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24 mai 2020

X-Men


Cela fera bientôt deux ans que Panini Comics et Carrefour se sont associés pour offrir des comics à prix réduits pour attirer un public plus large et tenter de surfer sur le succès des productions cinématographiques, qui engendrent -encore aujourd'hui- milliards sur milliards. Issue de la collaboration entre les deux groupes, la Super Heroes Collection est la première série annuelle à avoir vu le jour et ma dernière lecture en date concerne le troisième volume, centré sur les X-Men.

Petit rappel pour les non-initiés, les X-Men sont porteurs d'un gène X, leur donnant des capacités extraordinaires. Ils ont choisi d'utiliser leurs pouvoirs aux côtés du Professeur Charles Xavier et de travailler à maintenir la paix entre l'homo sapiens et l'homo superior (c'est ainsi qu'ils sont définis). En revanche, d'autres préfèrent suivre Magneto dans son idée que l'espèce évolue naturellement et que la leur doit se répandre et conquérir la planète. C'est ce qui fait que les X-Men sont haïs et craints par un monde qu'ils ont pourtant juré de protéger.

Grâce à certains arcs narratifs désormais considérés comme légendaires, la licence X-Men s'est imposée avec le temps comme l'une des plus aboutis sur l'évocation des thèmes comme le racisme, l'extinction de l'espèce, l'évolution et les guerres. Prenez donc le meilleur de la riche histoire des mutants Marvel et vous obtiendrez approximativement ce bouquin. Il faut dire que ce volume n'est pas avare en numéro de qualité et reprend ainsi certains des récits les plus importants et passionnants de l'histoire des X-Men.

Alors certes, l'historique n°1 de 1963 va paraitre ridicule en comparaison aux chapitres suivants, tant dans la narration que sur les dessins, mais c'est le jeu des livres qui se veulent anthologiques. Pour autant, n'allez pas croire que le travail de Stan Lee et Jack Kirby est moins bon que celui d'un Grant Morrison et Frank Quitely, tout est une question de goût dans l'art ; on peut aimer ou détester, mais ce serait maladroit de hiérarchiser les styles entre eux. Pour ma part, j'ai beaucoup de mal avec les planches de New X-Men, je trouve le coup de crayon de Quitely banal, il a un style inégal avec parfois un manque de détail et des expressions du visage -à mon sens- ratées, mais est capable de mettre en valeur ses dessins en illustrant des seconds plans riches. Je préfère davantage le style de John Byrne, plus épatant et équilibré.

Difficile en revanche, de nier que j'ai passé un bon moment en lisant ce volume. Entre les numéros qui ont inspiré le film "Days of Future Past" en 2014, le Giant-Size X-Men qui a relancé la série en 1975, le procès de Jean Grey de 1980 et le premier numéro de 1963 que j'avais déjà pu lire en 2015 via une intégrale qui constituait ma porte d'entrée dans le monde des comics, je peux dire que ce bouquin ne m'a pas déçu.

New X-Men (2003) par Frank Quitely

Tout n'est pas super, je vous l'avoue.

Tout d'abord, je ne comprends pas pourquoi l'Annual n°12 est proposé, surtout en fin de volume après qu'on ait lu certaines des meilleures histoires, le chapitre tombe ainsi comme un cheveu sur la soupe. En effet, alors qu'on a l'impression d'avancer chronologiquement, on repart quelques années en arrière pour un récit que j'ai trouvé peu passionnant et qui est daté visuellement parlant. J'ai bien vu sur internet qu'il avait eu beaucoup de succès aux États-Unis, mais ça n'explique pas -à mon sens- le fait de l'incorporer au livre, surtout à la toute fin.

J'ai l'impression que Panini et Carrefour ne savaient pas quoi proposer pour occuper les dernières pages et ont choisi aléatoirement un one-shot et que sous-prétexte qu'il fut écrit par Chris Claremont, ça légitimerait la présence du numéro auprès des acheteurs. Un raisonnement stupide -s'il est avéré vrai- vu que l'objectif premier de la Super Heroes Collection est de séduire un lectorat débutant qui ne demande qu'à être charmé par cet univers de la BD américaine.

Autre problème que l'on avait déjà sur le volume précédent centré sur les Avengers, c'est la limitation aux 240 pages, ce qui empêche d'avoir les couvertures originales en fin de volume et c'est personnellement quelque chose qui m'embête toujours quand on y a pas droit.

Conclusion : Il vaut vraiment le coup

Malgré la limite des 240 pages, le volume se révèle être très riche en contenu (de qualité) et rentabilise largement son prix bas, il doit être trouvable à moins de cinq euros aujourd'hui. C'est une manière de démarrer les X-Men, d'avoir une bonne idée de ce qui a pu être fait auparavant et de voir les thèmes qui ont été abordés sur les plus de cinquante dernières années. Autant j'avais quelques déception sur le volume consacré aux Avengers, autant là, à part un chapitre dispensable, tout le reste est légitime et intéressant, je ne peux que vous le recommander.


Points positifs :
+ La plupart des récits sont intéressants et prenant
+ Certaines pages sont magnifiques
+ Le rapport qualité/prix

Points négatifs :
- Le dernier numéro avec les X-Babies
- L'absence des couvertures originales

Contenu et auteurs :

X-Men (1963) 1 par Stan Lee & Jack Kirby
Giant Size X-Men (1975) 1 par Len Wein & Dave Cockrum
Uncanny X-Men (1963) 137, 141-142 par Chris Claremont & John Byrne
New X-Men (2001) 114-116 par Grant Morrison & Frank Quitely
Uncanny X-Men (1963) Annual 12 par Chris Claremont & Arthur Adams

© 2018 MARVEL

05 mai 2020

Ivar, Timewalker

Quand j'ai acheté ce comics, je ne savais pas trop sur quoi j'allais tomber, mais comme on dit, "il faut se jeter à l'eau" et mon premier contact avec Valiant Comics eut lieu à ce moment-là. Aujourd'hui, je ne regrette absolument pas mon choix, qui a été réconforté tout au long de la lecture. Explications.

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis passionné par l'histoire ; le monde dans lequel nous vivons n'est que l'héritage du passé et j'aime personnellement l'étudier, le comprendre. Forcément, quand une bande-dessinée met en avant un homme capable de voyager à travers le temps et que l'on va pouvoir le suivre à travers presque 300 pages, l'excitation est à son maximum.

Ici, le héros (ou plutôt antihéros) s'appelle Ivar Anni-Padda et n'a qu'un objectif, empêcher Neela Sethi de découvrir le voyage dans le temps, chose qu'elle s'apprêtait à faire au Grand Collisionneur de Hadrons (du CERN, en Suisse). Si les raisons sont au départ floues, la physicienne obtient un élément de réponse en devenant la cible de conquérants de l'espace-temps, qu'elle tente de fuir avec Ivar, qui utilise des arcs temporels pour voyager à travers le temps et l'espace.

Dès lors, on est plongé dans ce qui est une course poursuite et l'esprit créatif Fred Van Lente revisite certaines des époques plus ou moins sombres de notre histoire, comme les prémices de l'Allemagne nazie, l'ère coloniale, le Jurassique, sans oublier le futur avec le Néo-Japon de l'an 4001.

Honnêtement, j'ai été largement satisfait du résultat final, j'ai enchaîné les numéros très rapidement, l'auteur avait pas mal d'idées. Celle de la puce anti-racisme qui finalement provoque quand même des discrimination est très superbe, les mondes parallèles, les époques passées revisitées, voir l'astéroïde de Chicxulub sous un autre angle, les monstres humanoïdes, tout cela est génial, j'ai vraiment adoré.
 
J'ai bien aimé la réaction de Neela Sethi, qui se rend compte du pouvoir et de l'avantage qu'elle a et le fait qu'elle souhaite l'utiliser pour réparer un des aléas de sa vie. Ça me conforte dans l'idée que le récit a été pensé en amont et qu'ils ont choisi d'aller avec la logique ; car c'est ce que ferait -probablement- toute personne ayant le pouvoir de voyager dans le temps. Autre chose que j'ai apprécié, la bonne dose d'humour, que ce soit avec Ivar ou ses deux frères. Les auteurs n'en ont pas abusé et les moments drôles ne cassent pas le rythme de la série, ils sont amenés au bon moment, rendant l'histoire plus équilibrée.

Quand une physicienne comprend que le 3x500 mètres d'EPS servait finalement à quelque chose.

Par contre, les dessins qui m'ont légèrement ennuyé. Non pas que c'était décevant à voir, mais le style m'a trop fait penser aux BD franco-belges et j'ai longtemps bloqué sur cela, ça me rappelle surtout que les comics sont variés et que le genre super-héroïque ne se limite pas aux corps musclés et aux capes. C'était assez beau, mais pas le style que j'affectionne, je regrette d'ailleurs qu'on ait pas eu des dessinateurs pouvant offrir des planches plus compréhensibles et fluides au niveau des scènes d'actions. En revanche et c'est assez rare que je cite des coloristes, je suis bluffé par le travail fourni ici par Andrew Dalhouse et Brian Reber. On a droit à une alternance entre les couleurs vives et sombres en fonction des époques et je trouve le rendu impeccable, c'est vraiment très beau. La magnifique couverture est quand à elle, signée Raul Allén, qui été également derrière la première de couverture d'Harbinger Wars : Blackout.

Honnêtement, je ne trouve pas de gros problème par rapport à Ivar, Timewalker. Disons juste que certains seront embêtés avec les chiffres romains (je l'avoue, mon cerveau m'a déçu à un moment) et que ceux ont du mal à comprendre le langage scientifique, seront un peu perdu, car certains termes utilisés sont hors de portée, mais donnent au comic-book un goût plus réaliste. Je vous rassure, c'est pas un récit difficile à comprendre, ce ne sont là que des détails. Personnellement, j'ai aussi été déçu qu'on ait pas une petite présentation du personnage et du comics dans des pages d'introductions d'ordre éditorial, comme c'est le cas chez Urban ou Panini. C'était déjà quelque chose que je regrettais avant de commencer la lecture de Valiant High, je trouve dommage qu'on ait pas eu droit dans ce bouquin.

Cette BD peut constituer une porte d'entrée raisonnable pour découvrir davantage l'univers Valiant. On y découvre ainsi certains personnages, liés à Ivar, comme l'Eternal Warrior ou Armstrong, mais on comprend vite que le récit est compréhensible sans qu'il n'y ait besoin de lire leurs séries respectives. Ce n'est pas pour autant que je ne compte pas les lire, ce bouquin m'a tellement plu que je compte bien acheter d'autres comics Valiant à l'avenir.

