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| New X-Men (2003) par Frank Quitely |

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| New X-Men (2003) par Frank Quitely |


| Oubliez les Roger Federer ou Rafael Nadal, ces collégiens sont 100x meilleurs. |
| Notez la casquette Jack Purcell. |








Nous sommes le 31 décembre 2019 et c'est donc l'occasion pour moi, de faire un petit bilan sur ce que j'ai pu lire cette année.

Vu que mes critiques ne sont pas lues par tout le monde, je profite de cet espace pour vous proposer des liens menant à celles-ci, avec mes notes entre parenthèses.
Naruto (5)
Spider-Man (5)
Avengers (3)
Les Royaumes Carnivores (4)
Judge (4)
Silver Surfer : l’intégrale 1966-1969 (5)
X-Men : l’intégrale 1968 (3)
Chobits (4)
Hikaru No Go (4)
X-Men : l’intégrale 1969-1970 (4)
X-Men : l’intégrale 1972-1975 (3)
BLAME ! (1)
Comme vous pouvez le voir ci-dessus, j'ai voulu varier mes lectures et alterner entre les mangas et les comic books américains, mais ce sera de l'histoire ancienne dorénavant, car je vais arrêter de lire en voulant équilibrer les choses ; dorénavant, je lirai ce que j’ai envie et peu m’importe si j’enchaîne - par exemple - une année entière sans lire le moindre manga.
Bon sinon, ce bilan, que faut-il en retenir ?
J'ai lu six séries nippones, dont Naruto, qui est la plus populaire de la liste et l'un des plus gros succès au niveau mondial. Ce fut assez long (+70 tomes !), je le reconnais et c'est ce qui m'a amené à lire quelques mangas courts, comme Judge, Les Royaume Carnivores, Chobits ou encore BLAME ! Dans cette liste, seul Hikaru No Go peut être considéré comme une série longue (23 tomes).
Côté comics, j’ai enfin entamé la lecture de deux BD de type anthologiques, que j’avais acheté courant 2018, il s'agit de deux mini-anthologies sur Spider-Man et les Avengers. Je suis ensuite retourné vers les intégrales de Panini Comics avec le premier tome consacré au Silver Surfer et trois volumes centrés sur les X-Men. D'ailleurs, je vais faire une pause sur les X-Men, j’étais pas loin de l’overdose en lisant toutes ces intégrales. Mon objectif pour 2019 était juste de terminer cette série et de souffler un peu avant de reprendre - dans deux ou trois ans - la lecture avec le renouveau initié par Chris Claremont. Ça explique pourquoi j’ai un peu forcé en lisant trois intégrales, qui étaient - comme le montre mes notes entre parenthèses - quelque peu décevantes.
Concernant 2020, j’ai déjà quelques idées de lectures en tête, je suis même en train de lire Prince du Tennis, une série très longue (+40 tomes). Quatre autres mangas m’attendent, dont Dragon Ball, là encore très long (42 volumes). C’est le manga que presque tout le monde a lu et je me devais -un jour ou l’autre- d’en faire de même. Pour être franc avec vous, j’ai déjà lu cette série, mais c’était dans les années 2000, durant mes années collège et à cette époque, j’avais l’habitude de sauter quelques tomes par-ci par-là, j’étais moins discipliné et sérieux dans ma lecture.
Au niveau des comics, je compte lire deux bouquins que j’ai récemment acheté chez Bliss Éditions avec Ivar, Timewalker et Valiant High. Après cela, je me redirigerai à nouveau vers Marvel avec deux anthologies que j’ai acheté, il y a presque un an et demi, sur les X-Men et Deadpool. Je sais que je donne l’impression de boycotter DC Comics, mais je compte très bientôt démarrer un one-shot des années 80 et une aventure issue de la collection New 52, si le temps me le permet.
Voilà, voilà.
Je vous quitte en vous souhaitant une bonne année et merci encore pour tous les retours positifs sur les réseaux sociaux notamment et les forums. Si vous avez des suggestions de lectures, n’hésitez pas à m’en faire part.
Il existe des auteurs qui nous marquent positivement et d’autres qui ne laissent pas un souvenir impérissable. Pourtant, j’ai inconsciemment mis un mangaka sur ma liste noire, afin de ne plus jamais lire une de ses œuvres. Ce mangaka en question n’est autre que Tsutomu Nihei. Pour me comprendre, il faut remonter à 2017, cette année-là, j’ai démarré la lecture d’Abara, une série en deux tomes, vous pouvez d’ailleurs (re)lire ma critique en cliquant ici. Je pense encore aujourd’hui, qu’il s’agit tout simplement de ma pire lecture, depuis l’ouverture de ce blog.
Mais j’ai conscience que Tsutomu Nihei ne s’est pas forgé une réputation par hasard, si ses mangas ont autant de succès, c’est qu’il y a une raison quelque part et j’ai donc commencé à me poser des questions et celle qui revenait le plus était la suivante : Faut-il lire « BLAME ! » pour se rendre compte du potentiel de l’auteur ?
Après tout, Abara ne s’étalait que sur deux tomes, il ne s'agissait pas un manga très développé et BLAME est considérée comme la série phare de l’auteur. Changer mon opinion vis-à-vis de l'auteur, telle était donc la mission de BLAME.

