Pages

03 décembre 2019

BLAME !

Il existe des auteurs qui nous marquent positivement et d’autres qui ne laissent pas un souvenir impérissable. Pourtant, j’ai inconsciemment mis un mangaka sur ma liste noire, afin de ne plus jamais lire une de ses œuvres. Ce mangaka en question n’est autre que Tsutomu Nihei. Pour me comprendre, il faut remonter à 2017, cette année-là, j’ai démarré la lecture d’Abara, une série en deux tomes, vous pouvez d’ailleurs (re)lire ma critique en cliquant ici. Je pense encore aujourd’hui, qu’il s’agit tout simplement de ma pire lecture, depuis l’ouverture de ce blog.

Mais j’ai conscience que Tsutomu Nihei ne s’est pas forgé une réputation par hasard, si ses mangas ont autant de succès, c’est qu’il y a une raison quelque part et j’ai donc commencé à me poser des questions et celle qui revenait le plus était la suivante : Faut-il lire « BLAME ! » pour se rendre compte du potentiel de l’auteur ?

Après tout, Abara ne s’étalait que sur deux tomes, il ne s'agissait pas un manga très développé et BLAME est considérée comme la série phare de l’auteur. Changer mon opinion vis-à-vis de l'auteur, telle était donc la mission de BLAME.

Le manga nous transporte dans un monde post-apocalyptique où l’on suit Killy, une sorte de cyborg ayant pour but de trouver un terminal génétique, à la demande du Bureau Gouvernemental. Pour cela, il doit gravir les étages d’une structure gigantesque, longue de plusieurs milliers d’étages, tout en faisant face aux différentes créatures qui se dressent sur son chemin.

Ce scénario peut paraître simpliste, mais il faut pouvoir l’identifier et le comprendre, chose qui est plus facile à dire qu’à faire. En effet, lorsque l’on démarre la lecture, on se rend rapidement compte qu’il n’y a que très peu de dialogue. Le manque d’interaction entre les personnages, fait qu’on a du mal à cerner les personnages, on ne sait pas qui ils sont, ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Il faut avancer à l’aveugle pour réunir petit à petit, les pièces du puzzle et comprendre l’enjeu du manga.

Personnellement, j’ai pas du tout aimé. Je ne suis pas contre ce format, mais j’exige une direction. Suivre Killy, c’était comme aller dans l’inconnu, c’était ennuyeux.

Inévitablement, on se tourne vers les dessins, le seul point positif, selon moi. Et pourtant, Tsutomu Nihei alterne entre le bon et le moins bon. Les décors et les arrière-plans, essentiellement constitués de structures/bâtiments, sont très bien dessinés et détaillés. Ils sont aussi bien pensés, de part leur immensité qui se marie bien avec l’idée que l’on se fait d’un monde cyberpunk. De plus, ces dessins accentuent cette anxiété, ce stresse que peut générer une guerre technologique entre deux camps rivaux.

Mais tout n’est pas parfait. Tsutomu Nihei a un gros problème dans sa manière d’illustrer les scènes d’action. On ne comprend rien du tout, c’est frustrant et au bout de dix tomes, vous êtes davantage tenté de tourner les pages par réflexe, plutôt que d’essayer de les analyser. Par ailleurs, les multiples coups de crayon transforment souvent les planches en pages de brouillon, autant dire que c’est désagréable pour les yeux.

Bien qu’il s’agisse d’un soucis mineur, je trouve que les premières pages de couvertures ne mettent pas trop la série en valeur et n’inspirent pas à l’achat. Les deux premières éditions font tâche à ce niveau-là en comparaison à la version Deluxe, sortie en 2018.

Conclusion : Je n’y arrive pas du tout... Tsutomu Nihei a son propre style, certains y adhèrent, d’autres non. BLAME n’est pas très différent d’Abara, on est presque dans la même ambiance, mais on comprend facilement pourquoi ce manga est devenu l’œuvre phare de l’auteur. La série est mieux développée, le personnage de Killy est plus charismatique et les illustrations pouvant flatter la rétine ne sont pas rares. Me concernant, j’ai enfin eu la réponse aux questions que je me posais, c’est définitivement pas pour moi.

Ma note : 1/5

Points positifs :
+ Des dessins beau et détaillés qui collent à l’ambiance du manga

Points négatifs :
– Il faut s’accrocher pour comprendre
– Certaines illustrations d’actions sont incompréhensibles
– Le choix douteux des pages de couvertures

© 1998 by Tsutomu Nihei

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire