, les dessins qui m'ont légèrement ennuyé. Non pas que c'était décevant à voir, mais le style m'a trop fait penser aux BD franco-belges et j'ai longtemps bloqué sur cela, ça me rappelle surtout que les comics sont variés et que le genre super-héroïque ne se limite pas aux corps musclés et aux capes. C'était assez beau, mais pas le style que j'affectionne, je regrette d'ailleurs qu'on ait pas eu des dessinateurs pouvant offrir des planches plus compréhensibles et fluides au niveau des scènes d'actions. En revanche et c'est assez rare que je cite des coloristes, je suis bluffé par le travail fourni ici par Andrew Dalhouse et Brian Reber. On a droit à une alternance entre les couleurs vives et sombres en fonction des époques et je trouve le rendu impeccable, c'est vraiment très beau. La magnifique couverture est quand à elle, signée Raul Allén, qui été également derrière la première de couverture d'Harbinger Wars : Blackout.

Honnêtement, je ne trouve pas de gros problème par rapport à Ivar, Timewalker. Disons juste que certains seront embêtés avec les chiffres romains (je l'avoue, mon cerveau m'a déçu à un moment) et que ceux ont du mal à comprendre le langage scientifique, seront un peu perdu, car certains termes utilisés sont hors de portée, mais donnent au comic-book un goût plus réaliste. Je vous rassure, c'est pas un récit difficile à comprendre, ce ne sont là que des détails. Personnellement, j'ai aussi été déçu qu'on ait pas une petite présentation du personnage et du comics dans des pages d'introductions d'ordre éditorial, comme c'est le cas chez Urban ou Panini. C'était déjà quelque chose que je regrettais avant de commencer la lecture de Valiant High, je trouve dommage qu'on ait pas eu droit dans ce bouquin.

Cette BD peut constituer une porte d'entrée raisonnable pour découvrir davantage l'univers Valiant. On y découvre ainsi certains personnages, liés à Ivar, comme l'Eternal Warrior ou Armstrong, mais on comprend vite que le récit est compréhensible sans qu'il n'y ait besoin de lire leurs séries respectives. Ce n'est pas pour autant que je ne compte pas les lire, ce bouquin m'a tellement plu que je compte bien acheter d'autres comics Valiant à l'avenir.

Prêt pour vivre l'histoire ? Je veux dire... pour la conclusion ?

Conclusion : C'est ce que doit être la BD en général

Je ne regrette absolument pas mon achat, c'est selon moi, exactement ce que doit être la bande-dessinée. C'est un art qui doit nous transporter, nous faire rêver et Ivar, Timewalker remplie ce rôle. C'est peut-être le passionné d'histoire qui vous parle et certains lecteurs vont trouver cela ennuyeux, mais dans mon cas, c'est tout le contraire. D'autant plus qu'il s'agit d'un choix de lecture judicieux, tant l'envie de découvrir et plonger dans l'univers Valiant -encore assez peu connu- s'est accrue.

Points positifs :
+ L'idée de revisiter certaines époques de notre histoire
+ Le personnage d'Ivar
+ L'humour dosée convenablement
+ Le trait, l'encrage des contours et les couleurs utilisées

Points négatifs :
- Pas de pages éditoriales chez Bliss ?
- Un style de dessin qui m'a un peu perturbé
- Trop court à mon goût

Contenu et auteurs :

Ivar, Timewalker (2015) 1-12 par Fred Van Lente, Clayton Henry, Francis Portela & Pere Pérez

© 2017, Bliss Éditions