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18 avril 2019

X-Men l'intégrale 1968


Plus on avance dans le temps, plus la série X-Men gagne -ne serait-ce qu'un peu- en profondeur. Après une année 1967 marquant notamment les débuts du Hurleur et l'apparition des nouvelles tuniques, les mutants du Professeur Xavier poursuivent leurs aventures à travers cette intégrale.

Au programme du volume : les retours de Magneto et du Fléau, la mort du Professeur Xavier, les débuts de Polaris et Mesmero, sans oublier quelques chapitres bonus centrés sur le Fauve et Angel (écrit par le grand Jerry Siegel).

Vu ainsi, ça a l'air très alléchant, mais j'avoue avoir été quelques peu déçu.

L'année 1968 démarre avec le monstre de Frankenstein et l'arrivée d'un "sub-terrien" appelé Grotesk, des personnages oubliables et c'est pourtant le dernier cité qui va conduire le Professeur X à la mort. Et n'allez pas penser que cela a été orchestré après un terrible et long combat. Tout a semblé expédié et c'est d'autant plus mauvais quand on sait que cela a été provoqué par un personnage mineur. Par ailleurs, quand on sait que la série s'est arrêtée en 1970, on se rend compte que la mort du mentor des X-Men semblait être davantage un moyen de faire du bruit et d'attirer les lecteurs, qu'une réelle idée scénaristique profonde.

Heureusement, la suite ne peut être pire. L'histoire avance et Cyclops prend ses responsabilités en tant que nouveau leader du groupe, le retour de Magneto ajoute du piment aux aventures et découvrir qu'une certaine Lorna Dane est en réalité sa fille, apporte un peu de profondeur au personnage, sans parler de Mesmero qui a brillamment remplacé l'ennemi intime des X-Men. D'ailleurs, voir ces derniers être séparés par les directives de l'agent Duncan du FBI renforce cette idée que les mutants sont dorénavant entrés dans un nouveau chapitre de leur vie et que nous ne sommes plus en 1963.


L'année 1968 a vu un grand nombre d'artistes travailler sur la série. Que ce soit au niveau des couvertures, du scénario ou même des dessins. Du coup, il n'est pas rare de sentir une grande différence sur la forme, comme sur le fond.

J'ai trouvé que les chapitres écrits par Roy Thomas étaient moins captivants que ceux de Gary Friedrich et même si tout est une question de goût, je trouve difficile d'imaginer que le titre allait s'arrêter, tant j'ai senti qu'il y avait du mieux. Je tiens aussi à mentionner Arnold Drake, qui y est allé de sa contribution avec du bon (X-Men #50-51) comme du moins bon (X-Men #47-48). Par contre, avoir autant de scénaristes avec des visions plus ou moins différentes, rend presque difficile le développement des personnages. Je pense notamment à Magneto qui apparait plusieurs fois dans cette intégrale et qui revient même à un moment, alors qu'il était supposément gravement blessé (presque mort ?), quelques pages plus tôt.

Concernant les dessins, ceux de Werner Roth vieillissent mal, c'est légèrement mieux sous George Tuska, mais personnellement, je n'ai pas senti une vraie différence. C'est principalement sur la fin du volume qu'on ressent une nette amélioration graphique. À noter aussi les belles couvertures de Jim Steranko, John Buscema et John Romita Sr.

Conclusion : Année importante, mais...

Cette intégrale 1968 est plutôt historique de part son contenu, mais un peu frustrante et ennuyeuse. Il y a cette impression qu'on va dans tous les sens et qu'on ne sait pas où donner de la tête. À l'image de Spider-Man, les X-Men subissent de plein fouet la vision de plusieurs scénaristes. Cependant on voit que le titre évolue, que ce soit dans le logo utilisé par la série où l'importance du narrateur dans les deux derniers chapitres. Les mutants sont en pleine évolution, les premières années remontent à loin désormais, à voir si le prochain volume confirmera cette impression.

★★★☆☆

Contenu :

X-Men (1968) #40-51
Avengers (1968) #53


Mickael Karakac
©Panini Comics 2010 / Roy Thomas, Don Heck & Gary Friedrich

01 avril 2019

Silver Surfer l'intégrale 1966-1969


Alors que beaucoup de comics sont publiés au rythme des films et séries du moment, une nouvelle intégrale Panini est sortie de nulle part pour agrandir la gamme Marvel Classic. Centrée sur le Surfeur d'Argent, le volume propose de découvrir l'origine d'un des personnages les plus mystérieux de l'éditeur, mais aussi l'un des plus puissants.

