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23 septembre 2019

X-Men l’intégrale 1972-1975

Avec l’arrêt de la série X-Men, l’année 1970 aurait pu sonner le glas des mutants, mais c’était sans compter sur l’éditeur Marvel qui a profité de son large catalogue pour faire apparaitre ces personnages sur d’autres titres. Maintenir en vie ces super-héros était l’une des missions imposées aux scénaristes et dessinateurs de la « Maison des Idées » jusqu’en 1975, année où les X-Men se sont définitivement relancés.

Cette intégrale propose justement de revivre cette période sonnant comme une longue traversée du désert pour les mutants du Professeur Xavier, à travers des récits nous plongeant dans Avengers, Amazing Adventures, Incredible Hulk, Defenders et Marvel Team-Up.

Comme vous pouvez l’imaginez, beaucoup de scénaristes et dessinateurs ont pu imposer leurs idées, dont un certain Steve Englehart, qui est au cœur de ce volume puisqu’il a signé pas moins de 7 numéros.

Et pas des moindres, puisqu’ils permettent non-seulement de retrouver ce bon vieux Hank McCoy, mais également d’assister à l’origine de sa transformation en fauve, tel qu’il est connu aujourd’hui. On peut presque considérer ce bouquin comme une intégrale du Fauve, tant le personnage est omniprésent, apparaissant aussi dans Marvel Team-Up et Incredible Hulk.

Malheureusement et c’est là où l’intégrale montre ses limites, c’est qu’on ne voit pas trop les autres X-Men. Il y a cette sensation qu’il manque quelque chose à cette intégrale, comme le fait de ne pas voir l’équipe au complet, ne plus la suivre en mission, supervisée mentalement par le Professeur Xavier.

À cela, on peut ajouter le manque d’intérêt. Comprenez par-là que les numéros manquent d’enjeu, on n’a pas cette impression qu’une menace réelle peut venir bouleverser le court des choses. À part dans Defenders où Magneto a une belle carte à jouer pour asseoir sa domination et le 38e numéro de Marvel Team-Up avec l’apparition de Spider-Man, le reste n’est pas très intéressant à lire. On oublie du coup, assez vite les chapitres d’Avengers et d’Incredible Hulk.

Enfin, un petit mot sur les dessins, avec Tom Sutton qui signe de belles planches dans les numéros d’Amazing Adventures. Les mouvements sont fluides, l’action est bien illustrée, il réussi par ailleurs à créer une belle atmosphère sombre, collant bien avec le Fauve. J’ai en revanche, beaucoup de mal avec un Don Heck ou Gil Kane qui ont un style qui a beaucoup vieilli, même si les encreurs ont une petite part de responsabilité, vu qu’ils ont pour objectif de magnifier les planches et les rendre vivantes.

Conclusion : Ce fut une période oubliable. Comme indiqué dans l’introduction, les X-Men ont survécu à l’arrêt de la série, mais difficile de voir cette période comme suffisamment marquante pour relancer cette génération, qui fut d’ailleurs remplacée en 1975 par une toute autre équipe. La période du début des années 70 souffre aussi de la comparaison avec ce qu’a offert Neal Adams précédemment et personnifie bien cette idée de mutants en bout de course. Ce qu’offre l’intégrale 1972-1975 est donc plus qu’oubliable, même si elle a permis à Steve Englehart et Tom Sutton de briller à travers les origines du Fauve, le principal protagoniste du livre.

Ma note : 3/5

Points positifs :
+ Les numéros centrés sur le Fauve
+ Magneto et Spider-Man qui donnent un léger intérêt au reste du bouquin

Points négatifs :
– Une bonne moitié du livre est inintéressante
– Dommage de ne pas voir davantage les autres X-Men
– Une cassure visuellement parlant avec la période Neal Adams

Contenu et auteurs :
* Hulk #150 / Archie Goodwin & Herb Trimpe
* Hulk #161 / Steve Englehart & Herb Trimpe
* Amazing Adventures #11 / Gerry Conway & Tom Sutton
* Amazing Adventures #12 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #13 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #14 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #15 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #16 / Steve Englehart & Marie Severin
* Amazing Adventures #17 / Steve Englehart & Jim Starlin
* Avengers #110 / Steve Englehart & Don Heck
* Avengers #111 / Steve Englehart & Don Heck
* Marvel Team-Up #23 / Len Wein & Gil Kane
* Marvel Team-Up #38 / Bill Mantlo & Sal Buscema
* Defenders #15 / Len Wein & Sal Buscema
* Defenders #16 / Len Wein & Sal Buscema

© 1972, 1973, 1974, 1975, 2012 Marvel Entertainment

18 août 2019

X-Men l’intégrale 1969-1970

Considérée aujourd’hui comme l’une des plus grosses licences du neuvième art, la série X-Men n’a pas toujours tutoyé le sommet des ventes et aussi surprenant que cela puisse être aujourd’hui, elle s’est même arrêtée au tout début des années 70. Il a fallu attendre cinq ans et le premier numéro de Giant-Size X-Men pour relancer le titre. Cette intégrale 1969-1970 propose justement de revivre les derniers chapitres offerts avant cette longue pause, une période où les mutants étaient en plein déclin, n’arrivant pas à suivre le rythme imposé par les autres séries Marvel.

Malgré ce que cette introduction peut laisser penser, cette intégrale 1969-1970 comprend deux parties, bien distinctes.

La première est dans la continuité de l’année 1968 avec des histoires trop simplistes, difficilement exploitables sur une quinzaine de pages et des antagonistes de seconde zone, créés pour meubler les aventures sans saveur des super-héros mutants. Le personnage de Blaastar est l’exemple typique de l’ennemi sans profondeur, semblant avoir été créé à la dernière minute et sans idée précise, si ce n’est d’offrir un peu d’action. On peut le placer dans la même veine qu’un Red Raven ou Grotesk.

En revanche, la seconde partie voit les auteurs proposer bénéficier de plus de pages par numéros et réussissent à donner plus d’épaisseur aux antagonistes. Je pense notamment à Sunfire, un mutant japonais influencé par son oncle dans le but de faire payer les américains pour avoir lâché deux bombes nucléaires durant la Seconde Guerre Mondiale. Constat similaire pour Sauron, un mutant qui va user de ses pouvoirs pour agrandir sa fortune et ainsi pouvoir épouser Tanya, son amour. Cette dernière étant la fille d’un riche homme d’affaire qui ne souhaite pas que celle-ci se marie à un homme en difficulté financière, afin que son avenir ne soit pas en danger.

Des exemples parmi d’autres qui montrent que de mêler réalisme et romantisme était finalement un bon moyen de susciter l’intérêt des lecteurs, de permettre à ceux-ci de s’identifier plus facilement à ces personnages qui -comme le lectorat- avaient des problèmes personnels ou professionnels.

Tout ces changements ne sont pas arrivés par un simple hasard.

C’est avec le numéro 54, le premier d’une quadrilogie centrée sur le Pharaon Vivant, que Arnold Drake et Don Heck réussissent à remettre la série X-Men sur le bon chemin. Si Roy Thomas et Werner Roth reprennent la main, c’est l’arrivée de Neal Adams au 56e numéro qui change définitivement le destin du titre. Ce dernier amène un style graphique moderne, les personnages et les environnements sont plus détaillés que jamais et le découpage inhabituel des cases devient un régal pour les yeux, les planches devenant plus vivantes et dynamiques, donnant cette impression de regarder un épisode plutôt que de le lire.

Scénaristiquement parlant, le titre bouge également. On assiste aux grands débuts de Havok, le frère de Cyclope, Magneto et les Sentinelles sont de retours, sans oublier Ka-Zar et certains des anciens mutants de la période Lee/Kirby : Unus l’intouchable, le Crapaud, le Colosse et bien d’autres.

La menace Z’Nox est l’occasion de faire revenir le Professeur Xavier d’entre les morts, même s’il s’agit personnellement d’une décision scénaristique que j’ai du mal à apprécier, comme si Roy Thomas n’assumait plus son idée. Le dernier numéro proposé dans l’intégrale avec la participation de Hulk a été légèrement moins bon, mais a eu le mérite de donner un petit point final à la série.

Conclusion : On a là, un aperçu du meilleur ! C’est après de longs mois d’agonies au niveau des ventes, que X-Men s’est finalement arrêtée en 1970. Un évènement dans l’histoire des comic books, qui aurait pu ne jamais arriver, tant les derniers numéros ont propulsé la série au sommet de son art. Par son intervention, Neal Adams a probablement sauvé les X-Men d’un naufrage total. Ce volume revient justement sur cette période à la fois tragique et magnifique, laissant un arrière goût de gâchis à tout une génération de lecteurs.

Ma note : 4/5

Points positifs :
+ Pas mal de bons numéros
+ L’arrivée de Neal Adams sur la série
+ La création de nouveaux personnages intéressants/importants

Points négatifs :
– Un gros contraste avec tous les auteurs qui ont précédemment travaillé sur le titre
– Le dernier numéro qui est trop mou par rapport aux autres

Contenu et auteurs :
X-Men 52 à 66 par Roy Thomas, Werner Roth & Neal Adams

© 1969, 1970, 2011 Marvel Entertainment

29 juillet 2019

Hikaru No Go

Si certains ont pu profiter des belles températures et aller en vacances, j’ai pour ma part, passé l’été à lire Hikaru No Go entre mes heures de travail. Et pas question pour moi, de me plaindre de cette situation, étant donné le bonheur que m'ont procuré mes heures de lecture. Vous en avez peut-être entendu parler, il s’agit de la série ayant donné un nouvel élan de dynamisme au go, un jeu de plateau d’origine chinoise. Si la plupart des joueurs étaient des personnes davantage proche de la retraite que dans la force de l’âge, l’œuvre pré-publiée dans le fameux Weekly Shōnen Jump a relancé l’intérêt des gens. En France, le même phénomène a été observé et c’est en partie grâce à cette série, commercialisée chez nous par les éditions Tonkam, désormais rattachées à Delcourt.

Comme beaucoup de monde, j’ai été séduit par ce manga, mais aussi par le travail de Yumi Hotta et les dessins de Takeshi Obata. Bien que ce dernier soit connu pour avoir travaillé sur Death Note, c’est Hikaru No Go qui lui a offert sa première grande renommée.

