Cela peut surprendre aujourd'hui, mais il fut un temps où Marvel est passé tout près de la liquidation judiciaire. Pour se relancer, celle que l'on surnomme la « Maison des Idées » a dû revoir sa politique éditoriale et c'est ainsi qu'est né le label Marvel Knights. Ce dernier proposait en grande partie des histoires courtes ne s'étalant pas sur plusieurs volumes et étant ainsi accessible à un plus grand nombre de personnes. Composé de six numéros sortis entre 2002 et 2003 et regroupés sous la forme d'un album que je vais évoquer aujourd'hui, SPIDER-MAN : BLEU est l'un des comic books ayant réussi à marquer cette époque, au point de devenir un classique de l'éditeur.
Si c'est devenu un récit qui a tant marqué les lecteurs, c'est parce qu'il se démarque beaucoup des comic books traditionnels.
On y suit Peter Parker en train de s'enregistrer sur un magnétophone. Il parle en réalité à Gwen Stacy, son premier amour, sauf que... cette dernière n'est plus de ce monde. Parker n'est pas devenu fou, il sait très bien que Stacy ne pourra écouter ses enregistrements, mais il a ce besoin de dire ce qu'il a au fond de son cœur ; ce qu'il n'a pas pu ou pas eu le temps de dire lorsqu'elle partageait son quotidien.
Dès les premières pages, on comprend qu'on a entre les mains, un album spécial, qui montre que les super-héros, peuvent offrir autre chose que les habituelles batailles entre gentils et méchants. Le récit est triste, l'action est au second plan, mais cela ne dérange aucunement, dans la mesure où Spider-Man a longtemps été un super-héros attachant grâce justement à ce genre d'histoires. Jeph Loeb a compris cela et nous a offert un comic book accentuant un peu plus le riche héritage de l'homme-araignée.
Sur ce registre, Peter Parker est d'ailleurs, l'un des personnages les plus intéressants à suivre, son héritage n'a cessé de s'enrichir au fil des ans et des récits.
