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| New X-Men (2003) par Frank Quitely |

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| New X-Men (2003) par Frank Quitely |

Considérée aujourd’hui comme l’une des plus grosses licences du neuvième art, la série X-Men n’a pas toujours tutoyé le sommet des ventes et aussi surprenant que cela puisse être aujourd’hui, elle s’est même arrêtée au tout début des années 70. Il a fallu attendre cinq ans et le premier numéro de Giant-Size X-Men pour relancer le titre. Cette intégrale 1969-1970 propose justement de revivre les derniers chapitres offerts avant cette longue pause, une période où les mutants étaient en plein déclin, n’arrivant pas à suivre le rythme imposé par les autres séries Marvel.
Malgré ce que cette introduction peut laisser penser, cette intégrale 1969-1970 comprend deux parties, bien distinctes.
La première est dans la continuité de l’année 1968 avec des histoires trop simplistes, difficilement exploitables sur une quinzaine de pages et des antagonistes de seconde zone, créés pour meubler les aventures sans saveur des super-héros mutants. Le personnage de Blaastar est l’exemple typique de l’ennemi sans profondeur, semblant avoir été créé à la dernière minute et sans idée précise, si ce n’est d’offrir un peu d’action. On peut le placer dans la même veine qu’un Red Raven ou Grotesk.
En revanche, la seconde partie voit les auteurs proposer bénéficier de plus de pages par numéros et réussissent à donner plus d’épaisseur aux antagonistes. Je pense notamment à Sunfire, un mutant japonais influencé par son oncle dans le but de faire payer les américains pour avoir lâché deux bombes nucléaires durant la Seconde Guerre Mondiale. Constat similaire pour Sauron, un mutant qui va user de ses pouvoirs pour agrandir sa fortune et ainsi pouvoir épouser Tanya, son amour. Cette dernière étant la fille d’un riche homme d’affaire qui ne souhaite pas que celle-ci se marie à un homme en difficulté financière, afin que son avenir ne soit pas en danger.
Des exemples parmi d’autres qui montrent que de mêler réalisme et romantisme était finalement un bon moyen de susciter l’intérêt des lecteurs, de permettre à ceux-ci de s’identifier plus facilement à ces personnages qui -comme le lectorat- avaient des problèmes personnels ou professionnels.
Tout ces changements ne sont pas arrivés par un simple hasard.
C’est avec le numéro 54, le premier d’une quadrilogie centrée sur le Pharaon Vivant, que Arnold Drake et Don Heck réussissent à remettre la série X-Men sur le bon chemin. Si Roy Thomas et Werner Roth reprennent la main, c’est l’arrivée de Neal Adams au 56e numéro qui change définitivement le destin du titre. Ce dernier amène un style graphique moderne, les personnages et les environnements sont plus détaillés que jamais et le découpage inhabituel des cases devient un régal pour les yeux, les planches devenant plus vivantes et dynamiques, donnant cette impression de regarder un épisode plutôt que de le lire.
Scénaristiquement parlant, le titre bouge également. On assiste aux grands débuts de Havok, le frère de Cyclope, Magneto et les Sentinelles sont de retours, sans oublier Ka-Zar et certains des anciens mutants de la période Lee/Kirby : Unus l’intouchable, le Crapaud, le Colosse et bien d’autres.
La menace Z’Nox est l’occasion de faire revenir le Professeur Xavier d’entre les morts, même s’il s’agit personnellement d’une décision scénaristique que j’ai du mal à apprécier, comme si Roy Thomas n’assumait plus son idée. Le dernier numéro proposé dans l’intégrale avec la participation de Hulk a été légèrement moins bon, mais a eu le mérite de donner un petit point final à la série.
Conclusion : On a là, un aperçu du meilleur ! C’est après de longs mois d’agonies au niveau des ventes, que X-Men s’est finalement arrêtée en 1970. Un évènement dans l’histoire des comic books, qui aurait pu ne jamais arriver, tant les derniers numéros ont propulsé la série au sommet de son art. Par son intervention, Neal Adams a probablement sauvé les X-Men d’un naufrage total. Ce volume revient justement sur cette période à la fois tragique et magnifique, laissant un arrière goût de gâchis à tout une génération de lecteurs.
Ma note : 4/5
Points positifs :
+ Pas mal de bons numéros
+ L’arrivée de Neal Adams sur la série
+ La création de nouveaux personnages intéressants/importants
Points négatifs :
– Un gros contraste avec tous les auteurs qui ont précédemment travaillé sur le titre
– Le dernier numéro qui est trop mou par rapport aux autres
Contenu et auteurs :
X-Men 52 à 66 par Roy Thomas, Werner Roth & Neal Adams
© 1969, 1970, 2011 Marvel Entertainment





Il y a quelques mois, l’intégrale 1963-1964 des X-Men constituait ma porte d’entrée dans le monde des comics. Un premier volume servant essentiellement à poser les bases de la série, que ce soit dans la présentation des personnages, les antagonistes et le contexte entourant les mutants et leurs aventures. Cette intégrale 1965 propose un contenu légèrement différent, mais tout aussi intéressant. Stan Lee et Jack Kirby ont profité de cette troisième année pour enfin ajouter de la profondeur aux personnages et rendre les histoires plus consistantes.
