
Considéré par beaucoup de lecteurs comme un classique absolu d'Alan Moore et plus généralement de la BD américaine, Killing Joke aurait dû être une de mes priorités. Au final, j'ai dû attendre tout récemment avant de me le procurer et enfin lire le comic book.
Alors, mon verdict ? Terriblement bon !
Avant d'évoquer le fond de l'oeuvre, je voudrais juste signaler que j'ai acheté la dernière réédition en date, publiée au sein de la collection Urban Nomad, qui est destinée à attirer les lecteurs habitués aux mangas et donc aux formats de poche. Si j'en parle, c'est parce que le petit format m'aurait - en théorie - gêné au moment d'admirer les planches, mais il n'en est finalement rien. Il n'y a en effet pas besoin de loupe pour apprécier les dessins de Brian Bolland, qui collent parfaitement à cette ambiance polar propre aux aventures de Batman... parce que oui, le Joker a beau être le personnage principale de cette fiction, l'homme chauve-souris répond tout de même présent dans cet album et essaye, vous vous en doutez bien, de stopper son antagoniste.
Pour en revenir aux planches de l'illustrateur britannique, je parlais d'ambiance de romans policiers et bien cette première page de couverture nous donne une idée de ce qui peut nous attendre à l'intérieur du bouquin. On a ainsi des arrière-plans sombres, qui sont là pour marquer l'ambiance sinistre que nous avons tout au long de la lecture. L'histoire avançant en deux temps, on a également des flashbacks en noir et blanc, qui viennent confirmer qu'on a là, un comic book qui embrasse le style néo-noir. C'est un régal pour les yeux, les dessins n'ont pas pris une ride ; l'histoire racontée est tout autant fascinante.
Parlons-en justement. Dans Killing Joke, le Joker souhaite montrer à Batman que n'importe qui peut devenir fou comme lui, si la personne subit la même descente aux enfers qu'il a dû vivre. Pour appuyer son propos, le Joker décide de s'en prendre au commissaire James Gordon et essaye de prouver que même un homme de principes comme lui, n'est qu'à une journée - horrible - de devenir fou. C'est alors que Batman essaye de retrouver son ennemi le plus vite possible, alors que ce dernier s'en prend physiquement et psychologiquement à James Gordon.
C'est une histoire qui se lit très vite, il n'y a pas de temps morts, Alan Moore va à l'essrntiel et c'est très bien ainsi. Les dialogues entre les personnages sont assez profonds, ce que dit le Joker n'est pas le genre de discours banal que certains antagonistes peuvent avoir dans d'autres séries ; les scènes s'enchaînent avec fluidité, on a cette impression de regarder un film et franchement, bien que Moore est à louanger, il faut aussi dire que Brian Bolland n'y est pas pour rien et mérite également les honneurs, certains plans étant incroyablement efficace, je repense notamment à la scène où l'on voit le Joker sonner chez James Gordon. Je ne dis pas ce qui arrive par la suite, mais c'est typiquement le genre de scène qui marque.
Conclusion : À lire impérativement
Il n'y a plus d'excuses. S'il était possible de passer à côté à cause des prix élevés (14€ pour 48 pages), la nouvelle réédition en format de poche permet de lire ce chef-d'oeuvre (n'ayons pas peur des mots) pour moins de six euros. Et s'il y a bien un récit que vous pouvez lire, sans forcément avoir exploré l'univers de Batman, c'est celui-ci.
Je n'aime pas trop noter, mais si je devais donner une note, ce serait 5/5.