Prêt pour vivre l'histoire ? Je veux dire... pour la conclusion ?

Conclusion : C'est ce que doit être la BD en général

Je ne regrette absolument pas mon achat, c'est selon moi, exactement ce que doit être la bande-dessinée. C'est un art qui doit nous transporter, nous faire rêver et Ivar, Timewalker remplie ce rôle. C'est peut-être le passionné d'histoire qui vous parle et certains lecteurs vont trouver cela ennuyeux, mais dans mon cas, c'est tout le contraire. D'autant plus qu'il s'agit d'un choix de lecture judicieux, tant l'envie de découvrir et plonger dans l'univers Valiant -encore assez peu connu- s'est accrue.

Points positifs :
+ L'idée de revisiter certaines époques de notre histoire
+ Le personnage d'Ivar
+ L'humour dosée convenablement
+ Le trait, l'encrage des contours et les couleurs utilisées

Points négatifs :
- Pas de pages éditoriales chez Bliss ?
- Un style de dessin qui m'a un peu perturbé
- Trop court à mon goût

Contenu et auteurs :

Ivar, Timewalker (2015) 1-12 par Fred Van Lente, Clayton Henry, Francis Portela & Pere Pérez

© 2017, Bliss Éditions

24 avril 2020

Prince du Tennis

Comme beaucoup d'entre vous, j'ai profité du confinement pour avancer dans mes lectures et en ce qui me concerne, finir Prince du Tennis. Il s'agit probablement de la plus grosse œuvre de sport des années 2000 et celle qui a permis à Takeshi Konomi d'être un auteur qui compte au sein du Shōnen Jump. Si vous êtes affecté par le report de Roland Garros, la série de l'éditeur Kana se pose comme une assez bonne alternative.

Honnêtement, je m'attendais à du très lourd, parce que j'en avais un bon souvenir, mais je n'étais jamais allé au-delà du 19e tome durant mes années collèges. En effet, j'étais du genre à lire pas mal de mangas en même temps et certains ont perdu mon attention au fil du temps, comme Prince du Tennis. Au final, je peux dire que la série n'est pas aussi géniale que je l'espérais, c'est une œuvre qui a des qualités, dont une grosse notamment, mais qui souffre de pas mal de défauts.

Je vais d'abord vous résumer brièvement l'histoire, on suit des jeunes du collège de Seigaku (Tokyo) qui sont passionnés par le tennis et envisagent de devenir la meilleure équipe inter-collège du Japon et décrocher le titre national dans leur catégorie. Ils ne sont pas tous dans la même classe mais apprennent à se connaitre à travers leur passion et l'arrivée d'Echizen Ryoma dans leur collège va apporter une grosse plus-value à leur rêve, puisque ce dernier est un génie du tennis et son père, l'une des plus grandes légendes de ce sport et l'a entraîné depuis son plus jeune âge.

On voit donc cette équipe de Seigaku gagner en maturité au fil de l'aventure (42 tomes au total !) contre des adversaires toujours plus fort (Hyotei, St. Rudolph, Rikkai, Fudomine, etc...).

Je parlais d'un gros point fort et je vais l'évoquer dès maintenant, c'est la galerie des personnages et le traitement de ceux-ci. Les joueurs de Seigaku sont tous différents les uns des autres, on les identifie très facilement et personnellement, j'adore ça ; mais là où l'auteur se montre très bon, c'est dans leur traitement. Aucun des personnages n'est mis en retrait ou en avant davantage que les autres, ils vont ainsi tous progresser et bénéficier d'une mise en avant, là où dans Dragon Ball ou Naruto, le personnage principal devient tellement fort que les autres paraissent ridiculement faible.

Ce n'est pas le cas ici et tant mieux, car quand on s'attache à un personnage, on a qu'une envie, c'est de prendre plaisir à le suivre. Pour les personnages secondaires, l'auteur les a bien traités également et on a plaisir à revoir certains par la suite, car le manga propose deux arcs, d'abord un tournoi du Kanto (région tokyoïte), puis un tournoi national et certaines équipes se retrouvent par la suite.

Oubliez les Roger Federer ou Rafael Nadal, ces collégiens sont 100x meilleurs.

D'autres petits points positifs à signaler : le rythme de la série, à part deux temps morts (sur +40 tomes, c'est fort), tout le reste de la série s'enchaîne avec un rythme soutenu, on ne s'ennuie pas. Enfin, y a les dessins qu'il faut relever également, Takeshi Konomi adopte un style typique de ce qu'on voit dans le Shōnen Jump, c'est-à-dire un trait fin, précis et par moments, des environnements détaillés.

En revanche, comme je l'ai dit plus haut, Prince du Tennis multiplie les petits défauts et il est temps de les aborder.

D'abord, le fait de démarrer l'histoire sur un base réaliste où certains coups de raquette sont même expliqués, le genre de coup qu'une personne extérieur à cette discipline (comme moi) ne pourrait croire une seule seconde que ce serait possible à exécuter.

Sauf que ce côté réaliste et -au passage- intéressant perd tout sens quand l'auteur entreprend le virage "fantastique" (j'ai que ce mot en tête, désolé) et nous offre typiquement la même chose que les autres mangas, à savoir des affrontements où l'on pourrait carrément remplacer les raquettes par des poings en flammes que ça ne changerait rien à ce que l'on voit. Les matchs de tennis deviennent ainsi qu'un simple prétexte à de l'action pure où les balles peuvent disparaitre, être attirées à un point spécifique du terrain, rouler sur le filet à l'horizontale pour ne pas retomber là où est l'adversaire ou tout simplement ne pas passer le filet (car une force l'en empêche).

À la limite, si c'était un manga de cette veine dès le début, je n'aurais pas été embêté, car cela aurait été assumé dès le début. Ce qui me dérange en réalité, c'est qu'on nous vend un manga qui au final, n'est clairement plus le même à la fin, il y a cette impression de lire une autre série.

Autre point négatif, c'est qu'avec ce virage entrepris, on ne comprend plus grand chose aux actions, je ne parle pas d'avoir des explications, mais plutôt des dessins qui atteignent leurs limites puisqu'ils ne sont plus aussi clair qu'avant.

Notez la casquette Jack Purcell.

Enfin, un dernier point noir selon moi, c'est dans le dernier tome de la série, lors du dernier match de la finale du championnat national. Echizen Ryoma, le personnage principal reprend le dessus sans qu'il n'y ait de raison valable (je n'ai pas envie d'en dire plus pour ne pas dévoiler davantage), me laissant un petit goût amer dans la bouche.

Conclusion : Ça reste un bon manga

Prince du Tennis me rappelle Yu Yu Hakusho que j'aime beaucoup mais qui a pas mal de défaut. On a là, une série à lire au moins une fois, afin de se faire une réelle idée du manga, mais pas plus à moins d'être vraiment fan de l’œuvre. J'apprécie les personnages, j'aime les suivre, ils sont bien traités, mais il est évident que ce titre a trop de faiblesses pour finir un jour sur mon étagère. Takeshi Konomi est malgré tout un vrai passionné de tennis et réussit à transmettre son amour dans cette série et c'est tout à son honneur.


Points positifs :
+ Le traitement des principaux protagonistes de l'histoire
+ La galerie des personnages
+ Le coup de crayon intéressant
+ La première moitié du manga

Points négatifs :
- La seconde moitié de l’œuvre
- Le virage fantaisiste emprunté
- Les dessins qui perdent en clarté
- Le final du manga

© 1999 by Takeshi Konomi

01 février 2020

Valiant High

Si la sortie prochaine du film Bloodshot met un coup de projecteur sur Valiant Comics, c'est avant-tout la qualité de ses séries qui ont permis à l'éditeur de se faire une place toujours plus grande au milieu des deux géants que sont DC et Marvel. De ce fait, s'il y a bien une maison d'édition à suivre actuellement en France, c'est celle qui se charge de traduire, éditer et commercialiser les licences Valiant, j'ai nommé Bliss Éditions.

Et comme toujours, avant d'explorer un univers, il faut trouver une bonne porte d'entrée, afin que ce premier pas soit suivi d'un autre. Pour ma part, j'ai jeté mon dévolu sur Valiant High ; un récit complet en quatre numéros qui nous transporte au sein d'un établissement scolaire où la plupart des gros noms des séries de l'éditeur sont imaginés en étudiants dans une ambiance typiquement américaine. Pas loin d'être une école pour mutants comme dans les X-Men, la différence ici se situe au niveau du règlement, puisqu'il est totalement interdit d'utiliser ses pouvoirs.

Entre le pitch de départ et la page de couverture, on se doute bien qu'il ne s'agit pas du récit de l'année et que ce n'est pas spécialement un chef-d’œuvre, mais c'est un bouquin qui propose une lecture sympathique, rapide et sonne surtout comme une bouffée d'air frais au milieu des autres histoires plus sérieuses. D'ailleurs, les dessins de Derek Charm illustrent bien ce côté distrayant avec des traits arrondis, peu de détails, des arrière-plans vides mais colorés, donnant une ambiance typiquement cartoonesque, qui colle vraiment avec ce genre de récits à la fois drôles et légers.

Pour ce qui est de la narration, dans la mesure où le volume dépasse légèrement la centaines de pages, la lecture s'enchaîne très vite et on a cette sensation de récit expédié. Loin de moi l'idée de dire que le faible développement des personnages, l'exploitation de ceux-ci et la profondeur de l'intrigue sont un point noir, je pense en revanche qu'on reste sur notre faim parce qu'on aurait pu avoir mieux ; un ou deux numéros supplémentaires auraient pu réparer cela.


Comme je l'ai dit plus haut, j'ai choisi Valiant High avant-tout car je considérais le bouquin comme une bonne opportunité de faire connaissance avec l'éditeur américain. Il faut dire qu'on a là, un récit complet, court et on a pas nécessairement besoin de lire les séries Valiant, car celle-ci n'est aucunement liée aux autres. Ce qui m'amène à cette question : est-ce-que Valiant High s'impose comme un choix intéressant ?

Honnêtement, je dirais oui et non.