Un manga qui débute lorsque le jeune Hikaru Shindo découvre un goban (plateau de jeu de go) dans le grenier de son grand-père. De cet objet, surgit un fantôme qui en profite pour s’introduire dans le corps du garçon. Ce dernier comprend au fil des discussions, que cet esprit est Saï Fujiwara, un ancien joueur et professeur de go, ayant vécu, il y a plus d’un millénaire. Intrigué par ce jeu, Hikaru commence doucement à s’y intéresser. Mais c’est après une partie contre un certain Akira Toya, considéré comme un des meilleurs jeunes du pays, que Hikaru s’enlise presque définitivement dans la fièvre du go.

Malgré son succès sur l’archipel nippon, Hikaru No Go reste le genre de manga où je me demande généralement comment le scénariste a fait pour captiver les lecteurs avec un thème susceptible de ne viser qu’une partie du public, à l’image d’un Yakitate !! Ja-Pan, que j’ai pu lire courant 2017. Pas besoin cependant d’aller très loin pour trouver la réponse, puisqu’il s’agit d’un shōnen de type nekketsu. Autrement dit, une bande dessinée qui emprunte la même formule que certaines des plus grosses licences nippones, les mêmes codes apparaissent ainsi comme pour respecter un cahier des charges. Inutile de vous dire que ça marche encore et toujours.

Le go n’est donc ici qu’un prétexte. Pour être plus précis, on ne voit pas vraiment toutes les parties et elles sont mêmes quelques fois difficiles à cerner. Mais n’allez pas croire que les japonais sont mieux placés que les occidentaux pour comprendre le jeu de go, de nombreuses interventions faites par des personnages secondaires viennent rappeler qu’il s’agit d’un jeu assez compliqué et que seule la pratique permet d’interpréter des parties.

Tout l’intérêt du manga donc se situe dans l’évolution du personnage principal, porté par une volonté d’apprendre, de progresser et surpasser son modèle.

D’ailleurs, avec les compétitions qui font office de moteur pour le manga, les tournois sont l’occasion parfaite d’actualiser le niveau des personnages. Ces mêmes personnages qui -grâce au travail de Yumi Hotta et de son équipe- réussissent à charmer le lectorat et s’imposer comme des valeurs sûres et évitent ainsi de rester dans l’ombre des personnages principaux. Facilement identifiables avec un profil et un caractère propre à chacun, ces joueurs sont en plus brillamment illustrés par Takeshi Obata. Ce dernier nous offre des planches réalistes et soignées, avec un coup de crayon fin permettant de détailler aussi bien les visages, leurs tenues, que les arrières plans. Des dessins -qui combinés au travail de fond- agissent comme une cerise sur le gâteau, donnant un rendu final presque parfait.

En ce qui me concerne, le vrai point négatif du manga se situe dans la tournure des évènements. La disparition d’un des personnages principaux modifie complétement l’ambiance de la série. Je n’en dis pas plus, mais selon moi, Hotta s’est tirée une balle dans le pied avec ce choix scénaristique, bien que je comprenne le fond de son idée. On peut même se demander si la série n’aurait pas dû durer continuer au-delà des vingt-trois tomes, tant la fin de l’histoire laisse présager une suite. Comprenez par là, qu’on reste vraiment sur notre faim.

Conclusion : À découvrir absolument ! Hikaru No Go est le genre de manga qu’il ne faut juger à la simple page de couverture ou à la lecture du synopsis. Ce n’est pas par hasard qu’il fut l’un des plus gros shōnens de ce début de siècle. Ici, le plaisir de découvrir prend le dessus sur la peur de ne rien comprendre. Les auteurs arrivent sans trop de difficultés à créer de l’intérêt, rendre les parties plus intéressantes et nous plonger dans cette course au titre de meilleur joueur de go.

Ma note : 4/5

Points positifs :
+ Le style graphique réaliste du dessinateur
+ Le travail de fond sur les personnages qui sont bien exploités et leur évolution
+ Rendre le manga réaliste, notamment dans la tournure des évènements

Points négatifs :
– La disparition d’un des principaux protagonistes
– La fin qui déçoit

© 1999 by Yumi Hotta/Takeshi Obata/Yukari Umezawa

08 mai 2019

Chobits

 



Lire constamment un même type de manga pendant des années n'est pas quelque chose que je recommande. Et pour cause, on comprend -à force de lecture- facilement les codes littéraires, on devine approximativement le schéma des histoires et une petite mais lente sensation de saturation pointe le bout de son nez, forçant le lecteur à aller voir ailleurs. Je ne vais pas dire que c'est ce qui m'a poussé à lire Chobits, car ce n'est pas totalement vrai, ni totalement faux, mais une chose est sûre, on ne peut prendre conscience des différences qu'il peut exister dans cet univers qu'est la bande dessinée, que si on varie notre lecture.

Personnellement, je connaissais légèrement le collectif CLAMP à qui l'on doit notamment Sakura Card Captor, je savais à peu près sur quoi j'allais tomber en ouvrant le premier tome. On peut plaisanter en disant que c'est un manga ciblant avant tout un lectorat féminin, que ce n'est pas pour les "vrais mecs", mais on peut aussi passer outre ces bêtises, se montrer mature et voir toute la richesse proposée par cette série. Une série qui est davantage un mixte des trois types de manga les plus répandus : le shōnen, le shōjo et le seinen.

Parce que oui, au-delà des apparences, cette œuvre propose bien plus qu'une simple histoire d'amour propre aux mangas "pour filles". À travers les huit volumes qui composent l’œuvre, on ne cesse de se questionner sur l'importance et l'omniprésence des nouvelles technologies dans notre quotidien, tout comme on s'interroge sur la valeur et la pertinence des sentiments humains.

Publié au tout début des années 2000, Chobits nous plonge dans un futur pas si lointain où la norme est de posséder un ordinateur à forme humaine. Leur aisance à satisfaire presque tous les besoins de leur possesseurs, font qu'ils prennent une place bien trop importante dans le quotidien des gens. Certains vont même jusqu'à vivre uniquement pour leur(s) robot(s) en rompant tout contact humain. Vivant seul et n'ayant pas les moyens de s'acheter un ordinateur, Hideki Motosuwa ne peut résister à l'envie de récupérer le modèle qu'il vient de croiser dans les poubelles du quartier. Ne comprenant rien à l'informatique, il va petit à petit se rendre compte que son nouvel outil technologique n'est autre qu'un chobit, un ordinateur humanisé, capable de ressentir des émotions.

À partir de là, le manga a piqué ma curiosité et pouvait avancer tout seul. L'aventure peu commune qui s'offrait aux personnages principaux et les dessins sympathiques des auteurs étaient l'assurance d'avoir une lecture agréable.

Je regrette cependant que l'histoire traine par moments, donnant la sensation de lire des chapitres déjà-vus et d'être en plein dans le quotidien -monotone- des personnages. Dommage également que ceux-ci soient autant stéréotypés, entre le jeune adulte niais qui ne connait rien aux ordinateurs, le "geek" qui sort de l'enfance mais fait office d'encyclopédie de l'informatique ou la belle fille naïve qui ne demande qu'à apprendre la vie. Enfin, il est malheureux que cette touche "shōnen" personnifiée par le duo habillé en noir n'ait pas été davantage importante, tant elle a été annoncé comme une menace pour les personnages principaux. J'espérais personnellement que les deux mystérieux personnages aient un impact sur les dernières pages du récit, mais ce ne fut pas le cas.

Conclusion : Une jolie lecture

Et oui, malgré mon dernier paragraphe, Chobits a été plaisant à lire. C'est une œuvre que je conseille à ceux qui ont envie de découvrir quelque chose de léger. Ce fut comme une petite bouffée d'air frais, l'ensemble est intéressant, charmant, drôle par moments mais triste aussi. Je ne vais pas jusqu'à dire que le manga offre une leçon de vie, il n'a pas été assez développé pour ça, mais il a le mérite d'ouvrir un débat, de nous questionner. Publier cela à une époque où l'omniprésence des nouvelles technologies n'était qu'à ses balbutiement était un pari osé, bravo à CLAMP.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : CLAMP
Éditeur japonais : Kōdansha via Young Magazine (2000-2002)
Éditeur français : Pika Édition (2002-2004)
Nombre de tome : 8

18 avril 2019

X-Men l'intégrale 1968


Plus on avance dans le temps, plus la série X-Men gagne -ne serait-ce qu'un peu- en profondeur. Après une année 1967 marquant notamment les débuts du Hurleur et l'apparition des nouvelles tuniques, les mutants du Professeur Xavier poursuivent leurs aventures à travers cette intégrale.

Au programme du volume : les retours de Magneto et du Fléau, la mort du Professeur Xavier, les débuts de Polaris et Mesmero, sans oublier quelques chapitres bonus centrés sur le Fauve et Angel (écrit par le grand Jerry Siegel).

Vu ainsi, ça a l'air très alléchant, mais j'avoue avoir été quelques peu déçu.

L'année 1968 démarre avec le monstre de Frankenstein et l'arrivée d'un "sub-terrien" appelé Grotesk, des personnages oubliables et c'est pourtant le dernier cité qui va conduire le Professeur X à la mort. Et n'allez pas penser que cela a été orchestré après un terrible et long combat. Tout a semblé expédié et c'est d'autant plus mauvais quand on sait que cela a été provoqué par un personnage mineur. Par ailleurs, quand on sait que la série s'est arrêtée en 1970, on se rend compte que la mort du mentor des X-Men semblait être davantage un moyen de faire du bruit et d'attirer les lecteurs, qu'une réelle idée scénaristique profonde.

Heureusement, la suite ne peut être pire. L'histoire avance et Cyclops prend ses responsabilités en tant que nouveau leader du groupe, le retour de Magneto ajoute du piment aux aventures et découvrir qu'une certaine Lorna Dane est en réalité sa fille, apporte un peu de profondeur au personnage, sans parler de Mesmero qui a brillamment remplacé l'ennemi intime des X-Men. D'ailleurs, voir ces derniers être séparés par les directives de l'agent Duncan du FBI renforce cette idée que les mutants sont dorénavant entrés dans un nouveau chapitre de leur vie et que nous ne sommes plus en 1963.


L'année 1968 a vu un grand nombre d'artistes travailler sur la série. Que ce soit au niveau des couvertures, du scénario ou même des dessins. Du coup, il n'est pas rare de sentir une grande différence sur la forme, comme sur le fond.

