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14 juillet 2021

Immortal Hulk : Ou est-il les deux ?

Nous sommes le 14 juillet 2021, jour de fête nationale et en bon patriote français, je viens de lire un comic book de nos cher amis américains. À la vue du titre, vous avez probablement deviné que Hulk est à nouveau au centre du bouquin, comme ce fut le cas la semaine dernière. Sauf que cette fois-ci, nous n'avons pas droit aux origines du héros, mais à un récit qui illustre bien tout le problème que représente le colosse de jade pour Bruce Banner.

Le titre - encore une fois - nous en dit beaucoup à ce sujet, puisque Hulk est immortel. Peu importe ce qu'il lui arrivera, il reviendra d'entre les morts et continuera de causer de gros dégâts partout où il passera, forçant ainsi Bruce Banner à jouer les fugitifs à travers le pays et faire profil bas. Malheureusement pour lui, une journaliste est bien déterminée à le retrouver et se rapproche progressivement de lui.

Très honnêtement, bien que j'accroche à l'intrigue et que j'apprécie les dessins, j'avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dedans. Je ne suis pas trop d'accord avec l'éditeur lorsqu'il vend cela comme un album accessible. Il faut avoir lu des récits en amonts et en ce qui me concerne, je n'étais - par exemple - pas au courant de ce qu'avait fait  Hawkeye à Hulk, tout comme je ne comprenais pas pourquoi le fait que Hulk soit vivant pouvait surprendre dans cette histoire.

Et du coup, quand je me suis retrouvé face à des éléments comme la "porte verte", j'étais un peu déconcerté, ne sachant pas s'il fallait comprendre quelque chose ou s'il s'agissait d'un détail qui trouverait son explication plus tard, dans la série. Je n'ai cité qu'un exemple, mais je peux aussi  revenir sur l'affrontement entre Hulk et Sasquatch, affrontement dont l'issue finale n'a pas eu d'effet sur moi, car je ne connaissais pas la relation qu'entretenait Bruce Banner avec la personne qui possédait Sasquatch et cette fin, qui voit Hulk drainer l'énergie de son adversaire... bref, encore une chose qui m'a surpris et mis dans le doute. Alors oui, on pourrait se dire que c'est de ma faute, que c'est à moi de faire le nécessaire pour rattraper mon retard sur les - bientôt - 60 ans du personnage, mais entre les livres qui ne sont pas réédités et actuellement en rupture de stock, les séries qui ne sont pas toutes entièrement publiées et les prix qui me forcent à acheter de plus en plus de la VO, je me dis que Panini Comics n'aide pas forcément les débutants. À mon sens, l'éditeur aurait dû offrir un guide de lecture dans les premières pages du bouquin, pour nous conseiller sur ce qu'il faut lire avant d'entamer Immortal Hulk ; ça reste leur job de faire en sorte que les lecteurs prennent plaisir et aient envie de mettre à nouveau la main au porte-monnaie. Là, j'ai été assez déçu, car Immortal Hulk a été vendu comme accessible, alors que ce n'est pas trop le cas, selon moi.

En voilà un, qu'il ne vaut mieux pas embêter...

Le paragraphe que je viens de rédiger peut laisser croire que j'ai détesté la lecture, alors que j'ai étonnamment bien aimé, surtout le côté enquête, apporté ici par le personnage de Jackie McGee, même si ce n'était pas grand chose ; il me tarde d'ailleurs de lire du Batman, je suis sûr d'apprécier. À noter aussi que Hulk est dépeint ici comme un monstre intelligent, qui fait peur à son hôte et qui est réellement dangereux, en atteste ses actions dans les premiers numéros qui composent cet album. On est clairement loin de l'image qu'on a de lui dans les récentes productions cinématographiques et c'est franchement cool, j'en avais marre de voir que le titan vert soit perçu comme une blague, alors qu'il a été longtemps vu comme l'une des plus grandes menaces de l'univers Marvel. En clair, je salue cette idée d'Al Ewing, qui apporte un petit vent de fraîcheur au personnage. En ce qui concerne les dessins,  j'étais au départ déçu de voir qu'Alex Ross ne signait que les couvertures, mais Joe Bennett m'a vite séduit. Il a un coup de crayon qui est exactement ce que j'attends de voir, lorsque j'ouvre un comic book. C'est beau, détaillé et dynamique ; ça aide à finir la lecture très vite, même quand certains éléments nous échappent, comme j'ai pu l'expliquer plus haut.

Conclusion : Immortal Hulk propose typiquement ce que j'espérais, une version du colosse de jade sérieuse et imposante, rendant ainsi la lecture plaisante. Elle aurait certainement été meilleure si j'avais davantage de connaissances vis-à-vis du personnage, c'est pourquoi je compte bien relire cet album, un de ces jours, j'ai d'ailleurs déjà acheté les premiers volumes de la série en VO. Ça se tente, c'est pas mauvais, juste un peu difficile d'accès pour les débutants.

