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05 mars 2017

Détenu 042

Introduction :

J’enchaîne les séries courtes et pas très connues. Cette fois-ci, place à Détenu 042, une œuvre qui -malheureusement- n’est plus commercialisée par Kana, ce qui est fort dommage, car il s’agit d’un de mes coups de cœur de ce début d’année. Édité sous le label « Big Kana », il s’agit typiquement du manga qui est légèrement plus grand et volumineux que les séries habituelles de l’éditeur et est en plus, réservé à un public mature. Car ici, le thème quelque peu sensible évoqué à travers le scénario amène le lecteur à s’interroger sur le sujet.

En clair, on a là, un seinen. On est loin des shōnens habituels que j’ai pu lire récemment ou des shōjos, bien que l’on retrouve quelques codes de ce genre-là.

Synopsis :

L’histoire se concentre principalement sur Ryohei Tajima, un homme qui est condamné à mort pour avoir tué sept personnes. Alors qu’il semble prêt à vivre les derniers jours de sa vie, le gouvernement décide de finalement l’utiliser comme cobaye d’une expérience, sous le nom de code « détenu 042 ». Il s’agit d’un long test s’étalant sur plusieurs semaines et consistant à implanter une puce dans le cerveau du condamné, qui exploserait à la moindre pulsion meurtrière. Le but serait de l’amener à ne plus vouloir/penser tuer.

La puce ne se limite pas qu’à cela, elle partage également des données sur sa localisation. Ainsi, il lui est impossible d’échapper à l’expérience, sous peine de tomber nez-à-nez avec la police. Vous l’aurez compris, Tajima ne vit désormais plus en prison, mais en société. Pour être plus précis, il est forcé de travailler pour le compte de l’État. Là où ça pose problème, c’est le lieu choisi pour mettre en pratique cette expérience : un établissement scolaire, considéré par les scientifiques comme une version miniature de la société actuelle.

Inutile de dire que les parents sont à la fois terrifiés, les élèves sont sans pitié envers lui et certains font pression pour appliquer la peine de mort. C’est dans ce contexte cruel, que le « détenu 042 » doit (sur)vivre.

Qui a eu cette idée folle ?

Faut-il encourager ce genre d’expérience ? Doit-on donner une nouvelle chance à un meurtrier de ce standing ? Tant de question que l’on se pose tout au long de lecture. Quoi qu’il en soit, au fil des chapitres, on en apprend plus sur le cobaye, son passé et l’opinion sur lui, peut changer.

Dessins :

J’évoquais un peu plus haut, le côté shōjo que l’on retrouve dans ce manga. Celui-ci est provoqué par l’apparition de certains personnages, qui apportent un côté un peu plus tendre au manga. Pour parler rapidement des dessins, j’aime assez bien. Yua Kotegawa a un coup de crayon fin, réaliste aussi, mais je trouve dommage qu’elle ne détaille pas trop ses illustrations. La couverture du premier tome (voir plus haut) le montre bien avec ce visage dépourvu de traits.

Conclusion : J'ai adoré

Je vais conclure avec ce qui ne m’a pas vraiment plu. Je trouve notamment qu’on tourne un peu en rond vers la fin de la série, c’est lent et on sent que l’auteur voulait allonger l'histoire sans y ajouter quelque chose d'important à celle-ci. Y a également ce côté shōjo qui n’était pas forcément utile ici. Mais les reproches s’arrêtent là, ce manga reste dans l'ensemble, un bonheur à lire, c’est intéressant, intriguant aussi et ça ne tient que sur cinq volumes. J’ai beaucoup aimé et encore une fois, je ne peux que vous conseiller la lecture.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Yua Kotegawa
Éditeur japonais : Shūeisha via Weekly Young Jump (2002-2004)
Éditeur français : Kana (2006-2007)
Nombre de tome : 5

06 février 2017

Guardian Dog

Introduction :

Outre l’habituel staff qui travaille et vit dans l’ombre du mangaka, voir deux ou plusieurs personnes crédités pour une série est quelque chose qui m’a toujours rendu perplexe. Je me dis souvent qu’il est possible que la qualité du manga peut prendre un sacré coup en cas de conflit d’intérêt. Attention, une association entre un scénariste et un dessinateur peut offrir quelque chose de très bon, je dis juste que parfois, c’est la catastrophe. Pour la série que je vais évoquer, on en est pas passé loin.

Édité par Ki-oon, y a pratiquement une décennie, Guardian Dog entre dans cette catégorie des mangas « underground », pas très connu du grand public. La série ne dépasse pas les 4 tomes et les auteurs sont restés inconnus auprès des fans de mangas français. Pourtant, cette première association entre Akira Shirakawa et l’illustrateur Shôko Fukaki, aurait pu devenir un succès. Il y a eu de l’idée, des choses positives que je retiens, mais l’ensemble était trop friable.

Synopsis :

L’histoire est centré sur Gengo Kurosaka, un lycéen ordinaire qui va malheureusement pour lui, devenir l’hôte d’un parasite extraterrestre en fuite, du nom de « Six-Yeux ». Cela conduit Kurosaka à devenir la cible d’Ishtar, une extraterrestre de la catégorie « Observer », voulant tuer Six-Yeux et empêcher que ce dernier et ses semblables fassent de la Terre un terrain de chasse géant. Heureusement pour lui, Ishtar change d’avis et décide de surveiller Six-Yeux et par la même occasion, de veiller sur Kurosaka. C’est ainsi qu’elle est amenée à habiter chez lui et vivre quotidiennement à ses côtés.

L’histoire deviendra plus complexe au fil des chapitres, notamment par rapport à une organisation voulant semer le chaos à travers la planète et qui pourtant, partage la même mission qu’Ishtar, sans oublier l’apparition d’autres personnages plus mystérieux.

On ne traine pas...

À priori, ça ressemble à un vrai bazar et… c’en est pas loin. C’est difficile de proposer une histoire qui se veut complexe sur quatre volumes seulement. C’est donc tout naturellement que les choses s’enchaînent alors qu’elles sont à peine installées. On a pas vraiment le temps de tout assimiler qu’il faut déjà passer à la suite. En faite, on partage le même sentiment que Kurosaka, qui est lui aussi rapidement dépassé par ce qui se passe.

Dessins :

Concernant les dessins, Shôko Fukaki m’a d’abord surpris avant de me décevoir. C’est très beau et les pages de couvertures donnent un petit avant-goût de ce qui attend les lecteurs. Mais le soucis c’est que quand viennent les combats, l’incompréhension s’installe. Il est pas évident de comprendre les affrontements, même en regardant plusieurs fois les planches et comme on pouvait l’imaginer, avec quatre tomes, presque aucun combat n’est épique et dure assez longtemps pour qu’il soit appréciable. C’est exactement le même problème qu’a Kingdom Hearts et que l’on retrouve ici.

Distribution des rôles, si je puis dire :

Autre chose à noter, Gengo Kurosaka est souvent éclipsé par Ishtar et le « frangin », qui est un ancien Observer. Ce dernier a d’ailleurs, un rôle clé dans le combat ultime. Dans mon cas, je considère que voir le personnage principal avoir aussi peu d’importance, c’est quelque peu maladroit. Difficile de s’y attacher et de le prendre au sérieux. Néanmoins, j’ai bien aimé la touche d’humour que l’auteur a insufflé au manga, ça rend la lecture légèrement plus agréable.

Conclusion : Difficile d’aimer

Guardian Dog aurait probablement offert quelque chose de meilleur si les auteurs avaient pu étaler leur histoire davantage. Ça reste un manga qui se tente, parce qu’au niveau scénaristique, c’est pas mauvais. Mais faut bien s’accrocher pour suivre et être à fond dedans. Les dessins sont un régal pour les yeux, là où l’action est décevante. Je comprends cependant qu’il est difficile d’apprécier cette série et qu’elle tombera probablement dans l’inconnue. D’ailleurs, n’est-ce pas déjà le cas ?

★★☆☆☆

Informations :

Scénario et dessins : Akira Shirakawa et Shôko Fukaki
Éditeur japonais : Jive via Monthly Comic Rush (2004-2005)
Éditeur français : Ki-oon (2007-2008)
Nombre de tome : 4

23 janvier 2017

Spider-Man l’intégrale 1962-1963


En 2002, les grands écrans accueillent un long-métrage basé sur le personnage de Spider-Man. Une occasion en or pour les entreprises désirant vendre des produits dérivés. Parmi ces produits, le comic-book n'a pas été oublié et c'est ainsi et comme d'autres éditeurs à travers le monde, que Panini Comics a commercialisé un nouveau bouquin sur l'Homme-Araignée, mais pas n'importe lequel : une intégrale regroupant les premières aventures du super-héros. Ce fut d'ailleurs, la toute première intégrale de la collection Marvel Classic, qui continue de grandir encore aujourd'hui.

Si vous connaissez assez bien le cinéma, vous savez sûrement que le 7e art ne se prive pas de déformer quelque peu les supports originaux sur lesquels il se base et sans surprise, Spider-Man n'a pas été épargné. La lecture de cette intégrale met en lumière pas mal de différences entre le Peter Parker de 1963 et celui incarné par Tobey Maguire, quand bien même elles restent peu importantes.

