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11 octobre 2022

Killing Joke

Considéré par beaucoup de lecteurs comme un classique absolu d'Alan Moore et plus généralement de la BD américaine, Killing Joke aurait dû être une de mes priorités. Au final, j'ai dû attendre tout récemment avant de me le procurer et enfin lire le comic book.

Alors, mon verdict ? Terriblement bon !

Avant d'évoquer le fond de l'oeuvre, je voudrais juste signaler que j'ai acheté la dernière réédition en date, publiée au sein de la collection Urban Nomad, qui est destinée à attirer les lecteurs habitués aux mangas et donc aux formats de poche. Si j'en parle, c'est parce que le petit format m'aurait - en théorie - gêné au moment d'admirer les planches, mais il n'en est finalement rien. Il n'y a en effet pas besoin de loupe pour apprécier les dessins de Brian Bolland, qui collent parfaitement à cette ambiance polar propre aux aventures de Batman... parce que oui, le Joker a beau être le personnage principale de cette fiction, l'homme chauve-souris répond tout de même présent dans cet album et essaye, vous vous en doutez bien, de stopper son antagoniste.

Pour en revenir aux planches de l'illustrateur britannique, je parlais d'ambiance de romans policiers et bien cette première page de couverture nous donne une idée de ce qui peut nous attendre à l'intérieur du bouquin. On a ainsi des arrière-plans sombres, qui sont là pour marquer l'ambiance sinistre que nous avons tout au long de la lecture. L'histoire avançant en deux temps, on a également des flashbacks en noir et blanc, qui viennent confirmer qu'on a là, un comic book qui embrasse le style néo-noir. C'est un régal pour les yeux, les dessins n'ont pas pris une ride ; l'histoire racontée est tout autant fascinante.

Parlons-en justement. Dans Killing Joke, le Joker souhaite montrer à Batman que n'importe qui peut devenir fou comme lui, si la personne subit la même descente aux enfers qu'il a dû vivre. Pour appuyer son propos, le Joker décide de s'en prendre au commissaire James Gordon et essaye de prouver que même un homme de principes comme lui, n'est qu'à une journée - horrible - de devenir fou. C'est alors que Batman essaye de retrouver son ennemi le plus vite possible, alors que ce dernier s'en prend physiquement et psychologiquement à James Gordon.

C'est une histoire qui se lit très vite, il n'y a pas de temps morts, Alan Moore va à l'essrntiel et c'est très bien ainsi. Les dialogues entre les personnages sont assez profonds, ce que dit le Joker n'est pas le genre de discours banal que certains antagonistes peuvent avoir dans d'autres séries ; les scènes s'enchaînent avec fluidité, on a cette impression de regarder un film et franchement, bien que Moore est à louanger, il faut aussi dire que Brian Bolland n'y est pas pour rien et mérite également les honneurs, certains plans étant incroyablement efficace, je repense notamment à la scène où l'on voit le Joker sonner chez James Gordon. Je ne dis pas ce qui arrive par la suite, mais c'est typiquement le genre de scène qui marque.

Conclusion : À lire impérativement

Il n'y a plus d'excuses. S'il était possible de passer à côté à cause des prix élevés (14€ pour 48 pages), la nouvelle réédition en format de poche permet de lire ce chef-d'oeuvre (n'ayons pas peur des mots) pour moins de six euros. Et s'il y a bien un récit que vous pouvez lire, sans forcément avoir exploré l'univers de Batman, c'est celui-ci.

Je n'aime pas trop noter, mais si je devais donner une note, ce serait 5/5.

05 octobre 2022

Atlantid

Se devant de suivre des règles pour respecter certains codes du genre, les auteurs de shōnens peinent parfois à se démarquer les uns par rapport aux autres. Il n'est ainsi pas rare de voir des oeuvres éprouver des difficultés à trouver leur public et espérer durer dans le temps, dans une industrie où la popularité influence et détermine le choix des éditeurs, d'arrêter ou non les oeuvres en cours de publication.