J'ai trouvé que les chapitres écrits par Roy Thomas étaient moins captivants que ceux de Gary Friedrich et même si tout est une question de goût, je trouve difficile d'imaginer que le titre allait s'arrêter, tant j'ai senti qu'il y avait du mieux. Je tiens aussi à mentionner Arnold Drake, qui y est allé de sa contribution avec du bon (X-Men #50-51) comme du moins bon (X-Men #47-48). Par contre, avoir autant de scénaristes avec des visions plus ou moins différentes, rend presque difficile le développement des personnages. Je pense notamment à Magneto qui apparait plusieurs fois dans cette intégrale et qui revient même à un moment, alors qu'il était supposément gravement blessé (presque mort ?), quelques pages plus tôt.

Concernant les dessins, ceux de Werner Roth vieillissent mal, c'est légèrement mieux sous George Tuska, mais personnellement, je n'ai pas senti une vraie différence. C'est principalement sur la fin du volume qu'on ressent une nette amélioration graphique. À noter aussi les belles couvertures de Jim Steranko, John Buscema et John Romita Sr.

Conclusion : Année importante, mais...

Cette intégrale 1968 est plutôt historique de part son contenu, mais un peu frustrante et ennuyeuse. Il y a cette impression qu'on va dans tous les sens et qu'on ne sait pas où donner de la tête. À l'image de Spider-Man, les X-Men subissent de plein fouet la vision de plusieurs scénaristes. Cependant on voit que le titre évolue, que ce soit dans le logo utilisé par la série où l'importance du narrateur dans les deux derniers chapitres. Les mutants sont en pleine évolution, les premières années remontent à loin désormais, à voir si le prochain volume confirmera cette impression.

★★★☆☆

Contenu :

X-Men (1968) #40-51
Avengers (1968) #53


Mickael Karakac
©Panini Comics 2010 / Roy Thomas, Don Heck & Gary Friedrich

01 avril 2019

Silver Surfer l'intégrale 1966-1969


Alors que beaucoup de comics sont publiés au rythme des films et séries du moment, une nouvelle intégrale Panini est sortie de nulle part pour agrandir la gamme Marvel Classic. Centrée sur le Surfeur d'Argent, le volume propose de découvrir l'origine d'un des personnages les plus mystérieux de l'éditeur, mais aussi l'un des plus puissants.

Apparu en 1966 dans le 48e numéro des Quatre Fantastiques (1961), le personnage a rapidement conquis le cœur de Stan Lee, qui a carrément décidé d'offrir une série au super-héros en 1968. Une époque que Panini Comics propose de découvrir à travers cette première intégrale.

L'histoire du Surfeur d'Argent est liée à celle de Galactus. Ce dernier a beau être l'un des plus puissants personnages de l'univers Marvel, il ne peut vivre sans se nourrir. Le seul problème est qu'il s'alimente de planètes vivantes. Alors que la planète Zenn-La s'apprête à vivre ses derniers instants, un certain Norrin Radd propose un marché au puissant Galactus : épargner Zenn-La et lui servir de héraut pour trouver d'autres planètes en échange. En acceptant, Norrin Radd obtient par la même occasion des pouvoirs cosmiques et une planche de surf lui permettant de voyager rapidement à travers les galaxies pour assouvir la soif de son -désormais- maitre.

La Terre n'échappe malheureusement pas au Silver Surfer. Mais alors qu'il s'apprête à finaliser son travail, sa conscience l'assure de sauver les vies humaines et se retourne ainsi contre son maitre. Pour le sanctionner, Galactus crée un champ empêchant le voyageur cosmique de quitter la planète bleue, démarrant le début d'une longue et douloureuse punition.


Démarrer cette intégrale m'a donné l'opportunité de découvrir un personnage que je ne connaissais que très peu. Pour tout vous dire, avant la lecture du bouquin, mon seul souvenir du Silver Surfer provenait du film sorti en 2007 sur les Quatre Fantastiques. Et je dois dire que j'ai vachement aimé. J'ai trouvé le début assez poussif, mais quand je suis arrivé aux numéros correspondant à la série propre au Surfeur d'Argent, j'ai enchaîné les numéros, les uns après les autres, quand bien même certains duraient près de 40 pages.

Globalement, la lecture était agréable, que ce soit par les dessins de John Buscema, ou le dynamisme général de l'histoire. J'ai souvent eu cette sensation dans les intégrales X-Men ou Spider-Man que certains personnages parlaient pour rien, juste pour remplir des cases, je pense notamment à Hank McCoy et ses répliques qui ne servent pas à grand chose, Bobby Drake et Peter Parker qui narguent souvent leurs adversaires. Dans celle-ci, les dialoguent sont plus légitimes, ce qui se dit est intéressant ou fait avancer les choses. C'est quelque chose que j'ai vraiment aimé. J'évoque John Buscema, mais il faut créditer Jack Kirby qui est encore à l'origine d'un super-héros légendaire de Marvel et Joe Sinnott à qui l'on doit la merveilleuse couverture de l'intégrale.

Une chose que j'ai également aimé, c'est avoir un tel personnage puissant, qui se retrouve au final, enfermé comme un oiseau dans une cage aussi grande que la Terre. Il s'agit d'une punition et cela se ressent tellement vu qu'il craque à plusieurs reprises. Sa bonté et son sens de la justice l'amène toujours à protéger les humains, mais malgré cela, il est sans cesse rejeté et détesté. C'est un personnage qui fait pitié, car il ne comprend pas la réaction hostile des gens. On se rend compte d'ailleurs, que l'auteur dénonce clairement cette mentalité de rejeter tout ce qui est différent, étranger. Pour couronner le tout, il est forcé de vivre à des années lumières de sa bien-aimée.

Le seul point négatif que je relève, c'est que les ennemis sont un peu oubliables. À la limite, Méphisto remonte légèrement le niveau, mais difficile d'apprécier l'Étranger, les aliens de Badoon et Rakkhal. Heureusement, Loki et Thor apparaissent, mais dans l'ensemble, on est loin d'avoir eu des gros noms si on excepte les Quatre Fantastiques en début de volume qui apparaissent dans leur propre série.

Conclusion : À lire

Malgré un début assez lent, les aventures du Silver Surfer se montrent finalement passionnantes. Paradoxalement, il n'y a que peu d'ennemis charismatiques dans cette intégrale, mais le super-héros compense par le mystère et la classe qui l'entoure. Il y a aussi cette sensation que ce premier tome fait son boulot, c'est-à-dire présenter le contexte, le personnage et poser les bases de la série de 1968. C'est pour l'instant très bon, mais j'attendrai logiquement encore mieux pour la prochaine intégrale, car y a de la marge pour offrir un contenu meilleur.

★★★★★

Contenu :

Fantastic Four (1966) #48-50
Fantastic Four Annual (1967) #5
Silver Surfer (1968-1969) #1-6


Mickael Karakac
©Panini Comics 2018 / Stan Lee, John Buscema & Jack Kirby

24 mars 2019

Judge


L'année dernière, j'ai eu l'occasion de lire Doubt de Yoshiki Tonogai. Une manga dont je n'attendais pas grand chose et qui m'a pourtant littéralement scotché à mon lit. Dès lors, il ne s'agissait que d'une question de temps avant que je mette la main sur Judge, autre thriller psychologique offert par ce même Tonogai.

Un thriller qui nous invite à suivre la mésaventure d'Hiroyuki, un jeune adolescent qui se retrouve séquestré dans un tribunal visiblement à l'abandon, avec huit autres personnes. Ils apprennent que tous incarnent l'un des sept péchés capitaux. Tous les 12 heures, ils devront se juger et voter pour une personne. Celle qui a le plus de voix à chacun des procès, n'aura autre choix que de mourir. Au final, seulement quatre d'entre eux pourront ressortir des lieux et retrouver la liberté.

Personnellement, je trouve pas que le synopsis soit bien original, y a pas mal de ressemblances avec Doubt, rien que sur le déroulement de l'histoire, l'utilisation des masques, le caractère de certains personnages, mais je trouve que la formule est toujours aussi efficace.

J'ai ainsi été intrigué dès le premier volume sur ce qui allait se passer, je voulais savoir qui était à l'origine de cette séquestration, j'ai eu également cette curiosité morbide de voir le sort qu'allait être réservé aux jugés. Honnêtement, c'est un manga qui marche tout seul, le concept est bon, les dessins sont super, le découpage des cases et les plans définis font penser aux films hollywoodiens. Difficile de ne pas être séduit.


Le système des procès apporte énormément à la série. Voir le temps qui défile, les condamnés arriver au tribunal, sentir le stress qui entoure les personnages, la tension qui y règne, bref on a tout une atmosphère malsaine, tellement bien pensée et amenée.

Alors bien entendu, y a quelques petits trucs qui ne vont pas. Je pense notamment à l'absence de logique chez un des personnages qui se fait plusieurs fois avoir mais semble toujours aussi têtu alors que sa vie ne tient à presque rien, n'importe qui aurait agi différemment. De plus, j'ai beaucoup de mal à accepter la fin du manga, lorsque l'on découvre qui est à l'origine de cette séquestration, car le personnage a agi constamment en attirant l'attention sur lui et pouvait ainsi mourir sans réaliser son objectif. De plus, je trouve que l'auteur abuse un peu trop des retournements de situation.

Enfin, si de base, les personnages sont jugés en rapport aux péchés qu'ils ont commis, ceci sera progressivement mis aux oubliettes ou peu exploité dans le manga. Seules les premières pages de couverture agiront comme une sorte de rappel avec ces fameux masques qui représentent les sept pêchés capitaux.

Conclusion : Une bonne lecture

Ki-oon est sans conteste l'un des plus gros éditeurs de manga en France et personnellement l'un de mes préférés, me permettant de découvrir des titres un peu "underground", souvent solides et intéressants. Judge rentre dans cette catégorie. Malgré la fin assez pénible, j'ai pas eu la sensation d'avoir perdu mon temps. C'est un bon manga, qui se lit assez vite et surprendra très probablement ceux qui ne sont pas habitué aux thrillers psychologiques.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Yoshiki Tonogai
Éditeur japonais : Square Enix via Monthly Shônen Gangan (2010-2012)
Éditeur français : Ki-oon (2011-2013)
Nombre de tome : 6

Mickael Karakac
© Yoshiki Tonogai / SQUARE ENIX CO., LTD.

15 mars 2019

Les Royaumes Carnivores


À moins de parler japonais et de pouvoir surfer sur les sites nippons, vous ne trouverez pas beaucoup d'informations concernant Yui Hata sur le web français. Et pour cause, cette femme n'est encore qu'une débutante dans son domaine. Le manga que je vais évoquer dans quelques instants est d'ailleurs, son tout premier projet. N'allez pas croire que c'est une œuvre légère et oubliable, les éditions Akata ont commercialisé une belle série, certes courte, qui souffre de quelques défauts, mais qui sait se montrer intéressante du début à la fin.