Dans mon esprit, il était déjà acté que ma prochaine lecture de comic-book soit l’intégrale 1966 des X-Men. Mais n’ayant pas réussi à me procurer le volume, j’ai dû me pencher sur l'araignée la plus populaire au monde, devenue aujourd'hui, la fierté de Marvel.


Créer un héros aux allures d’adolescent coincé, hébergé chez sa tante et son oncle et tête de turc de sa classe, c'était tout simplement une idée folle qui n’a pas eu de soutien dans les locaux de Marvel. Seuls contre tous, Stan Lee et Steve Ditko continuent de croire en leur projet et profitent du dernier numéro d’Amazing Fantasy pour publier leur histoire. Les hauts placés de la maison d’édition n’étaient pas vraiment confiant à l’idée de mettre en lumière un homme-araignée. Et ce qui relevait d’un faux pari (vu qu’Amazing Fantasy allait s’arrêter quoi qu’il arrive au 15e numéro) est vite devenu un succès, garantissant à Peter Parker sa propre série, débutant en 1963.

Vous connaissez probablement tous Spider-Man. Il s'agit de l'identité cachée de Peter Parker, un brillant étudiant qui fut mordu par une araignée radio-active, lors d'une exposition scientifique. Rapidement, il se rend compte de ses habilités. Il peut s’agripper aux murs, il dispose d’une énorme force et bénéficie d’un 6e sens qui détecte le danger et fait office de radar. Conscient qu’il peut finir sa vie dans un laboratoire entouré de scientifique l’examinant, Parker se prépare un costume, qu’il va ensuite utiliser pour cacher son identité, tout en combattant le crime qui ronge les rues de New York.

Bien entendu, il faudra un évènement tragique au gamin, comme la mort de son oncle Ben, pour se rendre compte qu'un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

Forcément, vu qu'il s'agit des premières aventures du personnage, on assiste à la mise en place du contexte et on fait la connaissance de beaucoup de personnages, plus ou moins liés à Spider-Man, comme son oncle et sa tante, Liz Allen qui fut son premier amour, son bourreau de classe Flash Thompson ou encore J. Jonah Jameson, le rédacteur en chef du Daily Bugle.


Comme pour les intégrales X-Men, on découvre pas mal de choses au fil de la lecture et moi qui m’attendais à voir le Bouffon Vert, j’ai été surpris de son absence. Il faut dire qu’un débutant se fie presque automatiquement à ce qu’il connait et dans mon cas, il s’agissait des films de Sam Raimi où le Bouffon Vert apparaissait dès le premier opus. Pas d’inquiétude cependant, une belle brochette de méchant -tout aussi populaires et charismatiques- sont présents. On peut notamment citer le Vautour, l’Homme-Sable, le Docteur Octopus ou encore, le Lézard. On a même droit aux Quatre Fantastiques, rien de mieux pour accompagner doucement mais sûrement, le personnage qui semble bien trop seul face au monde.

Au niveau des dessins, c’est plutôt bien illustré, même si ça manque un peu de détail. Je ne trouve pas le coup de crayon de Steve Ditko spécialement meilleur ou moins bon que celui de Jack Kirby, mais ça fait le boulot, j'ai même un peu de mal à différencier leur style. Quand à Stan Lee, il est dans ses standards, on a des numéros dynamiques, plaisants et rapide à lire.

Conclusion : Au top

Que dire si ce n'est que cette intégrale Spider-Man a été une belle surprise. Avec seulement un personnage au centre de l’attention, je pensais vite faire le tour et m'ennuyer, mais ça a été tout le contraire. Le personnage est très intéressant à suivre, il est fort mais à la fois faible, on sent qu’il porte le poids du monde sur ses épaules et le fait qu’il partage la moitié de son temps aux études, apporte un côté réaliste au personnage. On est pas face au héros qui voyage dans les dimensions et qui peut détruire des planètes. On a davantage un personnage terre-à-terre, ce qui permet de s'identifier à lui, de l'aimer et de lui souhaiter du mieux. Inutile de dire que je suis impatient de lire la suite de ses aventures.

★★★★★

Contenu :

Amazing Fantasy (1962) #15
The Amazing Spider-Man (1963) #1-7
Strange Tales Annual (1963) #2

© Panini Comics 2002 / Stan Lee & Steve Ditko

31 décembre 2016

Bilan de mes lectures en 2016


Comme l’année dernière, ce 31 décembre est l’occasion pour moi de faire un petit bilan concernant mes lectures en 2016.

J’ai n’ai pas énormément lu, faute de temps, mais j’ai pu découvrir quelques séries et j’ai varié les thèmes pour ne pas avoir toujours la même chose. Je vous propose tous les liens juste en-dessous, si vous souhaitez lire mes avis, avec la note attribuée entre parenthèses.

Death Note (5)
X-Men l’intégrale 1965 (5)
+Anima (3)
Death Joke (1)
Yū Yū Hakusho (4)

Cette suite des X-Men a confirmé mon envie de lire plus de comics et découvrir davantage la bande dessinée américaine. Alors que je me voyais tenir un rythme d’un comic-book entre trois lectures de mangas, je préfère accélérer ce rythme et en lire entre deux œuvres nippones. Ça me permettra d’explorer bien mieux cet univers.

Au niveau des mangas, je vais être bref. Je compte lire (encore) des séries assez courtes, c’est le plan facile pour remplir ce blog. Mais j’exclus pas la possibilité de lire une série assez longue, on verra ce qui se présentera.

30 décembre 2016

Yū Yū Hakusho

Introduction :

Signé Yoshihiro Togashi, Yū Yū Hakusho a été commercialisé par Kana dans les années 90, alors que la maison d’édition était encore aux balbutiements de sa popularité.

C’est un manga que j’ai longtemps ignoré, difficile de dire réellement pourquoi, j’étais pas trop intéressé, ça ne me donnait pas envie. Mais à force de lire des avis positifs, de comprendre l’impact qu’a eu ce manga au Japon, j’ai finalement décidé de me lancer dans la lecture de celui-ci.

Aujourd’hui, je m’en veux beaucoup, car je comprends désormais pourquoi les gens l’érigent comme une série mythique. Ça m’a carrément mis une claque à un point où je compte bien enchaîner avec l’animé, histoire d’avoir une nouvelle dose de Yū Yū Hakusho.

Synopsis :

Pour vous parler brièvement de l’intrigue, l’histoire se concentre sur un jeune adolescent qui s’appelle Yusuke Urameshi, un voyou qui surprend les instances célestes (Dieu si vous préférez) en sauvant un petit enfant qui était sur le point d’être écrasé par un camion. Résultat, Yusuke meurt tandis que le garçon survit. Pourtant on apprendra plus tard, que l’enfant aurait miraculeusement survécu quoi qu’il advienne, confirmant que la mort d’Urameshi n’a servie à rien.

Si sa mort ne sert à rien, elle n’était également pas prévue par le royaume des cieux, car personne ne se doutait qu’une telle crapule déciderait de sauver un enfant, au péril de sa vie. Cela a bouleversé le court des choses. Il lui est alors proposé un marché : revenir à la vie mais en compensation, servir de détective pour l’au-delà. Désormais doté de pouvoirs, Yusuke devient un soldat de Dieu et affronte les forces du mal.

Le shônen des années 90 :

Si beaucoup considèrent Yū Yū Hakusho comme le digne successeur de Dragon Ball, c’est avant tout parce qu’on a là, un manga similaire, un shônen du type « nekketsu » qui reprend donc la même formule que son prédécesseur, sans oublier la popularité de l’œuvre qui s’est accompagnée par des grosses ventes, accentuant encore la comparaison entre les deux mangas.

Contenu varié :

Ce qui est intéressant dans un shônen, c’est que très souvent, le personnage principal est amené à tisser des liens d’amitié et faire équipe pour combattre en groupe. On se retrouve ainsi avec quelques personnages supplémentaires qui apportent de la variété. Dans Yū Yū Hakusho, Kurama amène un côté stratégique aux combats, là où Kuwabara est le comique du groupe. Quand à Hiei, il a ce côté mystérieux qui le rend imprévisible.

Dessins et fin décevante :

Pour ce qui est du dessin, je dirais que Togashi est aussi bien capable du meilleur comme du pire. S’il est assez facile de comprendre les mouvements et l’action, il arrive très souvent qu’il bâcle ses planches. L’absence récurrente d’arrière-plans fait paradoxalement tâche. Il lui arrive même parfois de dessiner des visages, sans aucun détail. On se retrouve avec juste la forme de la tête, ce qui n’est pas beau à voir.

Un manque d’envie que l’on retrouve à la fin du manga où l’auteur bâcle toute son œuvre. C’est simple, on entre dans un nouvel arc narratif, qui semble plutôt intéressant et celui-ci se termine après une ellipse au goût amer qui nous a privé de tout ce dont on était en droit d’attendre.