On peut faire connaissance "de très loin" avec certains personnages, être en mesure de les identifier, mais on peut aussi passer à côté des clins d'oeil et ne pas cerner toutes subtilités qu'un débutant comme moi n'a surement pas remarqué. En revanche, ce serait mentir que de dire que cela gêne la lecture, on peut tranquillement suivre le récit sans problème.

Conclusion : Un récit bien cool

Valiant High n'a aucune prétention autre que de divertir le lecteur. Si les puristes ne se jetteront pas forcément dessus, ces derniers passent à côté d'une histoire drôle, légère et qui a le mérite de parler aussi bien aux fins connaisseurs qu'aux débutants.


Points positifs :
+ drôle par moments
+ des dessins qui collent bien à l'ambiance générale
+ une galeries avec les couvertures originales et des variantes
+ une autre manière de découvrir les personnages Valiant, mais...

Points négatifs :
- beaucoup de personnages pour le débutant que je suis
- histoire trop courte

Contenu et auteurs :
Valiant High #1-4 (2017) par Daniel Kibblesmith & Derek Charm

© 2019, Bliss Éditions

26 janvier 2020

Harbinger Wars : Blackout - Prologue

J'enchaîne les petites lectures avec le prologue d'Harbinger Wars : Blackout. C'est un petit numéro que m'a gentiment offert Bliss (même si on sait qu'il y a un intérêt derrière hein 😉), écrit par Eric Heisserer et dessiné par le duo Raúl Allén/Patricia Martín. Ce récit lancerait apparemment un gros conflit opposant les "psiotiques" au gouvernement américain ; narré dans un volume unique commercialisé courant 2019 par l'éditeur français.

Mais qu'est-ce-qui pourrait déclencher un tel conflit, me direz-vous.

Autant le préciser tout de suite, malgré quelques éléments de réponse, c'est pas dans ce livret qu'on y trouve la raison principale.

Dans ce prologue, on a surtout la mise en place du contexte avec l'identification des deux camps qui seront opposés dans la guerre à venir. Les "psiotiques" de Peter Stancheck d'un côté et le H.A.R.D. Corps du gouvernement en opposition. Il faut dire que Stancheck est activement recherché, il est considéré comme l'un des plus dangereux "mutants" au monde. De ce fait, tout ceux qui entrent en contact avec le fugitif sont arrêtés, placés en garde à vue et interrogés par un militaire haut placé.

Pour ceux qui ne connaissent pas l'univers Valiant, vous serez probablement aussi intrigué que moi par rapport au personnage de Peter Stancheck. Ce dernier est dépeint ici comme une figure carrément messianique, celui que rien ne peut arrêter et s'avance comme le sauveur des êtres persécutés. C'est du moins, ce qu'il en ressort dans les dires des protagonistes et leurs flashbacks. À noter que les illustrations collent parfaitement à cette impression ; l'occasion pour moi de saluer le travail des deux dessinateurs espagnols. Les planches sont très détaillées, c'est beau et malgré que le découpage des cases soit un peu à "l'ancienne" ; on a la sensation de lire un film, tant les dessins sont fluides et s'enchaînent parfaitement.

Je rajoute qu'outre ce que je viens d'évoquer, l'auteur a bien accentué cette tension qui règne entre les hommes dits "normaux" et les "psiotiques", on voit bien que ces derniers sont chassés, abandonnés à leur sort et haïs par la société ; ça me rappelle les X-Men chez Marvel.

Conclusion : Bon, mais...

Ce prologue me tente vraiment, certains personnages réussissent à piquer ma curiosité. J'ai évoqué Peter Stancheck, mais un autre homme semble voué à jouer un rôle majeur et c'est sur lui que se termine ce numéro. Je trouve dommage qu'on ait pas eu l'évènement qui enclenche réellement le conflit. C'était court, tout semble avoir été fait pour présenter les personnages, sans vouloir en montrer plus. Il n'est d'ailleurs pas impossible de pouvoir lire la suite sans passer par ce prologue, mais il m'est difficile de me plaindre, dans la mesure où ce récit était gratuit.


Points positifs :
+ Un premier chapitre offert gratuitement
+ La qualité des dessins
+ C'est prenant et ça s'annonce explosif

Point négatif :
– C'est vraiment le minimum qui est proposé là
– La qualité du papier, mais c’est compréhensible sur ce format

Contenu et auteurs :
Harbinger Wars 2 #0 (2017) par Eric Heisserer, Raúl Allén & Patricia Martín

© 2019, Bliss Éditions

Kaijumax - chapitre 1


Le premier chapitre de Kaijumax a été proposé gratuitement l'année dernière à l'occasion du « Free Comic Book Day France » et dans mon cas, j'ai eu la chance d'en recevoir une copie de la part de Bliss Éditions, après ma commande de septembre dernier. Avant tout, il faut savoir que Kaijumax n'est pas une licence appartenant à Valiant, mais à Oni Press, une maison d'édition américaine spécialisée dans le roman graphique. Bliss ne se prive ainsi plus de varier son offre et ce n'est pas nécessairement une mauvaise idée, surtout qu'on a là, une belle pépite qui m'a montré qu'on pouvait être séduit en moins de vingt pages.

C'est du moins, la conclusion que je me suis fait à la lecture du premier numéro, qui nous invite à suivre Electrogor dans sa mésaventure, lui qui est arrêté alors qu'il cherchait à manger pour nourrir sa famille. Il est enfermé dans une prison pour monstre et n'a qu'une envie, la quitter le plus vite possible et retrouver son foyer pour deux raisons... que je préfère ne pas dévoiler et qui lancent réellement cette histoire.

Ce n'est certes, pas l'histoire du siècle, ce n'est pas très original, mais ça marche, ça me donne personnellement envie de lire la suite. Entre la dangerosité des prisons, le temps qui défile, le fait que le protagoniste principal se retrouve très vite dans les problèmes, on a là un condensé ce qui peut arriver de pire et la curiosité de voir comment le personnage va s'en sortir (en partant du principe qu'il s'en sortira).

Ne vous fiez pas à la première page de couverture et aux dessins pour valider -ou non- cette œuvre. Zander Cannon a un coup de crayon particulier, je le reconnais et il est loin de me séduire, c'est peu détaillé, les traits sont trop arrondis, mais c'est un style osé, car il y a un vrai contraste avec le fond qui est sérieux, le fait que ça soit autant coloré, rend le tout plus beau que ça ne l'est. J'ai réussi à m'y faire, alors que je n'ai qu'une vingtaine de page sous la main. Indirectement, on se dit que les illustrations passent au second plan dans ce genre d'histoire, même si on est d'accord qu'il faudra lire l’œuvre entièrement pour pouvoir trancher définitivement sur la question.

Conclusion : Ça donne envie

Je ne vous le conseille pas maintenant, car je n'ai lu que le début et ce serait maladroit de ma part de vous inciter à acheter une œuvre à la simple lecture des premières pages, de même que je donnerai un avis plus constructif et complet quand j'aurai le bouquin entre mes mains. J'avoue en revanche, que j'ai rarement été aussi pressé de lire un livre à la simple lecture du premier chapitre, je suis assez séduit et met Kaijumax dans ma liste de futurs achats.



J'ai aimé :
+ La gratuité (bah oui, je ne vais pas cracher dessus)
+ La beauté des planches, les couleurs qui donnent vie à celles-ci
+ L'histoire qui démarre vite et se montre excitante

J'ai moins aimé :

– La qualité du papier, mais c’est compréhensible sur ce format
– Le style graphique de l'auteur trop simple

Contenu et auteurs :
Kaijumax #1 (2015) par Zander Cannon

© 2019, Bliss Éditions

23 janvier 2020

Unity : dans la toile du Dr. Silk

Il y a quelques mois, j’ai commandé deux comic books de l’éditeur français Bliss : Valiant High et Ivar, Timewalker. Deux œuvres qui ont malheureusement pris la poussière sur l’étagère, car j’étais en pleine lecture des intégrales X-Men et personnellement, je n’aime pas démarrer plusieurs lectures en même temps.

Je voulais donc terminer la série Marvel des années 60 avant de tourner progressivement mon regard sur mes dernières acquisitions.

Sauf qu’aux côtés de celles-ci, j’ai également reçu deux petits cadeaux, tous deux issus du « Free Comic Book Day France ». Ma lecture du jour concerne justement un de ces deux ouvrages, en l’occurrence, « Unity : dans la toile du Dr. Silk » de Matt Kindt (scénario), Cafu (dessins) et Brian Reber (colorisation).

Le comic book nous plonge dans une course contre la montre, puisque le Dr. Silk a dans l’idée de contaminer toute la planète via un virus. Livewire a disparu, alors qu’elle enquêtait près de la base du docteur et c’est donc ce qui pousse le MI-6 a réunir Unity, un groupe de super-héros ayant déjà fait ses preuves par le passé. C’est ainsi dans l’optique d’aider Livewire et de stopper le Dr. Silk, que X-O Manowar, Ninjak et l’Eternal Warrior furent à nouveau réunis.

Une petite histoire bien sympathique et prenante, qui mêle science-fiction, action et un peu d’humour, sur le peu que j’ai pu lire.

Ce qui m’a surtout plu, au-delà même des personnages principaux, c’est l’antagoniste que je trouve très intéressant dans sa manière de voir les choses et son évolution psychologique à travers les quelques flashbacks du récit. Il a réussi à piquer ma curiosité et j’ai bien envie d’en savoir plus sur lui.

À noter également un style graphique qui en met plein les yeux. Je ne connaissais pas Cafu et bien désormais, je tâcherai de retenir son nom. Les planches sont très belles, l’animation est plutôt fluide notamment grâce au bon découpage des cases. Je n’ai eu aucun mal à comprendre ce que je voyais.

Conclusion : Du lourd en perspective

Alors que je m’attendais à avoir beaucoup de mal à comprendre l’histoire et cerner les personnages, pensant d’avance que j’allais être perdu au milieu du vaste univers Valiant, j’ai été stupéfait positivement par ce petit ouvrage. Le rôle de ce cadeau était d’essayer de charmer le lecteur pour qu’il en vient à acheter la série et bien sachez que je suis conquis. S’il est difficile de juger une toute petite partie de BD, il faut savoir que ce qui est proposé là est un récit complet, difficile de se plaindre, merci encore à Bliss Comics pour le cadeau.