Je n'aurais probablement jamais eu l'idée de lire "Les Royaumes Carnivores", mais un de mes lecteurs m'a proposé l'idée et je dois dire que je ne regrette pas et je vais vous expliquer pourquoi.

Tout d'abord, sachez que le manga ne met en scène que des animaux. Ils parlent, agissent et se comportent comme les hommes, au point où certains se déplacent sur deux pattes. L'histoire se déroule dans une savane et plus précisément, dans un royaume, dirigé par la tribu royale des Lions. Une espèce carnivore qui s'est placée comme la force dominante de la région et oblige les autres à respecter leur autorité. Pire encore, les herbivores qui servent habituellement de nourriture sont utilisés comme esclaves, si elles ont mauvais goût. C'est le cas des gazelles de Thomson. Et parmi elles, une certaine Buena décide qu'il est grand temps de stopper cette tyrannie. Pour cela, elle n'a d'autres choix que de faire appel notamment à la "Démone Blanche", la dernière guépard blanche, seule espèce capable de mettre à mal les lions.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce manga n'est pas une simple ode à la rébellion, il est plus profond que ça. Yui Hata réussi le tour de force de dénoncer -en seulement trois tomes- certains travers de notre société, comme la surconsommation, l'abus de pouvoir, la haine de l'autre, la luxure et le péché d'orgueil. Se faisant, on se rend compte qu'on a là un manga pensé, qui nous amène à réfléchir sur notre mode de vie.


Autre grande force du titre : les dessins. Difficile de les ignorer tant ils sont un régal pour les yeux. Yui Hata charme par ses environnements détaillés, ses personnages pleins de vie et ses scènes de combat à couper le souffle. Un bon point aussi pour être allé au bout des idées et ne pas avoir fait dans la censure, illustrant des planches difficile à regarder, tant certains moments sont cruel et dégueulasse à voir.

Une sorte de rappel à la réalité, la nature est belle mais peut sembler parfois injuste. Dans cette même idée de réalisme, on peut évoquer ces lions. S'ils semblent foncièrement mauvais dans "Les Royaumes Carnivores", le but n'est pas de dire qu'être végétarien est mieux ou moins bon, mais se rappeler que ces derniers se situent au sommet de la chaîne alimentaire et un animal agissant par instinct ne fera pas de cadeau à ses proies.

Là où j'ai plutôt été déçu, c'est sur la fin. Quand on sait que la série n’excède pas les trois tome, voir le combat contre Marsias durer sur plus de cent pages, amène un peu de frustration. Plus on approche de la fin, plus on se rend compte qu'il s'agit finalement du dernier combat que nous -lecteurs- seront amenés à voir. Buena a toujours pour objectif de renverser cet état totalitaire, mais ce sera visiblement sans nous et c'est fort dommage sachant que l'auteur n'hésite pas à teaser un ennemi bien plus important que Marsias et Moussa.

Conclusion : Âmes sensibles s'abstenir

Je ne regrette absolument pas d'avoir lu "Les Royaume Carnivores", ça reste un manga plaisant et intéressant dans le fond. Le dernier tome est frustrant, tant on a pas ce mot de la fin, mais il n’éclipse en rien le merveilleux travail offert précédemment. Yui Hata se fera probablement une belle réputation dans les années à venir, je saurais personnellement à quoi m'attendre en voyant son nom sur une première page de couverture.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Yui Hata
Éditeur original : Shūeisha via Miracle Jump (2014-2016)
Éditeur français : Akata (2017)
Nombre de tome : 3

Mickael Karakac
JASMIN © 2014 by Yui Hata / SHUEISHA Inc.

10 mars 2019

Avengers


Dans l'optique de trouver de nouveaux lecteurs, Carrefour s'est associé à Panini Comics pour proposer une collection exclusive de huit volumes, présentant les plus grands personnages/groupes de l'univers Marvel à prix réduit. Si le premier tome est centré sur Spider-Man, le deuxième nous invite à découvrir les Avengers, l'équipe phare du moment au cinéma, en atteste les deux milliards de dollars au box office récemment engrangé par Marvel Studio.

Personnellement, si je connaissais légèrement Peter Parker pour avoir lu ses premières aventures, je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire du Avengers et ce bouquin s'est donc présenté comme une belle opportunité de découvrir la formation du groupe et me transporter dans certains des meilleurs numéros de la série.

Les Vengeurs -pour reprendre leur nom en français- sont des super-héros qui ont préféré s'unir pour repousser les grandes menaces, plutôt que de combattre séparément. Loki fut d'ailleurs, le premier ennemi du groupe et celui ayant provoqué -malgré lui- cette alliance. On découvre cela à travers le premier numéro des Avengers, datant de 1963 et qui lance cette mini-anthologie. Un premier chapitre offert par Stan Lee et Jack Kirby, qui est plutôt plaisant et surtout bien légitime puisqu'il nous invite à comprendre la création du groupe et de faire connaissance avec les premiers membres de l'équipe qu'étaient Hulk, Thor, Ant-Man, la Guêpe et Iron Man.

Le bouquin nous propose par la suite, une trilogie sur les jumeaux Maximoff qui avaient déjà rejoint l'équipe des Avengers, quelques années auparavant. Publiés en 1979 avec David Michelinie, Steven Grant et Mark Gruenwald au scénario, ainsi que John Byrne aux dessins, ces trois chapitres permettent d'explorer brièvement une partie du passé de Wanda et Pietro Maximoff. Kurt Busiek & George Pérez prennent le relai pour quatre épisodes centré sur Ultron, un robot construit par Hank Pym, qui est vite devenu un problème pour son créateur, du fait de son intelligence artificielle très développée. Enfin, c'est le final de la série New Avengers de Brian Michael Bendis qui complète ce livre. Ici, les évènements que se déroulent quelques temps après Civil War et les vengeurs apprennent l'heureuse nouvelle qui les informe qu'ils sont désormais libre de ne plus se cacher, grâce aux conditions imposées par Steve Rogers au gouvernement américain, après le siège d'Asgard.

Wanda & Pietro Maximoff, par John Byrne (1979).

Il y a beaucoup de choses à dire, sur ce livre. Tout d'abord, comme dit plus haut, le premier numéro sur l'origine du groupe est légitime et plutôt sympathique, mais ce qui suit avec les Maximoff reste assez inintéressant. Je ne vous cache pas que j'ai été déçu dans le sens où ce n'est pas forcément les premiers membres du groupe que j'ai envie de découvrir quand j'ouvre un livre qui se veut rétrospectif. Vient ensuite le dernier numéro, celui sur les New Avengers qui est disons-le difficile à comprendre. C'est là qu'on se rend compte qu'il manque un travail rédactionnel présentant le contexte de chaque numéro avant chaque récit. D'autant plus que ce livre vise avant tout, le grand public et non les fins connaisseurs, d'où l'intérêt de textes introductifs avant chaque chapitre.

Enfin, quel dommage de constater l'absence des couvertures originales qui étaient pourtant bien présentes dans le précédent volume dédié à Spider-Man. Je viens de me rendre compte que ces mini-anthologies ne dépassent pas les 240 pages, ce qui est assez frustrant car c'est tout simplement une contrainte éditoriale superficielle, probablement défini par l'éditeur et le distributeur. De mon point de vue et de celui des autres lecteurs, on peut se demander pourquoi la limite n'a pas été fixée à 250 pages.

Conclusion : Un deuxième volume frustrant

Une moitié intéressante et une dont on aurait pu s'en passer, c'est comme cela qu'on pourrait résumer ce comic book. Y a cette impression que l'éditeur a voulu conserver quelques numéros bien meilleurs pour d'autres collections. On peut également regretter l'absence de Thanos, vu sa popularité actuelle et son lien avec les Avengers. Les couvertures originales qui manquent à l'appel n'aident pas à relever le niveau. En clair, difficile d'apprécier pleinement le bouquin.

★★★☆☆

Points positifs :
+ Lire les origines du groupe
+ L'arc centré sur Ultron
+ Possibilité d'admirer les dessins de John Byrne, George Pérez et Bryan Hitch

Points négatifs :
- Des numéros douteux
- L'absence de textes introductifs avant chaque chapitre
- Pas de couvertures originales

AVENGERS

Scénaristes : Stan Lee (Avengers Vol.1 #1), David Michelinie (Avengers Vol.1 #185), Steven Grant (Avengers Vol.1 #186), Mark Gruenwald (Avengers Vol.1 #187), Kurt Busiek (Avengers Vol.3 #19 à 22) & Brian Michael Bendis (New Avengers Finale #1)

Illustrateurs : Jack Kirby (Avengers Vol.1 #1), John Byrne (Avengers Vol.1 #185 à 187), George Pérez (Avengers Vol.3 #19 à 22) & Bryan Hitch (New Avengers Finale #1)

© 2018 MARVEL

24 février 2019

Spider-Man

Alors que les super-héros ont la côte à Hollywood, le marché du comic-book peine à suivre la tendance en France et souffre beaucoup de sa complexité. Avec le nombre incroyable de de séries, de collections, des univers plus ou moins liés, les éditeurs ont pratiquement fermé la porte aux nouveaux passionnés, pratiquement...

En effet, Panini Comics a tenté une opération commerciale avec Carrefour, le leader français (et européen) de la grande distribution : offrir une collection simple, avec un volume par personnages/groupes, à très bas prix. L'objectif étant d'attirer de nouveaux lecteurs, leur donner goût à la lecture et leur offrir une porte d'entrée pour découvrir les comics.

Me concernant, j'ai beau lire des archives des années 60, je ne reste qu'un simple débutant dans les comics et en apprenant la nouvelle, je me suis laissé tenter. Je ne vous cache pas que les prix bas ont fortement joué là-dedans, moi qui n'achète qu'occasionnellement. Et c'est donc avec le premier volume, consacré à Spider-Man, que j'ai démarré la lecture de cette collection.