Conclusion : Un très bon manga qui aurait pu être encore meilleur

Yū Yū Hakusho, c’est la série à laquelle, j’aimerais vraiment donner 5 étoiles, mais qui malheureusement présente trop de défaut pour cela. Il faut rester neutre quoi qu’il arrive, mais ça ne m’empêche pas de vous conseiller fortement la lecture. C’est un bon manga d’action, drôle et les personnages sont attachants. Les 19 volumes s’enchaînent rapidement et on comprend mieux pourquoi ils ont participé à accroitre la popularité de Kana dans les années 90.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Yoshihiro Togashi
Éditeur japonais : Shūeisha via Weekly Shōnen Jump (1990-1994)
Éditeur français : Kana (1997-1999)
Nombre de tome : 19

01 septembre 2016

Death Joke

Introduction :

Je suis récemment tombé sur Death Joke, une parodie du manga Death Note, que j’ai eu l’occasion de lire, plus tôt dans l’année. Si je ne suis pas friand de ce genre-là, j’ai quelques peu été tenté de voir ce que ça pouvait donner sur une série que je connaissais bien.

Écrit par Amano Kaito et illustré par Sakano Hiro, la parodie a eu un succès faiblard, obligeant visiblement l'éditeur a stopper l'histoire trois volumes. Mais comment expliquer ce faible succès, alors qu'en 2007, Death Note est quasiment au sommet de sa popularité ? La parodie est-elle vraiment décevante ?

Si je suis mal placé pour y répondre, étant donné qu'il ne s'agit pas de mon genre favori, je resterai neutre tout au long de cette critique et vous expliquer ce qui m'a -personnellement- embêté.

Synopsis :

Le manga se focalise sur Puduk, un homme sans emploi qui trouve un « Death Book » et le donne à Larv, dans l’optique de sa faire passer pour un méchant Dieu de la Mort. Sauf que Larv est loin d’être stupide et ne se laisse pas avoir. Une relation s’établit entre les deux durant laquelle, Puduk cherche à s’imposer, sans succès. Au fil des chapitres, d’autres personnages apparaissent dont Q, qui devient rapidement très important.

Si vous ne connaissez pas Death Note, il faut savoir que Larv, Puduk et Q sont respectivement les équivalant de Light, Ryuk et L, les personnages principaux du manga parodié. Cependant, la principale différence entre les deux séries ne se situe pas vraiment dans les noms des personnages.

Vide et immature :

Contrairement à Death Note, cette série est plus rapide à lire, il n’y a pas le côté « enquête » propre à la série originale, du coup, il y a moins d’explications et de dialogues.

Et c’est peut-être pour cela, qu’Amano Kaito a dû combler le grand vide qu’il avait sur Death Joke en y intégrant plusieurs éléments des grandes séries populaires, comme Dragon Ball ou Yu-Gi-Oh ! Certes, cela accentue le côté « jeunesse » de la série, mais j’ai vraiment cette impression que c’est pour cacher le néant du manga, qui ressemble d’ailleurs, à un vrai bazar avec toutes ces références. J’ajoute que là où j’ai carrément bloqué, c’est sur l’humour que je ne partage pas du tout. C’est vraiment immature et les tomes deviennent rapidement une corvée à lire. D’ailleurs, rien que les noms des personnages, donnent un petit indice sur le niveau de l’humour qui est présent dans le manga.

Orthographe qui pique les yeux :

Enfin le pire, c’est de voir des fautes d’orthographe pleuvoir à un rythme régulier, tout au long des trois volumes. Je parle pas de faute de frappe, mais bien d’orthographe. Je sais bien que ça arrive à tout le monde, j’en fais probablement à chacune de mes critiques mais là, on comprend bien que l’éditeur n’avait pas envie de relire l’œuvre pour se corriger. En même temps… je peux les comprendre, je ne connais personne qui aurait eu envie de relire Death Joke.

Dessins et suite :

Ce que je retiens de positif, c’est les dessins qui sont simples, pas très détaillés et parfaitement adaptés à ce style. Les couvertures sont plutôt jolies, notamment celle du premier tome que vous pouvez voir sur cette page.

Derrière le dernier tome, on a une indication sur la suite des aventures de Puduk et Larv. En effet, il est écrit que la saison 1 prend fin, annonçant probablement une seconde saison dans un futur plus ou moins proche. En réalité, il n’en est rien, Gekko a stoppé la commercialisation et les trois tomes sont donc les seuls disponibles, pas forcément une mauvaise idée.

Conclusion : Pas fan du tout

Si vous aimez les parodies, Death Joke peut largement faire l’affaire. C’est court et pas méchant. Le fait que la saison 2 ne verra probablement jamais le jour peut laisser un goût amer à ceux qui détestent démarrer une série et ne jamais pouvoir la finir, comme c’est d’ailleurs mon cas. Sinon, il y a toujours moyen d’aller voir ailleurs, le même éditeur a commercialisé plusieurs autres parodies, donc il y a du choix. En me lisant, vous aurez compris que je suis pas forcément fan de cette série. J’ai pas grand chose d’autre à dire, la note que j’attribue est ce qu’elle est, à savoir mauvaise.

★☆☆☆☆

Informations :

Scénario et dessins : Amano Kaito et Sakano Hiro
Éditeur japonais : ??? (2007)
Éditeur français : Gekko (2007-2008)
Nombre de tome : 3

25 août 2016

+Anima

Introduction :

Si le nom de Natsumi Mukai n’est pas réellement populaire hors du Japon, deux séries lui permirent néanmoins de se faire une petite réputation en France. Bien entendu, la plus connue, « Nui ! » qui fut éditée chez Ki-oon, mais aussi +Anima, ma dernière lecture en date, qui fut commercialisée entre 2005 et 2007 par Taifu Comics.

Alors oui, cette série est loin d'être populaire, mais il s'agit d'un des deux mangas de l'auteur a avoir bénéficié d'une traduction et commercialisation française et probablement à l'internationale en langue anglaise.

Synopsis :

La série nous plonge au cœur d’un univers typé fantasy où les êtres humains sont divisés en deux catégories : ceux possédant un +anima et ceux n’en possédant pas. Un +anima est tout simplement un pouvoir provenant des animaux qui se développe chez certaines personnes, lorsqu’elles sont en danger. Cette différence entre les hommes a créé des inégalités sociales. Ceux qui en possèdent un, sont traités comme des esclaves et leur pouvoir est souvent utilisé pour se faire de l’argent, peu importe la manière.

Cooro, le personnage principal qui possède le pouvoir du corbeau, croque la vie à pleine dent et ne se soucie que très peu de ce que pensent les autres. Il n’en veut à personne et la seule chose qu’il désire est de partir à la recherche de personne possédant un +anima et de se faire des amis.

Justement, il en rencontre et forme un groupe avec Husky, Nana et Senri qui ont respectivement les +anima du poisson, de la chauve-souris et de l’ours. L’histoire va ensuite, se focaliser principalement sur ces quatre personnages, qui seront amenés à combattre ensemble et user de confiance et de persévérance pour se défaire de leurs poursuivants.

Un contenu trop pauvre :

Ce qui est intéressant dans +Anima, c’est voir comment est traitée le thème du racisme dans un manga destiné à un jeune lectorat, voir l’approche de l’auteur sur une telle série. Mais vu que cela s’adresse à de jeunes lecteurs, le manga n’est pas aussi profond qu’on serait tenté de croire. La dénonciation des inégalités s'estompe au fil des chapitres.

Avec le temps, on en apprend plus sur le passé des protagonistes, mais cela ajoute simplement un semblant de base solide à l’œuvre. Parce qu’on ne connait à peine le contexte de l’histoire, y a cette sensation que les personnages démarrent réellement leur vie qu’à partir du premier tome et du coup, j'ai eu du mal à prendre au sérieux ces petits flashbacks qui ont ponctué la série.

Des clichés :

De plus, j’ai trouvé +Anima un peu cliché. Prenons Husky, il passe son temps à la chasse et prépare ce qu’il faut pour manger. Senri étant l’homme fort du groupe, son principal rôle est d’intervenir physiquement quand c’est nécessaire. Nana est la seule fille de l’équipe, ce qui fait que son rôle ne va pas plus loin que de coudre des vêtements et remonter le moral des troupes. Quand à Cooro, il ne semble pas porté par quelque chose, même si c’est souvent lui qui est l’élément déclencheur de l’aventure à chaque début de chapitre.

Dessins et couvertures :

Mais le manga reste bien pensé quand même, y pas beaucoup d’action, juste le nécessaire pour ne pas sombrer dans une succession de textes. Pour évoquer la forme, je trouve que le style de dessins employé correspond parfaitement à la série, c’est enfantin, joli et il n’y a pas besoin de détailler à 100% les arrière-plans. Par ailleurs, c’est à certains moments, assez drôle et les dix volumes se lisent rapidement.

Sinon, j’ai trouvé dommage d’avoir des couvertures aussi peu attirantes, j’ai jeté un coup d’oeil aux couvertures étrangères et franchement, je les trouve un brin plus belles.