Ma note : 4/5

Contenu et auteurs :
 Immortal Hulk (2018) #1-5 par Al Ewing & Joe Bennett

Mes points positifs :
+ Fraîcheur apportée par le récit
+ Comic book qui démarre très vite
+ Cette version de Hulk
+ Le côté "enquête" apporté par Jackie McGee
+ Les planches de Joe Bennett

Mes points négatifs :
– Récit pas forcément accessible, il faut avoir lu d'autres séries en amont
– Le combat contre Sasquatch qui se finit sans "climax"

© 2021 MARVEL

08 juillet 2021

Hulk : Gris

Nous sommes le 08 juillet 2021 et le comic book que je vais aborder aujourd'hui se focalise sur Hulk, un des nombreux super-héros emblématiques de l'univers Marvel.
 
Pourtant, il a beau être emblématique, il a beau être l'un de mes préféré - notamment grâce aux films sortis en 2003 et 2008 - ça ne change pas le fait que je ne connais pas tant que ça le personnage et n'allez pas croire que mon choix de lire ce bouquin a été réfléchi. Non et non, cela s'est fait sur un simple coup de tête. J'avais envie de lire du Hulk et j'ai pris le premier livre que j'avais sous la main (dans ma chambre, je précise, car on pourrait croire que je l'ai volé). Peu importe cette inquiétude, qui revient souvent au moment d'ouvrir un comic book, cette habituelle crainte de se perdre, de ne pas comprendre ce qui est raconté et qu'il faut possiblement approfondir le sujet en amont en lisant d'autres titres. J'ai décidé de me lancer tête baissée et advienne que pourra.

Et le moins que je puisse dire, c'est que j'ai eu la chance de tomber sur une œuvre très accessible, une relecture des origines du personnage, par Jeph Loeb. Forcément, lorsqu'il s'agit de ce que les anglophones appellent une "origin story", il n'y a pas besoin d'avoir quelconques connaissances sur celui que l'on surnomme le "colosse de jade". D'ailleurs, le récit a de quoi surprendre, car si Hulk se distingue aujourd'hui par sa peau toute verte, il a été gris, brièvement à ses débuts, d'où le nom du comic book.

Le comic book justement ; il commence avec Bruce Banner parlant à son psychiatre, il parle, il évacue ses ressentiments, il est notamment amené à revenir sur le jour où tout a basculé et c'est au travers de ses paroles, que se forme une sorte de flashback, qui permet d'assister au début des gros ennuis du personnage. Entre sa première transformation, ses premiers accros avec l'armée, le début de sa fameuse rivalité avec le général Ross et sa relation compliquée avec Betty Ross, Jeph Loeb réussi à offrir un condensé des éléments qui servent de base à tout récit concernant Hulk.

Honnêtement, je trouve que c'est un bon moyen de raconter l'origine du personnage, sans aller jusqu'à uniquement moderniser un récit en récupérant ce qui s'est déjà fait auparavant. Néanmoins, je ne vais pas mentir, j'ai l'impression qu'on a là, que le strict minimum et qu'il y avait moyen - sur les six numéros qui composent l'album - d'offrir bien plus. On dirait que Jeph Loeb a juste respecté un cahier des charges, sans forcément prendre le risque d'ajouter sa patte. Il y a bien une apparition d'Iron Man, mais elle est peu marquante et le personnage disparaît comme une merde si de rien n'était. Celui qui se démarque vraiment ici, c'est Tim Sale, via son coup de crayon typique de ce que l'on peut voir dans les BD franco-belges. Certaines planches sont superbes, il y a de gros plans et des pages doubles très belles à mon goût ; le seul soucis qui m'a gêné, c'est qu'on était pas loin d'un style complétement cartoonesque et forcément, il n'est pas rare de trouver des pages avec peu de détails, des cases où les illustrations donnent l'impression d'avoir été faites de manière hâtive. Par contre, la magnifique première page de couverture que vous pouvez voir plus haut, n'est pas de Tim Sale, mais de Jean-Louis Mourier. Je note également un regret sur le fait qu'on ait pas abordé le changement de couleur, j'aurais aimé savoir pourquoi il est passé du gris au vert, d'un point de vue scénaristique... si tant est que les auteurs travaillant pour Marvel aient invoqué une raison, par le passé, parce qu'on sait en réalité que ce n'est qu'une directive d'ordre éditoriale. N'empêche que ça aurait été drôle de voir quelle excuse les auteurs auraient trouvé pour justifier un tel changement visuel.

Après s'être pris une bombe gamma de plein fouet, Bruce Banner s'est fait un nouvel ami, mais pas celui qu'on aurait aimé avoir.
 
Conclusion : « Hulk : Gris » permet de se familiariser avec le personnage et constitue une bonne porte d'entrée pour découvrir le colosse de jade. En revanche, je nourris quelques regrets, car j'attendais quand même plus d'un album composé de six numéros. Loin de moi l'idée de dire que je suis déçu, ce n'est pas le cas, j'ai vraiment bien apprécié la lecture, mais il manque peut-être un petit quelque chose à mon sens.

Ma note : 5/5

Mes points positifs :
Mes points négatifs :
+ Rapide à lire
+ La manière de raconter l'origine
+ Simple et accessible
+ La relation Betty/Bruce
+ Certaines planches superbes, mais...
– Impression que certaines cases sont dessinées à la va-vite
– Pas d'explication sur le fameux changement de couleur de Hulk ?

Contenu et auteurs :

Hulk : Gray (2003) #1-6 par Jeph Loeb & Tim Sale

© 2017 MARVEL