Je ne sais pas vraiment comment on doit appeler ce genre de livre. Personnellement, j'appelle cela une "mini-anthologie", car ce n'est pas une anthologie à proprement parler, ni une intégrale et difficile de dire que c'est un best-of du personnage, car la qualité des numéros peut varier. Quoi qu'il en soit, le bouquin propose huit chapitres de l'Homme-Araignée et fort logiquement, le premier nous invite à (re)découvrir la naissance du personnage, à travers le dernier numéro d'Amazing Fantasy, paru en 1962. Les chapitres suivants forment une trilogie et permettent de voir le Tisseur face à un tout nouvel adversaire qui faisait ses débuts en 1967 : le Caïd. Puis trois autres numéros plutôt modernes de 2003, permettent de suivre l'anniversaire assez spécial de Peter Parker, avant de finir via un chapitre de 2009, opposant Spider-Man au Docteur Octopus.

Comme je l'ai déjà dis plus haut, difficile d'imaginer qu'on a là, les meilleurs numéros de la riche histoire de Spider-Man. Je pense qu'on aurait pu avoir mieux, mais ce serait insulter l'éditeur que de critiquer la qualité des histoires présentées dans ce livre, car elles restent importantes vis-à-vis du personnage. Je ne vais pas revenir sur le chapitre présentant les débuts de Spider-Man, vu que j'en parle déjà ici. Cette fois-ci, je vais m'intéresser aux autres numéros et la première chose que j'ai envie de dire sur les chapitres mettant en scène le Caïd, c'est qu'il y a cette sensation que ce dernier a été intégré au livre "uniquement" grâce à la popularité du personnage qui était joué par Vincent D'Onofrio dans la série Netflix Daredevil. Les trois chapitres qui mettent en avant le leader de la pègre new-yorkaise, restent malgré tout intéressant, on y voit déjà un personnage sous-estimé, mais plutôt intelligent, très puissant et qui sait se faire respecter par son entourage. Wilson Fisk, de son vrai nom, transpire l'intimidation et apporte vraiment cette sensation de danger qu'on ne retrouvait pas forcément à tous les numéros de l'époque. Spider-Man passe notamment près de la mort et doit même se mettre à sauver J. Jonah Jameson, qui lui voue une haine profonde. Au final, je me dis que peu importe les raisons ayant poussé Panini à l'introduire dans ce comic book, puisque le plaisir est là et c'est le plus important.

C'est Spider-Man, au cas où certains ont un doute.

La suite voit Spider-Man passer son anniversaire à combattre une armée de monstre venus d'ailleurs. Heureusement, il n'est pas seul et c'est donc l'occasion de voir les Quatre Fantastiques ou les Avengers. Malgré tous ces super-héros, l'intrigue tourne principalement autour du Docteur Strange et sa capacité à combattre Dormammu, qui désire regagner ses forces et régner sur le monde. Alors que les deux magiciens sont en pleine bataille, Spider-Man s'en approche maladroitement et est envoyé dans une faille temporelle. Dès lors, il doit revivre certains des moments les plus durs de sa vie pour espérer remonter le temps et revenir dans le présent. Une très belle histoire, la meilleure selon moi, qui voit Peter Parker craquer et être à deux doigts de renoncer à ses pouvoirs et à sa vie actuelle. Enfin, le dernier numéro voit le Docteur Octopus essayer de connecter son cerveau à tous les réseaux de la ville de New York. Après plusieurs commotions cérébrales, Otto Octavius sait qu'il vit ses derniers instants et veut donc à jamais marquer l'histoire. Ce numéro est moins bon, pas vraiment important je trouve, car il n'apporte pas grand chose, à part rappeler que Peter Parker est un génie qui n'a rien à envier aux autres. L'ennemi est plus faible, le combat est rapidement plié, y a rien d'épique, je pense qu'on aurait pu vraiment s'en passer.

Je ne vais pas trop m'attarder sur les dessins, vous vous imaginez bien qu'on a forcément un contraste entre les anciens numéros et les plus récents. C'est sûr que le graphisme moderne est plus beau, plus net, appréciable, mais les dessins de Steve Ditko et John Romita Sr. ne sont pas moins bons, ils sont simplement différents, c'est une autre époque, un style qu'on ne retrouve plus aujourd'hui. J'ai toujours pensé qu'adhérer à quelque chose, n'est au final qu'une question d'habitude. Dommage cependant qu'on ne puisse pas profiter pleinement des illustrations, la faute au format standard choisi par Panini. Mais l'éditeur s'est rattrapé sur la fin en proposant les couvertures originales, ce qui est toujours un gros plaisir pour les yeux.

Conclusion : Un premier volume très bon

Il ne faut pas se voiler la face, la "Super Heroes Collection" propose des comic books bas de gamme, les 250 pages par volumes, le prix inférieur à cinq euros, les couvertures souples et le format choisi vont dans ce sens. Mais il n'y a pas plus pratique pour emmener avec soi un livre et découvrir tout un univers à travers des récits complets. La qualité ici se trouve sur le fond et non la forme. Le passionné que je suis, a bien aimé. J'ai beau lire les intégrales de l'époque, Peter Parker s'impose de plus en plus comme mon super-héros préféré et je peux vous dire que ce livre y a contribué.



Points positifs :
+ On a droit à de bons numéros dans l'ensemble
+ Les couvertures originales

Points négatifs :
- Pas le meilleur format pour apprécier une lecture
- Le dernier numéro fait tâche par rapport aux autres

Contenu et auteurs :

Amazing Fantasy 15 (1962)
Amazing Spider-Man 50 (1963)
Amazing Spider-Man 51 (1963)
Amazing Spider-Man 52 (1963)
Amazing Spider-Man 57 (1999)
Amazing Spider-Man 58 (1999)
Amazing Spider-Man 500 (1963)
Amazing Spider-Man 600 (1963)

© 2018 MARVEL

09 février 2019

Naruto

Dans l'univers de la bande dessinée japonaise, l'année 1999 restera à jamais marquée par les débuts de Naruto, dans le Weekly Shōnen Jump. Cette année-là, Masashi Kishimoto et son équipe sont entrés dans un rythme infernal pour offrir hebdomadairement la suite de l'histoire d'un ninja pas comme les autres et qui aura finalement réussi à séduire une bonne partie des lecteurs.

Quelques années plus tard, après 72 tomes d'aventures vendus à plus de 235 millions d'exemplaires et quelques larmes ayant accompagnées le rideau de fin, il était temps pour moi de plonger dans la lecture d'une des œuvres les plus excitantes qui existent et probablement le manga le plus populaire des années 2000.

Maintenant que j'ai fini de lire la série, quel est mon ressenti ? Naruto est-il survendu par ses lecteurs ou mérite-t-il son succès ? Je vais tenter d'y répondre, mais avant cela, voyons un peu de quoi ça parle (oui, je pense actuellement à ceux qui vivent dans une grotte).


Le manga nous invite à suivre les aventures d'un jeune ninja, Naruto Uzumaki, qui désire devenir Hokage pour diriger le village, mais être surtout reconnu par ses pairs. Il faut dire que seuls les meilleurs peuvent prétendre à ce poste. Loin d'être doué à l'école, adepte des farces en tout genre et sans soutien depuis la mort de ses parents, Naruto reste malgré tout persuadé qu'il atteindra son rêve.

Au fil du temps, notre jeune héros se rend compte que le monde est vaste et bien différent de ce qu'il avait pensé. Aux examens de ninjas, viendront s'ajouter des missions plus ou moins dangereuses, en découleront par la suite des trahisons et engendreront des morts. Mais c'est à travers l'équipe 7 et aux côtés de Sasuke Uchiwa et Sakura Haruno, que Naruto avancera dans sa quête, le tout sous le regard de leur professeur, Kakashi Hatake.


La première chose que j'ai envie de dire sur Naruto, c'est tout simplement que l'histoire est prenante et divertissante. C'est un des rares mangas à me convaincre dès le premier volume et me donner envie d'enchaîner les tomes, les uns après les autres.

J'ai aussi trouvé les personnages attachants et la plupart d'entre eux ont une histoire qui ajoutent de la profondeur au récit. En leur donnant des capacités et des styles différents, l'auteur a réussi sans trop de mal à différencier les protagonistes et là où j'ai carrément été séduit, c'est qu'ils sont pour la plupart, mis en avant à un moment de l'aventure, très peu sont en retrait.


Si l'action est souvent fidèle aux shōnens, elle est carrément au centre de Naruto et Masashi Kishimoto avait tout intérêt à ne pas se rater. Et bien on peut dire qu'il s'est plutôt bien débrouillé. Les combats sont pas difficile à comprendre, le dessin est de qualité, le coup de crayon fin et on a donc pas mal de détails. On a également un côté stratégique qui apporte de la variété aux batailles, ce qui permet de ne pas avoir une série basée sur de l'action brute ou barbare.


Je sais que je vais être sévère pour le coup, mais il y a deux-trois petites choses que je n'ai pas aimé.

D'abord, il faut savoir que le manga est divisé en trois grands arcs narratifs. Le premier se concentre sur la jeunesse de Naruto et pose un peu les bases de ce qui va arriver, le second arc propose une bataille contre un clan de renégats appelé Akatsuki et le dernier est tout simplement une grande guerre qui verra les ninjas s'unir contre un adversaire commun. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à saturer et pour cause, la guerre dure sur plusieurs tomes et ça m'a fatigué sur la fin, j'ai trouvé que ça trainait trop.

En revanche, aussi bizarre que cela puisse paraitre, j'ai eu la sensation que le combat final entre Naruto et Sasuke a été expédié. Ne tenant que sur cinq chapitres environ, j'ai été légèrement déçu car j'en attendais plus pour une dernière confrontation. Je ne compte même pas m'attarder sur le dernier chapitre qui voit l'auteur faire une petite ellipse afin de proposer un tour d'horizon des personnages, pour que le lecteur voit ce qu'ils sont devenus. Voir Naruto dans la peau du Hokage reste une image fort sympathique, mais laisser entendre qu'une suite aura lieu, c'est gâcher un peu le plaisir. Je ne vais certes, pas juger par avance, mais on rate l'opportunité de finir sur de belles images et je ne vois pas en quoi une nouvelle série avec une nouvelle génération apportera de plus que celle que je viens de terminer.

Ce qui est sûr, c'est que Naruto reste un très bon manga, qui n'a pas volé son succès. La série est légèrement longue à mon goût, mais le fait qu'elle met très peu de temps à démarrer et qu'il n'y a pas trop de temps mort, fait qu'on enchaîne les volumes sans trop s'en rendre compte. Masashi Kishimoto a offert un très bon travail et il n'y a plus qu'a espérer que sa prochaine œuvre soit du même niveau, mais cela s'annonce bien difficile et pour cause, Naruto a placé la barre très haute.