Conclusion : Ça reste moyen

Pas très long et vraiment sympathique, +Anima a malgré tout, peu d’arguments pour se vendre et attirer un public plus large. Le manque d’enjeu dans l’histoire, les coutumes dépassées, le rôle des femmes dans la série et les couvertures peu attirantes font que j’ai du mal à pleinement considérer la série. En faite, c’est une œuvre qui plaira très certainement aux enfants qui liront l’histoire et mine de rien, c’est bien cela le but.

★★★☆☆

Informations :

Scénario et dessins : Natsumi Mukai
Éditeur japonais : MediaWorks via Dengeki Comic Gao ! (2000-2005)
Éditeur français : Taifu Comics (2005-2007)
Nombre de tome : 10

14 mai 2016

X-Men l’intégrale 1965

Il y a quelques mois, l’intégrale 1963-1964 des X-Men constituait ma porte d’entrée dans le monde des comics. Un premier volume servant essentiellement à poser les bases de la série, que ce soit dans la présentation des personnages, les antagonistes et le contexte entourant les mutants et leurs aventures. Cette intégrale 1965 propose un contenu légèrement différent, mais tout aussi intéressant. Stan Lee et Jack Kirby ont profité de cette troisième année pour enfin ajouter de la profondeur aux personnages et rendre les histoires plus consistantes.

C’est en effet, dans ce tome que l’on découvre une partie des origines du Professeur Xavier et son lien avec Cain Marko, connu notamment sous le nom du Fléau. Ce dernier s’impose d’ailleurs directement comme l’une des plus grandes menaces qui existe sur Terre et devient par la même occasion, l’un des pires adversaires des X-Men. Enfin, ce bouquin offre également des histoires annexes, comme des récits supplémentaires qui nous plongent dans le passé afin de mieux cerner certains personnages comme Cyclope et Iceberg.

Vous aurez probablement noté qu’une Sentinelle est mise en avant sur la première page de couverture et c’est bien normal, vu que l’année 1965 marque aussi les débuts d’un certain Bolivar Trask et ses Sentinelles. Ajoutez à cela, le retour de Magneto, l’apparition de l’Étranger, une opposition contre les Avengers (bien que décevante), ainsi que les débuts de Ka-Zar et vous obtenez un volume assez riche, malgré seulement sept numéros proposés.

Outre le contenu, il faut savoir que cette année-là a été charnière, puisqu’elle marquait le début de la fin de l’association Lee/Kirby sur les X-Men.

Werner Roth a en effet, réalisé ses débuts sur le titre à partir du 13e numéro, mais n’allez pas croire qu’il a apporté un changement majeur au niveau des dessins. À ce moment-là, il officiait encore sous le pseudonyme de Jay Gavin et n’était présent que pour finaliser la mise en page de Jack Kirby. Ce dernier étant très demandé dans les années 60, n’avait pas réellement le temps d’achever toutes ses planches. Si la prochaine intégrale permettra de se faire une meilleure idée du style Roth, on peut voir que certains personnages ont été légèrement retravaillés comme Iceberg qui ressemble davantage à un homme glacé qu’un tube de colle fondant, comme c’était le cas entre 1963 et 1964.

Conclusion : Que vaut cette intégrale ? Et bien... elle est dans la même veine que la précédente. Très honnêtement, j’étais septique en voyant qu’il n’y avait là que sept numéros et je doutais que ce volume m’offre autant de plaisir que le précédent. J’ai finalement été séduit par la qualité des chapitres et heureux de voir que Panini a intégré quelques pages bonus pour ajouter de l’épaisseur à cette intégrale. À part une petite aventure légèrement oubliable avec un pseudo Tarzan, ce volume se montre plus intéressant que le précédent. À voir désormais ce que donneront les mutants en 1966, après le départ de Jack Kirby.

Ma note : 5/5

Points positifs :
+ De la profondeur ajoutée aux personnages
+ Des numéros plus intéressants
+ Les apparitions marquantes du Fléau et des Sentinelles
+ Légèrement meilleur graphiquement

Points négatifs :
– Un Avengers vs. X-Men frustrant
– Un numéro faiblard avec Ka-Zar

Contenu et auteurs
X-Men 9 à 15 par Stan Lee, Jack Kirby & Werner Roth

© 1965, 2007 Marvel Entertainment

29 avril 2016

Death Note

Je connaissais « Death Note » pour avoir lu le premier tome, à sa sortie. Mais je ne suis jamais allé au-delà, pour diverses raisons. Et je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours considéré que les fans survendaient la qualité de la série, quand bien même il suffisait de jeter un petit coup d’œil sur internet pour comprendre à quel point Death Note était et est toujours, un véritable phénomène et l’un des mangas les plus populaires de ces dernières années.

Il a fallu que je passe par la lecture pour comprendre et surtout partager l’avis des fans. Le monde s’accorde à dire qu’il n’y a rien de mieux et je suis pas loin de le penser. Mais avant de vous expliquer pourquoi, laissez-moi vous raconter brièvement l’intrigue.

Death Note nous raconte l’histoire d’un lycéen, Light Yagami, qui trouve par hasard, un cahier noir qui semble à priori banal. Il le ramasse malgré tout et y découvre une règle écrite à l’intérieur, qui indique que chaque personne dont le nom est inscrit sur le cahier, meurt.

Septique et n’y croyant pas du tout au début, il décide de le tester et s’aperçoit finalement du pouvoir qu’il a entre les mains. Il fait également la rencontre du véritable possesseur du cahier, un Dieu de la Mort appelé Ryûk. Light, dans sa quête de rendre la société meilleure et d’éradiquer le mal qui gangrène celle-ci, se décide à utiliser régulièrement le Death Note en tuant notamment les meurtriers et certains prisonniers. Forcément, tous ces décès attirent l’attention des médias et de la police, qui pense que ça ne peut pas être uniquement le fruit du hasard.

Un détective qui est chargé de résoudre l’affaire comprend d’où et pourquoi, une vague meurtrière ravage le Japon. Là où sa devient fort intéressant, c’est que le détective en question n’est pas n’importe qui, il s’agit du meilleur en la matière et utilise la lettre « L » pour se désigner car il tient à sa sécurité, d’où la non-utilisation de son identité même auprès de la police. Inutile de vous dire qu’il n’apparait pas en public. Autre chose intéressante, le père de Light Yagami est directeur d’une unité de police, ce qui force donc Light à jouer un double-jeu pendant la majeure partie de la série.

Death Note n’a pas simplement dépassé les frontières nippones, il a également su se faire une place de choix au milieu des Naruto, One Piece et autres Bleach.

Pratiquement ancré dans la culture populaire, le manga a pas mal d’arguments pour séduire les passionnés de mangas. On peut d’abord citer le scénario, qui non-seulement s’avère être un minimum complexe, mais nous amène à réfléchir et se questionner sur toutes ces morts, qui partent selon Light, d’un principe juste et ne peuvent que contribuer au bien de la société. Par ailleurs, qu’auriez-vous fait à sa place ? Utiliseriez-vous un tel pouvoir ? Si oui, contre qui ? Avec cette assurance de ne pas être soupçonné, il y a fort à parier que beaucoup utiliseraient le « cahier de la mort ».

Suivre l’évolution du personnage de Light qui voit l’obscurité prendre possession de son âme est aussi bien amenée et pointe l’abus de pouvoir qu’on généralement les hommes puissants. La folie meurtrière prend de l’ampleur et il devient difficile de pouvoir s’en défaire, encore plus quand on a cette impression de l’utiliser pour la bonne cause.

Je ne m’attarde même pas sur les choix scénaristiques, qui font que l’histoire avance petit à petit, sans fausse note. On a l’impression que tout est pensé bien à l’avance et que l’erreur de Tsugumi Ôba est impossible. En clair, on est rassuré au fil de la lecture et on sent que le manga ne décevra pas. Death Note a aussi le mérite de rester réaliste, on ne tombe pas dans le fantastique, malgré l’apparition du Dieu de la mort.

Pour ce qui est du graphisme, je dois dire que je suis sous le charme. Tout est très détaillé, le coup de crayon est fin, je considère qu’il est difficile de faire mieux. Takeshi Obata avait déjà fait ses preuves sur d’autres séries dont notamment Hikaru No Go, cette fois-ci, il confirme clairement qu’il est l’un des meilleurs dessinateur et personnellement, l’un de mes préférés.

Conclusion : C'est clairement le thriller de ce début de siècle ! L’une des séries les plus intéressantes et divertissantes que j’ai eu l’occasion de lire, je comprends désormais les éloges qui circulaient vis-à-vis du manga. Comme vous avez sûrement pu vous en rendre compte, je n’ai même pas évoqué les points négatifs du manga, et bien c’est simple, j’ai beau en chercher, je n’en trouve aucun. Death Note est peut-être le manga parfait, allez savoir. Aujourd’hui encore, l’œuvre passionne les lecteurs, divers films et séries ont enrichi son univers et des débats et scénarios alimentent encore internet et ses forums en ligne. N’hésitez pas à démarrer la lecture, ce serait dramatique pour vous de passer à côté.

Ma note : 5/5

Points positifs :
+ Un scénario original et captivant sur toute la durée de la série
+ Le travail de fond (contexte, personnages)
+ Un régal pour les yeux
+ Pas déçu du début à la fin

Points négatifs :


© Kana 2007 / Tsugumi Ôba & Takeshi Obata

31 décembre 2015

Bilan de l'année 2015


Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous !

Je dois vous dire que cet article n'était pas vraiment prévu, mais j'ai décidé de profiter de cette fin d'année 2015 pour faire un petit bilan de ce que j'ai pu lire.

Comme vous pouvez le voir sur le visuel ci-dessus, j’ai eu l’occasion de lire cinq mangas et mon tout premier comic book. Si je n'ai pas lu davantage de comics, c'est parce que j'avais improvisé un petit planning cet été et à ce moment-là, je ne savais pas vraiment si l'intégrale des X-Men allait me séduire ; en voulant suivre mon planning, je n'ai donc pas eu l'opportunité de me procurer la suite de la série.

Mon bilan sera court et modeste, je n'ai lu que six œuvres différentes, sur les six derniers mois de l'année, ce qui donne un rythme d'une série par mois. On est d'accord que c'est peu. Il faudrait que je trouve un moyen de remplir ce blog davantage, en attendant j'ai réalisé un graphique qui montre ridiculement bien la proportion des types de BD que j'ai pu lire cette année avec cinq mangas pour un comic book.


Je vous avais dit que c'était un graphique ridicule.

Au niveau des éditeurs, on a des œuvres de cinq maisons d'éditions différentes que vous pouvez retrouver sur le graphique ci-dessous. Deux de mes lectures furent éditées par Pika Édition, ce qui fait que l'éditeur francilien fondé en 2000 est le plus représenté ici.

Vu que mes critiques ne sont pas lues par tout le monde, je profite de cet espace pour vous proposer des liens menant à celles-ci, avec les notes* entre parenthèses.

Full Ahead ! Coco (5)
Jackals (3)
Kingdom Hearts (2)
X-Men l'intégrale 1963-1964 (5)
Dragon Head (3)
Deadman Wonderland (5)

* Personnellement, je note sur cinq.

Maintenant, on peut se tourner vers 2016, année durant laquelle, je compte poursuivre la série X-Men via les prochaines intégrales. La première avait été une bonne surprise et donc ce sera l’une de mes priorités. Je souhaite aussi lire quelques séries courtes, histoire de continuer à remplir ce blog sans que ce soit trop long. Je viens d’ailleurs, de commencer Death Note, qui n’excède pas les 12 tomes.

En revanche, je n’ai pas trop d’idée pour la suite, mais je ferai en sorte de varier et ne pas choisir des mangas qui se ressemblent trop. Je suis également ouvert à toutes les suggestions.

Et bien... je pense avoir tout dit, je termine donc ce bilan en vous remerciant de m'avoir lu, permettez-moi également de vous souhaiter une bonne année en espérant que 2016 sera profitable à tous.

25 décembre 2015

Deadman Wonderland

Après l’adaptation en manga d’Eureka Seven, Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou se sont retrouvés pour donner vie à une nouvelle œuvre. Et en voyant le titre, vous savez peut-être déjà de quoi il s’agit, car c’est tout simplement l’un des mangas les plus populaires de ces dernières années. Ici, pas d’adaptation, tout sort du génie des deux artistes, qui ont créé une histoire originale, mêlant violence, amitié, drame et science-fiction. Loin de penser que la série allait connaître un aussi grand succès*, Kataoka et Kondou ont pourtant tout fait pour offrir le meilleur aux fans et le résultat se nomme Deadman Wonderland.

Le manga met en avant Ganta Igarashi, qui se retrouve à Deadman Wonderland, une prison pas comme les autres, après avoir été déclaré coupable du meurtre de toute sa classe. En réalité, Ganta est victime d’une terrible machination et c’est justement pour sa liberté que le jeune garçon va se battre et tenter de sortir de cet endroit spécial. Je dis « spécial » parce que ce n’est pas juste une prison, mais aussi un parc d’attraction pour les touristes, des évènements sont organisés avec la participation des prisonniers, notamment des jeux qui ont -à priori- pour unique but de divertir les clients.

Mais là encore, la vérité est tout autre. Les prisonniers sont en réalité, forcés de participer à ces jeux-là qui sont… dangereux et mortels. La raison est que pour leur survie, les détenus doivent y prendre part et tenter de gagner des Cast Points pour pouvoir acheter un bonbon spécial faisant office d’antidote pour éviter au corps de succomber au poison injecté par le biais d’un collier. Ce même collier permet au personnel de connaître la position de tous les détenus, afin d’éviter toute tentative de fuite. Bref, vous l’aurez compris, il est impossible de sortir de la prison et il faut se battre pour survivre, car un poison prend progressivement le dessus sur l’organisme.

Ganta voit donc sa vie changer en quelques jours, il passe d’une vie normale où il passait son temps à jouer avec ses amis et aller en cours, à tenter de survivre dans un milieu carcéral où trop souvent, règne l’anarchie.


Si je me suis autant attardé sur l'histoire, c'est parce qu'elle est originale, j'ai pas eu la sensation de lire du "déjà-vu", ce qui est un très bon point. Personnellement, je ne me suis pas ennuyé, j'ai beaucoup aimé et le suspens à chaque fin de chapitre a su piquer ma curiosité à tous les coups. En clair, Deadman Wonderland nous tient en haleine jusqu’au bout.

À côté de ça, impossible de ne pas être séduit par les dessins. Le trait est fin, les personnages sont détaillés et les décors et environnements sont soignés. C’est tout simplement un régal pour les yeux et je dois dire qu'il s'agit du style graphique que j'affectionne le plus.

Je regrette juste deux choses, parce que si les personnages sont intéressants, je trouve que leur passé n’ait pas davantage été travaillé, certains manquent vraiment de profondeur. Enfin, il est fort dommage que la série n’ait pas duré plus longtemps, car tout ce qui est relatif au Carnival Corpse est mal exploité.

Conclusion : Une vraie pépite

Tous les ingrédients étaient-là pour donner un résultat en or. J’ai adoré la lecture, vous n’imaginez pas à quel point. Deadman Wonderland est un manga qui a le mérite d’être original, beau, intéressant et propose des rebondissements qui ajoutent du piment à l’histoire. Certes, c’est court, mais à aucun moment on a la sensation d’un travail bâclé et de regretter l’argent investi dessus. J’ai rarement été aussi charmé par un manga, j’ai qu’une chose à dire, foncez et allez l’acheter !

★★★★★

Points positifs :
+ Une histoire originale
+ Des personnages attachants
+ Les planches de Jinsei Kataoka

Points négatifs :
– Trop court, tout n’a pas été exploité

* Lire l’interview de Manga Mag

© Kana 2010 / Kazuma Kondou & Jinsei Kataoka

26 octobre 2015

Dragon Head

Depuis l'ouverture de ce blog, j'ai non-seulement découvert quelques séries, mais aussi plongé dans certaines œuvres que j'avais déjà eu l'occasion de lire, il y a presque une décennie de cela. Si c'est parfois purement par nostalgie, il m'arrive aussi de vouloir satisfaire ma curiosité et ainsi redécouvrir des mangas dont le titre est presque le seul souvenir qu'il m'en reste. Ce fut justement le cas avec « Dragon Head » de Minetaro Mochizuki.

Le manga nous invite à suivre les mésaventures de trois adolescents qui sont vraisemblablement les seuls rescapés d'un accident de train, provoqué par une catastrophe naturelle. En effet, alors qu'ils rentrent d'un voyage scolaire via Shinkansen, un TGV japonais, leur train déraille au moment de pénétrer dans un tunnel, tout juste après un énorme tremblement de terre. Dès lors, tous les passagers qui empruntaient ce train meurent, mis à part Teru Aoki, Nobuo Takahashi et Ako Sato. Ils ne le savent pas encore, mais ils s'apprêtent à vivre un enfer. Il faut dire que les secours ne peuvent venir les aider, car à l'extérieur, c'est tout le Japon qui est touché, laissant penser qu'il ne s'agissait pas seulement d'un séisme. C’est quand ils vont quitter les lieux, qu’ils seront témoins du nouveau visage de leur pays.

Si après ça, vous n’avez pas la curiosité de vous jeter dessus, ce serait fort dommage ; parce que vous passez possiblement à côté d'un manga qui a des arguments pour vous séduire. En ce qui me concerne, je trouve que Dragon Head se montre assez intéressant dans le développement - plus ou moins important - de ses personnages, il expose leurs pensées, explique leurs agissements à certains moments donnés ; l'auteur nous offre globalement un travail de fond intéressant sur l'aspect psychologique des acteurs de la série, même s'il aurait pu aller plus loin. C'est ce qui me fait dire que ça reste néanmoins une œuvre destinée à un public mature, qu'elle n'est pas si accessible que cela. Une impression accentuée avec le stress et la tension qui ponctuent le scénario. Notez qu'en plus, il est notamment question de survivalisme, un thème qui peut vite flirter avec les limites du supportable.

