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16 juin 2018

Doubt

Introduction :

Je viens de finir Doubt et comme toujours, voici mon avis sur ce manga en quatre tomes des éditions Ki-oon.

Après la dernière longue série, je voulais lire quelque chose d'assez court, surtout en période de coupe du monde de football, afin de suivre plus facilement la compétition, sans forcément donner la sensation d'accumuler du retard, comme ce fut le cas avec Shaman King.

Doubt s'avançait donc comme une belle option à saisir et honnêtement, je ne regrette pas mon choix. Ce manga est très bon et je vais essayer de vous le démontrer du mieux possible. Mais avant ça, voyons de quoi ça parle.

Tout part d'un jeu :

Au Japon, "Rabbit Doubt" est un jeu qui gagne en popularité auprès des jeunes. Dans ce jeu, les joueurs sont des lapins et au milieu d'eux, l'un est en réalité un loup, qui fait une victime à chaque tour. Le but est simple, il faut survivre et pour cela, démasquer le loup avant que ce dernier n'élimine tous les participants.

Cinq joueurs décident de se donnent rendez-vous afin de faire connaissance. Si Yū, Eiji, Haruka et Rei sont bien là, Hajime a une urgence à sa fac et manque ainsi le rendez-vous. Pas prévue pour l'occasion, Mitsuki, une ami de Yū accepte de se joindre à la sortie, bien qu'elle ne joue jamais à "Rabbit Doubt".

Quelques heures plus tard, les jeunes adolescents perdent connaissance et quand ils se réveillent, se retrouvent dans un bâtiment désaffecté où il est impossible d'en sortir. Ils retrouvent d'ailleurs Hajime à cette occasion. Après un réveil confus, les adolescents vont comprendre qu'ils sont en réalité dans une version grandeur nature du jeu "Rabbit Doubt" et qu'ils devront démasquer le loup rapidement s'ils veulent éviter un destin tragique à l'image de celui de Rei, déjà tuée.

La forme :

Je ne vais pas en dire plus sur le synopsis, je vais par contre évoquer l'un des points fort du manga, les dessins. C'est très agréable à lire, on déguste les dessins qui se situent entre du Jackals et du Death Note, histoire de citer des séries que j'ai déjà eu l'occasion de critiquer sur ce blog. De plus, les plans sont très bien présentés à l'image d'un film d'horreur.

L'auteur joue :

L'aspect psychologique des personnages est assez bien travaillé aussi. On peut presque déterminer qui est faible mentalement parlant et qui pourrait donc ne pas être le loup. Mais au fur et à mesure que l'histoire avance, on change d'avis sur certains des protagonistes, on en soupçonne d'autres. C'est le fruit du travail de Yoshiki Tonogai, qui réussi bien à jouer avec le lecture et l'induire en erreur. J'étais personnellement pris dans le jeu et tentait de démasquer le loup, mais difficile de réellement trouver le coupable, tant Tonogai laisse peu d'indice. Il faut vraiment tout lire pour avoir la réponse finale et très franchement, elle est surprenante. Là encore, je vous laisse découvrir par vous même ce qu'il en est.

Y a-t-il un défaut ?

Pour ceux qui me suivent depuis mes premières critiques, j'essaye toujours de rester neutre pour juger une œuvre. J'aurais très bien pu donner la note maximale à Shaman King ou Yū Yū Hakusho, mais trop de points négatifs m'empêchaient de récompenser deux de mes mangas favoris.

Chez Doubt, j'ai beau chercher, je ne trouve rien de vraiment mauvais. Bon, pour vous dire la vérité, j'ai pas trop aimé que certains personnages soient amenés à penser à haute voix, je trouve cela pas naturel, mais ce serait chercher la petite bête, car en aucun cas ce petit détail ne vient fausser notre plaisir. Il y a peut-être une scène de bagarre dans le quatrième tome où on ne comprend pas trop ce qui s'est passé entre deux personnages, mais là encore, difficile de pénaliser l’œuvre pour pas grand chose.

La fin du dernier tome peut choquer quelques lecteurs parce qu'elle contraste avec tout ce qu'on a vécu depuis le premier volume, mais je trouve honnêtement que ça reste dans la lignée de ce que l'auteur propose et signifie tout simplement que le cauchemar n'a pas de fin.

Conclusion : Positivement surpris

Au final, Doubt attire l'attention avec ses couvertures douteuses, séduit par ses dessins somptueux et offre une lecture différente des autres séries que j'ai pu lire jusqu'ici mais qui n'en reste pas moins agréable. Cette série vaut le coup d'oeil et je ne peux que vous conseiller. Quand à moi, je serais moins hésitant à démarrer des séries du genre.

★★★★★

Informations :

Scénario et dessins : Yoshiki Tonogai
Éditeur japonais : Square Enix via Monthly Shônen Gangan (2007-2009)
Éditeur français : Ki-oon (2009-2010)
Nombre de tome : 4

07 juin 2018

X-Men l'intégrale 1966

Introduction :

Après le one-shot sur les Quatre Fantastiques, je suis resté sur du Marvel, malgré mes nombreux désirs de démarrer du DC. C'est ainsi que je suis retourné vers les intégrales de Panini Comics et repris les aventures des X-Men, là où je m'étais stoppé. Je suis donc arrivé à l'année 1966, année importante car il s'agit de la première où les mutants sont publiés de manière mensuel. On se retrouve ainsi avec une intégrale assez épaisse qui regroupe 12 numéros.

Bien que supervisés par Stan Lee, qui occupe à ce moment-là un rôle plus important, c'est l'année où Roy Thomas et Werner Roth prennent les commandes de la série.

Le meilleur volume ?

C'est la question que je me suis posé après avoir dégusté cette intégrale. Il faut dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à la lire. Malgré la largeur du livre, j'ai enchaîné le tout assez rapidement sans voir le temps passer et c'est -je pense- grâce au nouveau duo Thomas/Roth. J'ai pu relever beaucoup de points positifs dans ce tome, notamment l'avancée de certaines situations et l'évolution d'un personnage en particulier.

En effet, c'est dans ce volume que le triangle amoureux entre Cyclops, Angel et Jean Grey va prendre une tournure intéressante, lorsque cette dernière sera amenée à quitter le groupe des mutants. On sent que le moment fatidique où l'une des trois personnes avouera ses sentiments approche. Quelques lignes plus haut, j'ai évoqué l'évolution d'un personnage. Durant les numéros parus en 1966, on voit Iceberg devenir un brin plus mature et s'exprimer davantage comme le Fauve. C'est personnellement quelque chose que j'apprécie car je le trouvais assez énervant lors des premières intégrales.

J'ajoute que globalement, les chapitres sont tous intéressants à lire, je me suis pas ennuyé. J'ai bien aimé les petits clin d'oeil aux Avengers, aux Quatre Fantastiques et à Spider-Man qui apparait et semble toujours occupé à travailler pour J. Jonah Jameson.

Un vent nouveau :


Bien qu'apparu dans les premières aventures des Avengers, le gang de la Maggia qui est composé de l’Anguille, l’Épouvantail, l’Homme-plante, la Licorne et le Porc-épic et dirigé par le Comte Néfaria débarque dans la série et s'oppose aux X-Men. Le personnage de Mimic fait aussi son apparition et s'avère être très redoutable.

Roy Thomas et Werner Roth font aussi parler leur imagination en créant les personnages de la Locuste et El Tigre. Ce dernier devient rapidement l'un des vilains les plus puissants de la série après sa transformation en Kukulcan.

Traitement des personnages :

Une chose qui m'a plu dans la première intégrale et qu'on retrouve ici aussi, c'est la découverte et les surprises. Si j'étais étonné de découvrir la première équipe des X-Men, qui est bien différente de celles que l'on voit dans les films ou dessins animés, j'ai cette fois été surpris de voir à quel point le personnage de Bolivar Trask n'est pas aussi cruel qu'il en a l'air. Dans un des premiers numéros du volume, il fait quelque chose que je n'aurais pas imaginé, tant il a été dépeint -dans les films- comme un personnage haineux envers les mutants. Autre chose intéressante, voir le Professeur X marcher. Bien qu'utilisant un appareil, c'est inhabituel de le voir debout et contraste avec l'idée qu'on se fait du personnage, à savoir un homme très limité et qui fait presque de la peine.

Les points négatifs :

Première chose que je note, c'est l'absence de bonus à la fin du tome. Moi qui pensais bénéficier de chapitre spéciaux racontant le passé de certains personnages, à l'image de ce proposais la dernière intégrale, j'ai été bien déçu. Mais vu comme le livre est déjà épais, j'ai du mal à m'en plaindre. J'ai pu repérer quelques fautes d'orthographe et des lettres qui manquent, qui ont peut-être été mal imprimées. De mémoire, il doit en avoir moins de trois, donc rien de bien méchant là aussi.

Par contre, il y a un point qui m'a un peu énervé. On y voit des références faites à certaines intégrales déjà publiées mais qui chronologiquement, n'ont pas lieu d'être. Dans ma première critique, j'ai pointé du doigt l'ordre de publication de Panini Comics qui avait commercialisé les premières aventures après celles des années 70. Du coup, on se trouve avec des références faites à des intégrales de ces années-là, alors que le numéro que je lis date de 1966 et que donc les numéros des volumes des années 70-80 n'ont pas lieu d'exister.

C'est un peu bizarre, mais c'est je pense une erreur et qu'on ne se fait pas "spoiler". Parce que, malgré la référence hasardeuse, l'évènement qui est indiqué s'est tenu dans les intégrales que j'ai précédemment lues. Donc là aussi, le défaut n'est pas majeur, juste un peu stressant.

Conclusion : Un régal

Pour finir, je dirais donc qu'il s'agit bien de la meilleure intégrale que j'ai pu lire concernant les X-Men. Je considère celle de l'année 1963-1964 plus symbolique, mais celle-ci jouit d'une belle qualité et je ne peux qu'être impatient de lire les prochains numéros et admirer à nouveau le talent de Roy Thomas et Werner Roth.

★★★★★

Informations :

Scénario et dessins : Stan Lee, Roy Thomas et Werner Roth
Éditeur américain : Marvel Comics (1966)
Éditeur français : Panini Comics (2008)
Contenu : Uncanny X-Men (Vol.1) #16-27

24 mai 2018

Fantastic Four : 1234

Introduction :

Pour son 20e anniversaire en 2017, Panini Comics a commercialisé quelques uns des meilleurs récits Marvel. Au milieu des Daredevil, Hulk ou les X-Men, un récit des Quatre Fantastiques regroupant les quatre numéros qui sont parus entre 2001 et 2002, écrits par Grant Morrison et dessinés par Jae Lee. Malgré mon saut dans le grand bain des comics en 2015, c'est la première fois que je me suis attaqué à une œuvre "moderne" qui ne soit pas une archive des années 60, comme les différentes intégrales que j'ai pu lire jusqu'ici.

