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03 août 2015

Kingdom Hearts

Comme beaucoup de franchises à succès, « Kingdom Hearts » a offert son lot de produits dérivés, dont le manga. Si les jeux vidéos forment la base originelle de la série et sont parmi les plus populaires de l'industrie vidéoludique, le format BD que je vais aborder est bien loin de cela...

L'histoire démarre sur une île éloignée du reste du monde. Sora, Kairi et Riku sont trois amis qui décident de quitter cette île à l'aide de trois radeaux. C’est au moment de partir qu’ils se font attaquer par des créatures ténébreuses, les sans-cœurs. À partir de là, ils sont malgré eux, séparés et Sora entreprend de partir à leur recherche, armé de la mystérieuse Keyblade.

Je ne saurais dire si c'est la nostalgie qui m'a amené à lire Kingdom Hearts, mais toujours est-il que j'attendais de retrouver le bonheur que me procuraient mes heures passées sur PlayStation 2, parce que le manga dont il est question s'inspire directement de ce premier épisode sorti sur console en 2002.

Avant tout, il faut savoir que Kingdom Hearts est une série réunissant des éléments de l'univers Disney et Square Enix, ce qui a été et est toujours, une vraie mine d’or pour les concepteurs du jeu. Ça aurait pu l'être également pour Shiro Amano, mais ce dernier n'a pas - pour une raison qui m'échappe -  vraiment exploité ce qu'il avait sous la main. Voir que la série ne s'étalait que sur quatre tomes d'environ 150 pages chacun pouvait déjà être un premier indice sur le fait que l'aventure soit bien moins longue par rapport au jeu vidéo. C'est en ouvrant les bouquins et en démarrant la lecture que j'ai pu constater que comme pour Jackals, une partie du manga a été expédiée, en l'occurrence les scènes d'actions. Oubliez les batailles pittoresques qui firent la renommée de Kingdom Hearts, la Keyblade - version manga - de Sora peut vaincre ses adversaires en un ou deux coups maximum, en résulte un sentiment de travail bâclé, d'une envie pour l'auteur de (très vite) passer à la suite, comme si le temps le pressait.

J'ai quand même conscience qu'il s'agit d'un manga s'adressant avant-tout à un lectorat très jeune et que je peux comprendre cette volonté de ne pas s'éterniser sur quelque chose d'aussi futile que des passages où plusieurs personnages se confrontent, mais n'empêche qu'il s'agit d'un des points importants de la série ; les jeux vidéos sont ponctués par des affrontements extraordinaires et j'ai trouvé dommage qu'on ne retrouvait pas ce côté épique qui résume tant Kingdom Hearts.

Personnellement, je ne pense pas qu'aller en guerre avec une clé soit une si bonne idée.

En ce qui concerne Shiro Amano, j'ai beaucoup de mal avec son dessin. Il a certes, un coup de crayon mignon qui colle parfaitement à l'ambiance générale de la série, mais j'ai eu énormément de mal à décrypter les pages au moment des passages d'actions, notamment les mouvements que les protagonistes effectuent. Un comble, car comme je l'ai précédemment écrit, ces séquences de batailles ne tiennent que sur un ou deux coups portés. On ne se rend pas toujours compte, mais le 9e art fait toujours appel à notre imagination pour combler l’absence d'animation ; je vous assure que même sur le peu qui est offert dans ce manga, j'ai eu beaucoup de difficultés à déterminer/comprendre ce qu'il se passait. Autant je peux excuser quand c'est occasionnel, mais quand c'est aussi fréquent, je trouve cela très fatiguant. Vous n'imaginez pas à quel point c'est agaçant de devoir s’arrêter de lire, revoir toutes les cases pour essayer de comprendre l’action, pour au final ne rien saisir.

À côté de ça, l'aspect aventure et le côté exploration ne sont pas pour autant mis en avant et tout s'enchaîne très vite, difficile de profiter de quoi que ce soit.