★★★★★

Scénario et dessins : Masashi Kishimoto
Éditeur japonais : Shūeisha via Weekly Shōnen Jump (1999-2015)
Éditeur français : Kana (2002-2016)
Nombre de tome : 72

31 décembre 2018

Bilan de mes lectures en 2018


Contrairement aux années précédentes, je n’ai pas réellement suivi de rythme de lecture ou quoi que ce soit et c’est pourquoi, j’ai enchaîné principalement des comic-books pendant une bonne partie de l’été, car c’était ce que j’avais envie de lire sur le moment.

Comme vous pouvez le voir sur le visuel ci-dessus, sur les douze BD que j’ai lu, plus de la moitié sont américaines. Je pense cependant, reprendre un rythme (2 mangas/2 comic-books) pour l’année à venir, histoire de diversifier le contenu du blog. Avant de vous indiquer ce que je compte lire pour 2019, voici les liens menant aux critiques de cette année.

– Shaman King
– Fantastic Four : 1234
– X-Men l’intégrale 1966
– Doubt
– L’homme sans talent
– Batman : Année Un
– Abara
– X-Men l’intégrale 1967
– Superman : fin de siècle
– Ant-Man : l’incorrigible homme-fourmi
– Spider-Man l’intégrale 1966
– Pokémon, la grande aventure

Ça peut paraitre beaucoup, mais la plupart étaient des one-shots et c’est pourquoi, j’ai pu les enchaîner. Sans oublier que Doubt, Abara et Pokémon n’étaient long respectivement que de 4, 2 et 3 tomes. Bon passons et évoquons 2019. Je suis actuellement en train de lire Naruto, il s’agira donc de la première critique de l’année à venir et elle sera suivie par quatre mangas que j’ai ciblé : Chobits, Hikaru No Go, Prince du tennis et BLAME !

Côté comics, j’ai acheté une collection complète de huit volumes. Le premier se focalise sur Spider-Man et propose les cinq ou six meilleurs récits de l’histoire du personnage. Je lirai pour sûr, les deux premiers tomes (Spider-Man et Avengers). Je compte garder le reste pour plus tard afin continuer aussi la lecture des intégrales.

Ce que j’aime et qui m’a forcé à acheter la collection, c’est que c’est destiné aux débutants comme moi, ça permet de découvrir plusieurs personnages à travers des bouquins qui ne dépassent pas les 250 pages et qui sont en format de poche, comme les mangas. Le prix de 1,90€ au lancement m’a séduit. D’après ce que j’ai lu, Panini Comics cherchait de nouveaux lecteurs pendant l’été, d’où le faible prix. Apparemment, la cible n’était donc pas les fins connaisseurs, qui ont sûrement tous ces récits déjà en leur possession à travers des anthologies ou autres.

Enfin bref, c’est tout ce que j’avais à dire. Si vous avez des suggestions de lecture, je suis preneur. Si j’ai du temps et que j’enchaîne le tout assez rapidement, je lirais autre chose, je ne suis pas fermé aux propositions.

28 décembre 2018

Pokémon, la grande aventure


À l'image de Kingdom Hearts, Pokémon est à la base, une série de jeu vidéo. Sa très forte popularité a au fil du temps, ancré la licence dans la pop culture nippone. Aujourd'hui, presque tout le monde connait Pikachu et peut facilement reconnaitre le logo de la franchise. Malgré tout, le manga en lui-même reste assez méconnu. Les raisons sont multiples, mais on peut notamment citer l'arrêt de la commercialisation par Glénat au début des années 2000, qui a porté un petit coup au titre.

C'est en lisant les trois volumes commercialisés par Kurokawa que j'ai découvert qu'on avait là, un travail assez différent de ce que l'on peut imaginer.

L'histoire démarre à Bourg Palette où Rouge est mandaté par le Professeur Chen pour aller à la recherche des Pokémon et compléter le Pokédex, une encyclopédie moderne qui enregistre des informations sur les créatures rencontrées ou capturées. Rouge se considère comme le meilleur dresseur de son village, mais se rend bien compte de son niveau, lorsqu'il voit Bleu à l’œuvre. Ce dernier n'est autre que le petit-fils du Professeur Chen et devient par la force des choses, son rival. Ayant tous les deux la même mission, ils se retrouvent donc régulièrement sur la route et sont amenés à travailler ensemble pour faire face à la Team Rocket, une organisation criminelle qui organise du trafic de Pokémon.

Un monde méconnu


À priori, le scénario semble identique à ce que vous connaissez. Mais il existe quelques différences qui offrent au final, un produit bien nouveau de celui que l'on connait déjà.

Tout d'abord, il faut savoir que Hidenori Kusaka a divisé la série en deux parties. Le premier arc narratif se focalise sur la mission de Rouge, tandis que le second arc amène à une bataille entre le bien et le mal. Je n'en dis pas plus, mais disons qu'à travers celui-ci, la plupart des personnages sont exploités et si vous êtes fan de la série, certains protagonistes baisseront dans votre estime.

Il faut aussi savoir que dans le manga, les Pokémon peuvent mourir, le dresseur peut aussi servir de cible et perdre la vie. Enfin, on remarque aussi qu'il y a une approche différente du combat avec un côté réaliste apporté par les attaques. Par exemple, un simple Chenipan peut s'avérer utile pour tisser un fil solide et aider le dresseur à se sortir d'une galère. Il est d'ailleurs, souvent primordial d'utiliser l'environnement pour se déjouer d'un adversaire.

Pour ce qui est du graphisme, Mato, la dessinatrice, n'a pas détaillé les personnages, chose qui ne dérange pas vraiment vu qu'à la base, le manga s'adresse à un jeune lectorat. Cependant, les actions sont quelques fois, difficiles à comprendre. C'est pas pire que Kingdom Hearts ou Abara, mais légèrement brouillon par moments.

Conclusion : Fidèle mais pas trop

Honnêtement, j'ai bien aimé lire cette série Pokémon. J'ai découvert une face-cachée du manga que je n'aurais jamais soupçonné. Les trois gros volumes se lisent très vite. Si les combats s'enchaînent assez rapidement, la fin se permet quelques folies et offre un final épique. C'est un manga mignon, qui surprend de part son contenu, mais sait rester fidèle à son univers. Dommage que l'action soit quelques fois difficile à comprendre, le manque de détail n'est pas gênant, mais rend le dessin moins

★★★★☆

Scénario et dessins : Hidenori Kusaka et Mato
Éditeur japonais : Shōgakukan via Pokemon Fan Magazine (1997-2000)
Éditeur français : Kurokawa (2014)
Nombre de tome : 3

27 juillet 2018

Spider-Man, l'intégrale 1966


Après près d'un an de pause, j'ai repris les aventures de Spider-Man, avec cette intégrale regroupant les numéros parus en 1966. Peter Parker m'avait bien manqué, honnêtement, bien que j'ai apprécié les derniers comic books que j'ai découvert, notamment celui sur Ant-Man et celui concernant Superman.

Cette intégrale est très importante car l'année 1966 est une année charnière dans la carrière du tisseur de toile et pour cause, le personnage va connaitre deux directions différentes. D'abord celle de Steve Ditko, qui est assez redondante, je dois dire. Son habituel traitement du personnage, m'a bien fatigué, la dernière fois. Enfin, Spider-Man avance enfin dans sa vie sous la direction de John Romita Sr. qui va enfin bouger certaines choses.

Au programme notamment, un combat contre le Docteur Octopus, qui s'avère être le Master Planner, le retour de Kraven, le Bouffon Vert qui révèle son identité et qui démasque Spider-Man, la première apparition du Rhino et on voit enfin à quoi ressemble Mary Jane Watson. Autant le dire maintenant, la plupart de ces faits prennent vie sous le crayon de Romita Sr. et je compte pas critiquer gratuitement Steve Ditko, mais son remplacement amène un véritable vent frais à la série.

Steve Ditko a quand même le mérite de démarrer l'année sur de bons rails. Le chapitre où Tante May est dans une situation critique est bien pensé et le Spider-Man à moitié K-O qui doit malgré tout, se surpasser pour maintenir sa tante en vie, c'est du grand art. On a réellement peur pour Peter Parker et ce qui peut lui arriver psychologiquement si un malheur arrive par sa faute. Ditko dessine aussi Norman Osborn qui fait sa première apparition dans la série.

Ce que j'ai bien aimé, c'est donc voir une évolution dans les évènements et le personnage de Spider-Man, ne pas se dire qu'on est toujours en 1962.

Dans cette intégrale, on a ainsi l'occasion de voir Peter Parker gagner en popularité auprès de certains camarades, Gwen Stacy commence progressivement à l'apprécier. Betty Brant du Daily Bugle s'est absentée, puis est revenue et semble s'engager définitivement avec Ned Leeds. Peter Parker achète sa première moto, rencontre Mary Jane Watson pour la première fois et passe près de rejoindre les Vengeurs, qui apparaissent dans l'annual en fin de volume.

Bon, je vais être honnête, y a un truc que j'ai pas trop aimé. J'ai senti en début de lecture une sorte de paraisse. Beaucoup d'action, moins de dialogue et les numéros sont moins vendus en début de chapitre par le narrateur. Ça m'a un peu surpris, mais John Romita Sr. a apporté ce que je viens de pointer du doigt, donc il compense un peu le soucis et le relance.

Maintenant, je me pose moi-même la question, cette intégrale est-elle la meilleure de Spider-Man ? Franchement, je pense qu'elle se place avec les deux premières, qui étaient plaisante, elle se démarque, mais les quelques numéros faiblards, ceux contre l'Homme de Lave et le Pilleur, font que je ne peux totalement apprécier le tome, mais dans l'ensemble, ça reste très bon.

★★★★★

Informations :

Auteurs : Stan Lee, Steve Ditko et John Romita Sr.
Éditeur américain : Marvel Comics
Publication originale : 1966
Éditeur français : Panini Comics
Publication française : 2003

Contenu :


The Amazing Spider-Man (1963) 32-43 ; Spider-Man Annual 3.

20 juillet 2018

Ant-Man : l'incorrigible Homme-fourmi


Le mois de juillet est clairement destiné aux super-héros américains. Je n'ai pas pour autant délaissé les mangas, mais étant donné mon retard dans les comic-books, il fallait donc que je bouleverse un peu mon planning pour avancer et découvrir de nouveaux univers et personnages.