★★★★★

Points positifs :
+ Découvrir un nouvel univers, une nouvelle équipe
+ Des numéros plaisants
+ Un récit complet, offert gratuitement
+ La qualité des dessins
+ Le Dr. Silk

Point négatif :

– La qualité du papier, mais c’est compréhensible sur ce format

Contenu et auteurs :
Unity #5-7 (2017) par Matt Kindt, Cafu & Brian Reber

© 2017, Bliss Éditions

31 décembre 2019

Bilan de mes lectures en 2019

Nous sommes le 31 décembre 2019 et c'est donc l'occasion pour moi, de faire un petit bilan sur ce que j'ai pu lire cette année.

Vu que mes critiques ne sont pas lues par tout le monde, je profite de cet espace pour vous proposer des liens menant à celles-ci, avec mes notes entre parenthèses.

Naruto (5)
Spider-Man (5)
Avengers (3)
Les Royaumes Carnivores (4)
Judge (4)
Silver Surfer : l’intégrale 1966-1969 (5)
X-Men : l’intégrale 1968 (3)
Chobits (4)
Hikaru No Go (4)
X-Men : l’intégrale 1969-1970 (4)
X-Men : l’intégrale 1972-1975 (3)
BLAME ! (1)

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, j'ai voulu varier mes lectures et alterner entre les mangas et les comic books américains, mais ce sera de l'histoire ancienne dorénavant, car je vais arrêter de lire en voulant équilibrer les choses ; dorénavant, je lirai ce que j’ai envie et peu m’importe si j’enchaîne - par exemple - une année entière sans lire le moindre manga.

Bon sinon, ce bilan, que faut-il en retenir ?

J'ai lu six séries nippones, dont Naruto, qui est la plus populaire de la liste et l'un des plus gros succès au niveau mondial. Ce fut assez long (+70 tomes !), je le reconnais et c'est ce qui m'a amené à lire quelques mangas courts, comme Judge, Les Royaume Carnivores, Chobits ou encore BLAME ! Dans cette liste, seul Hikaru No Go peut être considéré comme une série longue (23 tomes).

Côté comics, j’ai enfin entamé la lecture de deux BD de type anthologiques, que j’avais acheté courant 2018, il s'agit de deux mini-anthologies sur Spider-Man et les Avengers. Je suis ensuite retourné vers les intégrales de Panini Comics avec le premier tome consacré au Silver Surfer et trois volumes centrés sur les X-Men. D'ailleurs, je vais faire une pause sur les X-Men, j’étais pas loin de l’overdose en lisant toutes ces intégrales. Mon objectif pour 2019 était juste de terminer cette série et de souffler un peu avant de reprendre - dans deux ou trois ans - la lecture avec le renouveau initié par Chris Claremont. Ça explique pourquoi j’ai un peu forcé en lisant trois intégrales, qui étaient - comme le montre mes notes entre parenthèses - quelque peu décevantes.

Concernant 2020, j’ai déjà quelques idées de lectures en tête, je suis même en train de lire Prince du Tennis, une série très longue (+40 tomes). Quatre autres mangas m’attendent, dont Dragon Ball, là encore très long (42 volumes). C’est le manga que presque tout le monde a lu et je me devais -un jour ou l’autre- d’en faire de même. Pour être franc avec vous, j’ai déjà lu cette série, mais c’était dans les années 2000, durant mes années collège et à cette époque, j’avais l’habitude de sauter quelques tomes par-ci par-là, j’étais moins discipliné et sérieux dans ma lecture.

Au niveau des comics, je compte lire deux bouquins que j’ai récemment acheté chez Bliss Éditions avec Ivar, Timewalker et Valiant High. Après cela, je me redirigerai à nouveau vers Marvel avec deux anthologies que j’ai acheté, il y a presque un an et demi, sur les X-Men et Deadpool. Je sais que je donne l’impression de boycotter DC Comics, mais je compte très bientôt démarrer un one-shot des années 80 et une aventure issue de la collection New 52, si le temps me le permet.

Voilà, voilà.

Je vous quitte en vous souhaitant une bonne année et merci encore pour tous les retours positifs sur les réseaux sociaux notamment et les forums. Si vous avez des suggestions de lectures, n’hésitez pas à m’en faire part.

03 décembre 2019

BLAME !

Il existe des auteurs qui nous marquent positivement et d’autres qui ne laissent pas un souvenir impérissable. Pourtant, j’ai inconsciemment mis un mangaka sur ma liste noire, afin de ne plus jamais lire une de ses œuvres. Ce mangaka en question n’est autre que Tsutomu Nihei. Pour me comprendre, il faut remonter à 2017, cette année-là, j’ai démarré la lecture d’Abara, une série en deux tomes, vous pouvez d’ailleurs (re)lire ma critique en cliquant ici. Je pense encore aujourd’hui, qu’il s’agit tout simplement de ma pire lecture, depuis l’ouverture de ce blog.

Mais j’ai conscience que Tsutomu Nihei ne s’est pas forgé une réputation par hasard, si ses mangas ont autant de succès, c’est qu’il y a une raison quelque part et j’ai donc commencé à me poser des questions et celle qui revenait le plus était la suivante : Faut-il lire « BLAME ! » pour se rendre compte du potentiel de l’auteur ?

Après tout, Abara ne s’étalait que sur deux tomes, il ne s'agissait pas un manga très développé et BLAME est considérée comme la série phare de l’auteur. Changer mon opinion vis-à-vis de l'auteur, telle était donc la mission de BLAME.

Le manga nous transporte dans un monde post-apocalyptique où l’on suit Killy, une sorte de cyborg ayant pour but de trouver un terminal génétique, à la demande du Bureau Gouvernemental. Pour cela, il doit gravir les étages d’une structure gigantesque, longue de plusieurs milliers d’étages, tout en faisant face aux différentes créatures qui se dressent sur son chemin.

Ce scénario peut paraître simpliste, mais il faut pouvoir l’identifier et le comprendre, chose qui est plus facile à dire qu’à faire. En effet, lorsque l’on démarre la lecture, on se rend rapidement compte qu’il n’y a que très peu de dialogue. Le manque d’interaction entre les personnages, fait qu’on a du mal à cerner les personnages, on ne sait pas qui ils sont, ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Il faut avancer à l’aveugle pour réunir petit à petit, les pièces du puzzle et comprendre l’enjeu du manga.

Personnellement, j’ai pas du tout aimé. Je ne suis pas contre ce format, mais j’exige une direction. Suivre Killy, c’était comme aller dans l’inconnu, c’était ennuyeux.

Inévitablement, on se tourne vers les dessins, le seul point positif, selon moi. Et pourtant, Tsutomu Nihei alterne entre le bon et le moins bon. Les décors et les arrière-plans, essentiellement constitués de structures/bâtiments, sont très bien dessinés et détaillés. Ils sont aussi bien pensés, de part leur immensité qui se marie bien avec l’idée que l’on se fait d’un monde cyberpunk. De plus, ces dessins accentuent cette anxiété, ce stresse que peut générer une guerre technologique entre deux camps rivaux.

Mais tout n’est pas parfait. Tsutomu Nihei a un gros problème dans sa manière d’illustrer les scènes d’action. On ne comprend rien du tout, c’est frustrant et au bout de dix tomes, vous êtes davantage tenté de tourner les pages par réflexe, plutôt que d’essayer de les analyser. Par ailleurs, les multiples coups de crayon transforment souvent les planches en pages de brouillon, autant dire que c’est désagréable pour les yeux.

Bien qu’il s’agisse d’un soucis mineur, je trouve que les premières pages de couvertures ne mettent pas trop la série en valeur et n’inspirent pas à l’achat. Les deux premières éditions font tâche à ce niveau-là en comparaison à la version Deluxe, sortie en 2018.

Conclusion : Je n’y arrive pas du tout... Tsutomu Nihei a son propre style, certains y adhèrent, d’autres non. BLAME n’est pas très différent d’Abara, on est presque dans la même ambiance, mais on comprend facilement pourquoi ce manga est devenu l’œuvre phare de l’auteur. La série est mieux développée, le personnage de Killy est plus charismatique et les illustrations pouvant flatter la rétine ne sont pas rares. Me concernant, j’ai enfin eu la réponse aux questions que je me posais, c’est définitivement pas pour moi.

Ma note : 1/5

Points positifs :
+ Des dessins beau et détaillés qui collent à l’ambiance du manga

Points négatifs :
– Il faut s’accrocher pour comprendre
– Certaines illustrations d’actions sont incompréhensibles
– Le choix douteux des pages de couvertures

© 1998 by Tsutomu Nihei

07 octobre 2019

Ma première (et dernière) à Paris Manga

Bonjour à toutes et à tous !

La 28e édition du Paris Manga – Sci-fi Show s’est tenu ce week-end et j’ai décidé - pratiquement - sur un coup de tête, de m’y rendre après le boulot vers 14h30, avec un collègue de travail (coucou Gauthier).

Logiquement, en décidant d’y aller sans trop me soucier de ce que j’allais faire, je ne pensais pas être déçu, mais c’est malheureusement pour moi, bel et bien ce qui s’est passé. J’ai vite compris où je venais de mettre les pieds, mes premières impressions ayant été confirmées par la suite.

« On dirait le marché » est par ailleurs, la première chose que je me suis dit, au moment de mettre les pieds à l’intérieur du salon.

Je n’avais qu’un seul réel objectif en allant au salon : acheter des comic books pour alimenter ma collection. Je suis finalement sorti les mains vides et pour cause, la plupart des vendeurs semblaient être des particuliers qui vendaient leurs collections en occasion. Certaines offres étaient tentantes, avec des lots proposés à moins de dix euros, mais le marché de l’occasion ne me correspond pas du tout. J’ai cherché pendant plusieurs minutes des professionnels, sans succès. À part Kana, Taifu Comics et deux ou trois éditeurs indépendants du manga, je n’ai rien trouvé pour ce qui est des comic books. Ça a grandement accentué ma sensation d’être dans une brocante, un vide grenier en quelques sortes, où n’importe qui peut acheter un stand pour se débarrasser de ses vieilles affaires.

  

Au fil du temps, j’ai commencé à me dire qu’il serait donc bien d’acheter quelques produits dérivés, des goodies. Mais les prix pratiqués ont fini de m’achever, ceux-ci sont tout simplement scandaleux, largement au-dessus de ce que l’on peut trouver ailleurs. Certains étaient défectueux, d’autres n’étaient pas des produits sous licences officielles, mais ça n’empêchait pas les vendeurs de pratiquer des prix élevés... pour pas grand chose. J’étais pourtant tellement emballé à l’idée d’acheter quelque chose, histoire de garder un souvenir.