Il est donc difficile pour moi de bien jauger ce livre, c'est comme prendre un nouveau départ, même si je n'ai pas les mêmes attentes ou exigences qu'à mes débuts dans le monde des comic-books. Ainsi, je vais donner un avis simple, pas très approfondi, mais qui aura le mérite d'être le plus sincère possible. Mais avant cela, laissez-moi vous raconter brièvement l'intrigue.

Synopsis :

Les Quatre Fantastiques sont au plus mal. Reed Richards s'est enfermé dans son laboratoire et ne communique plus avec les autres, Susan Storm se sent seule et se tourne -amoureusement parlant- vers Namor. Johnny Storm est sur les nerfs, tandis que Ben Grimm se sent inutile. Tous ces problèmes apparaissent presque en même temps, ce qui fragilise considérablement le groupe de super-héros. On apprend au fil des pages, que le Docteur Fatalis est derrière tout ça. Plus que jamais, il est proche de son but, vaincre les Quatre Fantastiques.

Un seul défaut :

Comme vous pouvez le lire, je ne m'éternise pas trop sur le synopsis. Il n'y a que quatre numéros et en dire plus, viendrait à révéler une partie de l'intrigue. Le défaut et c'est d'ailleurs, le seul que j'ai trouvé à cet ouvrage est qu'il est trop court. Il est très rapide à lire et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, je partage une critique, quelques heures seulement après celles que j'ai publié sur Shaman King.

Il y a donc ce petit goût amer que l'on a à la fin du livre, car on se dit que cette petite descente aux enfers des personnages aurait pu être développée davantage.

Ça reste très bon :

Malgré cela, je ne peux nier que j'ai pris un grand plaisir à lire ce comic-book. C'est un titre intéressant, car on nous montre que les super-héros sont aussi des humains ayant des problèmes et des faiblesses. On peut donc s'identifier plus facilement à eux, on les comprend et on adhère mieux à leurs problèmes. C'est une œuvre sombre qui contraste avec tout ce que j'ai pu lire jusqu'à maintenant et je dois dire que j'ai plutôt aimé, changer de style et de thème fait du bien parfois.

Les dessins sont magnifiques, inutile de comparer avec les intégrales. Jae Lee m'a conquis et je ne suis que plus excité à l'idée de lire un comic-book où il est possible d'admirer son travail.

Je ne peux m'empêcher de saluer l'initiative de Panini Comics qui a fait appel à quelques dessinateurs de bande dessinée franco-belges pour faire les premières pages de couverture des différents récits Marvel dans le cadre des 20 ans de l'éditeur. Celle de Fantastic Four -magnifique au passage- que vous pouvez voir plus haut, a été réalisée par Denis Bajram, auteur notamment d'Universal War One.

Conclusion : Je suis séduit

Je crois avoir tout dit, j'ai vraiment aimé et démarrer dans les comic-books "modernes" avec les Quatre Fantastiques était loin d'être une garantie en terme de qualité. D'après ce que j'ai pu voir sur internet, le groupe de super-héros ne semble pas jouir d'une belle côte de popularité. Quoi qu'il en soit, si vous aimez le groupe, je ne peux que vous conseiller ce livre. Pour ceux qui n'aiment, je vous invite à jeter un coup d'oeil, c'est une œuvre qui se tente et c'est tellement rapide à lire qu'on n'a pas cette impression d'avoir perdu son temps, loin de là.

★★★★★

Informations :

Scénario et dessins : Grant Morrison et Jae Lee
Éditeur américain : Marvel Comics (2001-2002)
Éditeur français : Panini Comics (2017)
Contenu : Fantastic Four : 1234 #1-4

23 mai 2018

Shaman King

Introduction :

Publié à la toute fin des années 90 et terminé au début des années 2000, Shaman King était à l'époque, l'un des mangas les plus populaire de ce début de siècle. Un animé a vu le jour, des jeux vidéos furent produits et des séries dérivées sont venues enrichir l'univers du shônen. Légèrement oublié par certains fans et éclipsé par les succès de trois grands mangas que je ne citerais pas ici, Shaman King n'en reste pas moins, le plus grand succès de Hiroyuki Takei.

Personnellement, je connaissais déjà -plus ou moins- le manga, moi qui avait l'habitude d'aller chez un ami pour regarder l'animé sur Fox Kids (devenu Jetix) et me prendre de plaisir à chanter le générique avec les paroles sous-titrées, une tout autre époque. Mais passons et voyons ce qu'est raconté dans Shaman King.

Synopsis :

Pour parfaire son apprentissage en tant que shaman, Asakura Yoh débarque à Tokyo, où il fait la connaissance d'Oyamada Manta. Un garçon ordinaire mais qui possède malgré tout, cette faculté à voir les esprits, à l'image des shamans. À partir de là, un lien se crée entre les deux personnages et Manta suivra Yoh dans sa quête ultime, qui est de devenir le roi des shamans.

Bien entendu, le jeune shaman se doute bien que ce ne sera pas évident et qu'il faudra surpasser beaucoup d'obstacle, enchaîner les victoires et que perdre n'est pas une option. Car pour désigner le Roi des shamans, il faut tout simplement remporter le Shaman Fight, un tournoi qui ne prend place qu'une fois tous les 500 ans, inutile de dire que la moindre erreur se paye cher.

Univers magnifique mais aussi effrayant :

Shaman King se passe bien sur Terre et si l'histoire se déroule à notre époque au Japon et aux États-Unis, on se sent plus éloigné du monde habituel que jamais. L'univers de Shaman King met la faune et la flore au premier plan. On apprend à l'image de Manta, que la nature est importante, qu'elle vit et que les shamans la ressentent et doivent ne faire qu'un avec celle-ci. Ce côté-là est accentué avec l'apparition des Paches, qui ont pour but de protéger le Shaman King, d'organiser et gérer le Shaman Fight.

Notons par ailleurs, la petite prouesse de l'auteur qui réussit à donner cette sensation que le manga se déroule dans un monde perdu, un monde que l'on ne connait pas, alors que nous sommes tout au long de la série, entouré par la technologie moderne (notamment celle des paches).

Mais il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un monde effrayant. En tant que lecteur, on a cette sensation d'être dans la peau de Manta, qui est comme nous, un humain "normal" qui avance dans l'inconnu et apprend au fil du temps que l'univers est en danger que la vie ne tient à rien, car des personnes malintentionnés veulent détruire la planète.

Variété des personnages :

Y a une chose que j'aime beaucoup dans Shaman King, c'est cette variété de personnage principaux. Ils ne sont pas beaucoup, mais ont un caractère et un style différent qui permet facilement de les distinguer, à l'image des personnages de YuYu Hakusho.

Yoh a un caractère qui ne colle pas à la situation, il sait que le monde est en danger, mais il ne perdra presque jamais sa cool-attitude et sait rester zen. Tout le contraire de Tao Ren, son rival qui à un goût pour le combat (et la victoire). Horohoro manque de discernement mais a un réel amour pour la nature et un bon fond. Là où Lyserg est rongé par la vengeance. Chocolove et Bokutou No Ryu sont un peu les humoristes de l'équipe, tandis que Faust VIII est dans le sérieux.

Un point sur l'humour :

L'humour me tient à cœur, surtout dans les shonens. Moi qui aime rigoler et passer un bon moment en lisant un manga, je considère ces passages comme très important. Je sais pas si Hiroyuki Takei est comédien à ses heures perdues, mais j'ai souvent pris plaisir à lire les passages avec Bokutou No Ryû, qui pense souvent à la drague et peut rapidement s'énerver quand son amour est en danger. Sa force augmente d'ailleurs radicalement en fonction de son humeur et se stoppe à la fin de son délire, j'adore cela. On a des courtes parenthèses qui permet de ne pas s'enfoncer totalement dans le sérieux et le feu de l'action.

Un point fatiguant et un autre, énervant :

Il ne faut pas se leurrer, Shaman King a aussi des points faibles. Premièrement et quand bien même, c'est un petit défaut, j'ai vu plusieurs fois des pages doubles toutes vide, avec seulement un texte écrit. Pas de dessins et je dois vous avouer que je soupçonne l'auteur d'être un peu paresseux. De mémoire, j'ai dû voir cela deux ou trois fois, sans oublier le reste de la série qui est globalement pas détaillé en dessins.

Ensuite, (on arrive au point fatiguant), il y a une surabondance de personnages secondaire. C'est à partir du début du Shaman Fight et je dois dire que je me suis perdu à quelques reprises. On a cette sensation qu'ils ne seront que des figurant, mais en réalité, ils ont pour la plupart un rôle assez important et avec autant de personnage (plus d'une trentaine), on s'y perd un peu. Leur noms peuvent être prononcés par certains, sans que je puisse comprendre réellement de qui il s'agit, perdu entre tous ces noms.

Je peux comprendre que c'est un tournoi et qu'il y a donc plus de personnage, mais là, Takei a donné l'impression de vouloir exploité tout ce qu'il avait sous la main et c'est donc un peu difficile à suivre.

Le point énervant est à la fin du dernier tome, le volume 32. Je sais bien que ce n'est pas la faute à l'auteur ou à Kana, l'éditeur français. Je sais aussi que la série s'est stoppé, mais ça n'en reste pas moins un point frustrant car beaucoup de fans, dont moi, n'ont pas eu la chance de connaitre le fin mot de l'histoire. Sans oublier certains combat qu'on a pas pu suivre.

Un espoir ?

J'ai vu qu'une réédition a eu lieu au Japon, compilant la série en 27 gros volumes et ajoutant ainsi des chapitres nouveaux que l'auteur voulait offrir aux fans, afin de terminer définitivement la série, mais visiblement Kana n'a pas commercialisé cette nouvelle édition, ce qui est dommage. Je garde malgré tout espoir qu'une nouvelle version française verra le jour.