C’est en effet, dans ce tome que l’on découvre une partie des origines du Professeur Xavier et son lien avec Cain Marko, connu notamment sous le nom du Fléau. Ce dernier s’impose d’ailleurs directement comme l’une des plus grandes menaces qui existe sur Terre et devient par la même occasion, l’un des pires adversaires des X-Men. Enfin, ce bouquin offre également des histoires annexes, comme des récits supplémentaires qui nous plongent dans le passé afin de mieux cerner certains personnages comme Cyclope et Iceberg.
Vous aurez probablement noté qu’une Sentinelle est mise en avant sur la première page de couverture et c’est bien normal, vu que l’année 1965 marque aussi les débuts d’un certain Bolivar Trask et ses Sentinelles. Ajoutez à cela, le retour de Magneto, l’apparition de l’Étranger, une opposition contre les Avengers (bien que décevante), ainsi que les débuts de Ka-Zar et vous obtenez un volume assez riche, malgré seulement sept numéros proposés.
Outre le contenu, il faut savoir que cette année-là a été charnière, puisqu’elle marquait le début de la fin de l’association Lee/Kirby sur les X-Men.
Werner Roth a en effet, réalisé ses débuts sur le titre à partir du 13e numéro, mais n’allez pas croire qu’il a apporté un changement majeur au niveau des dessins. À ce moment-là, il officiait encore sous le pseudonyme de Jay Gavin et n’était présent que pour finaliser la mise en page de Jack Kirby. Ce dernier étant très demandé dans les années 60, n’avait pas réellement le temps d’achever toutes ses planches. Si la prochaine intégrale permettra de se faire une meilleure idée du style Roth, on peut voir que certains personnages ont été légèrement retravaillés comme Iceberg qui ressemble davantage à un homme glacé qu’un tube de colle fondant, comme c’était le cas entre 1963 et 1964.
Conclusion : Que vaut cette intégrale ? Et bien... elle est dans la même veine que la précédente. Très honnêtement, j’étais septique en voyant qu’il n’y avait là que sept numéros et je doutais que ce volume m’offre autant de plaisir que le précédent. J’ai finalement été séduit par la qualité des chapitres et heureux de voir que Panini a intégré quelques pages bonus pour ajouter de l’épaisseur à cette intégrale. À part une petite aventure légèrement oubliable avec un pseudo Tarzan, ce volume se montre plus intéressant que le précédent. À voir désormais ce que donneront les mutants en 1966, après le départ de Jack Kirby.
Ma note : 5/5
Points positifs :
+ De la profondeur ajoutée aux personnages
+ Des numéros plus intéressants
+ Les apparitions marquantes du Fléau et des Sentinelles
+ Légèrement meilleur graphiquement
Points négatifs :
– Un Avengers vs. X-Men frustrant
– Un numéro faiblard avec Ka-Zar
Contenu et auteurs
X-Men 9 à 15 par Stan Lee, Jack Kirby & Werner Roth
© 1965, 2007 Marvel Entertainment
Commencer les comic books n'est jamais évident, il y a différents univers, énormément de personnages et beaucoup de séries. Et quand personne n'est en mesure de vous donner des pistes pour faire le grand saut, il faut se fier à son instinct. C'est ce que j'ai fait avec en lisant cette intégrale 1963-1964 des « X-Men » et bien que j'ai beaucoup aimé la lecture, je suis partagé. J'ai envie de vous inciter à lire ce bouquin, mais j'ai également conscience que c'est peut-être une fausse bonne idée et que cela peut vous dégoûter (définitivement ?) des comic books.

J'ai dit instinct, mais disons plutôt que j'ai écouté ma logique. J'ai choisi un groupe de personnages que j'aimais bien, en l'occurrence les X-Men ; je me suis dit ensuite que je ne pouvais théoriquement être perdu si je démarrais par les premiers épisodes. Sauf que... devinez quoi ? Ils datent de 1963 !
Imaginez quelqu'un, qui sort du cinéma après avoir vu le dernier Marvel et qui souhaite retrouver - en format papier - toute l'excitation, l'action et la tension de ce qu'il a pu voir sur grand écran ; lui conseiller la genèse des X-Men est probablement l'une des pires options à lui soumettre. À me lire, on pourrait néanmoins penser que j'ai détesté... alors que non, j'ai vraiment bien aimé. Cependant, pour bien apprécier une telle lecture, il faut prendre du recul et se replacer dans le contexte de l'époque, ne pas s'attendre à une narration aussi dynamique que celles auxquelles nous sommes habitués aujourd'hui, ni espérer un dessin que je décrirais comme "moderne".