Apparu en 1966 dans le 48e numéro des Quatre Fantastiques (1961), le personnage a rapidement conquis le cœur de Stan Lee, qui a carrément décidé d'offrir une série au super-héros en 1968. Une époque que Panini Comics propose de découvrir à travers cette première intégrale.

L'histoire du Surfeur d'Argent est liée à celle de Galactus. Ce dernier a beau être l'un des plus puissants personnages de l'univers Marvel, il ne peut vivre sans se nourrir. Le seul problème est qu'il s'alimente de planètes vivantes. Alors que la planète Zenn-La s'apprête à vivre ses derniers instants, un certain Norrin Radd propose un marché au puissant Galactus : épargner Zenn-La et lui servir de héraut pour trouver d'autres planètes en échange. En acceptant, Norrin Radd obtient par la même occasion des pouvoirs cosmiques et une planche de surf lui permettant de voyager rapidement à travers les galaxies pour assouvir la soif de son -désormais- maitre.

La Terre n'échappe malheureusement pas au Silver Surfer. Mais alors qu'il s'apprête à finaliser son travail, sa conscience l'assure de sauver les vies humaines et se retourne ainsi contre son maitre. Pour le sanctionner, Galactus crée un champ empêchant le voyageur cosmique de quitter la planète bleue, démarrant le début d'une longue et douloureuse punition.


Démarrer cette intégrale m'a donné l'opportunité de découvrir un personnage que je ne connaissais que très peu. Pour tout vous dire, avant la lecture du bouquin, mon seul souvenir du Silver Surfer provenait du film sorti en 2007 sur les Quatre Fantastiques. Et je dois dire que j'ai vachement aimé. J'ai trouvé le début assez poussif, mais quand je suis arrivé aux numéros correspondant à la série propre au Surfeur d'Argent, j'ai enchaîné les numéros, les uns après les autres, quand bien même certains duraient près de 40 pages.

Globalement, la lecture était agréable, que ce soit par les dessins de John Buscema, ou le dynamisme général de l'histoire. J'ai souvent eu cette sensation dans les intégrales X-Men ou Spider-Man que certains personnages parlaient pour rien, juste pour remplir des cases, je pense notamment à Hank McCoy et ses répliques qui ne servent pas à grand chose, Bobby Drake et Peter Parker qui narguent souvent leurs adversaires. Dans celle-ci, les dialoguent sont plus légitimes, ce qui se dit est intéressant ou fait avancer les choses. C'est quelque chose que j'ai vraiment aimé. J'évoque John Buscema, mais il faut créditer Jack Kirby qui est encore à l'origine d'un super-héros légendaire de Marvel et Joe Sinnott à qui l'on doit la merveilleuse couverture de l'intégrale.

Une chose que j'ai également aimé, c'est avoir un tel personnage puissant, qui se retrouve au final, enfermé comme un oiseau dans une cage aussi grande que la Terre. Il s'agit d'une punition et cela se ressent tellement vu qu'il craque à plusieurs reprises. Sa bonté et son sens de la justice l'amène toujours à protéger les humains, mais malgré cela, il est sans cesse rejeté et détesté. C'est un personnage qui fait pitié, car il ne comprend pas la réaction hostile des gens. On se rend compte d'ailleurs, que l'auteur dénonce clairement cette mentalité de rejeter tout ce qui est différent, étranger. Pour couronner le tout, il est forcé de vivre à des années lumières de sa bien-aimée.

Le seul point négatif que je relève, c'est que les ennemis sont un peu oubliables. À la limite, Méphisto remonte légèrement le niveau, mais difficile d'apprécier l'Étranger, les aliens de Badoon et Rakkhal. Heureusement, Loki et Thor apparaissent, mais dans l'ensemble, on est loin d'avoir eu des gros noms si on excepte les Quatre Fantastiques en début de volume qui apparaissent dans leur propre série.

Conclusion : À lire

Malgré un début assez lent, les aventures du Silver Surfer se montrent finalement passionnantes. Paradoxalement, il n'y a que peu d'ennemis charismatiques dans cette intégrale, mais le super-héros compense par le mystère et la classe qui l'entoure. Il y a aussi cette sensation que ce premier tome fait son boulot, c'est-à-dire présenter le contexte, le personnage et poser les bases de la série de 1968. C'est pour l'instant très bon, mais j'attendrai logiquement encore mieux pour la prochaine intégrale, car y a de la marge pour offrir un contenu meilleur.

★★★★★

Contenu :

Fantastic Four (1966) #48-50
Fantastic Four Annual (1967) #5
Silver Surfer (1968-1969) #1-6


Mickael Karakac
©Panini Comics 2018 / Stan Lee, John Buscema & Jack Kirby