Il m'est déjà arrivé par le passé de lire des mangas dont les derniers tomes me laissaient un peu sur ma faim, comme s'ils avaient été brusquement conclus par décision des éditeurs ; je pense notamment à Shaman King ou Hikaru no Go. Et il n'y a rien de plus frustrant, chez les passionnés de lecture, que de commencer une oeuvre sans jamais pouvoir connaître le fin mot de l'histoire.

C'est malheureusement pour moi, ce qu'il vient de se passer avec Atlantid, que je viens de finir et qui rentre dans la liste des nombreux mangas qui amenèrent l'auteur, en l'occurrence Hidenori Yamaji pour ce qui est d'Atlantid, à bâcler la série.

Avant de revenir sur ce qui est d'après moi, la principale raison de l'échec d'Atlantid, je vais brièvement vous présenter le pitch de départ.

Le manga nous plonge dans un Londres en pleine révolution industrielle où un jeune adolescent vole un mystérieux anneau convoité par une organisation secrète. Alors qu'il est pris en chasse, il comprend très vite que l'objet renferme des pouvoirs anciens très puissants et qu'il vaut mieux éviter que celui-ci ne tombe entre de mauvaises mains.

On peut se dire que c'est un scénario classique de shōnen, où le personnage principal va avoir la noble mission d'empêcher les forces du mal d'avoir le pouvoir et qu'il va parallèlement progresser pour pouvoir leur faire face. Comment expliquer alors ce manque de succès et l'arrêt prématuré de la série ?

J'indiquais plus haut, qu'il y avait une raison en particulier et celle-ci concerne l'abondance d'éléments mystérieux. L'auteur a visiblement voulu créer un manga se voulant "bien pensé" et a donc mis l'accent sur le mystère, avec pour objectif - probable - de lever le voile, des volumes plus tard, sur les mystères de son oeuvre, afin de lui donner cette impression qu'elle fut réfléchie en amont et que tout ce qui allait se passer était prévu depuis le départ. C'est ainsi que nous avons un personnage principal dont on ne sait pas grand chose, mis à part son nom et le fait qu'il est orphelin ; des amis à lui qui ne sont pas vraiment mis en avant et qui ne sont donc pas attachants ; une organisation secrète qui fait office d'antagoniste ; une autre organisation secrète qui semble être du côté du héros ; un objet mystérieux aux pouvoirs qui le sont tout autant ; sans oublier le cadre spatio-temporel du récit qui manque de cohérence, entre l'action étant supposée se tenir dans le Londres de 1882 et la technologie digne du XXIe siècle utilisée par certains personnages.

Trop de mystère, tue le mystère.

Il n'est pas évident pour un lecteur de s'accrocher à la lecture, lorsque rien ne lui parle et j'ai le sentiment que c'est ce qui a conduit Atlantid droit dans le mur.

Sans aucune prétention, j'ai supposé - au travers d'une conversation avec mon frère - que cette façon de faire, qui manque de sincérité et qui fut plus que maladroite, ne pouvait être l'oeuvre que d'un jeune auteur sans expérience et après vérification, il s'avère effectivement que le CV de Hidenori Yamaji était vierge et qu'Atlantid fut son premier travail.

Conclusion : Passez votre chemin

Difficile de voir Atlantid comme un manga à fort potentiel, puisque tout laisse à penser que la trajectoire qui aurait été prise, nous aurait conduit à un énième shōnen, à la fois banal et sans saveur. Le manque d'expérience et de sincérité de l'auteur, font que je n'ai pas tant de regrets que d'habitude, lorsqu'il m'arrive de tomber sur des oeuvres qui ne connaissent pas de fin. Je note tout de même un coup de crayon fin, qui permet d'enrichir les planches en détaillant celles-ci, le tout dans un style qui se prête bien aux shōnens, mais cela ne suffit pas à me faire regretter Atlantid.

Je n'aime pas trop noter, mais si je devais donner une note, ce serait 1/5.