Tout n’étais pas noir, j’ai globalement adoré l’ambiance. Les gens étaient sympathiques, on pouvait danser ensemble sur des clips diffusés, jouer aux consoles entre inconnus et assister à des concours de cosplay. Justement, je trouve que cette culture du cosplay est toujours bien vivante en France et c’est tant mieux car c’est un pur régal pour les yeux. Les cosplayeurs créaient et maintenaient cette ambiance festive. Je retiens notamment le Captain America, Beerus, Nami, Link ou encore la centaine de membre de l’Akatsuki.

Au final, je ne regrette pas trop d’être allé, car ça m’a permis de vivre une assez belle expérience, mais ça n’ira pas plus loin pour ce qui est du Paris Manga – Sci-fi Show. Trop déçu, pas assez intéressant, à moins de s’acheter un billet VIP pour avoir plus d’accès et voir certains acteurs, dessinateurs ou doubleurs. C’était le genre de salon à faire au moins une fois et c’est désormais chose faite.

Je testerai la Japan Expo ou le Comic Con Paris très prochainement pour voir ce qu’il en sera.

23 septembre 2019

X-Men l’intégrale 1972-1975

Avec l’arrêt de la série X-Men, l’année 1970 aurait pu sonner le glas des mutants, mais c’était sans compter sur l’éditeur Marvel qui a profité de son large catalogue pour faire apparaitre ces personnages sur d’autres titres. Maintenir en vie ces super-héros était l’une des missions imposées aux scénaristes et dessinateurs de la « Maison des Idées » jusqu’en 1975, année où les X-Men se sont définitivement relancés.

Cette intégrale propose justement de revivre cette période sonnant comme une longue traversée du désert pour les mutants du Professeur Xavier, à travers des récits nous plongeant dans Avengers, Amazing Adventures, Incredible Hulk, Defenders et Marvel Team-Up.

Comme vous pouvez l’imaginez, beaucoup de scénaristes et dessinateurs ont pu imposer leurs idées, dont un certain Steve Englehart, qui est au cœur de ce volume puisqu’il a signé pas moins de 7 numéros.

Et pas des moindres, puisqu’ils permettent non-seulement de retrouver ce bon vieux Hank McCoy, mais également d’assister à l’origine de sa transformation en fauve, tel qu’il est connu aujourd’hui. On peut presque considérer ce bouquin comme une intégrale du Fauve, tant le personnage est omniprésent, apparaissant aussi dans Marvel Team-Up et Incredible Hulk.

Malheureusement et c’est là où l’intégrale montre ses limites, c’est qu’on ne voit pas trop les autres X-Men. Il y a cette sensation qu’il manque quelque chose à cette intégrale, comme le fait de ne pas voir l’équipe au complet, ne plus la suivre en mission, supervisée mentalement par le Professeur Xavier.

À cela, on peut ajouter le manque d’intérêt. Comprenez par-là que les numéros manquent d’enjeu, on n’a pas cette impression qu’une menace réelle peut venir bouleverser le court des choses. À part dans Defenders où Magneto a une belle carte à jouer pour asseoir sa domination et le 38e numéro de Marvel Team-Up avec l’apparition de Spider-Man, le reste n’est pas très intéressant à lire. On oublie du coup, assez vite les chapitres d’Avengers et d’Incredible Hulk.

Enfin, un petit mot sur les dessins, avec Tom Sutton qui signe de belles planches dans les numéros d’Amazing Adventures. Les mouvements sont fluides, l’action est bien illustrée, il réussi par ailleurs à créer une belle atmosphère sombre, collant bien avec le Fauve. J’ai en revanche, beaucoup de mal avec un Don Heck ou Gil Kane qui ont un style qui a beaucoup vieilli, même si les encreurs ont une petite part de responsabilité, vu qu’ils ont pour objectif de magnifier les planches et les rendre vivantes.

Conclusion : Ce fut une période oubliable. Comme indiqué dans l’introduction, les X-Men ont survécu à l’arrêt de la série, mais difficile de voir cette période comme suffisamment marquante pour relancer cette génération, qui fut d’ailleurs remplacée en 1975 par une toute autre équipe. La période du début des années 70 souffre aussi de la comparaison avec ce qu’a offert Neal Adams précédemment et personnifie bien cette idée de mutants en bout de course. Ce qu’offre l’intégrale 1972-1975 est donc plus qu’oubliable, même si elle a permis à Steve Englehart et Tom Sutton de briller à travers les origines du Fauve, le principal protagoniste du livre.

Ma note : 3/5

Points positifs :
+ Les numéros centrés sur le Fauve
+ Magneto et Spider-Man qui donnent un léger intérêt au reste du bouquin

Points négatifs :
– Une bonne moitié du livre est inintéressante
– Dommage de ne pas voir davantage les autres X-Men
– Une cassure visuellement parlant avec la période Neal Adams

Contenu et auteurs :
* Hulk #150 / Archie Goodwin & Herb Trimpe
* Hulk #161 / Steve Englehart & Herb Trimpe
* Amazing Adventures #11 / Gerry Conway & Tom Sutton
* Amazing Adventures #12 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #13 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #14 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #15 / Steve Englehart & Tom Sutton
* Amazing Adventures #16 / Steve Englehart & Marie Severin
* Amazing Adventures #17 / Steve Englehart & Jim Starlin
* Avengers #110 / Steve Englehart & Don Heck
* Avengers #111 / Steve Englehart & Don Heck
* Marvel Team-Up #23 / Len Wein & Gil Kane
* Marvel Team-Up #38 / Bill Mantlo & Sal Buscema
* Defenders #15 / Len Wein & Sal Buscema
* Defenders #16 / Len Wein & Sal Buscema

© 1972, 1973, 1974, 1975, 2012 Marvel Entertainment

18 août 2019

X-Men l’intégrale 1969-1970

Considérée aujourd’hui comme l’une des plus grosses licences du neuvième art, la série X-Men n’a pas toujours tutoyé le sommet des ventes et aussi surprenant que cela puisse être aujourd’hui, elle s’est même arrêtée au tout début des années 70. Il a fallu attendre cinq ans et le premier numéro de Giant-Size X-Men pour relancer le titre. Cette intégrale 1969-1970 propose justement de revivre les derniers chapitres offerts avant cette longue pause, une période où les mutants étaient en plein déclin, n’arrivant pas à suivre le rythme imposé par les autres séries Marvel.

Malgré ce que cette introduction peut laisser penser, cette intégrale 1969-1970 comprend deux parties, bien distinctes.

La première est dans la continuité de l’année 1968 avec des histoires trop simplistes, difficilement exploitables sur une quinzaine de pages et des antagonistes de seconde zone, créés pour meubler les aventures sans saveur des super-héros mutants. Le personnage de Blaastar est l’exemple typique de l’ennemi sans profondeur, semblant avoir été créé à la dernière minute et sans idée précise, si ce n’est d’offrir un peu d’action. On peut le placer dans la même veine qu’un Red Raven ou Grotesk.

En revanche, la seconde partie voit les auteurs proposer bénéficier de plus de pages par numéros et réussissent à donner plus d’épaisseur aux antagonistes. Je pense notamment à Sunfire, un mutant japonais influencé par son oncle dans le but de faire payer les américains pour avoir lâché deux bombes nucléaires durant la Seconde Guerre Mondiale. Constat similaire pour Sauron, un mutant qui va user de ses pouvoirs pour agrandir sa fortune et ainsi pouvoir épouser Tanya, son amour. Cette dernière étant la fille d’un riche homme d’affaire qui ne souhaite pas que celle-ci se marie à un homme en difficulté financière, afin que son avenir ne soit pas en danger.

Des exemples parmi d’autres qui montrent que de mêler réalisme et romantisme était finalement un bon moyen de susciter l’intérêt des lecteurs, de permettre à ceux-ci de s’identifier plus facilement à ces personnages qui -comme le lectorat- avaient des problèmes personnels ou professionnels.

Tout ces changements ne sont pas arrivés par un simple hasard.

C’est avec le numéro 54, le premier d’une quadrilogie centrée sur le Pharaon Vivant, que Arnold Drake et Don Heck réussissent à remettre la série X-Men sur le bon chemin. Si Roy Thomas et Werner Roth reprennent la main, c’est l’arrivée de Neal Adams au 56e numéro qui change définitivement le destin du titre. Ce dernier amène un style graphique moderne, les personnages et les environnements sont plus détaillés que jamais et le découpage inhabituel des cases devient un régal pour les yeux, les planches devenant plus vivantes et dynamiques, donnant cette impression de regarder un épisode plutôt que de le lire.

Scénaristiquement parlant, le titre bouge également. On assiste aux grands débuts de Havok, le frère de Cyclope, Magneto et les Sentinelles sont de retours, sans oublier Ka-Zar et certains des anciens mutants de la période Lee/Kirby : Unus l’intouchable, le Crapaud, le Colosse et bien d’autres.

La menace Z’Nox est l’occasion de faire revenir le Professeur Xavier d’entre les morts, même s’il s’agit personnellement d’une décision scénaristique que j’ai du mal à apprécier, comme si Roy Thomas n’assumait plus son idée. Le dernier numéro proposé dans l’intégrale avec la participation de Hulk a été légèrement moins bon, mais a eu le mérite de donner un petit point final à la série.

Conclusion : On a là, un aperçu du meilleur ! C’est après de longs mois d’agonies au niveau des ventes, que X-Men s’est finalement arrêtée en 1970. Un évènement dans l’histoire des comic books, qui aurait pu ne jamais arriver, tant les derniers numéros ont propulsé la série au sommet de son art. Par son intervention, Neal Adams a probablement sauvé les X-Men d’un naufrage total. Ce volume revient justement sur cette période à la fois tragique et magnifique, laissant un arrière goût de gâchis à tout une génération de lecteurs.