Je ne suis pas loin de penser que le passage en format manga est complétement raté, mais je pense qu'il faudrait que je lise les autres séries avant de me prononcer définitivement. C’est vraiment dommage, car avec un tel univers à utiliser, le potentiel d’offrir une belle série est immense. D’ailleurs, pourquoi ne pas avoir offert une histoire complétement originale tout en utilisant les deux univers ? Laisser une certaine liberté créative à l’auteur aurait pu s’avérer plus intéressant que l’obliger à retranscrire une aventure qui existe déjà.

Moi Sora, 10 ans 1/2, 1,39m

Conclusion : Une grosse désillusion

J'espérais beaucoup de ce manga, mais à l'image des fans du PSG qui espèrent gagner la Ligue des Champions, je suis vite revenu à la réalité (oui, c'est une pique gratuite). Voir Sora partir à l’aventure et naviguer à travers différents mondes, ça ne pouvait qu’être passionnant et prenant, mais ce fut tout le contraire pour ma part et la déception a pris le dessus. Se dire que Kingdom Hearts peut s'enchaîner sur deux ou trois heures seulement, c'est assez irréaliste pour un fan de la série. Reste à voir si je compte lire les autres mangas... disons que je compte le faire, mais je ne suis pas pressé et ça ne sera pas ma priorité.

Ma note : 2/5

Le positif :
+ Un coup de crayon sympathique
+ L’univers vaste et riche de la série, mais...

Le négatif :
– ...qui n'est pas exploité
– Une aventure très courte, tout s’enchaîne très vite
– Les difficultés à comprendre certaines scènes d'actions

© 2003 Shiro Amano / Tetsuya Nomura, Square Enix

01 août 2015

Jackals

Après Full Ahead ! Coco, j'ai voulu me tourner vers une série plus courte et d'un genre différent. Mon choix s'est ainsi porté sur « Jackals » et après avoir terminé la lecture des sept tomes qui composent la série, je suis en mesure de vous dire si ça vaut le coup ou  si c'est de la merde non.

Si je ne dis pas de bêtises, nous sommes courant 2008 lorsque Jackals débarque en France et de mémoire, des spots publicitaires accompagnaient sa sortie, chose rare pour le souligner. C'est d'ailleurs, un manga que j'avais déjà eu l'occasion de lire autrefois, quand j'étais au collège, sans pour autant pouvoir le finir. À l'époque, le gamin immature que j'étais n'accrochait pas vraiment aux "seinen" et toutes les œuvres matures, destinées à un public averti (coucou Berserk et Tengu). Cette fois-ci, je vous rassure, j'ai tout lu et je vais donner mon ressenti.

Jackals nous emmène à Cicero City, une ville où deux groupes mafieux se battent quotidiennement pour prendre le contrôle total de la commune. D’un côté, nous avons Gabriella qui dirige le Nord de la ville, tandis que la partie Sud est sous l'influence de Tennouren. La guerre opposant les deux gangs rivaux profite aux « jackals » qui sont régulièrement embauchés par les clans sus-mentionnés pour éliminer des personnes bien précises. En d'autres mots, il s’agit purement et simplement de tueur à gages. Et parmi eux, nous avons Nichol, le personnage principal qui aspire à devenir aussi légendaire que sa mère (oui, oui, elle foutait la merde elle aussi). Cette dernière était effectivement dans ce milieu et s’est même faite une sacrée réputation avec son arme, « l’Alligator » avant de finalement y perdre la vie, il y a quelques années. Utilisant le même instrument de terreur que sa défunte mère, Nichol s’est mis en marche, avec cette même soif de succès.

Quand ton arme ne tient qu'à trois vis.

Je vais d'abord évoquer les dessins de Kim Byung Jin, car c'est le vrai point fort de cette série selon moi. Les planches sont absolument magnifiques, il n'y a pas d'autre mot, ce fut un vrai régal pour mes yeux. Il manque effectivement quelques détails sur les personnages ou sur les arrières plans comme les visuels peuvent le montrer, mais j'étais globalement satisfait du rendu global. Ça ne veut pas dire en revanche que tout le monde appréciera, chacun ses goûts, mais le dessin de Byung Jin est maîtrisé, il réussit à retranscrire parfaitement ce qu'on est censé voir. Je souligne cela, car très honnêtement, il y a un problème assez récurrent dans les séries proposant moult combats, c'est qu'on se retrouve souvent avec des planches bordéliques où on ne comprend pas grand chose ; heureusement, on s'épargne cela avec Jackals. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi cet illustrateur sud-coréen ne cartonne pas davantage. Il n'est pas très connu chez nous et il peine vraisemblablement à s'imposer en Asie, vu le nombre de projets auxquels il a participé.