Conclusion : Un des meilleurs mangas de ce début de siècle

Shaman King me fait beaucoup penser à YuYu Hakusho, c'est un bon manga, que j'aime vraiment, mais qui me laisse un goût amer à la fin. Il y a quelques défauts qui font que je ne peux lui attribuer la note maximal. Quoi qu'il en soit, je plains les personnes qui ne connaissent pas la série, qui est tout simplement l'un des shonens les plus divertissant et profond de ce début de siècle.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Hiroyuki Takei
Éditeur japonais : Shūeisha via Weekly Shōnen Jump (1998-2004)
Éditeur français : Kana (2000-2006)
Nombre de tome : 32

31 décembre 2017

Bilan de mes lectures en 2017


Nouveau bilan de l'année et contrairement à 2016, j'ai été beaucoup plus actif cette année. Même si j'ai lu beaucoup de courtes séries et que seules deux d'entre elles peuvent se targuer de durer sur plus de vingts tomes.

Comme pour les années précédentes, je vais vous proposer des liens menant directement aux critiques (avec les notes attribuées entre parenthèses), avant de vous parler de ce que je compte lire en 2018.

- Spider-Man l'intégrale 1962-1963 (5)
- Guardian Dog (2)
- Détenu 042 (4)
- Spider-Man l'intégrale 1964 (5)
- 20th Century Boys (5)
- Over Bleed (2)
- Spider-Man l'intégrale 1965 (4)
- Yakitate !! Ja-Pan (5)
- Monster Soul (3)
- Monster Hunter Orage (3)

D'abord, vous remarquerez que j'ai eu un nouveau rythme de lecture (1 comic-book/2 mangas), chose que j'avais déjà annoncé, lors du dernier bilan. Mais sur la fin de l'année, pour divers soucis, j'ai enchaîné les mangas et ça ne s'arrêtera pas là, vu que je suis actuellement en train de lire Shaman King (un autre manga) et qu'il s'agira donc de ma première critique de l'année 2018.

À voir si je reprendrais le même rythme ou pas, ce qui est sûr c'est que le blog commence à bien se remplir et je compte continuer sur cette lancée et offrir encore plus de critiques, notamment au niveau des comic-books.

Si à part Shaman King, je n'ai pas encore prévue quoi lire côté manga, je pense cependant me lancer dans la lecture de nouveaux comics et je ne parle pas d'intégrales de Panini Comics. Je vais probablement me laisser tenter sur des œuvres plus récentes, mais il ne s'agira que de one-shots. Pourquoi ? Tout simplement pour découvrir davantage de personnages, d'univers, sans que ça ne soit gavant. Je préfère éviter de me lancer dans une série de comics longue de plusieurs volumes.

Enfin bref, c’est tout ce que j’avais à dire. Si vous avez des suggestions de lecture, je suis preneur, notamment au niveau des mangas.

22 novembre 2017

Monster Hunter Orage

Introduction :

Après la lecture de Monster Soul, je suis resté sur du Hiro Mashima. Et comme le précédent manga, celui-ci n'a pas duré bien longtemps mais a été travaillé en parallèle à Fairy Tail, son manga du moment.

Sauf qu'il ne s'agit pas vraiment d'une de ses créations, mais plutôt un travail inspirée et basée d'un monde bien connu des joueurs de jeux vidéos : Monster Hunter. Ayant moi-même joué aux jeux sur PlayStation Portable, j'ai vraiment été séduit par cette idée de créer un manga prenant cet univers comme base et le développer. Et ce qui m'a davantage convaincu est l'indication selon laquelle, Capcom supervisait le projet.

Synopsis :

Formé à l'art de la chasse par son défunt maitre Gurelee, Shiki désire trouver et chasser la vouivre légendaire appelée Miogaruna. En pleine quête, il fait la connaissance d'une jeune aventurière, Eilee. D'abord réticente à l'accompagner, elle se rend compte qu'elle a le même objectif que Shiki. La loyauté de ce dernier finira par la convaincre de devenir son compagnon d'arme et de partir à l'aventure.

Une aventure n'est d'ailleurs, pas de tout repos, les deux chasseurs se retrouvent face à la menace de bêtes dangereuses, mais aussi de personnes voulant les stopper et récupérer les fameuses dagues du vent que possède Shiki.

Respect de l’œuvre et univers enrichi :

Comme écrit plus haut, Capcom a supervisé l’œuvre et du coup, on se retrouve avec un manga qui reprend en grande partie ce qui existe du jeu vidéo. C'est-à-dire que comme pour le jeu, le chasseur doit passer par une guilde pour démarrer une quête, il a droit à différentes armes (double dagues, katana, Fusarbalète, etc ...), les chasseurs rencontrent les mêmes monstres... ou presque.

Car oui, Mashima a aussi eu un minimum de liberté et a pu y intégrer quelques petits trucs. Il faut ainsi savoir que Shiki possède la marque du "Chasseur-Traqueur", qui lui permet de chasser n'importe où, sans forcément signaler sa présence à une guilde. De nouvelles armes sont présentes, comme le fouet d'un personnage secondaire. Enfin, l'auteur a aussi créé des monstres comme le Miogaruna ou le Girukuuza, enrichissant ainsi un univers déjà très riche.

Dessins et couvertures :

Un petit mot sur les couvertures. Je les trouve magnifiques, elles attirent l'oeil et donnent vraiment envie de lire et d'acheter le manga.

Comme pour Monster Soul, l'action est un peu brouillonne, mais globalement, ça reste correct. J'ai pas grand chose à dire, à part répéter qu'avec Hiro Mashima, on peut aussi bien remplacer Shiki par Natsu ou Aki, que ça ne changerai presque rien au final. C'est un peu le point faible de l'auteur, j'en envie de dire. Il semble avoir du mal à varier son graphisme et donne donc, cette impression de lire une histoire différente, mais avec les mêmes personnages et dans le même univers.

La touche frustrante "made in Mashima" :

La tournure des évènements est également similaire. Le monstre arrive et les chasseurs n'arrivent pas à le vaincre ou ne s'entendent pas, puis une action se passe et l'un des personnages passe près de la mort. Celui-ci est finalement sauvé, des petits mots viennent le remotiver et finalement l'équipe devient plus puissante et vaincre la bête féroce n'est plus qu'une question de volonté. Ajoutez à cela que le monstre n'est plus vraiment féroce, comme s'il était aussi impacté par les paroles du héros. De mémoire, le passage classique que je viens de décrire se situe au moment de la bataille contre le Plesioth, une vouivre des mers.

Je sais bien qu'il s'agit d'un schéma que l'on retrouve dans beaucoup de mangas shonens, mais je ne vois pas pourquoi il serait impossible pour l'auteur de dériver légèrement et offrir une construction différente des scènes d'actions.

Une série courte, mais un bon bonus :

Encore une fois, la série est courte, trop courte même. Monster Hunter est un monde riche et l'exploiter davantage aurait pu s'avérer intéressant. Je ne connais pas les raisons de l'arrêt de la série, mais il est fort possible que le manga ait été complétement éclipsé par le jeu vidéo, qui était bien plus populaire. En parlant de popularité, on peut aussi se dire que l'auteur pouvait difficilement tenir un tel rythme avec son travail sur Fairy Tail, sa série phare du moment.

Le dernier volume propose un long bonus constitué d'histoire courte mettant en avant l'équipe ayant travaillé aux côtés d'Hiro Mashima. Les histoires sont rapide à lire, on peut suivre le staff jouant à Monster Hunter Freedom Unite au quotidien, elles tiennent sur une demi-page et sont assez drôle.

Conclusion : Pas mauvais, mais ...

Monster Hunter Orage est une série riche, amusante par moments et convaincante dans sa globalité. Mais elle est souvent redondante et n'arrive pas à se distinguer des autres mangas d'Hiro Mashima. Il est vraiment dommage qu'il ne va pas au-delà des quatre tomes. Là encore, s'il aurait été possible d'exploiter au maximum l’œuvre, on se retrouverait avec un gros manga marquant des années 2000.

★★★☆☆

Informations :

Scénario et dessins : Hiro Mashima
Éditeur japonais : Kôdansha via Monthly Shônen Rival (2008-2009)
Éditeur français : Pika Édition (2010)
Nombre de tome : 4

16 octobre 2017

Monster Soul

Introduction :

Il y a presque dix ans, Fairy Tail était l'un des mangas les plus populaires du moment. Désirant surfer sur le succès de l’œuvre d'Hiro Mashima, l'éditeur Pika entreprend l'idée de commercialiser trois courtes séries et moins connues du même mangaka. Parmi elles, Monster Soul.

Un manga tenant sur deux volumes, publié juste avant la sortie de Fairy Tail et utilisant la même formule que les principaux travaux de l'auteur. À la différence près que cette fois-ci, il s'agit d'un petit projet. Mais pas de soucis pour Mashima qui a réussi malgré tout, à le rendre intéressant.

Synopsis :

L'action se déroule à Elfenland, un monde où les humains et les monstres cohabitent. Il y a longtemps, une grande guerre s'est déclenchée entre les deux races et pendant celle-ci, un groupe de monstre s'est particulièrement illustré. Considérés aujourd'hui comme les plus puissants, les Black Airs n'ont cependant aucune haine envers les humains, ils combattent uniquement pour se défendre, peu importe les adversaires. Le groupe est composé d'Aki, Tooran, James, Mamie et Joba. Ensemble, ils essayent d'éviter les conflits et défendent les faibles, peu importe la race.

Plus profond que ça en a l'air :

L'une des choses intéressantes ici est le point de vue choisi. Dans Monster Soul, les personnages principaux sont des monstres, on a donc une nouvelle vision des choses, ce qui est différent de ce que l'on a pour habitude de lire. C'est un bon moyen pour entrer dans le thème du racisme et y dénoncer celui-ci, à l'image de ce que l'on a pu constater dans le manga +Anima.

Ici, les Black Airs sont tout puissants et peuvent jouer un rôle important dans une quelconque guerre contre les humains, mais leur refus de participer à des massacres et les explications qu'ils donnent, sont un réel message de paix. Comme ils aiment à le dire, la différence entre peuples n'est pas un argument pour se faire la guerre.

Tout est cadré comme il faut :

Monster Soul se passe dans un univers fantaisiste, on le remarque assez vite et facilement, encore plus quand on connait un minimum l'auteur. L'avantage d'une série courte, c'est qu'il n'y a pas besoin de créer quelque chose de complexe et réfléchi, ce type d'univers fantaisiste convient donc parfaitement. Pour les personnages, c'est pareil. Il faut une bonne liste de personnages, mais pas besoin d'avoir une imagination débordante. Il faut juste qu'ils soient différents les uns par rapport aux autres, afin que le lecteur puisse les identifier facilement, car ce genre de série vise particulièrement un public jeune.