Ma note : 4/5

Points positifs :
+ Pas mal de bons numéros
+ L’arrivée de Neal Adams sur la série
+ La création de nouveaux personnages intéressants/importants

Points négatifs :
– Un gros contraste avec tous les auteurs qui ont précédemment travaillé sur le titre
– Le dernier numéro qui est trop mou par rapport aux autres

Contenu et auteurs :
X-Men 52 à 66 par Roy Thomas, Werner Roth & Neal Adams

© 1969, 1970, 2011 Marvel Entertainment

29 juillet 2019

Hikaru No Go

Si certains ont pu profiter des belles températures et aller en vacances, j’ai pour ma part, passé l’été à lire Hikaru No Go entre mes heures de travail. Et pas question pour moi, de me plaindre de cette situation, étant donné le bonheur que m'ont procuré mes heures de lecture. Vous en avez peut-être entendu parler, il s’agit de la série ayant donné un nouvel élan de dynamisme au go, un jeu de plateau d’origine chinoise. Si la plupart des joueurs étaient des personnes davantage proche de la retraite que dans la force de l’âge, l’œuvre pré-publiée dans le fameux Weekly Shōnen Jump a relancé l’intérêt des gens. En France, le même phénomène a été observé et c’est en partie grâce à cette série, commercialisée chez nous par les éditions Tonkam, désormais rattachées à Delcourt.

Comme beaucoup de monde, j’ai été séduit par ce manga, mais aussi par le travail de Yumi Hotta et les dessins de Takeshi Obata. Bien que ce dernier soit connu pour avoir travaillé sur Death Note, c’est Hikaru No Go qui lui a offert sa première grande renommée.

Un manga qui débute lorsque le jeune Hikaru Shindo découvre un goban (plateau de jeu de go) dans le grenier de son grand-père. De cet objet, surgit un fantôme qui en profite pour s’introduire dans le corps du garçon. Ce dernier comprend au fil des discussions, que cet esprit est Saï Fujiwara, un ancien joueur et professeur de go, ayant vécu, il y a plus d’un millénaire. Intrigué par ce jeu, Hikaru commence doucement à s’y intéresser. Mais c’est après une partie contre un certain Akira Toya, considéré comme un des meilleurs jeunes du pays, que Hikaru s’enlise presque définitivement dans la fièvre du go.

Malgré son succès sur l’archipel nippon, Hikaru No Go reste le genre de manga où je me demande généralement comment le scénariste a fait pour captiver les lecteurs avec un thème susceptible de ne viser qu’une partie du public, à l’image d’un Yakitate !! Ja-Pan, que j’ai pu lire courant 2017. Pas besoin cependant d’aller très loin pour trouver la réponse, puisqu’il s’agit d’un shōnen de type nekketsu. Autrement dit, une bande dessinée qui emprunte la même formule que certaines des plus grosses licences nippones, les mêmes codes apparaissent ainsi comme pour respecter un cahier des charges. Inutile de vous dire que ça marche encore et toujours.

Le go n’est donc ici qu’un prétexte. Pour être plus précis, on ne voit pas vraiment toutes les parties et elles sont mêmes quelques fois difficiles à cerner. Mais n’allez pas croire que les japonais sont mieux placés que les occidentaux pour comprendre le jeu de go, de nombreuses interventions faites par des personnages secondaires viennent rappeler qu’il s’agit d’un jeu assez compliqué et que seule la pratique permet d’interpréter des parties.

Tout l’intérêt du manga donc se situe dans l’évolution du personnage principal, porté par une volonté d’apprendre, de progresser et surpasser son modèle.

D’ailleurs, avec les compétitions qui font office de moteur pour le manga, les tournois sont l’occasion parfaite d’actualiser le niveau des personnages. Ces mêmes personnages qui -grâce au travail de Yumi Hotta et de son équipe- réussissent à charmer le lectorat et s’imposer comme des valeurs sûres et évitent ainsi de rester dans l’ombre des personnages principaux. Facilement identifiables avec un profil et un caractère propre à chacun, ces joueurs sont en plus brillamment illustrés par Takeshi Obata. Ce dernier nous offre des planches réalistes et soignées, avec un coup de crayon fin permettant de détailler aussi bien les visages, leurs tenues, que les arrières plans. Des dessins -qui combinés au travail de fond- agissent comme une cerise sur le gâteau, donnant un rendu final presque parfait.

En ce qui me concerne, le vrai point négatif du manga se situe dans la tournure des évènements. La disparition d’un des personnages principaux modifie complétement l’ambiance de la série. Je n’en dis pas plus, mais selon moi, Hotta s’est tirée une balle dans le pied avec ce choix scénaristique, bien que je comprenne le fond de son idée. On peut même se demander si la série n’aurait pas dû durer continuer au-delà des vingt-trois tomes, tant la fin de l’histoire laisse présager une suite. Comprenez par là, qu’on reste vraiment sur notre faim.

Conclusion : À découvrir absolument ! Hikaru No Go est le genre de manga qu’il ne faut juger à la simple page de couverture ou à la lecture du synopsis. Ce n’est pas par hasard qu’il fut l’un des plus gros shōnens de ce début de siècle. Ici, le plaisir de découvrir prend le dessus sur la peur de ne rien comprendre. Les auteurs arrivent sans trop de difficultés à créer de l’intérêt, rendre les parties plus intéressantes et nous plonger dans cette course au titre de meilleur joueur de go.

Ma note : 4/5

Points positifs :
+ Le style graphique réaliste du dessinateur
+ Le travail de fond sur les personnages qui sont bien exploités et leur évolution
+ Rendre le manga réaliste, notamment dans la tournure des évènements

Points négatifs :
– La disparition d’un des principaux protagonistes
– La fin qui déçoit

© 1999 by Yumi Hotta/Takeshi Obata/Yukari Umezawa

08 mai 2019

Chobits

 



Lire constamment un même type de manga pendant des années n'est pas quelque chose que je recommande. Et pour cause, on comprend -à force de lecture- facilement les codes littéraires, on devine approximativement le schéma des histoires et une petite mais lente sensation de saturation pointe le bout de son nez, forçant le lecteur à aller voir ailleurs. Je ne vais pas dire que c'est ce qui m'a poussé à lire Chobits, car ce n'est pas totalement vrai, ni totalement faux, mais une chose est sûre, on ne peut prendre conscience des différences qu'il peut exister dans cet univers qu'est la bande dessinée, que si on varie notre lecture.

Personnellement, je connaissais légèrement le collectif CLAMP à qui l'on doit notamment Sakura Card Captor, je savais à peu près sur quoi j'allais tomber en ouvrant le premier tome. On peut plaisanter en disant que c'est un manga ciblant avant tout un lectorat féminin, que ce n'est pas pour les "vrais mecs", mais on peut aussi passer outre ces bêtises, se montrer mature et voir toute la richesse proposée par cette série. Une série qui est davantage un mixte des trois types de manga les plus répandus : le shōnen, le shōjo et le seinen.

Parce que oui, au-delà des apparences, cette œuvre propose bien plus qu'une simple histoire d'amour propre aux mangas "pour filles". À travers les huit volumes qui composent l’œuvre, on ne cesse de se questionner sur l'importance et l'omniprésence des nouvelles technologies dans notre quotidien, tout comme on s'interroge sur la valeur et la pertinence des sentiments humains.

Publié au tout début des années 2000, Chobits nous plonge dans un futur pas si lointain où la norme est de posséder un ordinateur à forme humaine. Leur aisance à satisfaire presque tous les besoins de leur possesseurs, font qu'ils prennent une place bien trop importante dans le quotidien des gens. Certains vont même jusqu'à vivre uniquement pour leur(s) robot(s) en rompant tout contact humain. Vivant seul et n'ayant pas les moyens de s'acheter un ordinateur, Hideki Motosuwa ne peut résister à l'envie de récupérer le modèle qu'il vient de croiser dans les poubelles du quartier. Ne comprenant rien à l'informatique, il va petit à petit se rendre compte que son nouvel outil technologique n'est autre qu'un chobit, un ordinateur humanisé, capable de ressentir des émotions.

À partir de là, le manga a piqué ma curiosité et pouvait avancer tout seul. L'aventure peu commune qui s'offrait aux personnages principaux et les dessins sympathiques des auteurs étaient l'assurance d'avoir une lecture agréable.

Je regrette cependant que l'histoire traine par moments, donnant la sensation de lire des chapitres déjà-vus et d'être en plein dans le quotidien -monotone- des personnages. Dommage également que ceux-ci soient autant stéréotypés, entre le jeune adulte niais qui ne connait rien aux ordinateurs, le "geek" qui sort de l'enfance mais fait office d'encyclopédie de l'informatique ou la belle fille naïve qui ne demande qu'à apprendre la vie. Enfin, il est malheureux que cette touche "shōnen" personnifiée par le duo habillé en noir n'ait pas été davantage importante, tant elle a été annoncé comme une menace pour les personnages principaux. J'espérais personnellement que les deux mystérieux personnages aient un impact sur les dernières pages du récit, mais ce ne fut pas le cas.

Conclusion : Une jolie lecture

Et oui, malgré mon dernier paragraphe, Chobits a été plaisant à lire. C'est une œuvre que je conseille à ceux qui ont envie de découvrir quelque chose de léger. Ce fut comme une petite bouffée d'air frais, l'ensemble est intéressant, charmant, drôle par moments mais triste aussi. Je ne vais pas jusqu'à dire que le manga offre une leçon de vie, il n'a pas été assez développé pour ça, mais il a le mérite d'ouvrir un débat, de nous questionner. Publier cela à une époque où l'omniprésence des nouvelles technologies n'était qu'à ses balbutiement était un pari osé, bravo à CLAMP.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : CLAMP
Éditeur japonais : Kōdansha via Young Magazine (2000-2002)
Éditeur français : Pika Édition (2002-2004)
Nombre de tome : 8

18 avril 2019

X-Men l'intégrale 1968


Plus on avance dans le temps, plus la série X-Men gagne -ne serait-ce qu'un peu- en profondeur. Après une année 1967 marquant notamment les débuts du Hurleur et l'apparition des nouvelles tuniques, les mutants du Professeur Xavier poursuivent leurs aventures à travers cette intégrale.

Au programme du volume : les retours de Magneto et du Fléau, la mort du Professeur Xavier, les débuts de Polaris et Mesmero, sans oublier quelques chapitres bonus centrés sur le Fauve et Angel (écrit par le grand Jerry Siegel).

Vu ainsi, ça a l'air très alléchant, mais j'avoue avoir été quelques peu déçu.

L'année 1968 démarre avec le monstre de Frankenstein et l'arrivée d'un "sub-terrien" appelé Grotesk, des personnages oubliables et c'est pourtant le dernier cité qui va conduire le Professeur X à la mort. Et n'allez pas penser que cela a été orchestré après un terrible et long combat. Tout a semblé expédié et c'est d'autant plus mauvais quand on sait que cela a été provoqué par un personnage mineur. Par ailleurs, quand on sait que la série s'est arrêtée en 1970, on se rend compte que la mort du mentor des X-Men semblait être davantage un moyen de faire du bruit et d'attirer les lecteurs, qu'une réelle idée scénaristique profonde.

