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30 juillet 2017

Spider-Man l’intégrale 1965


Tantôt aimé, tantôt haï, la propagande de J. Jonah Jameson continue de faire son effet sur la population locale, n'aidant pas Spider-Man à se faire respecter. Mais en bon héros, celui qui est partagé entre ses études, son petit job et sa vie personnelle, n'hésite pas à se démener pour aider ses concitoyens et protéger sa ville de New York. Une routine qui -malheureusement- se ressent bien après avoir lu les précédents numéros, rien ne change et c'est bien dommage.

Alors que j'espérais une évolution dans le personnage après trois ans d'aventures, je commence à me rendre compte qu'à l'époque, cette formule semblait trop marcher pour la changer. Se faisant on a des auteurs qui n'avaient peut-être pas cette volonté ou obligation de devenir mature, changer l'écriture des histoires et offrir un contenu un peu différent.

Résultat, on se retrouve avec une intégrale proposant des numéros qui reposent sur le même schéma, encore et encore.

Est-ce le volume de trop ? Serais-je tenté de me dire.

Bien entendu, la réponse est non. Du moins, pas encore. J'aime suivre le personnage, je prends toujours plaisir mais je suis légèrement agacé que le synopsis n'avance pas d'un pouce, quand bien même on arrive à la moitié des années 60.


Je souhaite également pointer du doigt cette utilisation des ennemis déjà existants, accentuant cette impression d'être bloqué dans une spirale du déjà-vu. Alors oui, certains grands personnages ont fait leur première apparition en 1965, je pense notamment au Scorpion, au Scarabée et à l'Homme de Lave, mais ça s'arrête là sur les treize numéros composants ce livre. D'autres antagonistes sont apparus cette année-là, mais ils peinent à se rendre intéressant et marquer les esprits.

J'ai aussi eu le sentiment que le narrateur ne vendait plus autant les numéros, dans les premières pages. Peut-être a-t-on là les prémices d'un changement à venir ? Je l'espère.

Par contre, la grosse force de cette intégrale, se situe au niveau de l'Annual, mettant en scène le Docteur Strange. Steve Ditko, le père du personnage a ainsi pu se faire plaisir et c'était plutôt chouette à lire. Ce serait malhonnête de ma part de ne pas mentionner l'arrivée de Peter Parker à l'université, seul moment où l'histoire avance et où on voit l'apparition de Gwen Stacy et Harry Osborn. Quelque chose me dit que ces deux-là vont avoir une petite importance à un moment donné.

Conclusion : Déjà-vu

Comme pour la précédente intégrale, Panini Comics nous offre ici douze numéros, plus un en bonus. Celle-ci souffre de la redondance des numéros qui la composent. Il y a cette impression qu'on est arrivé au bout du rouleau et que Stan Lee doit revoir sa copie pour la suite. Le mieux est d'espérer une avancée dans l'histoire et ne pas avoir cette sensation de faire du surplace. À voir ce que donnera l'année 1966, mais me concernant, je compte digérer un peu cette lecture et retourner vers les X-Men.

★★★☆☆

Contenu :

The Amazing Spider-Man (1965) #20-31
The Amazing Spider-Man Annual (1965) #2

© Panini Comics 2002 / Stan Lee & Steve Ditko

14 juillet 2017

Over Bleed

Introduction :

Après Jackals et Guardian Dog, j’ai eu une nouvelle occasion de lire du Ki-oon avec Over Bleed. C’est le collectif sud-coréen « 28Round » qui nous a offert cette courte série de trois tomes. Ça n’en reste pas moins, un manga japonais, pré-publié par le Young Gangan de Square Enix. Là encore, on a ce que j’appelle, un manga « underground », c’est-à-dire qu’il est peu connu du grand public. Et ça a beau être court et rapide à lire, y a quand même des choses à dire dessus, en bien ou en mal. Mais avant ça, voyons un peu ce que ça raconte.

Synopsis :

Martyrisé au lycée, par des camarades de classe, Kei accepte la proposition de son ami d’enfance Akira. Ensemble, ils vont se suicider pour mettre fin à cette situation. Sauf que… Kei survit à cette tentative, contrairement à son ami.

Quelques mois plus tard, il apprend que la vidéo de sa tentative de suicide est disponible sur internet, après l’avoir regardé, il aperçoit dans les suggestions, des vidéos diffusant des combats de rue. Il croit reconnaitre Akira et décide donc d’aller à sa recherche. Mais pour cela, il devra s’entraîner dur et gagner en popularité pour atteindre son objectif, car cet homme -qui ressemble fortement à Akira- s’avère être l’un des meilleurs combattants et on ne peut l’approcher aussi facilement.

Mon attente et le principal défaut du manga :

À priori, tout est prétexte à offrir du combat. Mais le scénario avait quand même le mérite d’avoir un gros potentiel si les auteurs avaient décidé d’explorer un minimum l’aspect psychologique des personnages.

Kei fait une tentative de suicide et ne semble pas traumatisé. J’aurais aimé savoir ce qui s'est passé dans sa tête, était-il prêt à faire une seconde tentative, afin de rejoindre son ami ? Quelle a été sa réaction après avoir compris qu’il était vivant ? Dans Over Bleed, tout cela n’est pas évoqué. Le manga reste ancré dans son thème premier et c’est bien dommage.

Peu développé :

Je trouve également qu’il y a trop de raccourci, ce n’est pas assez développé. Notamment par rapport aux personnages secondaires, mais aussi surtout, de l’infirmière qui a l’air plus importante que ce que la série laisse penser. Les raisons qui la poussent à aider Kei sont trop simples et on dirait que les deux auteurs n’ont pas voulu s’embêter.

