
Plus on avance dans le temps, plus la série X-Men gagne -ne serait-ce qu'un peu- en profondeur. Après une année 1967 marquant notamment les débuts du Hurleur et l'apparition des nouvelles tuniques, les mutants du Professeur Xavier poursuivent leurs aventures à travers cette intégrale.
Au programme du volume : les retours de Magneto et du Fléau, la mort du Professeur Xavier, les débuts de Polaris et Mesmero, sans oublier quelques chapitres bonus centrés sur le Fauve et Angel (écrit par le grand Jerry Siegel).
Vu ainsi, ça a l'air très alléchant, mais j'avoue avoir été quelques peu déçu.
L'année 1968 démarre avec le monstre de Frankenstein et l'arrivée d'un "sub-terrien" appelé Grotesk, des personnages oubliables et c'est pourtant le dernier cité qui va conduire le Professeur X à la mort. Et n'allez pas penser que cela a été orchestré après un terrible et long combat. Tout a semblé expédié et c'est d'autant plus mauvais quand on sait que cela a été provoqué par un personnage mineur. Par ailleurs, quand on sait que la série s'est arrêtée en 1970, on se rend compte que la mort du mentor des X-Men semblait être davantage un moyen de faire du bruit et d'attirer les lecteurs, qu'une réelle idée scénaristique profonde.
Heureusement, la suite ne peut être pire. L'histoire avance et Cyclops prend ses responsabilités en tant que nouveau leader du groupe, le retour de Magneto ajoute du piment aux aventures et découvrir qu'une certaine Lorna Dane est en réalité sa fille, apporte un peu de profondeur au personnage, sans parler de Mesmero qui a brillamment remplacé l'ennemi intime des X-Men. D'ailleurs, voir ces derniers être séparés par les directives de l'agent Duncan du FBI renforce cette idée que les mutants sont dorénavant entrés dans un nouveau chapitre de leur vie et que nous ne sommes plus en 1963.

L'année 1968 a vu un grand nombre d'artistes travailler sur la série. Que ce soit au niveau des couvertures, du scénario ou même des dessins. Du coup, il n'est pas rare de sentir une grande différence sur la forme, comme sur le fond.
J'ai trouvé que les chapitres écrits par Roy Thomas étaient moins captivants que ceux de Gary Friedrich et même si tout est une question de goût, je trouve difficile d'imaginer que le titre allait s'arrêter, tant j'ai senti qu'il y avait du mieux. Je tiens aussi à mentionner Arnold Drake, qui y est allé de sa contribution avec du bon (X-Men #50-51) comme du moins bon (X-Men #47-48). Par contre, avoir autant de scénaristes avec des visions plus ou moins différentes, rend presque difficile le développement des personnages. Je pense notamment à Magneto qui apparait plusieurs fois dans cette intégrale et qui revient même à un moment, alors qu'il était supposément gravement blessé (presque mort ?), quelques pages plus tôt.
Concernant les dessins, ceux de Werner Roth vieillissent mal, c'est légèrement mieux sous George Tuska, mais personnellement, je n'ai pas senti une vraie différence. C'est principalement sur la fin du volume qu'on ressent une nette amélioration graphique. À noter aussi les belles couvertures de Jim Steranko, John Buscema et John Romita Sr.
Conclusion : Année importante, mais...
Cette intégrale 1968 est plutôt historique de part son contenu, mais un peu frustrante et ennuyeuse. Il y a cette impression qu'on va dans tous les sens et qu'on ne sait pas où donner de la tête. À l'image de Spider-Man, les X-Men subissent de plein fouet la vision de plusieurs scénaristes. Cependant on voit que le titre évolue, que ce soit dans le logo utilisé par la série où l'importance du narrateur dans les deux derniers chapitres. Les mutants sont en pleine évolution, les premières années remontent à loin désormais, à voir si le prochain volume confirmera cette impression.
★★★☆☆
Contenu :
X-Men (1968) #40-51
Avengers (1968) #53
Mickael Karakac
©Panini Comics 2010 / Roy Thomas, Don Heck & Gary Friedrich
©Panini Comics 2010 / Roy Thomas, Don Heck & Gary Friedrich