Dans ce manga, l'auteur réussi donc parfaitement son coup, le groupe des Black Airs est légitime. On a un enfant en apparence qui peut devenir un puissant démon, un androïde qui a le rôle de colosse du groupe, une fille capable de contrôler le sable, une femme momie qui contrôle ses bandages et un familier assez mystérieux. Ajoutez à cela, des petits flashbacks pour présenter les personnages à certains moments de l'histoire, et on obtient une série courte avec un semblant de profondeur, c'est pas si mal et bien joué de la part de l'auteur et de son staff.

Dessins et action :

Mais tout n'est pas parfait et cette fois-ci, je vais m'en prendre aux dessins. Premièrement, je trouve que les personnages de cette série ressemblent à certains d'autres séries d'Hiro Mashima. Je sais que c'est un soucis loin d'être majeur, mais j'ai toujours cette impression de lire la même chose avec Mashima. Peut-être que le fait que ses histoires se tiennent tous dans un univers similaire, joue beaucoup dans ce ressentiment, allez savoir.

Deuxièmement, c'est les dessins durant les combats. Autant, je trouve son style assez sympathique, autant quand il y a des combats, je dois prendre une bonne minute pour analyser tout une page et comprendre l'action. Le problème est loin d'être important dans une série comme Death Note, mais dans un manga comme Monster Soul ou Dragon Ball, avoir des difficultés à comprendre les combats, c'est un comble. Bon, on est quand même loin de Kingdom Hearts où, pour le coup, c'était vraiment pénible et atroce à suivre.

Je serais tenté de le défendre un peu, en disant qu'il était au début de sa carrière, mais en faite, non. Il avait déjà près de dix ans d'expérience.

Faut-il enterrer la série ?

Personnellement, je pense que ce manga a un potentiel énorme et aurait eu un très grand succès si l'auteur aurait bénéficié d'une meilleure plateforme que Comic BonBon et s'il avait réussi à faire durer cette série. Je pense aussi que tout n'est pas perdu et que s'il décide un jour de reprendre cet univers, de lui donner plus de profondeur et de créer une suite, un succès à la Fairy Tail ne serait pas à exclure.

C'est vraiment malheureux de passer à côté de quelque chose d'aussi gros, car malgré la durée de l'histoire, Monster Soul m'a plutôt bien plu.

Conclusion : Un potentiel monstrueux

Un scénario loin d'être original, mais une histoire attachante, des couvertures magnifiques, de l'action, autant de raisons qui auraient pu faire de Monster Soul une référence du manga shônen. Mais visiblement, il ne s'agissait que d'un petit projet et l'aventure s'est rapidement terminée, ce qui est bien regrettable. Je n'étais pas trop tenté au début et maintenant, je regrette même que la série ne dure pas un petit peu plus. Juste dommage que les graphismes ne soient pas à la hauteur et qu'on a cette petite impression d'avoir une succession d'histoire courtes, plutôt qu'une histoire pleine et unique.

★★★☆☆

Informations :

Scénario et dessins : Hiro Mashima
Éditeur japonais : Kôdansha via Comic Bon Bon (2007)
Éditeur français : Pika Édition (2010)
Nombre de tome : 2

04 octobre 2017

Yakitate !! Ja-Pan

Introduction :

Quand je dis à des amis que j’ai adoré lire un manga centré sur la culture du pain et l’amour de la boulangerie, généralement ils ont du mal à comprendre et imaginer comment cela est possible. Il faut dire que c’est pas le thème le plus évident à développer dans une fiction et pourtant, à travers les 26 volumes de Yakitate !! Japan, Takashi Hashiguchi s’est parfaitement bien débrouillé. Moi-même, j’avais des doutes avant de démarrer la lecture et au final, je ne suis pas déçu, loin de là.

Synopsis :

Le manga nous invite à suivre Kazuma Azuma, qui depuis tout petit, prépare du pain pour sa famille et désire devenir artisan boulanger. Son but étant de créer un pain qui fera la fierté des japonais, au même titre que la baguette pour les français ou le pain de mie pour les anglais. Son amour et sa passion pour la boulangerie l’amènent à participer à une compétition pour intégrer la célèbre chaîne de boulangerie Pantasia.

À partir de là, les choses vont s’enchaîner, Azuma rencontrera beaucoup de concurrents, mais se fera également des amis. Et c’est à travers différentes compétitions, qu’il se rapprochera petit à petit de son but ultime.

Le réalisme, la force principale du manga :

Le manga a beaucoup d’atouts pour se vendre, mais l’une des principales forces de cette série reste le réalisme et la découverte d’un monde pas très connu. Le plupart des recettes semblent irréalisables, mais l’auteur nous fait bien comprendre qu’il est réellement possible de les réaliser, grâce à des mémos ou des fiches explicatives.

À côté de cela, on peut souligner le rythme soutenu de la série. Ici, pas de temps mort, les choses s’enchaînent, on ne s’ennuie pas. J’ai même eu cette sensation que l’histoire n’a duré qu’un mois, entre le tome 1 et le 26e et dernier tome, preuve que c’est allé assez vite. J’aimerai également vous faire remarquer que la série est très drôle et ça permet justement d’ajouter un peu de légèreté au milieu du stress et du suspens des différentes confrontations, donnant cette impression que l’auteur a voulu détendre le lecteur.

Un petit défaut :

Le seul défaut que j’ai réussi à trouver est le côté un peu « WTF », notamment pour les réactions des jurés, quand ces derniers sont amenés à goûter les pains. Mais je trouve que ce n’est pas un défaut très majeur, dans le sens où il colle un peu avec le ton humoristique prisé par Hashiguchi. D’ailleurs, dès le premier volume, on sent que la série ne sera pas très sérieuse, même si on reste assez loin de la parodie.

Dessins :

Pour ce qui est des dessins, j’aime beaucoup ce style. En réalité, les seuls dessins que je n’apprécie pas trop, c’est ceux qui manquent de détails. Dans Yakitate !! Ja-Pan, c’est très bien détaillé, le coup de crayon est fin, les pains paraissent délicieux, ils le sont sûrement d’ailleurs. Les personnages sont tous différenciables et y a un gros effort sur les environnements et les autres arrière-plans.

Conclusion : Un régal du début à la fin

Yakitate !! Ja-Pan est une de ces œuvres qui prouvent qu’il ne faut jamais se fier aux thèmes traités dans les séries. Le manga est léger, assez rapide à lire et réaliste. On découvre le monde de la boulangerie, la partie non-visible de l’iceberg en quelques sortes. Yakitate !! Ja-Pan agit comme une bouffée d’air frais, quelque chose de différent et positif. Enfin, je pense que Takashi Hashiguchi est un nom à retenir, qui surprendra encore les lecteurs prochainement.

★★★★★

Informations :

Scénario et dessins : Takashi Hashiguchi
Éditeur japonais : Shōgakukan via Weekly Shōnen Sunday (2002-2007)
Éditeur français : Delcourt (2005-2010)
Nombre de tome : 26

30 juillet 2017

Spider-Man l’intégrale 1965


Tantôt aimé, tantôt haï, la propagande de J. Jonah Jameson continue de faire son effet sur la population locale, n'aidant pas Spider-Man à se faire respecter. Mais en bon héros, celui qui est partagé entre ses études, son petit job et sa vie personnelle, n'hésite pas à se démener pour aider ses concitoyens et protéger sa ville de New York. Une routine qui -malheureusement- se ressent bien après avoir lu les précédents numéros, rien ne change et c'est bien dommage.

Alors que j'espérais une évolution dans le personnage après trois ans d'aventures, je commence à me rendre compte qu'à l'époque, cette formule semblait trop marcher pour la changer. Se faisant on a des auteurs qui n'avaient peut-être pas cette volonté ou obligation de devenir mature, changer l'écriture des histoires et offrir un contenu un peu différent.

Résultat, on se retrouve avec une intégrale proposant des numéros qui reposent sur le même schéma, encore et encore.

Est-ce le volume de trop ? Serais-je tenté de me dire.

Bien entendu, la réponse est non. Du moins, pas encore. J'aime suivre le personnage, je prends toujours plaisir mais je suis légèrement agacé que le synopsis n'avance pas d'un pouce, quand bien même on arrive à la moitié des années 60.


Je souhaite également pointer du doigt cette utilisation des ennemis déjà existants, accentuant cette impression d'être bloqué dans une spirale du déjà-vu. Alors oui, certains grands personnages ont fait leur première apparition en 1965, je pense notamment au Scorpion, au Scarabée et à l'Homme de Lave, mais ça s'arrête là sur les treize numéros composants ce livre. D'autres antagonistes sont apparus cette année-là, mais ils peinent à se rendre intéressant et marquer les esprits.

J'ai aussi eu le sentiment que le narrateur ne vendait plus autant les numéros, dans les premières pages. Peut-être a-t-on là les prémices d'un changement à venir ? Je l'espère.

Par contre, la grosse force de cette intégrale, se situe au niveau de l'Annual, mettant en scène le Docteur Strange. Steve Ditko, le père du personnage a ainsi pu se faire plaisir et c'était plutôt chouette à lire. Ce serait malhonnête de ma part de ne pas mentionner l'arrivée de Peter Parker à l'université, seul moment où l'histoire avance et où on voit l'apparition de Gwen Stacy et Harry Osborn. Quelque chose me dit que ces deux-là vont avoir une petite importance à un moment donné.

Conclusion : Déjà-vu

Comme pour la précédente intégrale, Panini Comics nous offre ici douze numéros, plus un en bonus. Celle-ci souffre de la redondance des numéros qui la composent. Il y a cette impression qu'on est arrivé au bout du rouleau et que Stan Lee doit revoir sa copie pour la suite. Le mieux est d'espérer une avancée dans l'histoire et ne pas avoir cette sensation de faire du surplace. À voir ce que donnera l'année 1966, mais me concernant, je compte digérer un peu cette lecture et retourner vers les X-Men.

★★★☆☆

Contenu :

The Amazing Spider-Man (1965) #20-31
The Amazing Spider-Man Annual (1965) #2

© Panini Comics 2002 / Stan Lee & Steve Ditko

14 juillet 2017

Over Bleed

Introduction :

Après Jackals et Guardian Dog, j’ai eu une nouvelle occasion de lire du Ki-oon avec Over Bleed. C’est le collectif sud-coréen « 28Round » qui nous a offert cette courte série de trois tomes. Ça n’en reste pas moins, un manga japonais, pré-publié par le Young Gangan de Square Enix. Là encore, on a ce que j’appelle, un manga « underground », c’est-à-dire qu’il est peu connu du grand public. Et ça a beau être court et rapide à lire, y a quand même des choses à dire dessus, en bien ou en mal. Mais avant ça, voyons un peu ce que ça raconte.

