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29 juin 2020

Black Panther


Black Panther n'est que l'ultime preuve confirmant la capacité qu'a Marvel de créer des superstars. Certes, il a fallu qu'il apparaisse au cinéma pour enfin se faire connaitre auprès du grand public, mais le souverain du Wakanda a une longue et riche histoire en version papier et est bien connu des passionnés de comic books. Cette mini-anthologie invite justement les lecteurs -principalement débutants- à faire un petit tour dans le passé et vivre certains des plus grands récits qu'a connu le personnage.

Après la mort de son père, T'Challa -pour reprendre son vrai nom- doit prendre le pouvoir et diriger le Wakanda, pays souverain d'Afrique centrale. Il dispose pour cela d'une tenue, celle de la Panthère Noire, avec laquelle il se met en quête de protéger son pays contre les envahisseurs qui lorgnent sur les richesses du pays, notamment les gisements de Vibranium, qui sont exclusifs aux terres wakandaises, qui en font le pays le plus riche au monde et le plus avancée technologiquement parlant.

C'est principalement sur cette base que se construisent les histoires de Black Panther que j'ai pu découvrir dans ce bouquin. Les chapitres sont globalement tous intéressants et divertissants, même si les plus anciens ont vraiment vieilli et sont plus difficiles à savourer, surtout celui de 1977 sous la plume de Jack Kirby... qui n'est d'ailleurs, pas un récit complet si on se fie à la dernière page qui voit l'apparition d'une grande menace. Dommage qu'il faille passer par l'intégrale pour avoir la suite de cette histoire, même si c'est le but recherché derrière la publication de cette mini-anthologie. Quand aux numéros modernes, ils montrent que T'Challa peut se montrer vraiment badass quand il le souhaite ; sa relation avec Tornade est touchante et les problèmes qu'il doit affronter sont plus profonds et recherchés que les habituelles tentatives d'invasion qu'il avait l'habitude de repousser.

Black Panther (2016) par Brian Stelfreeze

Comme toujours dans ce type de livre, on note un gros décalage graphique qui peut toujours gêner, même si je suis désormais habitué avec les volumes que j'ai lu précédemment. Le style de Jack Kirby devrait gêner pas mal de lecteur, il faut dire que c'est un style qui a beaucoup vieilli, là où les planches de John Byrne restent toujours impressionnantes à voir aujourd'hui, notamment le travail fait sur les expressions des visages et plans choisis sur les scènes d'actions qui font que l'on comprend tout ce qu'il se passe, là où c'est parfois plus difficile à cerner avec Kirby. Le dessin de Mark Texeira peut également surprendre avec son côté peinturé et honnêtement, j'ai eu du mal avec ça, c'était différent d'un Stuart Immonen, mais j'ai beaucoup apprécié les gros plans sur Black Panther, ça lui donne un côté réaliste et plus sombre. J'ai enfin compris pourquoi John Romita Jr. a une aussi mauvaise réputation ; sur Black Panther, il a un coup de crayon pas loin d'être cartoonesque, avec peu de détail sur les personnages et les arrières plans, mais j'ai trouvé le récit tellement bon que je n'ai pas spécialement été dérangé. Enfin, le visuel ci-dessus montre le Black Panther de Brian Stelfreeze dans un style plus épuré, plus accrocheur, mais je trouve dommage que l'on perde des détails et que l'on se retrouve au final, avec une silhouette marquée par un encrage trop appuyé au niveau du visage, de l'abdomen et des bras.

Conclusion : Il faut s'accrocher au début mais la suite vaut le coup

Cette mini-anthologie nous permet d'avoir une belle idée sur les récits qu'il faut lire et ceux qui sont à éviter, selon nos goûts. Personnellement, je trouve que les séries plus récentes sont plus divertissantes et prenantes au niveau du scénario et de la narration, notamment celle de 2005 qui m'a vraiment plu tandis que le Black Panther de Jack Kirby a pris un énorme coup de vieux, même si l'auteur est à l'origine de cette tenue et cette allure qui caractérise bien le super-héros. Pourtant, je ne suis pas forcément dérangé par le old-school, j'ai lu suffisamment de numéro datant des années 60 pour apprécier et relativiser mon opinion sur les anciens récits, mais j'ai eu beaucoup de mal avec cet ancienne version du personnage.


J'ai aimé :
+ Découvrir le personnage et son univers
+ Le personnage dans des récits plus récents
+ Voir qu'il était lié aux X-Men

J'ai moins aimé :
- Que l'on n'ait aucun rien sur son passé d'Avengers
- Le chapitre de 1977 qui n'est pas un récit complet
- Les anciens numéros
- L'absence des couverture originales

Contenu et auteurs :

Fantastic Four (1961) 52-53 par Stan Lee & Jack Kirby
Black Panther (1977) 1 par Jack Kirby
Marvel Team-Up (1972) 100 par Chris Claremont & John Byrne
Black Panther (1998) 1 par Christopher Priest, Joe Quesada & Mark Texeira
Black Panther (2005) 1, 8-9 par Reginald Hudlin, John Romita Jr. & David Yardin
X-Men (1991) 175-176 par Peter Milligan & Salvador Larroca
Black Panther (2016) 1 par Ta-Nehisi Coates & Brian Stelfreeze

© 2018 MARVEL

05 juin 2020

Deadpool


Depuis les deux récents films l'ayant mis en avant, Deadpool est devenu un incontournable chez Marvel. Deux films que... je n'ai jamais regardé. Les bandes-annonces du premier volet ne me donnaient aucunement envie d'aller le voir, l'humour ne m'intéressait pas et la vulgarité qui en ressortait, a fini de me convaincre qu'il ne me ciblait pas. Pour autant, j'étais impatient de démarrer la lecture pour enfin apprendre à connaitre celui qui se fait également appeler Wade Wilson et pour voir si cet humour présent dans les films était réellement issu du comic-book ou s'il s'agissait d'une conséquence provoquée par une mode qui s'est développée avec le MCU (Marvel Cinematic Universe).

J'ai désormais la réponse à ma question et oui, l'humour est bien présent dans le comic-book et est même carrément à mon goût sur certains passages. Ce fut ainsi un réel plaisir de lire cette mini-anthologie, sentiment renforcé par le choix des numéros proposés qui sont intéressants et divertissants.

Pour vous présenter brièvement le personnage, Wade Wilson est un homme qui se sait condamné par un cancer en phase terminal et qui décide de ce fait, de devenir cobaye d'une expérience qui le sauve... mais lui donne également un pouvoir d'autoguérison ; difficile de ne pas être intrigué par la suite de sa vie personnelle ou professionnelle en sachant qu'il est presque immortel. À l'image d'un Eric O'Grady (Ant-Man) qui va saisir l'avantage de son pouvoir et l'user pour sa propre cause, Wade Wilson décide d'en faire de même et en se lançant dans le mercenariat sous le nom de Deadpool.

Le Deadpool de Leandro Fernandez (2010)

J'ai personnellement beaucoup aimé le numéro où Deadpool raconte ses origines à des scénaristes afin d'avoir un film sur lui à Hollywood et devenir une méga-star ; autant pour les dialogues qui m'ont bien fait rire que les dessins absolument sublimes de Leandro Fernandez, conjuguée à un découpage des cases, donnant l'impression de voir carrément un film sur le personnage. En clair, c'est moderne, ça en met plein les yeux et c'est bien drôle. Les quatre numéros de la "Poursuite Circulaire" sont dans la même veine, j'ai eu l'impression de regarder une série avec une narration rythmé et équilibrée où on est amené à suivre plusieurs personnages qui ont tous le même objectifs et qui finissent par se croiser à la fin. Bien qu'il s'agisse d'un comic-book sorti en 1993, le dessin n'a pas tant vieilli que cela et on prend plaisir à suivre Deadpool et découvrir certains personnages qui lui sont intimement liés comme Cable. L'annual avec Daredevil et les derniers numéros avec Hitler et le mariage de Wade Wilson sont divertissant, j'ai bien aimé les lire mais sans plus. J'ai un peu de mal avec le graphisme de Bernard Chang, notamment les gros contours noirs autour des personnages, ça renforce un côté cartoon qui ne colle pas avec les personnages d'Elektra et Daredevil, mais c'est peut-être l'encreur qui en est responsable, allez savoir... moi je ne m'y connais pas trop, donc je met ça sur le dos du dessinateur, toujours est-il que c'est un style qui me dérange visuellement parlant.

Conclusion : Très bon moyen de découvrir Deadpool

C'est probablement grâce à la popularité -encore fraîche- de Deadpool que Panini et Carrefour ont décidé de consacrer une mini-anthologie au personnage et c'est pas plus mal, car il reste relativement peu connu et il n'y a pas mieux qu'un bouquin de ce genre pour offrir une vue d'ensemble aux lecteurs et mieux cerner cet anti-héros pas comme les autres. Je ne regrette absolument pas l'achat, encore moins la lecture et je compte bien acheter du Deadpool à l'avenir pour le découvrir davantage.