Alors que le personnage d'Ant-Man bénéficie actuellement d'une seconde adaptation au cinéma, le hasard a fait en sorte qu'au même moment, je lise mon premier comic book centré sur l'homme-fourmi.

En revanche, il ne s'agira pas ici du même Ant-Man que celui dépeint au 7e art.

Plusieurs incarnations :

Trois personnages ont incarné Ant-Man depuis 1962. Il y a eu l'original Homme-Fourmi, créateur de l'armure, qui s'appelle Hank Pym, considéré comme l'un des plus gros cerveau de l'univers Marvel. C'est ensuite un certain Scott Lang, qui a repris le rôle et est incarné actuellement par Paul Rudd au cinéma.

Vient ensuite, le troisième Ant-Man, un certain Eric O'Grady, apparu pour la première fois dans la série de l'Incorrigible Homme-Fourmi, en 2006. Le comic book que j'ai lu contient d'ailleurs, l'intégralité de la série.

Synopsis :

Eric O'Grady est un nouveau agent du S.H.I.E.L.D. qui, par un concours de circonstance, se retrouve avec l'armure d'Ant-Man.

Son meilleur ami décède après que l'hélipoteur soit attaqué et profitera des retombées de l'attaque pour prendre la fuite avec l'armure. Malheureusement pour le S.H.I.E.L.D. et Hank Pym, il s'avère que O'Grady n'a aucune intention de protéger la combinaison et de la retourner à l'agence.

Il va plutôt l'utiliser à ses propres fins. Que ce soit pour voler ou admirer les femmes sous la douche, O'Grady a semble-t-il trouvé sa voie, son quotidien. Sauf que le S.H.I.E.L.D. a pour objectif de récupérer l'armure et une course poursuite est lancée pour l'attraper.

Un côté réaliste :

Pour Spider-Man, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, ce qui est loin d'être le cas pour ce Ant-Man. À la lecture du synopsis, on voit bien que ce celui-ci est anti-héroïque. Dans le livre, on le voir mentir, voler, se cacher, fuir et couchera même avec l'amour de son défunt ami. On est loin des super-héros habituels.

Robert Kirkman savait qu'il s'agissait du troisième personnage qui porterait l'armure et a visiblement, voulu offrir quelque chose de différent des deux premières incarnations. Mais ce personnage mis en scène n'en reste pas moins très réaliste.

Après tout, qui refuserait d'utiliser de tels pouvoir pour son propre bien ? L'homme en général est loin de tout reproche, chacun a ses propres vices et on se doute bien que beaucoup auraient choisi la même voie qu'Eric O'Grady. Je ne dis pas que je ferais comme lui, mais je peux le comprendre de vouloir vivre sans avoir à se soucier d'une vie professionnelle, gérer un budget et avoir tous ces droits et devoirs civiques.

Des dessins honnêtes :

Pour parler brièvement des dessins, je trouve qu'ils se marient bien avec l'ambiance générale de l'histoire. Si le récit est quelques fois drôle et divertissant, les dessins de Phil Hester sont similaires et ne se prennent pas au sérieux. Dommage que les traits sont grossis, mais ils accentuent ce côté enfantin et burlesque du personnage, donc rien de bien méchant là-dessus.

Conclusion :

J'ai clairement adoré lire le comic book et je suis pas loin de penser qu'il s'agit-là de mon bouquin préféré. J'ai passé un bon moment, c'était amusant et intéressant et les résumés à chaque début de chapitre, par des fourmis apportent un plus au livre, qui détend le lecteur avant la suite de l'aventure. En clair, c'était vraiment plaisant. Dommage que cela s'est arrêté aux États-Unis, mais malgré cela, on a pas cette sensation d’œuvre bâclée, une raison de plus pour accorder la meilleure note à ce comic book.

★★★★★

Informations :

Auteurs : Robert Kirkman et Phil Hester
Éditeur américain : Marvel Comics
Publication originale : 2006-2007
Éditeur français : Panini Comics
Publication française : 2015

Contenu :

US Amazing Fantasy (2004) 15 (V) ; Civil War: Choosing Sides 1 (II) ; The Irredeemable Ant-Man 1-12.

17 juillet 2018

Superman : Fin de siècle


Si on prend les bande dessinées les plus lues au monde, un personnage surclasse les autres en terme de popularité, au point d'être devenu une icône de la pop culture américaine.

Largement plus populaire que les Astérix, Tintin, Sangoku ou encore Batman, Superman est devenu légendaire et s'est forgé au fil du temps, un héritage et est reconnaissable par une majorité des gens de la planète. Me concernant, je le connaissais grâce aux dessins animés, aux films et bien plus encore. Et ce n'était qu'une question de temps avant que je lise des comic books sur Superman.

Je cherchais un moyen de pénétrer l'univers du personnage, mais il était difficile de trouver une porte d'entrée avec toutes les séries sur le super-héros. Avec Fin de siècle, j'ai trouvé ce qu'il me fallait, un livre rapide à lire et qui ne demandait pas énormément de connaissance vis-à-vis du personnage.

Synopsis :

Contrairement à ce que laisse suggérer le titre du livre, il ne s'agit pas d'une histoire d'apocalypse à l'aube d'un nouveau siècle.

En faite, l'action prend place juste avant l'an 2000 et voit Lex Luthor batailler avec sa femme pour la garde de Lena Luthor, leur fille. Pour cela, le riche homme d'affaire de Metropolis a orchestré la mort de sa femme, Erica Del Portenza, pour obtenir légalement le droit de garder sa fille. Sauf que la comtesse Del Portenza est immortelle et tente de récupérer son enfant.

Mais cette dernière traîne un étrange secret qui est sur le point de ressurgir. Son fils, Luca, qu'elle a enfanté au XIXe siècle, immortel et possédé par une soif-de-sang refait surface et Superman tente de le contrer.

Une histoire en deux temps :

Un livre qui fait moins de 100 pages et qui exploite des personnages loin d'être connu du grand public, que je n'avais jamais entendu parler, il fallait le faire et Stuart Immonen s'est très bien débrouillé. Pour cela, il a usé à certains moment, de flashbacks qui nous plongent dans les années 1800 et nous montrent le passé des deux personnages immortels. À côté de cela, l'histoire avance tranquillement en 1999.

Ça me fait vaguement penser au manga 20th Century Boys, qui se déroulait en quatre temps.

Dessins magnifiques :

C'est la première fois que je lis une œuvre de ce genre, alternant le dessin habituel et la peinture. Si je trouve que les dessins sont de base très beaux, Immonen m'a définitivement séduit avec ses peintures qui représentent les flashbacks. Ça ajoute un réel côté rétro à ce qui se passe au XIXe siècle et c'est franchement un délice pour les yeux.

Dommage :

Ce qui est dommage, c'est que c'est un ancien livre qui fut édité au début des années 2000 par Semic, un éditeur qui -je crois- n'existe plus ou n'est plus actif. Et ni Panini Comic, ni Urban Comics n'ont relancé le titre. Du coup, à part en occasion, difficile de le trouver en neuf.

Ensuite, j'ai appris grâce à la chaîne de Sn Parod, que la couverture utilisée par Semic n'est en rien la couverture originale, mais plutôt celle du 755e numéro de Action Comics. C'est un peu de la triche, pour tenter de vendre, visiblement.

Conclusion :

J'ai personnellement adoré lire ce bouquin. C'est compréhensible, rapide, divertissant et beau. J'ai pas senti comme certains que l'absence de Superman au premier plan était regrettable et contrairement au comic book de Batman, que j'ai lu, il y a quelques semaines, j'ai pas de goût amer à la fin de ma lecture, car tout semble rentrer dans l'ordre, on a une vraie fin et c'est exactement ce que j'aime avec les one-shots. Seul bémol, aucun éditeur n'a relancé le titre et j'ai peur que celui-ci sombre petit à petit dans l'ombre.

★★★★★

Informations :

Auteurs : Stuart Immonen
Éditeur américain : DC Comics
Publication originale : 2000
Nombre de chapitre : 1
Éditeur français : Semic
Publication française : 2002

12 juillet 2018

X-Men l'intégrale 1967


Comme indiqué précédemment, j'ai décidé de suivre les aventures des X-Men, avec cette nouvelle intégrale. Celle reprenant les numéros parus durant la cinquième année des mutants.

Je peux vous expliquer ce choix. Tout d'abord, il faut savoir que j'ai enfin réussi à me la procurer et il était difficile pour moi de m'en passer, tant j'aime la série. J'ai donc pris la décision de reprendre la série dès la première occasion.

Comme vous pouvez le voir, il s'agit ici de l'ancienne version, qui est sortie en 2009. De ce que j'ai vu sur internet, une nouvelle édition fut commercialisée avec le Hurleur en page de couverture.

Du changement :

Première chose que vous avez sûrement remarqué, les X-Men portent des nouvelles tenues. En réalité, cette page de couverture et celle du dernier numéro de l'année 1967 et on ne peut donc voir ces tenues qu'à partir des dernières pages du volume uniquement. Ensuite, on peut aussi remarquer l'apparition de Ross Andru, un dessinateur qui est justement, à l'origine des nouvelles tenues des X-Men. Bien qu'il soit uniquement actif sur les numéros 36 et 37, il est celui qui a imaginé et mis en place ces tenues.

De la nouveauté, mais c'est faiblard :

Comme pour la précédente intégrale, celle-ci est l'occasion de voir quelques nouveaux personnages. Je parlais plus haut, d'une nouvelle édition du tome avec le Hurleur en couverture et bien, c'est justement parce que l'année 1967 marque les débuts du personnage. Cependant, c'est bien le seul personnage débutant, intéressant dans ce volume.

Car j'ai pas réussi à m'intéresser énormément à Cobalt Man, un homme qui réalise une armure faite de cobalt, dans le même genre que celle d'Iron Man. Je me suis pas attaché à Mekano, qui fait aussi ses débuts dans ce tome.

Le chapitre sur le Devin m'a bien ennuyé, je dois dire. J'ai pas trop compris l'apparition de Spider-Man, le but réel de sa venue dans la série. Il est juste dit qu'il voulait s'apaiser un peu hors de New York, mais ça a seulement servi de prétexte pour le mettre dans la série, sans que je sache quel était l'objectif, car au final, il n'apporte rien aux mutants. La bataille entre l'Homme-Taupe et Tyrannus ne sauve pas l'intégrale.