Heureusement, la suite ne peut être pire. L'histoire avance et Cyclops prend ses responsabilités en tant que nouveau leader du groupe, le retour de Magneto ajoute du piment aux aventures et découvrir qu'une certaine Lorna Dane est en réalité sa fille, apporte un peu de profondeur au personnage, sans parler de Mesmero qui a brillamment remplacé l'ennemi intime des X-Men. D'ailleurs, voir ces derniers être séparés par les directives de l'agent Duncan du FBI renforce cette idée que les mutants sont dorénavant entrés dans un nouveau chapitre de leur vie et que nous ne sommes plus en 1963.


L'année 1968 a vu un grand nombre d'artistes travailler sur la série. Que ce soit au niveau des couvertures, du scénario ou même des dessins. Du coup, il n'est pas rare de sentir une grande différence sur la forme, comme sur le fond.

J'ai trouvé que les chapitres écrits par Roy Thomas étaient moins captivants que ceux de Gary Friedrich et même si tout est une question de goût, je trouve difficile d'imaginer que le titre allait s'arrêter, tant j'ai senti qu'il y avait du mieux. Je tiens aussi à mentionner Arnold Drake, qui y est allé de sa contribution avec du bon (X-Men #50-51) comme du moins bon (X-Men #47-48). Par contre, avoir autant de scénaristes avec des visions plus ou moins différentes, rend presque difficile le développement des personnages. Je pense notamment à Magneto qui apparait plusieurs fois dans cette intégrale et qui revient même à un moment, alors qu'il était supposément gravement blessé (presque mort ?), quelques pages plus tôt.

Concernant les dessins, ceux de Werner Roth vieillissent mal, c'est légèrement mieux sous George Tuska, mais personnellement, je n'ai pas senti une vraie différence. C'est principalement sur la fin du volume qu'on ressent une nette amélioration graphique. À noter aussi les belles couvertures de Jim Steranko, John Buscema et John Romita Sr.

Conclusion : Année importante, mais...

Cette intégrale 1968 est plutôt historique de part son contenu, mais un peu frustrante et ennuyeuse. Il y a cette impression qu'on va dans tous les sens et qu'on ne sait pas où donner de la tête. À l'image de Spider-Man, les X-Men subissent de plein fouet la vision de plusieurs scénaristes. Cependant on voit que le titre évolue, que ce soit dans le logo utilisé par la série où l'importance du narrateur dans les deux derniers chapitres. Les mutants sont en pleine évolution, les premières années remontent à loin désormais, à voir si le prochain volume confirmera cette impression.

★★★☆☆

Contenu :

X-Men (1968) #40-51
Avengers (1968) #53


Mickael Karakac
©Panini Comics 2010 / Roy Thomas, Don Heck & Gary Friedrich

01 avril 2019

Silver Surfer l'intégrale 1966-1969


Alors que beaucoup de comics sont publiés au rythme des films et séries du moment, une nouvelle intégrale Panini est sortie de nulle part pour agrandir la gamme Marvel Classic. Centrée sur le Surfeur d'Argent, le volume propose de découvrir l'origine d'un des personnages les plus mystérieux de l'éditeur, mais aussi l'un des plus puissants.

Apparu en 1966 dans le 48e numéro des Quatre Fantastiques (1961), le personnage a rapidement conquis le cœur de Stan Lee, qui a carrément décidé d'offrir une série au super-héros en 1968. Une époque que Panini Comics propose de découvrir à travers cette première intégrale.

L'histoire du Surfeur d'Argent est liée à celle de Galactus. Ce dernier a beau être l'un des plus puissants personnages de l'univers Marvel, il ne peut vivre sans se nourrir. Le seul problème est qu'il s'alimente de planètes vivantes. Alors que la planète Zenn-La s'apprête à vivre ses derniers instants, un certain Norrin Radd propose un marché au puissant Galactus : épargner Zenn-La et lui servir de héraut pour trouver d'autres planètes en échange. En acceptant, Norrin Radd obtient par la même occasion des pouvoirs cosmiques et une planche de surf lui permettant de voyager rapidement à travers les galaxies pour assouvir la soif de son -désormais- maitre.

La Terre n'échappe malheureusement pas au Silver Surfer. Mais alors qu'il s'apprête à finaliser son travail, sa conscience l'assure de sauver les vies humaines et se retourne ainsi contre son maitre. Pour le sanctionner, Galactus crée un champ empêchant le voyageur cosmique de quitter la planète bleue, démarrant le début d'une longue et douloureuse punition.


Démarrer cette intégrale m'a donné l'opportunité de découvrir un personnage que je ne connaissais que très peu. Pour tout vous dire, avant la lecture du bouquin, mon seul souvenir du Silver Surfer provenait du film sorti en 2007 sur les Quatre Fantastiques. Et je dois dire que j'ai vachement aimé. J'ai trouvé le début assez poussif, mais quand je suis arrivé aux numéros correspondant à la série propre au Surfeur d'Argent, j'ai enchaîné les numéros, les uns après les autres, quand bien même certains duraient près de 40 pages.

Globalement, la lecture était agréable, que ce soit par les dessins de John Buscema, ou le dynamisme général de l'histoire. J'ai souvent eu cette sensation dans les intégrales X-Men ou Spider-Man que certains personnages parlaient pour rien, juste pour remplir des cases, je pense notamment à Hank McCoy et ses répliques qui ne servent pas à grand chose, Bobby Drake et Peter Parker qui narguent souvent leurs adversaires. Dans celle-ci, les dialoguent sont plus légitimes, ce qui se dit est intéressant ou fait avancer les choses. C'est quelque chose que j'ai vraiment aimé. J'évoque John Buscema, mais il faut créditer Jack Kirby qui est encore à l'origine d'un super-héros légendaire de Marvel et Joe Sinnott à qui l'on doit la merveilleuse couverture de l'intégrale.

Une chose que j'ai également aimé, c'est avoir un tel personnage puissant, qui se retrouve au final, enfermé comme un oiseau dans une cage aussi grande que la Terre. Il s'agit d'une punition et cela se ressent tellement vu qu'il craque à plusieurs reprises. Sa bonté et son sens de la justice l'amène toujours à protéger les humains, mais malgré cela, il est sans cesse rejeté et détesté. C'est un personnage qui fait pitié, car il ne comprend pas la réaction hostile des gens. On se rend compte d'ailleurs, que l'auteur dénonce clairement cette mentalité de rejeter tout ce qui est différent, étranger. Pour couronner le tout, il est forcé de vivre à des années lumières de sa bien-aimée.

Le seul point négatif que je relève, c'est que les ennemis sont un peu oubliables. À la limite, Méphisto remonte légèrement le niveau, mais difficile d'apprécier l'Étranger, les aliens de Badoon et Rakkhal. Heureusement, Loki et Thor apparaissent, mais dans l'ensemble, on est loin d'avoir eu des gros noms si on excepte les Quatre Fantastiques en début de volume qui apparaissent dans leur propre série.

Conclusion : À lire

Malgré un début assez lent, les aventures du Silver Surfer se montrent finalement passionnantes. Paradoxalement, il n'y a que peu d'ennemis charismatiques dans cette intégrale, mais le super-héros compense par le mystère et la classe qui l'entoure. Il y a aussi cette sensation que ce premier tome fait son boulot, c'est-à-dire présenter le contexte, le personnage et poser les bases de la série de 1968. C'est pour l'instant très bon, mais j'attendrai logiquement encore mieux pour la prochaine intégrale, car y a de la marge pour offrir un contenu meilleur.

★★★★★

Contenu :

Fantastic Four (1966) #48-50
Fantastic Four Annual (1967) #5
Silver Surfer (1968-1969) #1-6


Mickael Karakac
©Panini Comics 2018 / Stan Lee, John Buscema & Jack Kirby

24 mars 2019

Judge


L'année dernière, j'ai eu l'occasion de lire Doubt de Yoshiki Tonogai. Une manga dont je n'attendais pas grand chose et qui m'a pourtant littéralement scotché à mon lit. Dès lors, il ne s'agissait que d'une question de temps avant que je mette la main sur Judge, autre thriller psychologique offert par ce même Tonogai.

Un thriller qui nous invite à suivre la mésaventure d'Hiroyuki, un jeune adolescent qui se retrouve séquestré dans un tribunal visiblement à l'abandon, avec huit autres personnes. Ils apprennent que tous incarnent l'un des sept péchés capitaux. Tous les 12 heures, ils devront se juger et voter pour une personne. Celle qui a le plus de voix à chacun des procès, n'aura autre choix que de mourir. Au final, seulement quatre d'entre eux pourront ressortir des lieux et retrouver la liberté.

Personnellement, je trouve pas que le synopsis soit bien original, y a pas mal de ressemblances avec Doubt, rien que sur le déroulement de l'histoire, l'utilisation des masques, le caractère de certains personnages, mais je trouve que la formule est toujours aussi efficace.

J'ai ainsi été intrigué dès le premier volume sur ce qui allait se passer, je voulais savoir qui était à l'origine de cette séquestration, j'ai eu également cette curiosité morbide de voir le sort qu'allait être réservé aux jugés. Honnêtement, c'est un manga qui marche tout seul, le concept est bon, les dessins sont super, le découpage des cases et les plans définis font penser aux films hollywoodiens. Difficile de ne pas être séduit.


Le système des procès apporte énormément à la série. Voir le temps qui défile, les condamnés arriver au tribunal, sentir le stress qui entoure les personnages, la tension qui y règne, bref on a tout une atmosphère malsaine, tellement bien pensée et amenée.

Alors bien entendu, y a quelques petits trucs qui ne vont pas. Je pense notamment à l'absence de logique chez un des personnages qui se fait plusieurs fois avoir mais semble toujours aussi têtu alors que sa vie ne tient à presque rien, n'importe qui aurait agi différemment. De plus, j'ai beaucoup de mal à accepter la fin du manga, lorsque l'on découvre qui est à l'origine de cette séquestration, car le personnage a agi constamment en attirant l'attention sur lui et pouvait ainsi mourir sans réaliser son objectif. De plus, je trouve que l'auteur abuse un peu trop des retournements de situation.