À cela s'ajoute un coup de crayon fin et généreux. qui va jusqu'à illustrer des logos de marques, une manière d'aspirer le lecteur dans un monde qu'il côtoie au quotidien et qu'il connait bien. Sentiment que l'on retrouve aussi au niveau des plans choisis, rendant certaines planches captivantes, illustrant ainsi toute l'expérience de Minetaro Mochizuki.

Gardez néanmoins en tête qu'il s'agit d'une œuvre qui ne prendrait pas énormément de votre temps, étant donné qu'elle se termine au bout d'une dizaine de tomes seulement et qu'en ce sens, elle mériterait le coup d'oeil.

09 octobre 2015

X-Men l’intégrale 1963-1964

Commencer les comic books n'est jamais évident, il y a différents univers, énormément de personnages et beaucoup de séries. Et quand personne n'est en mesure de vous donner des pistes pour faire le grand saut, il faut se fier à son instinct. C'est ce que j'ai fait avec en lisant cette intégrale 1963-1964 des « X-Men » et bien que j'ai beaucoup aimé la lecture, je suis partagé. J'ai envie de vous inciter à lire ce bouquin, mais j'ai également conscience que c'est peut-être une fausse bonne idée et que cela peut vous dégoûter (définitivement ?) des comic books.

J'ai dit instinct, mais disons plutôt que j'ai écouté ma logique. J'ai choisi un groupe de personnages que j'aimais bien, en l'occurrence les X-Men ; je me suis dit ensuite que je ne pouvais théoriquement être perdu si je démarrais par les premiers épisodes. Sauf que... devinez quoi ? Ils datent de 1963 !

Imaginez quelqu'un, qui sort du cinéma après avoir vu le dernier Marvel et qui souhaite retrouver - en format papier - toute l'excitation, l'action et la tension de ce qu'il a pu voir sur grand écran ; lui conseiller la genèse des X-Men est probablement l'une des pires options à lui soumettre. À me lire, on pourrait néanmoins penser que j'ai détesté... alors que non, j'ai vraiment bien aimé. Cependant, pour bien apprécier une telle lecture, il faut prendre du recul et se replacer dans le contexte de l'époque, ne pas s'attendre à une narration aussi dynamique que celles auxquelles nous sommes habitués aujourd'hui, ni espérer un dessin que je décrirais comme "moderne".

Pour ceux qui se demandent qui sont les X-Men, il faut savoir qu'ils sont assez différents des autres super-héros lancés par Marvel. Ils n'ont pas obtenus leurs pouvoirs suite à une expérience ou un accident, ils sont carrément nés avec, à cause (grâce ?) d'un gène X situé dans leur ADN, faisant d'eux des mutants. Il s'agit d'êtres génétiquement supérieurs à l'homo sapiens et en ce sens, ils font peur à une partie de la population. Cette peur s'est accentuée et une haine s'est développée envers eux à cause des agissements de Magneto, qui l'intention d'asseoir la domination des mutants sur le monde, considérant que c'est la suite logique des évènements, l'histoire ayant toujours favorisée l'évolution de l'espèce. Les X-Men étaient au nombre quatre au départ, mais Scott Summers, Warren Worthington III, Hank McCoy et Bobby Drake furent rapidement rejoints par Jean Grey. Ces adolescents formèrent ainsi la toute première équipe de mutant de l'histoire et la première opposition de Magneto et sa Confrérie des Mauvais Mutants (histoire de bien comprendre que c'est des méchants).

C'est moi ou il y a bien un homme de glace portant des chaussures ?

J'ai personnellement grandi avec les films de Bryan Singer au début des années 2000 et le dessin animé intitulé « X-Men Evolution » sans forcément connaître le comic book original et les séries qui en découlèrent. C'est l'amour que j'ai pour ce groupe qui m'a poussé à choisir me diriger vers cette intégrale regroupant les premiers numéros sortis en 1963 et 1964, sans forcément savoir initialement s'il s'agissait d'une bonne porte d'entrée dans l'univers de la BD américaine. J'ai été surpris de voir que l'équipe des X-Men était bien différente de celle que j'imaginais ; pas de Wolverine, Tornade ou Diablo, mais c'était malgré tout excitant. Je me rendais compte au fil de la lecture que j’allais littéralement à la découverte de toute une histoire.

Une autre chose m'a sauté aux yeux et c'est tout bête, mais il s'agit de la colorisation. Il s'agit de mon premier comic book et moi qui ai l'habitude de lire des mangas depuis des années et admirer des pages en noir et blanc, j'avoue avoir été séduit presque immédiatement. Je trouve que la couleur rend l’œuvre légèrement plus vivante et beaucoup plus explosive.

Pour ce qui est des dessins en eux-même, je sais que ça peut en dégoûter certains et il est difficile de vendre un style aussi daté, mais personnellement je savais que je n’allais pas avoir quelque chose de très détaillé et net, à l’image de ce que l’on peut retrouver dans les bouquins d'aujourd’hui. Je n’ai donc pas été très dérangé par les dessins, d’autant plus que les planches de Jack Kirby sont compréhensibles. En ce qui me concerne, je n'ai eu aucun mal à comprendre ce qui était illustré et les batailles sont plutôt équilibrées, l'occasion pour moi de cracher encore un peu mon venin sur Kingdom Hearts (je l'ai toujours en travers de ma gorge). J'avoue qu'un effort aurait pu être fait sur le personnage d'Iceberg qui ressemble davantage à un tube de colle vivant, qu'un homme de glace.

C'est moi où il y a bien un mec qui n'a pas trouvé pointure à ses pieds ?

Allez, on va passer à ce qui m'a dérangé, parce qu'on peut croire que tout était parfait, mais il y a une chose qui m'a embêté du début à la fin : les dialogues. Ils n'ont parfois aucune utilité, si ce n'est combler un vide, comme si proposer quelques cases vides horripilait Stan Lee. C'est surtout agaçant lors des échanges entre Hank McCoy et Bobby Drake, le premier montre qu'il a du vocabulaire, mais parle comme s'il était en 1882, tandis que le second est juste le con de la bande, mais contrairement aux cons qui peuvent être cool, lui ne l'est pas. Globalement leurs interventions n'apportent rien, heureusement que ce n'est pas le cas des autres.

Conclusion : C'était très plaisant, mais...

Les aventures peu profondes et les dessins vieillots peuvent déranger, donc il m'est difficile de vous conseiller ce bouquin, mais si vous êtes désireux et motivé à l'idée de découvrir certaines des BD les plus mythiques qui existent, lancez-vous dans cette lecture. Pour ce qui est du contenu, j'ai apprécié les huit numéros proposés dans cette intégrale et je suis impatient de lire la suite, il ne me reste plus qu'à trouver le prochain volume.

Ma note : 5/5

Le positif :
+ Lire les origines du groupe
+ Des numéros dynamiques et plaisants à suivre
+ La présence des couvertures originales

Le négatif :
– Difficile d'accès, tant dans la narration que sur les dessins

© 1963, 1964, 2006 Marvel Entertainment

03 août 2015

Kingdom Hearts

Comme beaucoup de franchises à succès, « Kingdom Hearts » a offert son lot de produits dérivés, dont le manga. Si les jeux vidéos forment la base originelle de la série et sont parmi les plus populaires de l'industrie vidéoludique, le format BD que je vais aborder est bien loin de cela...

L'histoire démarre sur une île éloignée du reste du monde. Sora, Kairi et Riku sont trois amis qui décident de quitter cette île à l'aide de trois radeaux. C’est au moment de partir qu’ils se font attaquer par des créatures ténébreuses, les sans-cœurs. À partir de là, ils sont malgré eux, séparés et Sora entreprend de partir à leur recherche, armé de la mystérieuse Keyblade.

Je ne saurais dire si c'est la nostalgie qui m'a amené à lire Kingdom Hearts, mais toujours est-il que j'attendais de retrouver le bonheur que me procuraient mes heures passées sur PlayStation 2, parce que le manga dont il est question s'inspire directement de ce premier épisode sorti sur console en 2002.

Avant tout, il faut savoir que Kingdom Hearts est une série réunissant des éléments de l'univers Disney et Square Enix, ce qui a été et est toujours, une vraie mine d’or pour les concepteurs du jeu. Ça aurait pu l'être également pour Shiro Amano, mais ce dernier n'a pas - pour une raison qui m'échappe -  vraiment exploité ce qu'il avait sous la main. Voir que la série ne s'étalait que sur quatre tomes d'environ 150 pages chacun pouvait déjà être un premier indice sur le fait que l'aventure soit bien moins longue par rapport au jeu vidéo. C'est en ouvrant les bouquins et en démarrant la lecture que j'ai pu constater que comme pour Jackals, une partie du manga a été expédiée, en l'occurrence les scènes d'actions. Oubliez les batailles pittoresques qui firent la renommée de Kingdom Hearts, la Keyblade - version manga - de Sora peut vaincre ses adversaires en un ou deux coups maximum, en résulte un sentiment de travail bâclé, d'une envie pour l'auteur de (très vite) passer à la suite, comme si le temps le pressait.

