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08 juillet 2017

20th Century Boys

Introduction :

Je connais des personnes qui se basent sur les couvertures ou les dessins pour se décider à lire une œuvre ou l’éviter, je trouve cela pas très malin, car beaucoup passent parfois à côté de certains chefs-d’œuvre et 20th Century Boys en est un. Je viens de finir la série et honnêtement, je n’ai jamais lu un tel manga. Je vous invite fortement à vous jeter dessus, il n’est pas impossible que vous irez -par la suite- vouer un culte à Naoki Urasawa. En attendant, laissez-moi vous raconter l’intrigue.

Synopsis :

En 1969, Kenji Endô retrouve souvent ses camarades de l’école dans une « base secrète » qu’ils ont construit. Ils y inventent une histoire où la destruction de planète est évoqué et l’humanité menacée par une organisation contre laquelle, ils s’y opposent et finissent par triompher pour devenir les défenseurs de la Terre. Cette histoire de gamin est rédigée dans ce qu’ils appellent le « cahier de prédictions ».

Quelques temps avant l’an 2000, un ancien ami d’Endô se suicide et c’est donc l’occasion pour les anciens camarades de se retrouver aux funérailles. Parallèlement, les prédictions imaginées en 1969 commencent à se réaliser les unes après les autres. Se souvenant et donc se sentant impliqués par rapport à ces prédictions, Kenji et ses amis décident de stopper ce qui arrive et tentent de démasquer l’auteur des faits, un certain « Ami ». Bien entendu, il s’agit d’un ancien camarade de Kenji, mais difficile de déterminer qui exactement.

Là où ça devient intéressant, c’est qu’il est prévu, conformément au cahier de prédictions, que la fin du monde aura lieu en l’an 2000. C’est donc une course contre la montre qui démarre pour tenter de tout stopper et démasquer « Ami ».

Profond, complexe et des références :

Naoki Urasawa propose ici, une histoire riche, complexe, se déroulant en deux temps, qui joue sur le suspens, les répercussions, les révélations et qui place tous les personnages au même niveau d’importance, même celui que vous penserez voir qu’à une seule reprise, aura au final une importance particulière à un moment donné. Je n’ai personnellement, jamais lu un manga où tous les acteurs peuvent être aussi importants que le personnage principal et quand je dis tous, il faut savoir qu’ils sont plus d’une dizaine.

Le très bon point de la série, c’est que cela peut sembler compliqué, mais les différents flash-back et les ellipses utilisés par l’auteur, permettent d’avancer petit à petit dans l’histoire, tout en comprenant ce qui se passe. Urasawa nous fait comprendre que le flash-back n’est pas utilisé à tord, sans raison, mais plutôt qu’il a son importance, car ce qui suit ou a précédé est directement lié.

Il y a aussi ce côté réaliste que je trouve plaisant avec des références culturelles, musicales et géographiques qui viennent ponctuer la série à travers les tomes.

Des soucis peu mineurs :

Bon, il y a aussi un ou deux points négatif, que j’ai souligné. 20th Century Boys peut dégoûter à cause du style graphique d’Urasawa. Me concernant, je trouve les dessins plutôt bons, je pense que c’est seulement une question d’adaptation, ça parait ancien, mais on s’y fait et puis, on est tellement submergé par l’histoire que ceux-ci passent au second plan.

Enfin, on peut souligner aussi la fin quasi-bâclée, laissant quelques mystères en suspens. Auquel cas, il faudra lire les deux tomes de 21st Century Boys pour avoir le fin mot de l’histoire. Est-ce vraiment un défaut ? En faisant quelques recherches, j’ai pu lire que Naoki Urasawa a eu des problèmes de santé suite au rythme de publication imposé par l’éditeur japonais. En sortant ensuite les deux tomes de la seconde série à son propre rythme, l’auteur a tenu à livrer le fin mot de l’histoire.

Conclusion : Un chef-d’œuvre, tout simplement

Après avoir lu tout ce pavé, vous comprendrez sûrement que 20th Century Boys est devenu l’une de mes séries préférées. Difficile dans mon cas de ne pas m’attacher à l’auteur et de jeter un coup d’oeil à ses autres créations. Si Naoki Urasawa est devenu l’un des tauliers du manga au Japon, c’est en partie pour cette série.

★★★★★

Informations :

Scénario et dessins : Naoki Urasawa
Éditeur japonais : Shōgakukan via Big Comic Spirits (2000-2007)
Éditeur français : Panini Manga (2006-2007)
Nombre de tome : 22+2

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