Le manga nous transporte dans un monde post-apocalyptique où l’on suit Killy, une sorte de cyborg ayant pour but de trouver un terminal génétique, à la demande du Bureau Gouvernemental. Pour cela, il doit gravir les étages d’une structure gigantesque, longue de plusieurs milliers d’étages, tout en faisant face aux différentes créatures qui se dressent sur son chemin.
Ce scénario peut paraître simpliste, mais il faut pouvoir l’identifier et le comprendre, chose qui est plus facile à dire qu’à faire. En effet, lorsque l’on démarre la lecture, on se rend rapidement compte qu’il n’y a que très peu de dialogue. Le manque d’interaction entre les personnages, fait qu’on a du mal à cerner les personnages, on ne sait pas qui ils sont, ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Il faut avancer à l’aveugle pour réunir petit à petit, les pièces du puzzle et comprendre l’enjeu du manga.
Personnellement, j’ai pas du tout aimé. Je ne suis pas contre ce format, mais j’exige une direction. Suivre Killy, c’était comme aller dans l’inconnu, c’était ennuyeux.
Inévitablement, on se tourne vers les dessins, le seul point positif, selon moi. Et pourtant, Tsutomu Nihei alterne entre le bon et le moins bon. Les décors et les arrière-plans, essentiellement constitués de structures/bâtiments, sont très bien dessinés et détaillés. Ils sont aussi bien pensés, de part leur immensité qui se marie bien avec l’idée que l’on se fait d’un monde cyberpunk. De plus, ces dessins accentuent cette anxiété, ce stresse que peut générer une guerre technologique entre deux camps rivaux.

Mais tout n’est pas parfait. Tsutomu Nihei a un gros problème dans sa manière d’illustrer les scènes d’action. On ne comprend rien du tout, c’est frustrant et au bout de dix tomes, vous êtes davantage tenté de tourner les pages par réflexe, plutôt que d’essayer de les analyser. Par ailleurs, les multiples coups de crayon transforment souvent les planches en pages de brouillon, autant dire que c’est désagréable pour les yeux.
Bien qu’il s’agisse d’un soucis mineur, je trouve que les premières pages de couvertures ne mettent pas trop la série en valeur et n’inspirent pas à l’achat. Les deux premières éditions font tâche à ce niveau-là en comparaison à la version Deluxe, sortie en 2018.
Conclusion : Je n’y arrive pas du tout... Tsutomu Nihei a son propre style, certains y adhèrent, d’autres non. BLAME n’est pas très différent d’Abara, on est presque dans la même ambiance, mais on comprend facilement pourquoi ce manga est devenu l’œuvre phare de l’auteur. La série est mieux développée, le personnage de Killy est plus charismatique et les illustrations pouvant flatter la rétine ne sont pas rares. Me concernant, j’ai enfin eu la réponse aux questions que je me posais, c’est définitivement pas pour moi.
Ma note : 1/5
Points positifs :
+ Des dessins beau et détaillés qui collent à l’ambiance du manga
Points négatifs :
– Il faut s’accrocher pour comprendre
– Certaines illustrations d’actions sont incompréhensibles
– Le choix douteux des pages de couvertures
© 1998 by Tsutomu Nihei
Bonjour à toutes et à tous !
La 28e édition du Paris Manga – Sci-fi Show s’est tenu ce week-end et j’ai décidé - pratiquement - sur un coup de tête, de m’y rendre après le boulot vers 14h30, avec un collègue de travail (coucou Gauthier).

Logiquement, en décidant d’y aller sans trop me soucier de ce que j’allais faire, je ne pensais pas être déçu, mais c’est malheureusement pour moi, bel et bien ce qui s’est passé. J’ai vite compris où je venais de mettre les pieds, mes premières impressions ayant été confirmées par la suite.
« On dirait le marché » est par ailleurs, la première chose que je me suis dit, au moment de mettre les pieds à l’intérieur du salon.
Je n’avais qu’un seul réel objectif en allant au salon : acheter des comic books pour alimenter ma collection. Je suis finalement sorti les mains vides et pour cause, la plupart des vendeurs semblaient être des particuliers qui vendaient leurs collections en occasion. Certaines offres étaient tentantes, avec des lots proposés à moins de dix euros, mais le marché de l’occasion ne me correspond pas du tout. J’ai cherché pendant plusieurs minutes des professionnels, sans succès. À part Kana, Taifu Comics et deux ou trois éditeurs indépendants du manga, je n’ai rien trouvé pour ce qui est des comic books. Ça a grandement accentué ma sensation d’être dans une brocante, un vide grenier en quelques sortes, où n’importe qui peut acheter un stand pour se débarrasser de ses vieilles affaires.


Cette intégrale propose justement de revivre cette période sonnant comme une longue traversée du désert pour les mutants du Professeur Xavier, à travers des récits nous plongeant dans Avengers, Amazing Adventures, Incredible Hulk, Defenders et Marvel Team-Up.
Comme vous pouvez l’imaginez, beaucoup de scénaristes et dessinateurs ont pu imposer leurs idées, dont un certain Steve Englehart, qui est au cœur de ce volume puisqu’il a signé pas moins de 7 numéros.
Et pas des moindres, puisqu’ils permettent non-seulement de retrouver ce bon vieux Hank McCoy, mais également d’assister à l’origine de sa transformation en fauve, tel qu’il est connu aujourd’hui. On peut presque considérer ce bouquin comme une intégrale du Fauve, tant le personnage est omniprésent, apparaissant aussi dans Marvel Team-Up et Incredible Hulk.
Malheureusement et c’est là où l’intégrale montre ses limites, c’est qu’on ne voit pas trop les autres X-Men. Il y a cette sensation qu’il manque quelque chose à cette intégrale, comme le fait de ne pas voir l’équipe au complet, ne plus la suivre en mission, supervisée mentalement par le Professeur Xavier.
À cela, on peut ajouter le manque d’intérêt. Comprenez par-là que les numéros manquent d’enjeu, on n’a pas cette impression qu’une menace réelle peut venir bouleverser le court des choses. À part dans Defenders où Magneto a une belle carte à jouer pour asseoir sa domination et le 38e numéro de Marvel Team-Up avec l’apparition de Spider-Man, le reste n’est pas très intéressant à lire. On oublie du coup, assez vite les chapitres d’Avengers et d’Incredible Hulk.
Enfin, un petit mot sur les dessins, avec Tom Sutton qui signe de belles planches dans les numéros d’Amazing Adventures. Les mouvements sont fluides, l’action est bien illustrée, il réussi par ailleurs à créer une belle atmosphère sombre, collant bien avec le Fauve. J’ai en revanche, beaucoup de mal avec un Don Heck ou Gil Kane qui ont un style qui a beaucoup vieilli, même si les encreurs ont une petite part de responsabilité, vu qu’ils ont pour objectif de magnifier les planches et les rendre vivantes.
Conclusion : Ce fut une période oubliable. Comme indiqué dans l’introduction, les X-Men ont survécu à l’arrêt de la série, mais difficile de voir cette période comme suffisamment marquante pour relancer cette génération, qui fut d’ailleurs remplacée en 1975 par une toute autre équipe. La période du début des années 70 souffre aussi de la comparaison avec ce qu’a offert Neal Adams précédemment et personnifie bien cette idée de mutants en bout de course. Ce qu’offre l’intégrale 1972-1975 est donc plus qu’oubliable, même si elle a permis à Steve Englehart et Tom Sutton de briller à travers les origines du Fauve, le principal protagoniste du livre.
Ma note : 3/5
Points positifs :
+ Les numéros centrés sur le Fauve
+ Magneto et Spider-Man qui donnent un léger intérêt au reste du bouquin
Points négatifs :
– Une bonne moitié du livre est inintéressante
– Dommage de ne pas voir davantage les autres X-Men
– Une cassure visuellement parlant avec la période Neal Adams
Contenu et auteurs :
* Hulk #150 / Archie Goodwin & Herb Trimpe
* Hulk #161 / Steve Englehart & Herb Trimpe
* Amazing Adventures #11 / Gerry Conway & Tom Sutton
* Amazing Adventures #12 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #13 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #14 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #15 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #16 / Steve Englehart & Marie Severin
* Amazing Adventures #17 / Steve Englehart & Jim Starlin
* Avengers #110 / Steve Englehart & Don Heck
* Avengers #111 / Steve Englehart & Don Heck
* Marvel Team-Up #23 / Len Wein & Gil Kane
* Marvel Team-Up #38 / Bill Mantlo & Sal Buscema
* Defenders #15 / Len Wein & Sal Buscema
* Defenders #16 / Len Wein & Sal Buscema
© 1972, 1973, 1974, 1975, 2012 Marvel Entertainment

