
Publié à la toute fin des années 90 et terminé au début des années 2000, Shaman King était à l'époque, l'un des mangas les plus populaire de ce début de siècle. Un animé a vu le jour, des jeux vidéos furent produits et des séries dérivées sont venues enrichir l'univers du shônen. Légèrement oublié par certains fans et éclipsé par les succès de trois grands mangas que je ne citerais pas ici, Shaman King n'en reste pas moins, le plus grand succès de Hiroyuki Takei.
Personnellement, je connaissais déjà -plus ou moins- le manga, moi qui avait l'habitude d'aller chez un ami pour regarder l'animé sur Fox Kids (devenu Jetix) et me prendre de plaisir à chanter le générique avec les paroles sous-titrées, une tout autre époque. Mais passons et voyons ce qu'est raconté dans Shaman King.
Synopsis :
Pour parfaire son apprentissage en tant que shaman, Asakura Yoh débarque à Tokyo, où il fait la connaissance d'Oyamada Manta. Un garçon ordinaire mais qui possède malgré tout, cette faculté à voir les esprits, à l'image des shamans. À partir de là, un lien se crée entre les deux personnages et Manta suivra Yoh dans sa quête ultime, qui est de devenir le roi des shamans.
Bien entendu, le jeune shaman se doute bien que ce ne sera pas évident et qu'il faudra surpasser beaucoup d'obstacle, enchaîner les victoires et que perdre n'est pas une option. Car pour désigner le Roi des shamans, il faut tout simplement remporter le Shaman Fight, un tournoi qui ne prend place qu'une fois tous les 500 ans, inutile de dire que la moindre erreur se paye cher.
Univers magnifique mais aussi effrayant :
Shaman King se passe bien sur Terre et si l'histoire se déroule à notre époque au Japon et aux États-Unis, on se sent plus éloigné du monde habituel que jamais. L'univers de Shaman King met la faune et la flore au premier plan. On apprend à l'image de Manta, que la nature est importante, qu'elle vit et que les shamans la ressentent et doivent ne faire qu'un avec celle-ci. Ce côté-là est accentué avec l'apparition des Paches, qui ont pour but de protéger le Shaman King, d'organiser et gérer le Shaman Fight.
Notons par ailleurs, la petite prouesse de l'auteur qui réussit à donner cette sensation que le manga se déroule dans un monde perdu, un monde que l'on ne connait pas, alors que nous sommes tout au long de la série, entouré par la technologie moderne (notamment celle des paches).
Mais il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un monde effrayant. En tant que lecteur, on a cette sensation d'être dans la peau de Manta, qui est comme nous, un humain "normal" qui avance dans l'inconnu et apprend au fil du temps que l'univers est en danger que la vie ne tient à rien, car des personnes malintentionnés veulent détruire la planète.
Variété des personnages :
Y a une chose que j'aime beaucoup dans Shaman King, c'est cette variété de personnage principaux. Ils ne sont pas beaucoup, mais ont un caractère et un style différent qui permet facilement de les distinguer, à l'image des personnages de YuYu Hakusho.
Yoh a un caractère qui ne colle pas à la situation, il sait que le monde est en danger, mais il ne perdra presque jamais sa cool-attitude et sait rester zen. Tout le contraire de Tao Ren, son rival qui à un goût pour le combat (et la victoire). Horohoro manque de discernement mais a un réel amour pour la nature et un bon fond. Là où Lyserg est rongé par la vengeance. Chocolove et Bokutou No Ryu sont un peu les humoristes de l'équipe, tandis que Faust VIII est dans le sérieux.
Un point sur l'humour :
L'humour me tient à cœur, surtout dans les shonens. Moi qui aime rigoler et passer un bon moment en lisant un manga, je considère ces passages comme très important. Je sais pas si Hiroyuki Takei est comédien à ses heures perdues, mais j'ai souvent pris plaisir à lire les passages avec Bokutou No Ryû, qui pense souvent à la drague et peut rapidement s'énerver quand son amour est en danger. Sa force augmente d'ailleurs radicalement en fonction de son humeur et se stoppe à la fin de son délire, j'adore cela. On a des courtes parenthèses qui permet de ne pas s'enfoncer totalement dans le sérieux et le feu de l'action.
Un point fatiguant et un autre, énervant :
Il ne faut pas se leurrer, Shaman King a aussi des points faibles. Premièrement et quand bien même, c'est un petit défaut, j'ai vu plusieurs fois des pages doubles toutes vide, avec seulement un texte écrit. Pas de dessins et je dois vous avouer que je soupçonne l'auteur d'être un peu paresseux. De mémoire, j'ai dû voir cela deux ou trois fois, sans oublier le reste de la série qui est globalement pas détaillé en dessins.
Ensuite, (on arrive au point fatiguant), il y a une surabondance de personnages secondaire. C'est à partir du début du Shaman Fight et je dois dire que je me suis perdu à quelques reprises. On a cette sensation qu'ils ne seront que des figurant, mais en réalité, ils ont pour la plupart un rôle assez important et avec autant de personnage (plus d'une trentaine), on s'y perd un peu. Leur noms peuvent être prononcés par certains, sans que je puisse comprendre réellement de qui il s'agit, perdu entre tous ces noms.
Je peux comprendre que c'est un tournoi et qu'il y a donc plus de personnage, mais là, Takei a donné l'impression de vouloir exploité tout ce qu'il avait sous la main et c'est donc un peu difficile à suivre.
Le point énervant est à la fin du dernier tome, le volume 32. Je sais bien que ce n'est pas la faute à l'auteur ou à Kana, l'éditeur français. Je sais aussi que la série s'est stoppé, mais ça n'en reste pas moins un point frustrant car beaucoup de fans, dont moi, n'ont pas eu la chance de connaitre le fin mot de l'histoire. Sans oublier certains combat qu'on a pas pu suivre.
Un espoir ?
J'ai vu qu'une réédition a eu lieu au Japon, compilant la série en 27 gros volumes et ajoutant ainsi des chapitres nouveaux que l'auteur voulait offrir aux fans, afin de terminer définitivement la série, mais visiblement Kana n'a pas commercialisé cette nouvelle édition, ce qui est dommage. Je garde malgré tout espoir qu'une nouvelle version française verra le jour.
Conclusion : Un des meilleurs mangas de ce début de siècle
Shaman King me fait beaucoup penser à YuYu Hakusho, c'est un bon manga, que j'aime vraiment, mais qui me laisse un goût amer à la fin. Il y a quelques défauts qui font que je ne peux lui attribuer la note maximal. Quoi qu'il en soit, je plains les personnes qui ne connaissent pas la série, qui est tout simplement l'un des shonens les plus divertissant et profond de ce début de siècle.
★★★★☆
Informations :
Scénario et dessins : Hiroyuki Takei
Éditeur japonais : Shūeisha via Weekly Shōnen Jump (1998-2004)
Éditeur français : Kana (2000-2006)
Nombre de tome : 32
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire