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24 février 2019

Spider-Man

Alors que les super-héros ont la côte à Hollywood, le marché du comic-book peine à suivre la tendance en France et souffre beaucoup de sa complexité. Avec le nombre incroyable de de séries, de collections, des univers plus ou moins liés, les éditeurs ont pratiquement fermé la porte aux nouveaux passionnés, pratiquement...

En effet, Panini Comics a tenté une opération commerciale avec Carrefour, le leader français (et européen) de la grande distribution : offrir une collection simple, avec un volume par personnages/groupes, à très bas prix. L'objectif étant d'attirer de nouveaux lecteurs, leur donner goût à la lecture et leur offrir une porte d'entrée pour découvrir les comics.

Me concernant, j'ai beau lire des archives des années 60, je ne reste qu'un simple débutant dans les comics et en apprenant la nouvelle, je me suis laissé tenter. Je ne vous cache pas que les prix bas ont fortement joué là-dedans, moi qui n'achète qu'occasionnellement. Et c'est donc avec le premier volume, consacré à Spider-Man, que j'ai démarré la lecture de cette collection.

Je ne sais pas vraiment comment on doit appeler ce genre de livre. Personnellement, j'appelle cela une "mini-anthologie", car ce n'est pas une anthologie à proprement parler, ni une intégrale et difficile de dire que c'est un best-of du personnage, car la qualité des numéros peut varier. Quoi qu'il en soit, le bouquin propose huit chapitres de l'Homme-Araignée et fort logiquement, le premier nous invite à (re)découvrir la naissance du personnage, à travers le dernier numéro d'Amazing Fantasy, paru en 1962. Les chapitres suivants forment une trilogie et permettent de voir le Tisseur face à un tout nouvel adversaire qui faisait ses débuts en 1967 : le Caïd. Puis trois autres numéros plutôt modernes de 2003, permettent de suivre l'anniversaire assez spécial de Peter Parker, avant de finir via un chapitre de 2009, opposant Spider-Man au Docteur Octopus.

Comme je l'ai déjà dis plus haut, difficile d'imaginer qu'on a là, les meilleurs numéros de la riche histoire de Spider-Man. Je pense qu'on aurait pu avoir mieux, mais ce serait insulter l'éditeur que de critiquer la qualité des histoires présentées dans ce livre, car elles restent importantes vis-à-vis du personnage. Je ne vais pas revenir sur le chapitre présentant les débuts de Spider-Man, vu que j'en parle déjà ici. Cette fois-ci, je vais m'intéresser aux autres numéros et la première chose que j'ai envie de dire sur les chapitres mettant en scène le Caïd, c'est qu'il y a cette sensation que ce dernier a été intégré au livre "uniquement" grâce à la popularité du personnage qui était joué par Vincent D'Onofrio dans la série Netflix Daredevil. Les trois chapitres qui mettent en avant le leader de la pègre new-yorkaise, restent malgré tout intéressant, on y voit déjà un personnage sous-estimé, mais plutôt intelligent, très puissant et qui sait se faire respecter par son entourage. Wilson Fisk, de son vrai nom, transpire l'intimidation et apporte vraiment cette sensation de danger qu'on ne retrouvait pas forcément à tous les numéros de l'époque. Spider-Man passe notamment près de la mort et doit même se mettre à sauver J. Jonah Jameson, qui lui voue une haine profonde. Au final, je me dis que peu importe les raisons ayant poussé Panini à l'introduire dans ce comic book, puisque le plaisir est là et c'est le plus important.

C'est Spider-Man, au cas où certains ont un doute.

La suite voit Spider-Man passer son anniversaire à combattre une armée de monstre venus d'ailleurs. Heureusement, il n'est pas seul et c'est donc l'occasion de voir les Quatre Fantastiques ou les Avengers. Malgré tous ces super-héros, l'intrigue tourne principalement autour du Docteur Strange et sa capacité à combattre Dormammu, qui désire regagner ses forces et régner sur le monde. Alors que les deux magiciens sont en pleine bataille, Spider-Man s'en approche maladroitement et est envoyé dans une faille temporelle. Dès lors, il doit revivre certains des moments les plus durs de sa vie pour espérer remonter le temps et revenir dans le présent. Une très belle histoire, la meilleure selon moi, qui voit Peter Parker craquer et être à deux doigts de renoncer à ses pouvoirs et à sa vie actuelle. Enfin, le dernier numéro voit le Docteur Octopus essayer de connecter son cerveau à tous les réseaux de la ville de New York. Après plusieurs commotions cérébrales, Otto Octavius sait qu'il vit ses derniers instants et veut donc à jamais marquer l'histoire. Ce numéro est moins bon, pas vraiment important je trouve, car il n'apporte pas grand chose, à part rappeler que Peter Parker est un génie qui n'a rien à envier aux autres. L'ennemi est plus faible, le combat est rapidement plié, y a rien d'épique, je pense qu'on aurait pu vraiment s'en passer.

Je ne vais pas trop m'attarder sur les dessins, vous vous imaginez bien qu'on a forcément un contraste entre les anciens numéros et les plus récents. C'est sûr que le graphisme moderne est plus beau, plus net, appréciable, mais les dessins de Steve Ditko et John Romita Sr. ne sont pas moins bons, ils sont simplement différents, c'est une autre époque, un style qu'on ne retrouve plus aujourd'hui. J'ai toujours pensé qu'adhérer à quelque chose, n'est au final qu'une question d'habitude. Dommage cependant qu'on ne puisse pas profiter pleinement des illustrations, la faute au format standard choisi par Panini. Mais l'éditeur s'est rattrapé sur la fin en proposant les couvertures originales, ce qui est toujours un gros plaisir pour les yeux.

Conclusion : Un premier volume très bon

Il ne faut pas se voiler la face, la "Super Heroes Collection" propose des comic books bas de gamme, les 250 pages par volumes, le prix inférieur à cinq euros, les couvertures souples et le format choisi vont dans ce sens. Mais il n'y a pas plus pratique pour emmener avec soi un livre et découvrir tout un univers à travers des récits complets. La qualité ici se trouve sur le fond et non la forme. Le passionné que je suis, a bien aimé. J'ai beau lire les intégrales de l'époque, Peter Parker s'impose de plus en plus comme mon super-héros préféré et je peux vous dire que ce livre y a contribué.



Points positifs :
+ On a droit à de bons numéros dans l'ensemble
+ Les couvertures originales

Points négatifs :
- Pas le meilleur format pour apprécier une lecture
- Le dernier numéro fait tâche par rapport aux autres

Contenu et auteurs :

Amazing Fantasy 15 (1962)
Amazing Spider-Man 50 (1963)
Amazing Spider-Man 51 (1963)
Amazing Spider-Man 52 (1963)
Amazing Spider-Man 57 (1999)
Amazing Spider-Man 58 (1999)
Amazing Spider-Man 500 (1963)
Amazing Spider-Man 600 (1963)

© 2018 MARVEL

09 février 2019

Naruto

Dans l'univers de la bande dessinée japonaise, l'année 1999 restera à jamais marquée par les débuts de Naruto, dans le Weekly Shōnen Jump. Cette année-là, Masashi Kishimoto et son équipe sont entrés dans un rythme infernal pour offrir hebdomadairement la suite de l'histoire d'un ninja pas comme les autres et qui aura finalement réussi à séduire une bonne partie des lecteurs.

Quelques années plus tard, après 72 tomes d'aventures vendus à plus de 235 millions d'exemplaires et quelques larmes ayant accompagnées le rideau de fin, il était temps pour moi de plonger dans la lecture d'une des œuvres les plus excitantes qui existent et probablement le manga le plus populaire des années 2000.

Maintenant que j'ai fini de lire la série, quel est mon ressenti ? Naruto est-il survendu par ses lecteurs ou mérite-t-il son succès ? Je vais tenter d'y répondre, mais avant cela, voyons un peu de quoi ça parle (oui, je pense actuellement à ceux qui vivent dans une grotte).


Le manga nous invite à suivre les aventures d'un jeune ninja, Naruto Uzumaki, qui désire devenir Hokage pour diriger le village, mais être surtout reconnu par ses pairs. Il faut dire que seuls les meilleurs peuvent prétendre à ce poste. Loin d'être doué à l'école, adepte des farces en tout genre et sans soutien depuis la mort de ses parents, Naruto reste malgré tout persuadé qu'il atteindra son rêve.

Au fil du temps, notre jeune héros se rend compte que le monde est vaste et bien différent de ce qu'il avait pensé. Aux examens de ninjas, viendront s'ajouter des missions plus ou moins dangereuses, en découleront par la suite des trahisons et engendreront des morts. Mais c'est à travers l'équipe 7 et aux côtés de Sasuke Uchiwa et Sakura Haruno, que Naruto avancera dans sa quête, le tout sous le regard de leur professeur, Kakashi Hatake.


La première chose que j'ai envie de dire sur Naruto, c'est tout simplement que l'histoire est prenante et divertissante. C'est un des rares mangas à me convaincre dès le premier volume et me donner envie d'enchaîner les tomes, les uns après les autres.

J'ai aussi trouvé les personnages attachants et la plupart d'entre eux ont une histoire qui ajoutent de la profondeur au récit. En leur donnant des capacités et des styles différents, l'auteur a réussi sans trop de mal à différencier les protagonistes et là où j'ai carrément été séduit, c'est qu'ils sont pour la plupart, mis en avant à un moment de l'aventure, très peu sont en retrait.


Si l'action est souvent fidèle aux shōnens, elle est carrément au centre de Naruto et Masashi Kishimoto avait tout intérêt à ne pas se rater. Et bien on peut dire qu'il s'est plutôt bien débrouillé. Les combats sont pas difficile à comprendre, le dessin est de qualité, le coup de crayon fin et on a donc pas mal de détails. On a également un côté stratégique qui apporte de la variété aux batailles, ce qui permet de ne pas avoir une série basée sur de l'action brute ou barbare.


Je sais que je vais être sévère pour le coup, mais il y a deux-trois petites choses que je n'ai pas aimé.

D'abord, il faut savoir que le manga est divisé en trois grands arcs narratifs. Le premier se concentre sur la jeunesse de Naruto et pose un peu les bases de ce qui va arriver, le second arc propose une bataille contre un clan de renégats appelé Akatsuki et le dernier est tout simplement une grande guerre qui verra les ninjas s'unir contre un adversaire commun. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à saturer et pour cause, la guerre dure sur plusieurs tomes et ça m'a fatigué sur la fin, j'ai trouvé que ça trainait trop.

En revanche, aussi bizarre que cela puisse paraitre, j'ai eu la sensation que le combat final entre Naruto et Sasuke a été expédié. Ne tenant que sur cinq chapitres environ, j'ai été légèrement déçu car j'en attendais plus pour une dernière confrontation. Je ne compte même pas m'attarder sur le dernier chapitre qui voit l'auteur faire une petite ellipse afin de proposer un tour d'horizon des personnages, pour que le lecteur voit ce qu'ils sont devenus. Voir Naruto dans la peau du Hokage reste une image fort sympathique, mais laisser entendre qu'une suite aura lieu, c'est gâcher un peu le plaisir. Je ne vais certes, pas juger par avance, mais on rate l'opportunité de finir sur de belles images et je ne vois pas en quoi une nouvelle série avec une nouvelle génération apportera de plus que celle que je viens de terminer.

Ce qui est sûr, c'est que Naruto reste un très bon manga, qui n'a pas volé son succès. La série est légèrement longue à mon goût, mais le fait qu'elle met très peu de temps à démarrer et qu'il n'y a pas trop de temps mort, fait qu'on enchaîne les volumes sans trop s'en rendre compte. Masashi Kishimoto a offert un très bon travail et il n'y a plus qu'a espérer que sa prochaine œuvre soit du même niveau, mais cela s'annonce bien difficile et pour cause, Naruto a placé la barre très haute.

★★★★★

Scénario et dessins : Masashi Kishimoto
Éditeur japonais : Shūeisha via Weekly Shōnen Jump (1999-2015)
Éditeur français : Kana (2002-2016)
Nombre de tome : 72