Considérée aujourd’hui comme l’une des plus grosses licences du neuvième art, la série X-Men n’a pas toujours tutoyé le sommet des ventes et aussi surprenant que cela puisse être aujourd’hui, elle s’est même arrêtée au tout début des années 70. Il a fallu attendre cinq ans et le premier numéro de Giant-Size X-Men pour relancer le titre. Cette intégrale 1969-1970 propose justement de revivre les derniers chapitres offerts avant cette longue pause, une période où les mutants étaient en plein déclin, n’arrivant pas à suivre le rythme imposé par les autres séries Marvel.
Malgré ce que cette introduction peut laisser penser, cette intégrale 1969-1970 comprend deux parties, bien distinctes.
La première est dans la continuité de l’année 1968 avec des histoires trop simplistes, difficilement exploitables sur une quinzaine de pages et des antagonistes de seconde zone, créés pour meubler les aventures sans saveur des super-héros mutants. Le personnage de Blaastar est l’exemple typique de l’ennemi sans profondeur, semblant avoir été créé à la dernière minute et sans idée précise, si ce n’est d’offrir un peu d’action. On peut le placer dans la même veine qu’un Red Raven ou Grotesk.
En revanche, la seconde partie voit les auteurs proposer bénéficier de plus de pages par numéros et réussissent à donner plus d’épaisseur aux antagonistes. Je pense notamment à Sunfire, un mutant japonais influencé par son oncle dans le but de faire payer les américains pour avoir lâché deux bombes nucléaires durant la Seconde Guerre Mondiale. Constat similaire pour Sauron, un mutant qui va user de ses pouvoirs pour agrandir sa fortune et ainsi pouvoir épouser Tanya, son amour. Cette dernière étant la fille d’un riche homme d’affaire qui ne souhaite pas que celle-ci se marie à un homme en difficulté financière, afin que son avenir ne soit pas en danger.
Des exemples parmi d’autres qui montrent que de mêler réalisme et romantisme était finalement un bon moyen de susciter l’intérêt des lecteurs, de permettre à ceux-ci de s’identifier plus facilement à ces personnages qui -comme le lectorat- avaient des problèmes personnels ou professionnels.
Tout ces changements ne sont pas arrivés par un simple hasard.
C’est avec le numéro 54, le premier d’une quadrilogie centrée sur le Pharaon Vivant, que Arnold Drake et Don Heck réussissent à remettre la série X-Men sur le bon chemin. Si Roy Thomas et Werner Roth reprennent la main, c’est l’arrivée de Neal Adams au 56e numéro qui change définitivement le destin du titre. Ce dernier amène un style graphique moderne, les personnages et les environnements sont plus détaillés que jamais et le découpage inhabituel des cases devient un régal pour les yeux, les planches devenant plus vivantes et dynamiques, donnant cette impression de regarder un épisode plutôt que de le lire.
Scénaristiquement parlant, le titre bouge également. On assiste aux grands débuts de Havok, le frère de Cyclope, Magneto et les Sentinelles sont de retours, sans oublier Ka-Zar et certains des anciens mutants de la période Lee/Kirby : Unus l’intouchable, le Crapaud, le Colosse et bien d’autres.
La menace Z’Nox est l’occasion de faire revenir le Professeur Xavier d’entre les morts, même s’il s’agit personnellement d’une décision scénaristique que j’ai du mal à apprécier, comme si Roy Thomas n’assumait plus son idée. Le dernier numéro proposé dans l’intégrale avec la participation de Hulk a été légèrement moins bon, mais a eu le mérite de donner un petit point final à la série.
Conclusion : On a là, un aperçu du meilleur ! C’est après de longs mois d’agonies au niveau des ventes, que X-Men s’est finalement arrêtée en 1970. Un évènement dans l’histoire des comic books, qui aurait pu ne jamais arriver, tant les derniers numéros ont propulsé la série au sommet de son art. Par son intervention, Neal Adams a probablement sauvé les X-Men d’un naufrage total. Ce volume revient justement sur cette période à la fois tragique et magnifique, laissant un arrière goût de gâchis à tout une génération de lecteurs.
Ma note : 4/5
Points positifs :
+ Pas mal de bons numéros
+ L’arrivée de Neal Adams sur la série
+ La création de nouveaux personnages intéressants/importants
Points négatifs :
– Un gros contraste avec tous les auteurs qui ont précédemment travaillé sur le titre
– Le dernier numéro qui est trop mou par rapport aux autres
Contenu et auteurs :
X-Men 52 à 66 par Roy Thomas, Werner Roth & Neal Adams
© 1969, 1970, 2011 Marvel Entertainment
Si certains ont pu profiter des belles températures et aller en vacances, j’ai pour ma part, passé l’été à lire Hikaru No Go entre mes heures de travail. Et pas question pour moi, de me plaindre de cette situation, étant donné le bonheur que m'ont procuré mes heures de lecture. Vous en avez peut-être entendu parler, il s’agit de la série ayant donné un nouvel élan de dynamisme au go, un jeu de plateau d’origine chinoise. Si la plupart des joueurs étaient des personnes davantage proche de la retraite que dans la force de l’âge, l’œuvre pré-publiée dans le fameux Weekly Shōnen Jump a relancé l’intérêt des gens. En France, le même phénomène a été observé et c’est en partie grâce à cette série, commercialisée chez nous par les éditions Tonkam, désormais rattachées à Delcourt.