Un bon retour aux sources :

On assiste aussi au retour du Super-Adaptoïde, un personnage intéressant, je trouve. En faite, c'est la première qu'il débarque dans la série des X-Men et la première fois que je le vois, mais de ce que j'ai compris, il apparait dans la série Tales of Suspense. Mais le point fort du volume, c'est le retour du Fléau et pour le coup, j'étais bien content. C'est un personnage qui m'a bien marqué et j'étais donc très heureux de le revoir, dommage d'ailleurs qu'il ne soit pas en couverture, je voulais déjà qu'il remplace la Sentinelle de l'intégrale 1965 sur la page de couverture.

La fin de l'année 1967 voit le retour de quelques ennemis mutants des X-Men, comme le Colosse, le Fantôme qui s'appelle désormais The Vanisher, comme dans la version originale, on retrouve aussi le Cerveau et Unus, l'intouchable. Un retour aux sources que j'accueille avec plaisir, moi qui était charmé par la première intégrale que j'ai lu, il y a presque trois ans, qui regroupait les premiers numéros où apparaissaient justement ces quatre super-vilains.

Une manière différente de procéder :

Il y a une chose qui m'a un peu perturbé, c'est l'enchaînement des chapitres. Avant, on pouvait lire les numéros sans qu'il y ait forcément un lien entre le précédent et le suivant. Cette fois-ci, c'est différent, les numéros se suivent et ce qui se passe avant a des répercussions que l'on peut voir dans le chapitre qui suit juste après.

Ce que je veux dire, c'est que en lisant quatre ou cinq chapitres, j'ai eu l'impression de lire que la même histoire, qui était juste un peu longue, alors qu'avant, on n'avait pas cela. Sauf pour les numéros sur les Sentinelles ou Magneto, qui duraient au minimum deux chapitres.

C'est pas forcément négatif, mais disons que c'est un peu lourd à encaisser, si on enchaîne plus de trois numéros par jour pour essayer de connaitre le fin mot de l'histoire.

Un autre point noir :

Si vous me lisez régulièrement, vous savez sans doute que j'attendais la suite des bonus sur les origines des X-Men. On avait droit à certains bonus à la fin de l'intégrale 1965, mais le volume 1966 n'offrait rien. Et bien cette fois-ci, toujours rien et pourtant, c'était l'année où les bonus avaient été publiés.

C'est d'ailleurs pour cela que les deux derniers numéros sont plus court, car l'auteur avait choisi d'utiliser certaines pages pour offrir d'autres récits sur les origines des mutants. Finalement, d'après ce que j'ai lu, il faudra attendre la prochaine intégrale pour y avoir droit, dommage car ils furent publiés en 1967.

Conclusion :

X-Men l'intégrale 1967 est un livre plaisant à lire, mais sans plus. On est loin de l'année précédente, qui était ma préférée. On a toujours pas de bonus, des personnages assez ennuyeux, le Hurleur est intéressant, mais n'apparait que très peu car se fait kidnapper. Le retour aux sources sauve un peu le volume, mais ça reste très faiblard dans l'ensemble.

★★★☆☆

Informations :

Auteurs : Roy Thomas, Werner Roth et Ross Andru
Éditeur américain : Marvel Comics
Publication originale : 1967
Nombre de chapitre : 12 (28 à 39)
Éditeur français : Panini Comics
Publication française : 2009

30 juin 2018

Abara


Après la lecture de mon premier comic book moderne, de mon premier manga one-shot, de mon premier livre sur personnage de DC Comics, j'ai voulu continuer sur cette voie et découvrir quelque chose de nouveau.

Ainsi, en voulant explorer le terrain des mangas de science-fiction, j'ai lu Abara, une série en deux tomes, parue chez Glénat en 2007.

Bon, même si vous le savez déjà, je préfère le dire tout de suite. Ce qui suit n'est que mon avis et malgré la critique négative qui va suivre, j'invite les fans du genre à se lancer dessus et se faire leur propre opinion. Mais avant de vous expliquer les raisons qui font que je n'ai pas du tout aimé ce manga, voyons ensemble de quoi ça parle.

Synopsis :

Le manga nous plonge dans un monde futuriste et chaotique où les humains essayent tant bien que mal à vivre avec les problèmes engendrés par les Shiro Gauna, des créatures qui se nourrissent des différentes formes de vie qui sont à leurs alentours. Ces mêmes monstres sont souvent des humains qui se transforment, comme s'ils étaient victimes d'une épidémie. Difficile de connaitre l'origine de ce problème, mais un homme et une femme sont bien déterminés à trouver une solution.

Difficile :

Pour quelqu'un comme moi, qui démarre dans ce genre, je pensais qu'un manga en deux volumes serait parfait, pour lire quelque chose de rapide, pas très complexe et ainsi, trouver la porte d'entrée idéale pour les mangas de science-fiction. Mais il s'avère que c'est tout le contraire avec Abara, qui m'a presque dégoûté.

Du négatif :

Commençons par le synopsis. La vérité est que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qui se passait, lors des premières pages. J'avançais dans l'inconnu et le manque de dialogue afin que je puisse comprendre, ne serait-ce qu'un minimum, c'est quelque chose qui m'a beaucoup déplu. Difficile pour moi, même après la lecture des deux volumes, de me rappeler le nom des personnages, seul Denji Kudo me vient à l'esprit. Ce dernier est d'ailleurs, un monstre noir, qui visiblement, combat ceux en blanc.

Un petit mot sur les dessins, qui sont "dérangeants". Je sais pas trop comment le dire, mais Tsutomu Nihei semble abuser de multiples coup de crayon, donnant un côté brouillon à ses dessins. Je peux comprendre que certains aiment, chacun ses goûts, mais dans mon cas, j'ai trouvé que c'était un mauvais mélange avec le noir majoritaire des pages. Enfin, Abara me fait penser à Kingdom Hearts, qui m'avait rebuté en 2015, car je ne comprenais rien aux combats. Et bien, on a là, le même soucis ici, je n'ai strictement rien compris et pourtant, j'ai fais l'effort de regarder deux ou trois fois les dessins, mais c'est très dur de s'imaginer ce qui se passe.

Y a-t-il du positif :

Si vous me suivez depuis les débuts du blog, vous savez sûrement que je ne suis pas difficile. Concernant Abara, j'ai longtemps réfléchi et je me suis posé la question, y a-t-il, ne serait-ce qu'un point positif ? Mon côté méchant dira que le fait que la série ne dure pas plus de deux tomes, est déjà un bon point, mais si on reste sérieux un petit moment, j'ai vraiment du mal à trouver quelque chose qui me plait dans cette œuvre. Et c'est pas les deux chapitres de Digimortal, une série complète que l'on a l'occasion de lire à la fin du deuxième tome d'Abara, qui me fera dire que c'était un bon bonus.

Conclusion :

Abara n'est donc pas la porte d'entrée idéale vers ce genre-là. Les néophytes doivent -selon moi- privilégier d'autres séries, mais impossible actuellement de vous donner des idées. Abara peut plaire aux amateurs de science-fiction, mais dans mon cas, je suis pas loin de penser qu'il s'agit de la pire série que j'ai eu l'occasion de lire depuis l'ouverture de ce blog.

Note :
★☆☆☆☆

Information :

Auteur : Tsutomu Nihei
Éditeur japonais : Shūeisha via Ultra Jump
Publication originale : 2005 - 2006
Nombre de tome : 2
Éditeur français : Glénat
Publication française : 2007

23 juin 2018

Batman : Année Un

  Fierté de DC Comics, Batman est tout logiquement l'un des super-héros les plus travaillés et utilisés dans le monde des comic-books. Dans cette optique de donner plus de profondeur au personnage, les années 80 furent l'occasion pour l'éditeur DC de recréer son univers et de donner un nouveau départ à certains super-héros. C'est ainsi que la "naissance" de Batman et sa première année contre le crime, fut retracée à travers quatre chapitres écrits par Frank Miller et illustrés par David Mazzucchelli.

Découvrir un personnage en explorant ses origines est quelque chose que j'avais déjà entrepris avec Spider-Man et les X-Men. Mais contrairement à Panini, Urban Comics m'a indiqué qu'il ne comptait pas vendre d'intégrale retraçant chronologiquement les aventures de leurs personnages, me forçant à aller vers Batman : Année Un, une belle porte d'entrée pour lire du classique, sans se perdre au milieu d'une histoire complexe.



En assistant à la mort de ses parents, Bruce Wayne s'est juré de se venger. En grandissant, il s'est entraîné et développé dans le but de combattre le crime qui ronge les rues de Gotham City. Semblant désormais prêt, celui qui se fera également appeler Batman, revient dans sa ville et démarre sa guerre. Entre erreurs de débutant, surplus de confiance, le jeune homme passe plusieurs fois près de l'échec. Parallèlement à son arrivée, un nouveau commissaire débarque lui aussi sur place, un certain James Gordon.

Contrairement à ce que l'on peut penser quand on évoque les débuts de Batman, il ne s'agit pas-là des premiers numéros parus en 1939, mais d'une histoire sortie en 1987 et correspondant aux numéros 404 à 407 de la série de base, voyez-le comme une sorte de gros flash-back. Cet arc a permis de réintroduire le personnage auprès du public en donnant plus de profondeur aux débuts de Batman.


Et on peut dire que DC Comics ne s'est pas raté en proposant à Frank Miller de prendre en charge le personnage. C'était tout simplement très intéressant à lire et la manière dont le scénario avançait, m'a permis de plonger directement dedans, bien que c'était trop court.

David Mazzucchelli est aussi a créditer, j'ai beaucoup aimé ses dessins, le choix des couleurs colle aussi très bien avec le style et l'ambiance froide de Gotham City. Urban Comics a ajouté un bonus à la fin avec des couvertures originales, des planches du dessinateur et des copies du script du comic-book et bien plus encore. C'est du moins, la version que j'ai en ma possession et il est possible que certaines éditions diffèrent.

Batman : Année Un est un très bon livre, qui permet d'assister aux débuts de l'un des personnages les plus emblématiques de l'univers DC. Les numéros sont intéressants, on est pas perdu et c'est ce qui me fait dire que c'est une belle porte d'entrée pour les néophytes. Dommage que ce bouquin soit très court, le prix peut d'ailleurs, faire grincer des dents quand on sait que l'on a droit à quatre numéros seulement. Enfin, je trouve aussi que le lettrage est trop petit, cela peut déranger certains lecteurs.

★★★★★

Scénario et dessins : Frank Miller et David Mazzucchelli
Éditeur américain : DC Comics (1987)
Éditeur français : Urban Comics (2012)
Contenu : Batman (Vol.1) #404-407