Bon... mis à part cela, j'avoue avoir difficilement apprécié le reste.

Prenons le scénario, il ne fait pas dans l'originalité et j'ai l'impression que le réel intérêt derrière tout cela est d'offrir un condensé d'action, plutôt que de raconter une histoire à proprement parler. Impression renforcée après la lecture des premières pages où le contexte est posé à la va-vite et où tout s'enchaîne rapidement comme si les auteurs étaient impatients d'aller dans le vif du sujet, c'est-à-dire les bastons.

C'est d'autant plus navrant de voir que la série se compile en sept volumes, quand on sait qu'il y avait un minimum d'idées en lançant de nombreux antagonistes ayant tous un art de combat bien à eux, permettant ainsi de tous les identifier très facilement. Parce que soyons honnête, développer autant de personnages sur aussi peu de tomes, ce n'est pas évident et notre binôme s'est pris le mur, ils n'avaient clairement pas le temps de tous les exploiter ; ce qui fait que certains combats qui auraient pu se montrer intéressant dans l'opposition de styles, furent totalement expédiés, donnant un arrière goût amer à la lecture. Alors certes, le coup de crayon de Kim Byung Jin sublime les scènes de combats, mais à vouloir trop brusquer les choses, je n'ai pas eu la sensation d'avoir pleinement profité de son talent ; ce qui aurait pu être une des forces du titre est devenu finalement, son principal défaut, car on ne profite pas assez des planches de l'illustrateur sud-coréen.

Règle n°1 : Ne jamais voler le t-shirt d'un Jackal.

Pour revenir sur le fond de l’œuvre, j'ai l'impression que Shinya Murata a maladroitement voulu intégrer tout ce qu'il imaginait/connaissait des organisations mafieuses. On a donc un mélange un peu déconcertant avec un camp à priori asiatique opposé à une mafia italienne - si je me fie au nom - et tout ça dans une ville typiquement anglaise de la fin du XIXe siècle, c'est du moins que ce les planches laissent transparaître avec certains bâtiments typiques de l'époque victorienne anglaise. Je sais bien que rien ne bloque deux groupes étrangers, de s'affronter hors de leurs frontières, mais n'empêche que j'ai eu du mal à m'y faire et considérer le manga comme crédible ; j'ai eu le sentiment que ça allait dans tous les sens et qu'il n'y avait aucun équilibre.

Autre petit regret visuellement parlant, les pages de couvertures qui sont - à cause du sang presque omniprésent - peu attirantes et provoquerait personnellement chez moi, un frein à l'achat si j'étais intéressé par la série au point de vouloir l'acheter.

Conclusion : À vous de voir

Je n'irai pas jusqu'à dire que Jackals est raté, je trouve que le manga a voulu tenter des choses, mais qu'il s'est perdu à un moment donné. Il manque d'idées mais les choix scénaristiques et éditoriaux n'ont pas aidé et furent maladroits, puisqu'ils ont contenu une œuvre et deux auteurs qui auraient pu offrir bien mieux s'ils avaient - je pense - eu davantage de temps pour développer leur série. Je suis ainsi déçu de sa tournure, mais ce n'est pas spécialement une série que je déteste pour autant.

Ma note : 3/5

Le positif :
+ Le coup de crayon de Kim Byung Jin
+ Quelques surprises à découvrir

Le négatif :
– Des personnages peu exploités
– L'action, qui s'avançait comme le point fort de la série, mais qui perd en importance au fil des tomes
– Des pages de couvertures peu attirantes

© Shinya Murata, Kim Byung Jin / SQUARE ENIX CO., LTD.