Comme beaucoup de monde, j’ai été séduit par ce manga, mais aussi par le travail de Yumi Hotta et les dessins de Takeshi Obata. Bien que ce dernier soit connu pour avoir travaillé sur Death Note, c’est Hikaru No Go qui lui a offert sa première grande renommée.
Un manga qui débute lorsque le jeune Hikaru Shindo découvre un goban (plateau de jeu de go) dans le grenier de son grand-père. De cet objet, surgit un fantôme qui en profite pour s’introduire dans le corps du garçon. Ce dernier comprend au fil des discussions, que cet esprit est Saï Fujiwara, un ancien joueur et professeur de go, ayant vécu, il y a plus d’un millénaire. Intrigué par ce jeu, Hikaru commence doucement à s’y intéresser. Mais c’est après une partie contre un certain Akira Toya, considéré comme un des meilleurs jeunes du pays, que Hikaru s’enlise presque définitivement dans la fièvre du go.
Malgré son succès sur l’archipel nippon, Hikaru No Go reste le genre de manga où je me demande généralement comment le scénariste a fait pour captiver les lecteurs avec un thème susceptible de ne viser qu’une partie du public, à l’image d’un Yakitate !! Ja-Pan, que j’ai pu lire courant 2017. Pas besoin cependant d’aller très loin pour trouver la réponse, puisqu’il s’agit d’un shōnen de type nekketsu. Autrement dit, une bande dessinée qui emprunte la même formule que certaines des plus grosses licences nippones, les mêmes codes apparaissent ainsi comme pour respecter un cahier des charges. Inutile de vous dire que ça marche encore et toujours.