Synopsis :

Martyrisé au lycée, par des camarades de classe, Kei accepte la proposition de son ami d’enfance Akira. Ensemble, ils vont se suicider pour mettre fin à cette situation. Sauf que… Kei survit à cette tentative, contrairement à son ami.

Quelques mois plus tard, il apprend que la vidéo de sa tentative de suicide est disponible sur internet, après l’avoir regardé, il aperçoit dans les suggestions, des vidéos diffusant des combats de rue. Il croit reconnaitre Akira et décide donc d’aller à sa recherche. Mais pour cela, il devra s’entraîner dur et gagner en popularité pour atteindre son objectif, car cet homme -qui ressemble fortement à Akira- s’avère être l’un des meilleurs combattants et on ne peut l’approcher aussi facilement.

Mon attente et le principal défaut du manga :

À priori, tout est prétexte à offrir du combat. Mais le scénario avait quand même le mérite d’avoir un gros potentiel si les auteurs avaient décidé d’explorer un minimum l’aspect psychologique des personnages.

Kei fait une tentative de suicide et ne semble pas traumatisé. J’aurais aimé savoir ce qui s'est passé dans sa tête, était-il prêt à faire une seconde tentative, afin de rejoindre son ami ? Quelle a été sa réaction après avoir compris qu’il était vivant ? Dans Over Bleed, tout cela n’est pas évoqué. Le manga reste ancré dans son thème premier et c’est bien dommage.

Peu développé :

Je trouve également qu’il y a trop de raccourci, ce n’est pas assez développé. Notamment par rapport aux personnages secondaires, mais aussi surtout, de l’infirmière qui a l’air plus importante que ce que la série laisse penser. Les raisons qui la poussent à aider Kei sont trop simples et on dirait que les deux auteurs n’ont pas voulu s’embêter.

Mais...

En réalité, le seul vrai point positif que je trouve, c’est qu’ils sont vraiment passionnés par certains arts martiaux, les mouvements que l’on peut voir dans le manga sont expliqués correctement, sans oublier que les combats sont pour la plupart, compréhensibles.

Conclusion : Décevant

Over Bleed n’est pas un mauvais manga. Il fera très certainement plaisir à ceux qui recherchent uniquement de l’action. En ce qui me concerne, j’ai été déçu de la direction qui a été prise, mais il fallait bien s’y attendre, il s’agit rien d’autre qu’une œuvre basée sur le combat pur et dur. Peu connu en France, le manga aurait probablement eu un meilleur succès s’il était légèrement plus long et donc, davantage travaillé.

★★☆☆☆

Informations :

Scénario et dessins : 28Round
Éditeur japonais : Square Enix via Young Gangan (2008)
Éditeur français : Ki-oon (2010-2011)
Nombre de tome : 3

08 juillet 2017

20th Century Boys

Introduction :

Je connais des personnes qui se basent sur les couvertures ou les dessins pour se décider à lire une œuvre ou l’éviter, je trouve cela pas très malin, car beaucoup passent parfois à côté de certains chefs-d’œuvre et 20th Century Boys en est un. Je viens de finir la série et honnêtement, je n’ai jamais lu un tel manga. Je vous invite fortement à vous jeter dessus, il n’est pas impossible que vous irez -par la suite- vouer un culte à Naoki Urasawa. En attendant, laissez-moi vous raconter l’intrigue.

Synopsis :

En 1969, Kenji Endô retrouve souvent ses camarades de l’école dans une « base secrète » qu’ils ont construit. Ils y inventent une histoire où la destruction de planète est évoqué et l’humanité menacée par une organisation contre laquelle, ils s’y opposent et finissent par triompher pour devenir les défenseurs de la Terre. Cette histoire de gamin est rédigée dans ce qu’ils appellent le « cahier de prédictions ».

Quelques temps avant l’an 2000, un ancien ami d’Endô se suicide et c’est donc l’occasion pour les anciens camarades de se retrouver aux funérailles. Parallèlement, les prédictions imaginées en 1969 commencent à se réaliser les unes après les autres. Se souvenant et donc se sentant impliqués par rapport à ces prédictions, Kenji et ses amis décident de stopper ce qui arrive et tentent de démasquer l’auteur des faits, un certain « Ami ». Bien entendu, il s’agit d’un ancien camarade de Kenji, mais difficile de déterminer qui exactement.

Là où ça devient intéressant, c’est qu’il est prévu, conformément au cahier de prédictions, que la fin du monde aura lieu en l’an 2000. C’est donc une course contre la montre qui démarre pour tenter de tout stopper et démasquer « Ami ».

Profond, complexe et des références :

Naoki Urasawa propose ici, une histoire riche, complexe, se déroulant en deux temps, qui joue sur le suspens, les répercussions, les révélations et qui place tous les personnages au même niveau d’importance, même celui que vous penserez voir qu’à une seule reprise, aura au final une importance particulière à un moment donné. Je n’ai personnellement, jamais lu un manga où tous les acteurs peuvent être aussi importants que le personnage principal et quand je dis tous, il faut savoir qu’ils sont plus d’une dizaine.

Le très bon point de la série, c’est que cela peut sembler compliqué, mais les différents flash-back et les ellipses utilisés par l’auteur, permettent d’avancer petit à petit dans l’histoire, tout en comprenant ce qui se passe. Urasawa nous fait comprendre que le flash-back n’est pas utilisé à tord, sans raison, mais plutôt qu’il a son importance, car ce qui suit ou a précédé est directement lié.

Il y a aussi ce côté réaliste que je trouve plaisant avec des références culturelles, musicales et géographiques qui viennent ponctuer la série à travers les tomes.

Des soucis peu mineurs :

Bon, il y a aussi un ou deux points négatif, que j’ai souligné. 20th Century Boys peut dégoûter à cause du style graphique d’Urasawa. Me concernant, je trouve les dessins plutôt bons, je pense que c’est seulement une question d’adaptation, ça parait ancien, mais on s’y fait et puis, on est tellement submergé par l’histoire que ceux-ci passent au second plan.

Enfin, on peut souligner aussi la fin quasi-bâclée, laissant quelques mystères en suspens. Auquel cas, il faudra lire les deux tomes de 21st Century Boys pour avoir le fin mot de l’histoire. Est-ce vraiment un défaut ? En faisant quelques recherches, j’ai pu lire que Naoki Urasawa a eu des problèmes de santé suite au rythme de publication imposé par l’éditeur japonais. En sortant ensuite les deux tomes de la seconde série à son propre rythme, l’auteur a tenu à livrer le fin mot de l’histoire.

Conclusion : Un chef-d’œuvre, tout simplement

Après avoir lu tout ce pavé, vous comprendrez sûrement que 20th Century Boys est devenu l’une de mes séries préférées. Difficile dans mon cas de ne pas m’attacher à l’auteur et de jeter un coup d’oeil à ses autres créations. Si Naoki Urasawa est devenu l’un des tauliers du manga au Japon, c’est en partie pour cette série.

★★★★★

Informations :

Scénario et dessins : Naoki Urasawa
Éditeur japonais : Shōgakukan via Big Comic Spirits (2000-2007)
Éditeur français : Panini Manga (2006-2007)
Nombre de tome : 22+2

11 avril 2017

Spider-Man l’intégrale 1964


Les aventures de Peter Parker continuent à travers les intégrales de Panini Comics. Nous voici au deuxième volume comprenant les numéros parus en 1964. Le tisseur de toile a gagné en popularité auprès des lecteurs et cette année-là, Marvel s'est décidé à publier du Spider-Man à un rythme mensuel. Résultat : on se retrouve avec un bon gros bouquin composé de douze numéros et un chapitre en bonus, que du bonheur.

La chose qui ne change pas en revanche, c'est les difficultés qui s'opposent à notre héros. Protéger New York est toujours aussi éprouvant et ça ne s'arrange pas avec l'arrivée de personnages toujours plus dangereux. On peut notamment citer le Bouffon Vert qui débarque enfin, Kraven, Electro et Mysterio sont également de la partie, sans oublier les retours de l'Homme-Sable et du Docteur Octopus, qui crient vengeance.

Le côté réaliste que j'évoquais dans la précédente critique se retrouve ici aussi. Il y a même cette sensation que le ciel lui tombe sur la tête, tant les problèmes se multiplient. Après le meurtre de son oncle Ben, Peter Parker voit la santé de sa tante se dégrader et le spectre de se retrouver seul, le hante petit à petit. De même, la propagande de J. Jonah Jameson contre Spider-Man assène un autre coup au moral du héros. Il aura beau sauver des gens, il reste dépeint comme une menace pour la ville de New York. Sans oublier que sa vie amoureuse n'avance pas d'un pouce, sachant qu'il est partagé entre Liz Allen et Betty Brant.

Trop c'est trop, Peter Parker craque et on se rend compte que les super-héros restent humain malgré tout ce dont ils sont capables.


De manière paradoxale, ses deux seuls soutiens s’avèrent être deux de ses rivaux. En effet, Flash Thompson n’apprécie pas vraiment la compagnie de Peter Parker, il est en revanche le plus fidèle admirateur de Spider-Man, sans se douter de qui se cache réellement derrière le masque de son idole. Enfin, Johnny Storm qui n’est autre que la Torche Humaine, a beau ne pas aimer l’Homme-Araignée, il ne peut se résoudre à laisser ce dernier combattre seul le crime.

Conclusion : Toujours aussi bon

Ça peut faire grincer des dents, mais je trouve personnellement que cette intégrale 1964 est légèrement meilleure que la précédente, quand bien même elle est moins historique. Si le récit ne gagne pas forcément en maturité, la diversité des ennemis qu'affronte le héros nous rappelle que Marvel est bel et bien, la maison des idées. Stan Lee réussi à nous tenir en haleine à travers les 320 pages qui composent cette intégrale, on peut aussi citer le teasing intéressant sur une certaine Mme Watson qui pourrait conquérir le cœur de Peter Parker. Là encore, difficile de résister à l'appel du prochain volume.