J'ai quand même conscience qu'il s'agit d'un manga s'adressant avant-tout à un lectorat très jeune et que je peux comprendre cette volonté de ne pas s'éterniser sur quelque chose d'aussi futile que des passages où plusieurs personnages se confrontent, mais n'empêche qu'il s'agit d'un des points importants de la série ; les jeux vidéos sont ponctués par des affrontements extraordinaires et j'ai trouvé dommage qu'on ne retrouvait pas ce côté épique qui résume tant Kingdom Hearts.

Personnellement, je ne pense pas qu'aller en guerre avec une clé soit une si bonne idée.

En ce qui concerne Shiro Amano, j'ai beaucoup de mal avec son dessin. Il a certes, un coup de crayon mignon qui colle parfaitement à l'ambiance générale de la série, mais j'ai eu énormément de mal à décrypter les pages au moment des passages d'actions, notamment les mouvements que les protagonistes effectuent. Un comble, car comme je l'ai précédemment écrit, ces séquences de batailles ne tiennent que sur un ou deux coups portés. On ne se rend pas toujours compte, mais le 9e art fait toujours appel à notre imagination pour combler l’absence d'animation ; je vous assure que même sur le peu qui est offert dans ce manga, j'ai eu beaucoup de difficultés à déterminer/comprendre ce qu'il se passait. Autant je peux excuser quand c'est occasionnel, mais quand c'est aussi fréquent, je trouve cela très fatiguant. Vous n'imaginez pas à quel point c'est agaçant de devoir s’arrêter de lire, revoir toutes les cases pour essayer de comprendre l’action, pour au final ne rien saisir.

À côté de ça, l'aspect aventure et le côté exploration ne sont pas pour autant mis en avant et tout s'enchaîne très vite, difficile de profiter de quoi que ce soit.

Je ne suis pas loin de penser que le passage en format manga est complétement raté, mais je pense qu'il faudrait que je lise les autres séries avant de me prononcer définitivement. C’est vraiment dommage, car avec un tel univers à utiliser, le potentiel d’offrir une belle série est immense. D’ailleurs, pourquoi ne pas avoir offert une histoire complétement originale tout en utilisant les deux univers ? Laisser une certaine liberté créative à l’auteur aurait pu s’avérer plus intéressant que l’obliger à retranscrire une aventure qui existe déjà.

Moi Sora, 10 ans 1/2, 1,39m

Conclusion : Une grosse désillusion

J'espérais beaucoup de ce manga, mais à l'image des fans du PSG qui espèrent gagner la Ligue des Champions, je suis vite revenu à la réalité (oui, c'est une pique gratuite). Voir Sora partir à l’aventure et naviguer à travers différents mondes, ça ne pouvait qu’être passionnant et prenant, mais ce fut tout le contraire pour ma part et la déception a pris le dessus. Se dire que Kingdom Hearts peut s'enchaîner sur deux ou trois heures seulement, c'est assez irréaliste pour un fan de la série. Reste à voir si je compte lire les autres mangas... disons que je compte le faire, mais je ne suis pas pressé et ça ne sera pas ma priorité.

Ma note : 2/5

Le positif :
+ Un coup de crayon sympathique
+ L’univers vaste et riche de la série, mais...

Le négatif :
– ...qui n'est pas exploité
– Une aventure très courte, tout s’enchaîne très vite
– Les difficultés à comprendre certaines scènes d'actions

© 2003 Shiro Amano / Tetsuya Nomura, Square Enix

01 août 2015

Jackals

Après Full Ahead ! Coco, j'ai voulu me tourner vers une série plus courte et d'un genre différent. Mon choix s'est ainsi porté sur « Jackals » et après avoir terminé la lecture des sept tomes qui composent la série, je suis en mesure de vous dire si ça vaut le coup ou  si c'est de la merde non.

Si je ne dis pas de bêtises, nous sommes courant 2008 lorsque Jackals débarque en France et de mémoire, des spots publicitaires accompagnaient sa sortie, chose rare pour le souligner. C'est d'ailleurs, un manga que j'avais déjà eu l'occasion de lire autrefois, quand j'étais au collège, sans pour autant pouvoir le finir. À l'époque, le gamin immature que j'étais n'accrochait pas vraiment aux "seinen" et toutes les œuvres matures, destinées à un public averti (coucou Berserk et Tengu). Cette fois-ci, je vous rassure, j'ai tout lu et je vais donner mon ressenti.

Jackals nous emmène à Cicero City, une ville où deux groupes mafieux se battent quotidiennement pour prendre le contrôle total de la commune. D’un côté, nous avons Gabriella qui dirige le Nord de la ville, tandis que la partie Sud est sous l'influence de Tennouren. La guerre opposant les deux gangs rivaux profite aux « jackals » qui sont régulièrement embauchés par les clans sus-mentionnés pour éliminer des personnes bien précises. En d'autres mots, il s’agit purement et simplement de tueur à gages. Et parmi eux, nous avons Nichol, le personnage principal qui aspire à devenir aussi légendaire que sa mère (oui, oui, elle foutait la merde elle aussi). Cette dernière était effectivement dans ce milieu et s’est même faite une sacrée réputation avec son arme, « l’Alligator » avant de finalement y perdre la vie, il y a quelques années. Utilisant le même instrument de terreur que sa défunte mère, Nichol s’est mis en marche, avec cette même soif de succès.

Quand ton arme ne tient qu'à trois vis.

Je vais d'abord évoquer les dessins de Kim Byung Jin, car c'est le vrai point fort de cette série selon moi. Les planches sont absolument magnifiques, il n'y a pas d'autre mot, ce fut un vrai régal pour mes yeux. Il manque effectivement quelques détails sur les personnages ou sur les arrières plans comme les visuels peuvent le montrer, mais j'étais globalement satisfait du rendu global. Ça ne veut pas dire en revanche que tout le monde appréciera, chacun ses goûts, mais le dessin de Byung Jin est maîtrisé, il réussit à retranscrire parfaitement ce qu'on est censé voir. Je souligne cela, car très honnêtement, il y a un problème assez récurrent dans les séries proposant moult combats, c'est qu'on se retrouve souvent avec des planches bordéliques où on ne comprend pas grand chose ; heureusement, on s'épargne cela avec Jackals. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi cet illustrateur sud-coréen ne cartonne pas davantage. Il n'est pas très connu chez nous et il peine vraisemblablement à s'imposer en Asie, vu le nombre de projets auxquels il a participé.

Bon... mis à part cela, j'avoue avoir difficilement apprécié le reste.

Prenons le scénario, il ne fait pas dans l'originalité et j'ai l'impression que le réel intérêt derrière tout cela est d'offrir un condensé d'action, plutôt que de raconter une histoire à proprement parler. Impression renforcée après la lecture des premières pages où le contexte est posé à la va-vite et où tout s'enchaîne rapidement comme si les auteurs étaient impatients d'aller dans le vif du sujet, c'est-à-dire les bastons.

C'est d'autant plus navrant de voir que la série se compile en sept volumes, quand on sait qu'il y avait un minimum d'idées en lançant de nombreux antagonistes ayant tous un art de combat bien à eux, permettant ainsi de tous les identifier très facilement. Parce que soyons honnête, développer autant de personnages sur aussi peu de tomes, ce n'est pas évident et notre binôme s'est pris le mur, ils n'avaient clairement pas le temps de tous les exploiter ; ce qui fait que certains combats qui auraient pu se montrer intéressant dans l'opposition de styles, furent totalement expédiés, donnant un arrière goût amer à la lecture. Alors certes, le coup de crayon de Kim Byung Jin sublime les scènes de combats, mais à vouloir trop brusquer les choses, je n'ai pas eu la sensation d'avoir pleinement profité de son talent ; ce qui aurait pu être une des forces du titre est devenu finalement, son principal défaut, car on ne profite pas assez des planches de l'illustrateur sud-coréen.

Règle n°1 : Ne jamais voler le t-shirt d'un Jackal.

Pour revenir sur le fond de l’œuvre, j'ai l'impression que Shinya Murata a maladroitement voulu intégrer tout ce qu'il imaginait/connaissait des organisations mafieuses. On a donc un mélange un peu déconcertant avec un camp à priori asiatique opposé à une mafia italienne - si je me fie au nom - et tout ça dans une ville typiquement anglaise de la fin du XIXe siècle, c'est du moins que ce les planches laissent transparaître avec certains bâtiments typiques de l'époque victorienne anglaise. Je sais bien que rien ne bloque deux groupes étrangers, de s'affronter hors de leurs frontières, mais n'empêche que j'ai eu du mal à m'y faire et considérer le manga comme crédible ; j'ai eu le sentiment que ça allait dans tous les sens et qu'il n'y avait aucun équilibre.

Autre petit regret visuellement parlant, les pages de couvertures qui sont - à cause du sang presque omniprésent - peu attirantes et provoquerait personnellement chez moi, un frein à l'achat si j'étais intéressé par la série au point de vouloir l'acheter.