Le go n’est donc ici qu’un prétexte. Pour être plus précis, on ne voit pas vraiment toutes les parties et elles sont mêmes quelques fois difficiles à cerner. Mais n’allez pas croire que les japonais sont mieux placés que les occidentaux pour comprendre le jeu de go, de nombreuses interventions faites par des personnages secondaires viennent rappeler qu’il s’agit d’un jeu assez compliqué et que seule la pratique permet d’interpréter des parties.
Tout l’intérêt du manga donc se situe dans l’évolution du personnage principal, porté par une volonté d’apprendre, de progresser et surpasser son modèle.
D’ailleurs, avec les compétitions qui font office de moteur pour le manga, les tournois sont l’occasion parfaite d’actualiser le niveau des personnages. Ces mêmes personnages qui -grâce au travail de Yumi Hotta et de son équipe- réussissent à charmer le lectorat et s’imposer comme des valeurs sûres et évitent ainsi de rester dans l’ombre des personnages principaux. Facilement identifiables avec un profil et un caractère propre à chacun, ces joueurs sont en plus brillamment illustrés par Takeshi Obata. Ce dernier nous offre des planches réalistes et soignées, avec un coup de crayon fin permettant de détailler aussi bien les visages, leurs tenues, que les arrières plans. Des dessins -qui combinés au travail de fond- agissent comme une cerise sur le gâteau, donnant un rendu final presque parfait.
En ce qui me concerne, le vrai point négatif du manga se situe dans la tournure des évènements. La disparition d’un des personnages principaux modifie complétement l’ambiance de la série. Je n’en dis pas plus, mais selon moi, Hotta s’est tirée une balle dans le pied avec ce choix scénaristique, bien que je comprenne le fond de son idée. On peut même se demander si la série n’aurait pas dû durer continuer au-delà des vingt-trois tomes, tant la fin de l’histoire laisse présager une suite. Comprenez par là, qu’on reste vraiment sur notre faim.

Conclusion : À découvrir absolument ! Hikaru No Go est le genre de manga qu’il ne faut juger à la simple page de couverture ou à la lecture du synopsis. Ce n’est pas par hasard qu’il fut l’un des plus gros shōnens de ce début de siècle. Ici, le plaisir de découvrir prend le dessus sur la peur de ne rien comprendre. Les auteurs arrivent sans trop de difficultés à créer de l’intérêt, rendre les parties plus intéressantes et nous plonger dans cette course au titre de meilleur joueur de go.
Ma note : 4/5
Points positifs :
+ Le style graphique réaliste du dessinateur
+ Le travail de fond sur les personnages qui sont bien exploités et leur évolution
+ Rendre le manga réaliste, notamment dans la tournure des évènements
Points négatifs :
– La disparition d’un des principaux protagonistes
– La fin qui déçoit
© 1999 by Yumi Hotta/Takeshi Obata/Yukari Umezawa









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| Wanda & Pietro Maximoff, par John Byrne (1979). |