★★★★★

Contenu :

The Amazing Spider-Man (1964) #8-19
The Amazing Spider-Man Annual (1964) #1

© Panini Comics 2002 / Stan Lee & Steve Ditko

05 mars 2017

Détenu 042

Introduction :

J’enchaîne les séries courtes et pas très connues. Cette fois-ci, place à Détenu 042, une œuvre qui -malheureusement- n’est plus commercialisée par Kana, ce qui est fort dommage, car il s’agit d’un de mes coups de cœur de ce début d’année. Édité sous le label « Big Kana », il s’agit typiquement du manga qui est légèrement plus grand et volumineux que les séries habituelles de l’éditeur et est en plus, réservé à un public mature. Car ici, le thème quelque peu sensible évoqué à travers le scénario amène le lecteur à s’interroger sur le sujet.

En clair, on a là, un seinen. On est loin des shōnens habituels que j’ai pu lire récemment ou des shōjos, bien que l’on retrouve quelques codes de ce genre-là.

Synopsis :

L’histoire se concentre principalement sur Ryohei Tajima, un homme qui est condamné à mort pour avoir tué sept personnes. Alors qu’il semble prêt à vivre les derniers jours de sa vie, le gouvernement décide de finalement l’utiliser comme cobaye d’une expérience, sous le nom de code « détenu 042 ». Il s’agit d’un long test s’étalant sur plusieurs semaines et consistant à implanter une puce dans le cerveau du condamné, qui exploserait à la moindre pulsion meurtrière. Le but serait de l’amener à ne plus vouloir/penser tuer.

La puce ne se limite pas qu’à cela, elle partage également des données sur sa localisation. Ainsi, il lui est impossible d’échapper à l’expérience, sous peine de tomber nez-à-nez avec la police. Vous l’aurez compris, Tajima ne vit désormais plus en prison, mais en société. Pour être plus précis, il est forcé de travailler pour le compte de l’État. Là où ça pose problème, c’est le lieu choisi pour mettre en pratique cette expérience : un établissement scolaire, considéré par les scientifiques comme une version miniature de la société actuelle.

Inutile de dire que les parents sont à la fois terrifiés, les élèves sont sans pitié envers lui et certains font pression pour appliquer la peine de mort. C’est dans ce contexte cruel, que le « détenu 042 » doit (sur)vivre.

Qui a eu cette idée folle ?

Faut-il encourager ce genre d’expérience ? Doit-on donner une nouvelle chance à un meurtrier de ce standing ? Tant de question que l’on se pose tout au long de lecture. Quoi qu’il en soit, au fil des chapitres, on en apprend plus sur le cobaye, son passé et l’opinion sur lui, peut changer.

Dessins :

J’évoquais un peu plus haut, le côté shōjo que l’on retrouve dans ce manga. Celui-ci est provoqué par l’apparition de certains personnages, qui apportent un côté un peu plus tendre au manga. Pour parler rapidement des dessins, j’aime assez bien. Yua Kotegawa a un coup de crayon fin, réaliste aussi, mais je trouve dommage qu’elle ne détaille pas trop ses illustrations. La couverture du premier tome (voir plus haut) le montre bien avec ce visage dépourvu de traits.

Conclusion : J'ai adoré

Je vais conclure avec ce qui ne m’a pas vraiment plu. Je trouve notamment qu’on tourne un peu en rond vers la fin de la série, c’est lent et on sent que l’auteur voulait allonger l'histoire sans y ajouter quelque chose d'important à celle-ci. Y a également ce côté shōjo qui n’était pas forcément utile ici. Mais les reproches s’arrêtent là, ce manga reste dans l'ensemble, un bonheur à lire, c’est intéressant, intriguant aussi et ça ne tient que sur cinq volumes. J’ai beaucoup aimé et encore une fois, je ne peux que vous conseiller la lecture.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Yua Kotegawa
Éditeur japonais : Shūeisha via Weekly Young Jump (2002-2004)
Éditeur français : Kana (2006-2007)
Nombre de tome : 5

06 février 2017

Guardian Dog

Introduction :

Outre l’habituel staff qui travaille et vit dans l’ombre du mangaka, voir deux ou plusieurs personnes crédités pour une série est quelque chose qui m’a toujours rendu perplexe. Je me dis souvent qu’il est possible que la qualité du manga peut prendre un sacré coup en cas de conflit d’intérêt. Attention, une association entre un scénariste et un dessinateur peut offrir quelque chose de très bon, je dis juste que parfois, c’est la catastrophe. Pour la série que je vais évoquer, on en est pas passé loin.

Édité par Ki-oon, y a pratiquement une décennie, Guardian Dog entre dans cette catégorie des mangas « underground », pas très connu du grand public. La série ne dépasse pas les 4 tomes et les auteurs sont restés inconnus auprès des fans de mangas français. Pourtant, cette première association entre Akira Shirakawa et l’illustrateur Shôko Fukaki, aurait pu devenir un succès. Il y a eu de l’idée, des choses positives que je retiens, mais l’ensemble était trop friable.

Synopsis :

L’histoire est centré sur Gengo Kurosaka, un lycéen ordinaire qui va malheureusement pour lui, devenir l’hôte d’un parasite extraterrestre en fuite, du nom de « Six-Yeux ». Cela conduit Kurosaka à devenir la cible d’Ishtar, une extraterrestre de la catégorie « Observer », voulant tuer Six-Yeux et empêcher que ce dernier et ses semblables fassent de la Terre un terrain de chasse géant. Heureusement pour lui, Ishtar change d’avis et décide de surveiller Six-Yeux et par la même occasion, de veiller sur Kurosaka. C’est ainsi qu’elle est amenée à habiter chez lui et vivre quotidiennement à ses côtés.

L’histoire deviendra plus complexe au fil des chapitres, notamment par rapport à une organisation voulant semer le chaos à travers la planète et qui pourtant, partage la même mission qu’Ishtar, sans oublier l’apparition d’autres personnages plus mystérieux.

On ne traine pas...

À priori, ça ressemble à un vrai bazar et… c’en est pas loin. C’est difficile de proposer une histoire qui se veut complexe sur quatre volumes seulement. C’est donc tout naturellement que les choses s’enchaînent alors qu’elles sont à peine installées. On a pas vraiment le temps de tout assimiler qu’il faut déjà passer à la suite. En faite, on partage le même sentiment que Kurosaka, qui est lui aussi rapidement dépassé par ce qui se passe.

Dessins :

Concernant les dessins, Shôko Fukaki m’a d’abord surpris avant de me décevoir. C’est très beau et les pages de couvertures donnent un petit avant-goût de ce qui attend les lecteurs. Mais le soucis c’est que quand viennent les combats, l’incompréhension s’installe. Il est pas évident de comprendre les affrontements, même en regardant plusieurs fois les planches et comme on pouvait l’imaginer, avec quatre tomes, presque aucun combat n’est épique et dure assez longtemps pour qu’il soit appréciable. C’est exactement le même problème qu’a Kingdom Hearts et que l’on retrouve ici.

Distribution des rôles, si je puis dire :

Autre chose à noter, Gengo Kurosaka est souvent éclipsé par Ishtar et le « frangin », qui est un ancien Observer. Ce dernier a d’ailleurs, un rôle clé dans le combat ultime. Dans mon cas, je considère que voir le personnage principal avoir aussi peu d’importance, c’est quelque peu maladroit. Difficile de s’y attacher et de le prendre au sérieux. Néanmoins, j’ai bien aimé la touche d’humour que l’auteur a insufflé au manga, ça rend la lecture légèrement plus agréable.

Conclusion : Difficile d’aimer

Guardian Dog aurait probablement offert quelque chose de meilleur si les auteurs avaient pu étaler leur histoire davantage. Ça reste un manga qui se tente, parce qu’au niveau scénaristique, c’est pas mauvais. Mais faut bien s’accrocher pour suivre et être à fond dedans. Les dessins sont un régal pour les yeux, là où l’action est décevante. Je comprends cependant qu’il est difficile d’apprécier cette série et qu’elle tombera probablement dans l’inconnue. D’ailleurs, n’est-ce pas déjà le cas ?

★★☆☆☆

Informations :

Scénario et dessins : Akira Shirakawa et Shôko Fukaki
Éditeur japonais : Jive via Monthly Comic Rush (2004-2005)
Éditeur français : Ki-oon (2007-2008)
Nombre de tome : 4

23 janvier 2017

Spider-Man l’intégrale 1962-1963


En 2002, les grands écrans accueillent un long-métrage basé sur le personnage de Spider-Man. Une occasion en or pour les entreprises désirant vendre des produits dérivés. Parmi ces produits, le comic-book n'a pas été oublié et c'est ainsi et comme d'autres éditeurs à travers le monde, que Panini Comics a commercialisé un nouveau bouquin sur l'Homme-Araignée, mais pas n'importe lequel : une intégrale regroupant les premières aventures du super-héros. Ce fut d'ailleurs, la toute première intégrale de la collection Marvel Classic, qui continue de grandir encore aujourd'hui.

Si vous connaissez assez bien le cinéma, vous savez sûrement que le 7e art ne se prive pas de déformer quelque peu les supports originaux sur lesquels il se base et sans surprise, Spider-Man n'a pas été épargné. La lecture de cette intégrale met en lumière pas mal de différences entre le Peter Parker de 1963 et celui incarné par Tobey Maguire, quand bien même elles restent peu importantes.

Dans mon esprit, il était déjà acté que ma prochaine lecture de comic-book soit l’intégrale 1966 des X-Men. Mais n’ayant pas réussi à me procurer le volume, j’ai dû me pencher sur l'araignée la plus populaire au monde, devenue aujourd'hui, la fierté de Marvel.


Créer un héros aux allures d’adolescent coincé, hébergé chez sa tante et son oncle et tête de turc de sa classe, c'était tout simplement une idée folle qui n’a pas eu de soutien dans les locaux de Marvel. Seuls contre tous, Stan Lee et Steve Ditko continuent de croire en leur projet et profitent du dernier numéro d’Amazing Fantasy pour publier leur histoire. Les hauts placés de la maison d’édition n’étaient pas vraiment confiant à l’idée de mettre en lumière un homme-araignée. Et ce qui relevait d’un faux pari (vu qu’Amazing Fantasy allait s’arrêter quoi qu’il arrive au 15e numéro) est vite devenu un succès, garantissant à Peter Parker sa propre série, débutant en 1963.