Mais...

En réalité, le seul vrai point positif que je trouve, c’est qu’ils sont vraiment passionnés par certains arts martiaux, les mouvements que l’on peut voir dans le manga sont expliqués correctement, sans oublier que les combats sont pour la plupart, compréhensibles.

Conclusion : Décevant

Over Bleed n’est pas un mauvais manga. Il fera très certainement plaisir à ceux qui recherchent uniquement de l’action. En ce qui me concerne, j’ai été déçu de la direction qui a été prise, mais il fallait bien s’y attendre, il s’agit rien d’autre qu’une œuvre basée sur le combat pur et dur. Peu connu en France, le manga aurait probablement eu un meilleur succès s’il était légèrement plus long et donc, davantage travaillé.

★★☆☆☆

Informations :

Scénario et dessins : 28Round
Éditeur japonais : Square Enix via Young Gangan (2008)
Éditeur français : Ki-oon (2010-2011)
Nombre de tome : 3

08 juillet 2017

20th Century Boys

Introduction :

Je connais des personnes qui se basent sur les couvertures ou les dessins pour se décider à lire une œuvre ou l’éviter, je trouve cela pas très malin, car beaucoup passent parfois à côté de certains chefs-d’œuvre et 20th Century Boys en est un. Je viens de finir la série et honnêtement, je n’ai jamais lu un tel manga. Je vous invite fortement à vous jeter dessus, il n’est pas impossible que vous irez -par la suite- vouer un culte à Naoki Urasawa. En attendant, laissez-moi vous raconter l’intrigue.

Synopsis :

En 1969, Kenji Endô retrouve souvent ses camarades de l’école dans une « base secrète » qu’ils ont construit. Ils y inventent une histoire où la destruction de planète est évoqué et l’humanité menacée par une organisation contre laquelle, ils s’y opposent et finissent par triompher pour devenir les défenseurs de la Terre. Cette histoire de gamin est rédigée dans ce qu’ils appellent le « cahier de prédictions ».

Quelques temps avant l’an 2000, un ancien ami d’Endô se suicide et c’est donc l’occasion pour les anciens camarades de se retrouver aux funérailles. Parallèlement, les prédictions imaginées en 1969 commencent à se réaliser les unes après les autres. Se souvenant et donc se sentant impliqués par rapport à ces prédictions, Kenji et ses amis décident de stopper ce qui arrive et tentent de démasquer l’auteur des faits, un certain « Ami ». Bien entendu, il s’agit d’un ancien camarade de Kenji, mais difficile de déterminer qui exactement.

Là où ça devient intéressant, c’est qu’il est prévu, conformément au cahier de prédictions, que la fin du monde aura lieu en l’an 2000. C’est donc une course contre la montre qui démarre pour tenter de tout stopper et démasquer « Ami ».

Profond, complexe et des références :

Naoki Urasawa propose ici, une histoire riche, complexe, se déroulant en deux temps, qui joue sur le suspens, les répercussions, les révélations et qui place tous les personnages au même niveau d’importance, même celui que vous penserez voir qu’à une seule reprise, aura au final une importance particulière à un moment donné. Je n’ai personnellement, jamais lu un manga où tous les acteurs peuvent être aussi importants que le personnage principal et quand je dis tous, il faut savoir qu’ils sont plus d’une dizaine.

Le très bon point de la série, c’est que cela peut sembler compliqué, mais les différents flash-back et les ellipses utilisés par l’auteur, permettent d’avancer petit à petit dans l’histoire, tout en comprenant ce qui se passe. Urasawa nous fait comprendre que le flash-back n’est pas utilisé à tord, sans raison, mais plutôt qu’il a son importance, car ce qui suit ou a précédé est directement lié.

Il y a aussi ce côté réaliste que je trouve plaisant avec des références culturelles, musicales et géographiques qui viennent ponctuer la série à travers les tomes.

Des soucis peu mineurs :

Bon, il y a aussi un ou deux points négatif, que j’ai souligné. 20th Century Boys peut dégoûter à cause du style graphique d’Urasawa. Me concernant, je trouve les dessins plutôt bons, je pense que c’est seulement une question d’adaptation, ça parait ancien, mais on s’y fait et puis, on est tellement submergé par l’histoire que ceux-ci passent au second plan.

Enfin, on peut souligner aussi la fin quasi-bâclée, laissant quelques mystères en suspens. Auquel cas, il faudra lire les deux tomes de 21st Century Boys pour avoir le fin mot de l’histoire. Est-ce vraiment un défaut ? En faisant quelques recherches, j’ai pu lire que Naoki Urasawa a eu des problèmes de santé suite au rythme de publication imposé par l’éditeur japonais. En sortant ensuite les deux tomes de la seconde série à son propre rythme, l’auteur a tenu à livrer le fin mot de l’histoire.

Conclusion : Un chef-d’œuvre, tout simplement

Après avoir lu tout ce pavé, vous comprendrez sûrement que 20th Century Boys est devenu l’une de mes séries préférées. Difficile dans mon cas de ne pas m’attacher à l’auteur et de jeter un coup d’oeil à ses autres créations. Si Naoki Urasawa est devenu l’un des tauliers du manga au Japon, c’est en partie pour cette série.

★★★★★

Informations :

Scénario et dessins : Naoki Urasawa
Éditeur japonais : Shōgakukan via Big Comic Spirits (2000-2007)
Éditeur français : Panini Manga (2006-2007)
Nombre de tome : 22+2