Conclusion : À vous de voir

Je n'irai pas jusqu'à dire que Jackals est raté, je trouve que le manga a voulu tenter des choses, mais qu'il s'est perdu à un moment donné. Il manque d'idées mais les choix scénaristiques et éditoriaux n'ont pas aidé et furent maladroits, puisqu'ils ont contenu une œuvre et deux auteurs qui auraient pu offrir bien mieux s'ils avaient - je pense - eu davantage de temps pour développer leur série. Je suis ainsi déçu de sa tournure, mais ce n'est pas spécialement une série que je déteste pour autant.

Ma note : 3/5

Le positif :
+ Le coup de crayon de Kim Byung Jin
+ Quelques surprises à découvrir

Le négatif :
– Des personnages peu exploités
– L'action, qui s'avançait comme le point fort de la série, mais qui perd en importance au fil des tomes
– Des pages de couvertures peu attirantes

© Shinya Murata, Kim Byung Jin / SQUARE ENIX CO., LTD.

28 juillet 2015

Full Ahead ! Coco

Après avoir expliqué dans un premier article, les raisons m'ayant poussé à créer ce blog, je vais cette fois-ci évoquer ce qui fut ma première lecture depuis bien longtemps, le manga « Full Ahead ! Coco » de Yonehara Hideyuki.

Oui, vous m'avez bien lu, il s'agit d'un célébrissime shonen de la fin des années 90 que... personne ne connait. Bon, j'exagère un petit peu, il y a bien eu quelques lecteurs ici et là, mais globalement, il s'agit d'une œuvre très peu connue. Je vais donc prendre mes airs de fin connaisseurs snobinard (mot que personne n'utilise depuis 2003) pour vous présenter ce qui aurait pu être la machine à fric d'Akita Shoten, mais qui a finalement été critiqué en mal et pris pour cible par certains fan-boys de One Piece.

Et oui, j'ai bien dit One Piece ; le plus gros succès des quinze dernières années. Pourquoi, me direz-vous ? C'est simple, Full Ahead ! Coco nous invite à suivre un équipage de pirate qui tente d’élucider le mystère de la légendaire civilisation antique de Falcon. C'est "The" lien entre les deux séries, qui fait que certains lecteurs de One Piece ont craché leur venin et taxé Hideyuki de copieur (les joies d'internet, me direz-vous). La réalité est tout autre, Full Ahead ! Coco est antérieur à One Piece et leur prépublication s'est faite presque simultanément, ce qui confirme plus ou moins que les gens sont toujours dans l'abus et devraient décompresser un peu.

Pour en revenir au manga, il faut savoir qu'il fut totalement éclipsé et n'a pas vraiment réussi à se faire connaître au même titre que certains shonen de son époque. En un sens, les peu nombreux qui ont eu l'occasion de lire Full Ahead ! Coco peuvent s'estimer chanceux et je pense que tout comme moi, ils sont bien content d'être tombé dessus. Personnellement, j'ai rarement été aussi plongé dans une aventure, j'ai avalé (aucune allusion à mon poids, s'il vous plait) les tomes les uns après les autres et le simple fait que je lui consacre une critique sur ce blog, la première d'ailleurs, montre tout l'amour que j'ai pour ce titre qui mériterait bien mieux que de sombrer dans les eaux perdues du 9e art. Pour tout vous dire, le manga n'a même pas de page Wikipédia et quand on sait qu'une série comme « Ki-itchi » en a une, j'ai limite envie de pleurer.

Beaucoup de bla-bla de ma part et pourtant, je n'ai même pas parlé de la trame. Du coup, allons-y ; on suit Coco Felken, un jeune orphelin désirant devenir pirate et marcher dans les pas de John « Crazy » Bart, le capitaine du Sweet Madonna. Un rêve qui devient rapidement réalité quand ce dernier invite le gamin à rejoindre son équipage. Son meilleur ami, Cafel Spado, rejoint quant à lui, l’équipage de sa mère, Leila Spado. Cette dernière est à la tête du Red Skeele, le navire rival. Dès lors, les deux garçons sont amenés à grandir séparément, apprendre chacun de leur côté et devenir plus ou moins rivaux.

C'est ce qui s'appelle, se retrouver dans la merde.

Ce n'est que le contour de l'histoire, je ne compte pas donner davantage de détails pour ne pas divulguer ce qu'il FAUT découvrir, j'espère juste que vous aurez la curiosité de commencer la lecture du manga. Ça peut sembler peu original scénaristiquement parlant, mais l'auteur a étoffé son œuvre au fil des tomes et l'a rendu plus intéressante qu'elle ne l'était de base.

Au niveau des dessins, on peut remarquer qu’on a le même coup de crayon du premier au dernier volume, ce qui me fait dire que Yonehara Hideyuki a déjà pas mal d'expérience, que Full Ahead ! Coco n'est clairement pas sa première série et que son dessin est donc à maturité. Je me doute bien que son style graphique ne peut plaire à tout le monde, il faut dire qu'on est sur du dessin un peu « rétro », accentué par un encrage assez important, à l'image de ce qu'on voit souvent sur les mangas sud-coréens. J'ai tendance à penser que ce n'est qu'une question d'habitude et j'ai personnellement adopté son dessin au fil de l'aventure ; je trouve que le rétro justement colle bien avec cette piraterie qui n'existe plus, en tout cas pas dans sa forme telle qu'elle est romancée (parce qu'apparemment en Éthiopie, ça existe mais c'est un autre délire...). Les personnages et les environnements sont très détaillés, ce qui donne un rendu très réaliste. Je trouve juste dommage que les premières pages de couvertures soient autant... vides. Personnellement, je n'aurais pas mis mon argent dessus et c'est peut-être aussi l'une des raisons de son faible succès, du moins en France.

Un autre point m'a vraiment embêté et concerne l'équipage principal, celui du Sweet Madonna. Autant le groupe est varié et les protagonistes intéressants, autant je trouve qu'il aurait gagné à s'enrichir davantage. J'ai cette impression que Hideyuki n'a pas voulu prendre trop de risque et c'est bien dommage. Je ne dirai pas combien de personnes ont rejoint l'équipage, pour ne pas trop dévoiler, mais disons qu'on peut les compter sur les doigts d'une main (que ce soit une main humaine ou celle d'une tortue ninja).

"Rendez-moi mes cookies et je ne parle pas de ceux d'internet !"

Allez, on passe à la tant attendue conclusion et synthèse de cette critique.

Conclusion : Je veux vous voir lire cette série dans moins de cinq minutes

Bon allez, je vous donne une heure pour trouver les tomes à la bibliothèque ou les commander sur le net. Pour être franc avec vous, c'est sur un coup de tête que j'ai choisi de lire ce shonen ; il était disponible à la médiathèque du coin, donc je me suis laissé tenter. Et je peux vous dire que je ne regrette absolument pas ; à tel point que j'ai trouvé que les 29 tomes furent - au final - trop courts. On dit souvent (et hypocritement d'ailleurs) que c'est la beauté intérieure qui compte et non extérieure et bien c'est ce qui résume le mieux Full Ahead ! Coco. C'est un manga qui souffre énormément de son impopularité, des pages de couvertures pauvres, difficile à apprécier graphiquement parlant au premier regard ; on peut dire que cette œuvre n'a rien pour plaire et pourtant, les pages qui la composent sont certaines des plus belles que j'ai pu lire.

Ma note : 5/5

Le positif :
+ Une aventure riche en rebondissements
+ Le manga se termine plutôt bien
+ Des dessins détaillés et réalistes, même s’il faut s’habituer au style de l’auteur
+ Les personnages sont généralement tous exploités, mais…

Le négatif :
– Un équipage qui n’évolue que très peu
– Les pages de couvertures qui ne mettent pas grand chose en valeur

© Hideyuki Yonehara / AKITA SHOTEN / DOKI-DOKI

Premier article

Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous !

Je vous avoue qu’il y a encore quelques jours, je n’imaginais pas ouvrir un blog, je ne me voyais pas démarrer une sorte de journal sur internet où je raconterais ma vie. D’ailleurs, qui aurait été intéressé à l'idée de me lire ?

Cependant, il arrive parfois que la vie nous réserve des surprises et dans mon cas, cet été 2015 fut marqué par la renaissance de l’une de mes passions : la bande-dessinée. Il y a presque cinq ans, j’ai snobé les BD durant mes années lycée pour la drague, les jeux vidéos et le football. Alors que j’étais récemment au plus mal, j’ai renoué avec la lecture et ça m’a permis de m’évader et d’oublier quelque peu mon quotidien.

Outre ce côté légèrement bénéfique, c’est surtout la série que je viens de terminer, qui m’a décidé à en parler sur internet. Il faut dire que mon entourage n’est pas très attaché aux BD et que je me suis donc naturellement tourné vers internet, les forums en ligne et les réseaux sociaux. L’ouverture de ce blog me sert avant-tout à lister mes lectures/critiques et garder une trace d’elles.

Je me devais de créer un article pour expliquer le pourquoi de ce blog et je pense avoir dit ce qu’il fallait. Vous imaginez bien que je ne serais pas toujours présent ici et que ce blog vivra au rythme de mes lectures, la sortie du prochain Final Fantasy pourrait même lui être préjudiciable.

Mais qui sait, ce jour est peut-être le premier d’une longue vie pour le blog ?

Mickael Karakac