Vous connaissez probablement tous Spider-Man. Il s'agit de l'identité cachée de Peter Parker, un brillant étudiant qui fut mordu par une araignée radio-active, lors d'une exposition scientifique. Rapidement, il se rend compte de ses habilités. Il peut s’agripper aux murs, il dispose d’une énorme force et bénéficie d’un 6e sens qui détecte le danger et fait office de radar. Conscient qu’il peut finir sa vie dans un laboratoire entouré de scientifique l’examinant, Parker se prépare un costume, qu’il va ensuite utiliser pour cacher son identité, tout en combattant le crime qui ronge les rues de New York.

Bien entendu, il faudra un évènement tragique au gamin, comme la mort de son oncle Ben, pour se rendre compte qu'un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

Forcément, vu qu'il s'agit des premières aventures du personnage, on assiste à la mise en place du contexte et on fait la connaissance de beaucoup de personnages, plus ou moins liés à Spider-Man, comme son oncle et sa tante, Liz Allen qui fut son premier amour, son bourreau de classe Flash Thompson ou encore J. Jonah Jameson, le rédacteur en chef du Daily Bugle.


Comme pour les intégrales X-Men, on découvre pas mal de choses au fil de la lecture et moi qui m’attendais à voir le Bouffon Vert, j’ai été surpris de son absence. Il faut dire qu’un débutant se fie presque automatiquement à ce qu’il connait et dans mon cas, il s’agissait des films de Sam Raimi où le Bouffon Vert apparaissait dès le premier opus. Pas d’inquiétude cependant, une belle brochette de méchant -tout aussi populaires et charismatiques- sont présents. On peut notamment citer le Vautour, l’Homme-Sable, le Docteur Octopus ou encore, le Lézard. On a même droit aux Quatre Fantastiques, rien de mieux pour accompagner doucement mais sûrement, le personnage qui semble bien trop seul face au monde.

Au niveau des dessins, c’est plutôt bien illustré, même si ça manque un peu de détail. Je ne trouve pas le coup de crayon de Steve Ditko spécialement meilleur ou moins bon que celui de Jack Kirby, mais ça fait le boulot, j'ai même un peu de mal à différencier leur style. Quand à Stan Lee, il est dans ses standards, on a des numéros dynamiques, plaisants et rapide à lire.

Conclusion : Au top

Que dire si ce n'est que cette intégrale Spider-Man a été une belle surprise. Avec seulement un personnage au centre de l’attention, je pensais vite faire le tour et m'ennuyer, mais ça a été tout le contraire. Le personnage est très intéressant à suivre, il est fort mais à la fois faible, on sent qu’il porte le poids du monde sur ses épaules et le fait qu’il partage la moitié de son temps aux études, apporte un côté réaliste au personnage. On est pas face au héros qui voyage dans les dimensions et qui peut détruire des planètes. On a davantage un personnage terre-à-terre, ce qui permet de s'identifier à lui, de l'aimer et de lui souhaiter du mieux. Inutile de dire que je suis impatient de lire la suite de ses aventures.

★★★★★

Contenu :

Amazing Fantasy (1962) #15
The Amazing Spider-Man (1963) #1-7
Strange Tales Annual (1963) #2

© Panini Comics 2002 / Stan Lee & Steve Ditko

31 décembre 2016

Bilan de mes lectures en 2016


Comme l’année dernière, ce 31 décembre est l’occasion pour moi de faire un petit bilan concernant mes lectures en 2016.

J’ai n’ai pas énormément lu, faute de temps, mais j’ai pu découvrir quelques séries et j’ai varié les thèmes pour ne pas avoir toujours la même chose. Je vous propose tous les liens juste en-dessous, si vous souhaitez lire mes avis, avec la note attribuée entre parenthèses.

Death Note (5)
X-Men l’intégrale 1965 (5)
+Anima (3)
Death Joke (1)
Yū Yū Hakusho (4)

Cette suite des X-Men a confirmé mon envie de lire plus de comics et découvrir davantage la bande dessinée américaine. Alors que je me voyais tenir un rythme d’un comic-book entre trois lectures de mangas, je préfère accélérer ce rythme et en lire entre deux œuvres nippones. Ça me permettra d’explorer bien mieux cet univers.

Au niveau des mangas, je vais être bref. Je compte lire (encore) des séries assez courtes, c’est le plan facile pour remplir ce blog. Mais j’exclus pas la possibilité de lire une série assez longue, on verra ce qui se présentera.

30 décembre 2016

Yū Yū Hakusho

Introduction :

Signé Yoshihiro Togashi, Yū Yū Hakusho a été commercialisé par Kana dans les années 90, alors que la maison d’édition était encore aux balbutiements de sa popularité.

C’est un manga que j’ai longtemps ignoré, difficile de dire réellement pourquoi, j’étais pas trop intéressé, ça ne me donnait pas envie. Mais à force de lire des avis positifs, de comprendre l’impact qu’a eu ce manga au Japon, j’ai finalement décidé de me lancer dans la lecture de celui-ci.

Aujourd’hui, je m’en veux beaucoup, car je comprends désormais pourquoi les gens l’érigent comme une série mythique. Ça m’a carrément mis une claque à un point où je compte bien enchaîner avec l’animé, histoire d’avoir une nouvelle dose de Yū Yū Hakusho.

Synopsis :

Pour vous parler brièvement de l’intrigue, l’histoire se concentre sur un jeune adolescent qui s’appelle Yusuke Urameshi, un voyou qui surprend les instances célestes (Dieu si vous préférez) en sauvant un petit enfant qui était sur le point d’être écrasé par un camion. Résultat, Yusuke meurt tandis que le garçon survit. Pourtant on apprendra plus tard, que l’enfant aurait miraculeusement survécu quoi qu’il advienne, confirmant que la mort d’Urameshi n’a servie à rien.

Si sa mort ne sert à rien, elle n’était également pas prévue par le royaume des cieux, car personne ne se doutait qu’une telle crapule déciderait de sauver un enfant, au péril de sa vie. Cela a bouleversé le court des choses. Il lui est alors proposé un marché : revenir à la vie mais en compensation, servir de détective pour l’au-delà. Désormais doté de pouvoirs, Yusuke devient un soldat de Dieu et affronte les forces du mal.

Le shônen des années 90 :

Si beaucoup considèrent Yū Yū Hakusho comme le digne successeur de Dragon Ball, c’est avant tout parce qu’on a là, un manga similaire, un shônen du type « nekketsu » qui reprend donc la même formule que son prédécesseur, sans oublier la popularité de l’œuvre qui s’est accompagnée par des grosses ventes, accentuant encore la comparaison entre les deux mangas.

Contenu varié :

Ce qui est intéressant dans un shônen, c’est que très souvent, le personnage principal est amené à tisser des liens d’amitié et faire équipe pour combattre en groupe. On se retrouve ainsi avec quelques personnages supplémentaires qui apportent de la variété. Dans Yū Yū Hakusho, Kurama amène un côté stratégique aux combats, là où Kuwabara est le comique du groupe. Quand à Hiei, il a ce côté mystérieux qui le rend imprévisible.

Dessins et fin décevante :

Pour ce qui est du dessin, je dirais que Togashi est aussi bien capable du meilleur comme du pire. S’il est assez facile de comprendre les mouvements et l’action, il arrive très souvent qu’il bâcle ses planches. L’absence récurrente d’arrière-plans fait paradoxalement tâche. Il lui arrive même parfois de dessiner des visages, sans aucun détail. On se retrouve avec juste la forme de la tête, ce qui n’est pas beau à voir.

Un manque d’envie que l’on retrouve à la fin du manga où l’auteur bâcle toute son œuvre. C’est simple, on entre dans un nouvel arc narratif, qui semble plutôt intéressant et celui-ci se termine après une ellipse au goût amer qui nous a privé de tout ce dont on était en droit d’attendre.

Conclusion : Un très bon manga qui aurait pu être encore meilleur

Yū Yū Hakusho, c’est la série à laquelle, j’aimerais vraiment donner 5 étoiles, mais qui malheureusement présente trop de défaut pour cela. Il faut rester neutre quoi qu’il arrive, mais ça ne m’empêche pas de vous conseiller fortement la lecture. C’est un bon manga d’action, drôle et les personnages sont attachants. Les 19 volumes s’enchaînent rapidement et on comprend mieux pourquoi ils ont participé à accroitre la popularité de Kana dans les années 90.

★★★★☆

Informations :

Scénario et dessins : Yoshihiro Togashi
Éditeur japonais : Shūeisha via Weekly Shōnen Jump (1990-1994)
Éditeur français : Kana (1997-1999)
Nombre de tome : 19

01 septembre 2016

Death Joke

Introduction :

Je suis récemment tombé sur Death Joke, une parodie du manga Death Note, que j’ai eu l’occasion de lire, plus tôt dans l’année. Si je ne suis pas friand de ce genre-là, j’ai quelques peu été tenté de voir ce que ça pouvait donner sur une série que je connaissais bien.

Écrit par Amano Kaito et illustré par Sakano Hiro, la parodie a eu un succès faiblard, obligeant visiblement l'éditeur a stopper l'histoire trois volumes. Mais comment expliquer ce faible succès, alors qu'en 2007, Death Note est quasiment au sommet de sa popularité ? La parodie est-elle vraiment décevante ?

Si je suis mal placé pour y répondre, étant donné qu'il ne s'agit pas de mon genre favori, je resterai neutre tout au long de cette critique et vous expliquer ce qui m'a -personnellement- embêté.

Synopsis :

Le manga se focalise sur Puduk, un homme sans emploi qui trouve un « Death Book » et le donne à Larv, dans l’optique de sa faire passer pour un méchant Dieu de la Mort. Sauf que Larv est loin d’être stupide et ne se laisse pas avoir. Une relation s’établit entre les deux durant laquelle, Puduk cherche à s’imposer, sans succès. Au fil des chapitres, d’autres personnages apparaissent dont Q, qui devient rapidement très important.

Si vous ne connaissez pas Death Note, il faut savoir que Larv, Puduk et Q sont respectivement les équivalant de Light, Ryuk et L, les personnages principaux du manga parodié. Cependant, la principale différence entre les deux séries ne se situe pas vraiment dans les noms des personnages.

Vide et immature :

Contrairement à Death Note, cette série est plus rapide à lire, il n’y a pas le côté « enquête » propre à la série originale, du coup, il y a moins d’explications et de dialogues.