Pour ceux qui se demandent qui sont les X-Men, il faut savoir qu'ils sont assez différents des autres super-héros lancés par Marvel. Ils n'ont pas obtenus leurs pouvoirs suite à une expérience ou un accident, ils sont carrément nés avec, à cause (grâce ?) d'un gène X situé dans leur ADN, faisant d'eux des mutants. Il s'agit d'êtres génétiquement supérieurs à l'homo sapiens et en ce sens, ils font peur à une partie de la population. Cette peur s'est accentuée et une haine s'est développée envers eux à cause des agissements de Magneto, qui l'intention d'asseoir la domination des mutants sur le monde, considérant que c'est la suite logique des évènements, l'histoire ayant toujours favorisée l'évolution de l'espèce. Les X-Men étaient au nombre quatre au départ, mais Scott Summers, Warren Worthington III, Hank McCoy et Bobby Drake furent rapidement rejoints par Jean Grey. Ces adolescents formèrent ainsi la toute première équipe de mutant de l'histoire et la première opposition de Magneto et sa Confrérie des Mauvais Mutants (histoire de bien comprendre que c'est des méchants).
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| C'est moi ou il y a bien un homme de glace portant des chaussures ? |
J'ai personnellement grandi avec les films de Bryan Singer au début des années 2000 et le dessin animé intitulé « X-Men Evolution » sans forcément connaître le comic book original et les séries qui en découlèrent. C'est l'amour que j'ai pour ce groupe qui m'a poussé à choisir me diriger vers cette intégrale regroupant les premiers numéros sortis en 1963 et 1964, sans forcément savoir initialement s'il s'agissait d'une bonne porte d'entrée dans l'univers de la BD américaine. J'ai été surpris de voir que l'équipe des X-Men était bien différente de celle que j'imaginais ; pas de Wolverine, Tornade ou Diablo, mais c'était malgré tout excitant. Je me rendais compte au fil de la lecture que j’allais littéralement à la découverte de toute une histoire.
Une autre chose m'a sauté aux yeux et c'est tout bête, mais il s'agit de la colorisation. Il s'agit de mon premier comic book et moi qui ai l'habitude de lire des mangas depuis des années et admirer des pages en noir et blanc, j'avoue avoir été séduit presque immédiatement. Je trouve que la couleur rend l’œuvre légèrement plus vivante et beaucoup plus explosive.
Pour ce qui est des dessins en eux-même, je sais que ça peut en dégoûter certains et il est difficile de vendre un style aussi daté, mais personnellement je savais que je n’allais pas avoir quelque chose de très détaillé et net, à l’image de ce que l’on peut retrouver dans les bouquins d'aujourd’hui. Je n’ai donc pas été très dérangé par les dessins, d’autant plus que les planches de Jack Kirby sont compréhensibles. En ce qui me concerne, je n'ai eu aucun mal à comprendre ce qui était illustré et les batailles sont plutôt équilibrées, l'occasion pour moi de cracher encore un peu mon venin sur Kingdom Hearts (je l'ai toujours en travers de ma gorge). J'avoue qu'un effort aurait pu être fait sur le personnage d'Iceberg qui ressemble davantage à un tube de colle vivant, qu'un homme de glace.
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| C'est moi où il y a bien un mec qui n'a pas trouvé pointure à ses pieds ? |
Allez, on va passer à ce qui m'a dérangé, parce qu'on peut croire que tout était parfait, mais il y a une chose qui m'a embêté du début à la fin : les dialogues. Ils n'ont parfois aucune utilité, si ce n'est combler un vide, comme si proposer quelques cases vides horripilait Stan Lee. C'est surtout agaçant lors des échanges entre Hank McCoy et Bobby Drake, le premier montre qu'il a du vocabulaire, mais parle comme s'il était en 1882, tandis que le second est juste le con de la bande, mais contrairement aux cons qui peuvent être cool, lui ne l'est pas. Globalement leurs interventions n'apportent rien, heureusement que ce n'est pas le cas des autres.
Conclusion : C'était très plaisant, mais...
Les aventures peu profondes et les dessins vieillots peuvent déranger, donc il m'est difficile de vous conseiller ce bouquin, mais si vous êtes désireux et motivé à l'idée de découvrir certaines des BD les plus mythiques qui existent, lancez-vous dans cette lecture. Pour ce qui est du contenu, j'ai apprécié les huit numéros proposés dans cette intégrale et je suis impatient de lire la suite, il ne me reste plus qu'à trouver le prochain volume.
Ma note : 5/5
Le positif :
+ Lire les origines du groupe
+ Des numéros dynamiques et plaisants à suivre
+ La présence des couvertures originales
Le négatif :
– Difficile d'accès, tant dans la narration que sur les dessins
© 1963, 1964, 2006 Marvel Entertainment