Enfin, si de base, les personnages sont jugés en rapport aux péchés qu'ils ont commis, ceci sera progressivement mis aux oubliettes ou peu exploité dans le manga. Seules les premières pages de couverture agiront comme une sorte de rappel avec ces fameux masques qui représentent les sept pêchés capitaux.

Conclusion : Une bonne lecture

Ki-oon est sans conteste l'un des plus gros éditeurs de manga en France et personnellement l'un de mes préférés, me permettant de découvrir des titres un peu "underground", souvent solides et intéressants. Judge rentre dans cette catégorie. Malgré la fin assez pénible, j'ai pas eu la sensation d'avoir perdu mon temps. C'est un bon manga, qui se lit assez vite et surprendra très probablement ceux qui ne sont pas habitué aux thrillers psychologiques.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Yoshiki Tonogai
Éditeur japonais : Square Enix via Monthly Shônen Gangan (2010-2012)
Éditeur français : Ki-oon (2011-2013)
Nombre de tome : 6

Mickael Karakac
© Yoshiki Tonogai / SQUARE ENIX CO., LTD.

15 mars 2019

Les Royaumes Carnivores


À moins de parler japonais et de pouvoir surfer sur les sites nippons, vous ne trouverez pas beaucoup d'informations concernant Yui Hata sur le web français. Et pour cause, cette femme n'est encore qu'une débutante dans son domaine. Le manga que je vais évoquer dans quelques instants est d'ailleurs, son tout premier projet. N'allez pas croire que c'est une œuvre légère et oubliable, les éditions Akata ont commercialisé une belle série, certes courte, qui souffre de quelques défauts, mais qui sait se montrer intéressante du début à la fin.

Je n'aurais probablement jamais eu l'idée de lire "Les Royaumes Carnivores", mais un de mes lecteurs m'a proposé l'idée et je dois dire que je ne regrette pas et je vais vous expliquer pourquoi.

Tout d'abord, sachez que le manga ne met en scène que des animaux. Ils parlent, agissent et se comportent comme les hommes, au point où certains se déplacent sur deux pattes. L'histoire se déroule dans une savane et plus précisément, dans un royaume, dirigé par la tribu royale des Lions. Une espèce carnivore qui s'est placée comme la force dominante de la région et oblige les autres à respecter leur autorité. Pire encore, les herbivores qui servent habituellement de nourriture sont utilisés comme esclaves, si elles ont mauvais goût. C'est le cas des gazelles de Thomson. Et parmi elles, une certaine Buena décide qu'il est grand temps de stopper cette tyrannie. Pour cela, elle n'a d'autres choix que de faire appel notamment à la "Démone Blanche", la dernière guépard blanche, seule espèce capable de mettre à mal les lions.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce manga n'est pas une simple ode à la rébellion, il est plus profond que ça. Yui Hata réussi le tour de force de dénoncer -en seulement trois tomes- certains travers de notre société, comme la surconsommation, l'abus de pouvoir, la haine de l'autre, la luxure et le péché d'orgueil. Se faisant, on se rend compte qu'on a là un manga pensé, qui nous amène à réfléchir sur notre mode de vie.


Autre grande force du titre : les dessins. Difficile de les ignorer tant ils sont un régal pour les yeux. Yui Hata charme par ses environnements détaillés, ses personnages pleins de vie et ses scènes de combat à couper le souffle. Un bon point aussi pour être allé au bout des idées et ne pas avoir fait dans la censure, illustrant des planches difficile à regarder, tant certains moments sont cruel et dégueulasse à voir.

Une sorte de rappel à la réalité, la nature est belle mais peut sembler parfois injuste. Dans cette même idée de réalisme, on peut évoquer ces lions. S'ils semblent foncièrement mauvais dans "Les Royaumes Carnivores", le but n'est pas de dire qu'être végétarien est mieux ou moins bon, mais se rappeler que ces derniers se situent au sommet de la chaîne alimentaire et un animal agissant par instinct ne fera pas de cadeau à ses proies.

Là où j'ai plutôt été déçu, c'est sur la fin. Quand on sait que la série n’excède pas les trois tome, voir le combat contre Marsias durer sur plus de cent pages, amène un peu de frustration. Plus on approche de la fin, plus on se rend compte qu'il s'agit finalement du dernier combat que nous -lecteurs- seront amenés à voir. Buena a toujours pour objectif de renverser cet état totalitaire, mais ce sera visiblement sans nous et c'est fort dommage sachant que l'auteur n'hésite pas à teaser un ennemi bien plus important que Marsias et Moussa.

Conclusion : Âmes sensibles s'abstenir

Je ne regrette absolument pas d'avoir lu "Les Royaume Carnivores", ça reste un manga plaisant et intéressant dans le fond. Le dernier tome est frustrant, tant on a pas ce mot de la fin, mais il n’éclipse en rien le merveilleux travail offert précédemment. Yui Hata se fera probablement une belle réputation dans les années à venir, je saurais personnellement à quoi m'attendre en voyant son nom sur une première page de couverture.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Yui Hata
Éditeur original : Shūeisha via Miracle Jump (2014-2016)
Éditeur français : Akata (2017)
Nombre de tome : 3

Mickael Karakac
JASMIN © 2014 by Yui Hata / SHUEISHA Inc.

10 mars 2019

Avengers


Dans l'optique de trouver de nouveaux lecteurs, Carrefour s'est associé à Panini Comics pour proposer une collection exclusive de huit volumes, présentant les plus grands personnages/groupes de l'univers Marvel à prix réduit. Si le premier tome est centré sur Spider-Man, le deuxième nous invite à découvrir les Avengers, l'équipe phare du moment au cinéma, en atteste les deux milliards de dollars au box office récemment engrangé par Marvel Studio.

Personnellement, si je connaissais légèrement Peter Parker pour avoir lu ses premières aventures, je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire du Avengers et ce bouquin s'est donc présenté comme une belle opportunité de découvrir la formation du groupe et me transporter dans certains des meilleurs numéros de la série.

Les Vengeurs -pour reprendre leur nom en français- sont des super-héros qui ont préféré s'unir pour repousser les grandes menaces, plutôt que de combattre séparément. Loki fut d'ailleurs, le premier ennemi du groupe et celui ayant provoqué -malgré lui- cette alliance. On découvre cela à travers le premier numéro des Avengers, datant de 1963 et qui lance cette mini-anthologie. Un premier chapitre offert par Stan Lee et Jack Kirby, qui est plutôt plaisant et surtout bien légitime puisqu'il nous invite à comprendre la création du groupe et de faire connaissance avec les premiers membres de l'équipe qu'étaient Hulk, Thor, Ant-Man, la Guêpe et Iron Man.

Le bouquin nous propose par la suite, une trilogie sur les jumeaux Maximoff qui avaient déjà rejoint l'équipe des Avengers, quelques années auparavant. Publiés en 1979 avec David Michelinie, Steven Grant et Mark Gruenwald au scénario, ainsi que John Byrne aux dessins, ces trois chapitres permettent d'explorer brièvement une partie du passé de Wanda et Pietro Maximoff. Kurt Busiek & George Pérez prennent le relai pour quatre épisodes centré sur Ultron, un robot construit par Hank Pym, qui est vite devenu un problème pour son créateur, du fait de son intelligence artificielle très développée. Enfin, c'est le final de la série New Avengers de Brian Michael Bendis qui complète ce livre. Ici, les évènements que se déroulent quelques temps après Civil War et les vengeurs apprennent l'heureuse nouvelle qui les informe qu'ils sont désormais libre de ne plus se cacher, grâce aux conditions imposées par Steve Rogers au gouvernement américain, après le siège d'Asgard.

Wanda & Pietro Maximoff, par John Byrne (1979).

Il y a beaucoup de choses à dire, sur ce livre. Tout d'abord, comme dit plus haut, le premier numéro sur l'origine du groupe est légitime et plutôt sympathique, mais ce qui suit avec les Maximoff reste assez inintéressant. Je ne vous cache pas que j'ai été déçu dans le sens où ce n'est pas forcément les premiers membres du groupe que j'ai envie de découvrir quand j'ouvre un livre qui se veut rétrospectif. Vient ensuite le dernier numéro, celui sur les New Avengers qui est disons-le difficile à comprendre. C'est là qu'on se rend compte qu'il manque un travail rédactionnel présentant le contexte de chaque numéro avant chaque récit. D'autant plus que ce livre vise avant tout, le grand public et non les fins connaisseurs, d'où l'intérêt de textes introductifs avant chaque chapitre.

Enfin, quel dommage de constater l'absence des couvertures originales qui étaient pourtant bien présentes dans le précédent volume dédié à Spider-Man. Je viens de me rendre compte que ces mini-anthologies ne dépassent pas les 240 pages, ce qui est assez frustrant car c'est tout simplement une contrainte éditoriale superficielle, probablement défini par l'éditeur et le distributeur. De mon point de vue et de celui des autres lecteurs, on peut se demander pourquoi la limite n'a pas été fixée à 250 pages.

Conclusion : Un deuxième volume frustrant

Une moitié intéressante et une dont on aurait pu s'en passer, c'est comme cela qu'on pourrait résumer ce comic book. Y a cette impression que l'éditeur a voulu conserver quelques numéros bien meilleurs pour d'autres collections. On peut également regretter l'absence de Thanos, vu sa popularité actuelle et son lien avec les Avengers. Les couvertures originales qui manquent à l'appel n'aident pas à relever le niveau. En clair, difficile d'apprécier pleinement le bouquin.

★★★☆☆

Points positifs :
+ Lire les origines du groupe
+ L'arc centré sur Ultron
+ Possibilité d'admirer les dessins de John Byrne, George Pérez et Bryan Hitch

Points négatifs :
- Des numéros douteux
- L'absence de textes introductifs avant chaque chapitre
- Pas de couvertures originales

AVENGERS

Scénaristes : Stan Lee (Avengers Vol.1 #1), David Michelinie (Avengers Vol.1 #185), Steven Grant (Avengers Vol.1 #186), Mark Gruenwald (Avengers Vol.1 #187), Kurt Busiek (Avengers Vol.3 #19 à 22) & Brian Michael Bendis (New Avengers Finale #1)

Illustrateurs : Jack Kirby (Avengers Vol.1 #1), John Byrne (Avengers Vol.1 #185 à 187), George Pérez (Avengers Vol.3 #19 à 22) & Bryan Hitch (New Avengers Finale #1)

© 2018 MARVEL