Et c’est peut-être pour cela, qu’Amano Kaito a dû combler le grand vide qu’il avait sur Death Joke en y intégrant plusieurs éléments des grandes séries populaires, comme Dragon Ball ou Yu-Gi-Oh ! Certes, cela accentue le côté « jeunesse » de la série, mais j’ai vraiment cette impression que c’est pour cacher le néant du manga, qui ressemble d’ailleurs, à un vrai bazar avec toutes ces références. J’ajoute que là où j’ai carrément bloqué, c’est sur l’humour que je ne partage pas du tout. C’est vraiment immature et les tomes deviennent rapidement une corvée à lire. D’ailleurs, rien que les noms des personnages, donnent un petit indice sur le niveau de l’humour qui est présent dans le manga.

Orthographe qui pique les yeux :

Enfin le pire, c’est de voir des fautes d’orthographe pleuvoir à un rythme régulier, tout au long des trois volumes. Je parle pas de faute de frappe, mais bien d’orthographe. Je sais bien que ça arrive à tout le monde, j’en fais probablement à chacune de mes critiques mais là, on comprend bien que l’éditeur n’avait pas envie de relire l’œuvre pour se corriger. En même temps… je peux les comprendre, je ne connais personne qui aurait eu envie de relire Death Joke.

Dessins et suite :

Ce que je retiens de positif, c’est les dessins qui sont simples, pas très détaillés et parfaitement adaptés à ce style. Les couvertures sont plutôt jolies, notamment celle du premier tome que vous pouvez voir sur cette page.

Derrière le dernier tome, on a une indication sur la suite des aventures de Puduk et Larv. En effet, il est écrit que la saison 1 prend fin, annonçant probablement une seconde saison dans un futur plus ou moins proche. En réalité, il n’en est rien, Gekko a stoppé la commercialisation et les trois tomes sont donc les seuls disponibles, pas forcément une mauvaise idée.

Conclusion : Pas fan du tout

Si vous aimez les parodies, Death Joke peut largement faire l’affaire. C’est court et pas méchant. Le fait que la saison 2 ne verra probablement jamais le jour peut laisser un goût amer à ceux qui détestent démarrer une série et ne jamais pouvoir la finir, comme c’est d’ailleurs mon cas. Sinon, il y a toujours moyen d’aller voir ailleurs, le même éditeur a commercialisé plusieurs autres parodies, donc il y a du choix. En me lisant, vous aurez compris que je suis pas forcément fan de cette série. J’ai pas grand chose d’autre à dire, la note que j’attribue est ce qu’elle est, à savoir mauvaise.

★☆☆☆☆

Informations :

Scénario et dessins : Amano Kaito et Sakano Hiro
Éditeur japonais : ??? (2007)
Éditeur français : Gekko (2007-2008)
Nombre de tome : 3

25 août 2016

+Anima

Introduction :

Si le nom de Natsumi Mukai n’est pas réellement populaire hors du Japon, deux séries lui permirent néanmoins de se faire une petite réputation en France. Bien entendu, la plus connue, « Nui ! » qui fut éditée chez Ki-oon, mais aussi +Anima, ma dernière lecture en date, qui fut commercialisée entre 2005 et 2007 par Taifu Comics.

Alors oui, cette série est loin d'être populaire, mais il s'agit d'un des deux mangas de l'auteur a avoir bénéficié d'une traduction et commercialisation française et probablement à l'internationale en langue anglaise.

Synopsis :

La série nous plonge au cœur d’un univers typé fantasy où les êtres humains sont divisés en deux catégories : ceux possédant un +anima et ceux n’en possédant pas. Un +anima est tout simplement un pouvoir provenant des animaux qui se développe chez certaines personnes, lorsqu’elles sont en danger. Cette différence entre les hommes a créé des inégalités sociales. Ceux qui en possèdent un, sont traités comme des esclaves et leur pouvoir est souvent utilisé pour se faire de l’argent, peu importe la manière.

Cooro, le personnage principal qui possède le pouvoir du corbeau, croque la vie à pleine dent et ne se soucie que très peu de ce que pensent les autres. Il n’en veut à personne et la seule chose qu’il désire est de partir à la recherche de personne possédant un +anima et de se faire des amis.

Justement, il en rencontre et forme un groupe avec Husky, Nana et Senri qui ont respectivement les +anima du poisson, de la chauve-souris et de l’ours. L’histoire va ensuite, se focaliser principalement sur ces quatre personnages, qui seront amenés à combattre ensemble et user de confiance et de persévérance pour se défaire de leurs poursuivants.

Un contenu trop pauvre :

Ce qui est intéressant dans +Anima, c’est voir comment est traitée le thème du racisme dans un manga destiné à un jeune lectorat, voir l’approche de l’auteur sur une telle série. Mais vu que cela s’adresse à de jeunes lecteurs, le manga n’est pas aussi profond qu’on serait tenté de croire. La dénonciation des inégalités s'estompe au fil des chapitres.

Avec le temps, on en apprend plus sur le passé des protagonistes, mais cela ajoute simplement un semblant de base solide à l’œuvre. Parce qu’on ne connait à peine le contexte de l’histoire, y a cette sensation que les personnages démarrent réellement leur vie qu’à partir du premier tome et du coup, j'ai eu du mal à prendre au sérieux ces petits flashbacks qui ont ponctué la série.

Des clichés :

De plus, j’ai trouvé +Anima un peu cliché. Prenons Husky, il passe son temps à la chasse et prépare ce qu’il faut pour manger. Senri étant l’homme fort du groupe, son principal rôle est d’intervenir physiquement quand c’est nécessaire. Nana est la seule fille de l’équipe, ce qui fait que son rôle ne va pas plus loin que de coudre des vêtements et remonter le moral des troupes. Quand à Cooro, il ne semble pas porté par quelque chose, même si c’est souvent lui qui est l’élément déclencheur de l’aventure à chaque début de chapitre.

Dessins et couvertures :

Mais le manga reste bien pensé quand même, y pas beaucoup d’action, juste le nécessaire pour ne pas sombrer dans une succession de textes. Pour évoquer la forme, je trouve que le style de dessins employé correspond parfaitement à la série, c’est enfantin, joli et il n’y a pas besoin de détailler à 100% les arrière-plans. Par ailleurs, c’est à certains moments, assez drôle et les dix volumes se lisent rapidement.

Sinon, j’ai trouvé dommage d’avoir des couvertures aussi peu attirantes, j’ai jeté un coup d’oeil aux couvertures étrangères et franchement, je les trouve un brin plus belles.

Conclusion : Ça reste moyen

Pas très long et vraiment sympathique, +Anima a malgré tout, peu d’arguments pour se vendre et attirer un public plus large. Le manque d’enjeu dans l’histoire, les coutumes dépassées, le rôle des femmes dans la série et les couvertures peu attirantes font que j’ai du mal à pleinement considérer la série. En faite, c’est une œuvre qui plaira très certainement aux enfants qui liront l’histoire et mine de rien, c’est bien cela le but.

★★★☆☆

Informations :

Scénario et dessins : Natsumi Mukai
Éditeur japonais : MediaWorks via Dengeki Comic Gao ! (2000-2005)
Éditeur français : Taifu Comics (2005-2007)
Nombre de tome : 10

14 mai 2016

X-Men l’intégrale 1965

Il y a quelques mois, l’intégrale 1963-1964 des X-Men constituait ma porte d’entrée dans le monde des comics. Un premier volume servant essentiellement à poser les bases de la série, que ce soit dans la présentation des personnages, les antagonistes et le contexte entourant les mutants et leurs aventures. Cette intégrale 1965 propose un contenu légèrement différent, mais tout aussi intéressant. Stan Lee et Jack Kirby ont profité de cette troisième année pour enfin ajouter de la profondeur aux personnages et rendre les histoires plus consistantes.

C’est en effet, dans ce tome que l’on découvre une partie des origines du Professeur Xavier et son lien avec Cain Marko, connu notamment sous le nom du Fléau. Ce dernier s’impose d’ailleurs directement comme l’une des plus grandes menaces qui existe sur Terre et devient par la même occasion, l’un des pires adversaires des X-Men. Enfin, ce bouquin offre également des histoires annexes, comme des récits supplémentaires qui nous plongent dans le passé afin de mieux cerner certains personnages comme Cyclope et Iceberg.

Vous aurez probablement noté qu’une Sentinelle est mise en avant sur la première page de couverture et c’est bien normal, vu que l’année 1965 marque aussi les débuts d’un certain Bolivar Trask et ses Sentinelles. Ajoutez à cela, le retour de Magneto, l’apparition de l’Étranger, une opposition contre les Avengers (bien que décevante), ainsi que les débuts de Ka-Zar et vous obtenez un volume assez riche, malgré seulement sept numéros proposés.

Outre le contenu, il faut savoir que cette année-là a été charnière, puisqu’elle marquait le début de la fin de l’association Lee/Kirby sur les X-Men.

Werner Roth a en effet, réalisé ses débuts sur le titre à partir du 13e numéro, mais n’allez pas croire qu’il a apporté un changement majeur au niveau des dessins. À ce moment-là, il officiait encore sous le pseudonyme de Jay Gavin et n’était présent que pour finaliser la mise en page de Jack Kirby. Ce dernier étant très demandé dans les années 60, n’avait pas réellement le temps d’achever toutes ses planches. Si la prochaine intégrale permettra de se faire une meilleure idée du style Roth, on peut voir que certains personnages ont été légèrement retravaillés comme Iceberg qui ressemble davantage à un homme glacé qu’un tube de colle fondant, comme c’était le cas entre 1963 et 1964.

Conclusion : Que vaut cette intégrale ? Et bien... elle est dans la même veine que la précédente. Très honnêtement, j’étais septique en voyant qu’il n’y avait là que sept numéros et je doutais que ce volume m’offre autant de plaisir que le précédent. J’ai finalement été séduit par la qualité des chapitres et heureux de voir que Panini a intégré quelques pages bonus pour ajouter de l’épaisseur à cette intégrale. À part une petite aventure légèrement oubliable avec un pseudo Tarzan, ce volume se montre plus intéressant que le précédent. À voir désormais ce que donneront les mutants en 1966, après le départ de Jack Kirby.

Ma note : 5/5

Points positifs :
+ De la profondeur ajoutée aux personnages
+ Des numéros plus intéressants
+ Les apparitions marquantes du Fléau et des Sentinelles
+ Légèrement meilleur graphiquement

Points négatifs :
– Un Avengers vs. X-Men frustrant
– Un numéro faiblard avec Ka-Zar

Contenu et auteurs
X-Men 9 à 15 par Stan Lee, Jack Kirby & Werner Roth

© 1965, 2007 Marvel Entertainment