
J’enchaîne les séries courtes et pas très connues. Cette fois-ci, place à Détenu 042, une œuvre qui -malheureusement- n’est plus commercialisée par Kana, ce qui est fort dommage, car il s’agit d’un de mes coups de cœur de ce début d’année. Édité sous le label « Big Kana », il s’agit typiquement du manga qui est légèrement plus grand et volumineux que les séries habituelles de l’éditeur et est en plus, réservé à un public mature. Car ici, le thème quelque peu sensible évoqué à travers le scénario amène le lecteur à s’interroger sur le sujet.
En clair, on a là, un seinen. On est loin des shōnens habituels que j’ai pu lire récemment ou des shōjos, bien que l’on retrouve quelques codes de ce genre-là.
Synopsis :
L’histoire se concentre principalement sur Ryohei Tajima, un homme qui est condamné à mort pour avoir tué sept personnes. Alors qu’il semble prêt à vivre les derniers jours de sa vie, le gouvernement décide de finalement l’utiliser comme cobaye d’une expérience, sous le nom de code « détenu 042 ». Il s’agit d’un long test s’étalant sur plusieurs semaines et consistant à implanter une puce dans le cerveau du condamné, qui exploserait à la moindre pulsion meurtrière. Le but serait de l’amener à ne plus vouloir/penser tuer.
La puce ne se limite pas qu’à cela, elle partage également des données sur sa localisation. Ainsi, il lui est impossible d’échapper à l’expérience, sous peine de tomber nez-à-nez avec la police. Vous l’aurez compris, Tajima ne vit désormais plus en prison, mais en société. Pour être plus précis, il est forcé de travailler pour le compte de l’État. Là où ça pose problème, c’est le lieu choisi pour mettre en pratique cette expérience : un établissement scolaire, considéré par les scientifiques comme une version miniature de la société actuelle.
Inutile de dire que les parents sont à la fois terrifiés, les élèves sont sans pitié envers lui et certains font pression pour appliquer la peine de mort. C’est dans ce contexte cruel, que le « détenu 042 » doit (sur)vivre.
Qui a eu cette idée folle ?
Faut-il encourager ce genre d’expérience ? Doit-on donner une nouvelle chance à un meurtrier de ce standing ? Tant de question que l’on se pose tout au long de lecture. Quoi qu’il en soit, au fil des chapitres, on en apprend plus sur le cobaye, son passé et l’opinion sur lui, peut changer.
Dessins :
J’évoquais un peu plus haut, le côté shōjo que l’on retrouve dans ce manga. Celui-ci est provoqué par l’apparition de certains personnages, qui apportent un côté un peu plus tendre au manga. Pour parler rapidement des dessins, j’aime assez bien. Yua Kotegawa a un coup de crayon fin, réaliste aussi, mais je trouve dommage qu’elle ne détaille pas trop ses illustrations. La couverture du premier tome (voir plus haut) le montre bien avec ce visage dépourvu de traits.
Conclusion : J'ai adoré
Je vais conclure avec ce qui ne m’a pas vraiment plu. Je trouve notamment qu’on tourne un peu en rond vers la fin de la série, c’est lent et on sent que l’auteur voulait allonger l'histoire sans y ajouter quelque chose d'important à celle-ci. Y a également ce côté shōjo qui n’était pas forcément utile ici. Mais les reproches s’arrêtent là, ce manga reste dans l'ensemble, un bonheur à lire, c’est intéressant, intriguant aussi et ça ne tient que sur cinq volumes. J’ai beaucoup aimé et encore une fois, je ne peux que vous conseiller la lecture.
★★★★☆
Informations :
Scénario et dessins : Yua Kotegawa
Éditeur japonais : Shūeisha via Weekly Young Jump (2002-2004)
Éditeur français : Kana (2006-2007)
Nombre de tome : 5