J'ai aimé :
+ Le personnage en lui-même
+ Tous les numéros proposés dans cette mini-anthologie
+ Les dessins de Leandro Fernandez, principalement

J'ai moins aimé :
- Cette limitation à 240 pages qui bride l'éditeur et provoque...
- L'absence des couvertures originales

Contenu et auteurs :

X-Men Origins : Deadpool (2010) 1 par Duane Swierczynski & Leandro Fernandez
Deadpool : The Circle Chase (1993) 1-4 par Fabian Nicieza & Joe Madureira
Daredevil/Deadpool (1997) Annual 1 par Joe Kelly & Bernard Chang
Deadpool (2012) 26-27 (I, III & VI) par Gerry Duggan, Brian Posehn, Joe Kelly, Scott Koblish, Paco Medina & Mike Hawthorne


© 2018 MARVEL

24 mai 2020

X-Men


Cela fera bientôt deux ans que Panini Comics et Carrefour se sont associés pour offrir des comics à prix réduits pour attirer un public plus large et tenter de surfer sur le succès des productions cinématographiques, qui engendrent -encore aujourd'hui- milliards sur milliards. Issue de la collaboration entre les deux groupes, la Super Heroes Collection est la première série annuelle à avoir vu le jour et ma dernière lecture en date concerne le troisième volume, centré sur les X-Men.

Petit rappel pour les non-initiés, les X-Men sont porteurs d'un gène X, leur donnant des capacités extraordinaires. Ils ont choisi d'utiliser leurs pouvoirs aux côtés du Professeur Charles Xavier et de travailler à maintenir la paix entre l'homo sapiens et l'homo superior (c'est ainsi qu'ils sont définis). En revanche, d'autres préfèrent suivre Magneto dans son idée que l'espèce évolue naturellement et que la leur doit se répandre et conquérir la planète. C'est ce qui fait que les X-Men sont haïs et craints par un monde qu'ils ont pourtant juré de protéger.

Grâce à certains arcs narratifs désormais considérés comme légendaires, la licence X-Men s'est imposée avec le temps comme l'une des plus aboutis sur l'évocation des thèmes comme le racisme, l'extinction de l'espèce, l'évolution et les guerres. Prenez donc le meilleur de la riche histoire des mutants Marvel et vous obtiendrez approximativement ce bouquin. Il faut dire que ce volume n'est pas avare en numéro de qualité et reprend ainsi certains des récits les plus importants et passionnants de l'histoire des X-Men.

Alors certes, l'historique n°1 de 1963 va paraitre ridicule en comparaison aux chapitres suivants, tant dans la narration que sur les dessins, mais c'est le jeu des livres qui se veulent anthologiques. Pour autant, n'allez pas croire que le travail de Stan Lee et Jack Kirby est moins bon que celui d'un Grant Morrison et Frank Quitely, tout est une question de goût dans l'art ; on peut aimer ou détester, mais ce serait maladroit de hiérarchiser les styles entre eux. Pour ma part, j'ai beaucoup de mal avec les planches de New X-Men, je trouve le coup de crayon de Quitely banal, il a un style inégal avec parfois un manque de détail et des expressions du visage -à mon sens- ratées, mais est capable de mettre en valeur ses dessins en illustrant des seconds plans riches. Je préfère davantage le style de John Byrne, plus épatant et équilibré.

Difficile en revanche, de nier que j'ai passé un bon moment en lisant ce volume. Entre les numéros qui ont inspiré le film "Days of Future Past" en 2014, le Giant-Size X-Men qui a relancé la série en 1975, le procès de Jean Grey de 1980 et le premier numéro de 1963 que j'avais déjà pu lire en 2015 via une intégrale qui constituait ma porte d'entrée dans le monde des comics, je peux dire que ce bouquin ne m'a pas déçu.

New X-Men (2003) par Frank Quitely

Tout n'est pas super, je vous l'avoue.

Tout d'abord, je ne comprends pas pourquoi l'Annual n°12 est proposé, surtout en fin de volume après qu'on ait lu certaines des meilleures histoires, le chapitre tombe ainsi comme un cheveu sur la soupe. En effet, alors qu'on a l'impression d'avancer chronologiquement, on repart quelques années en arrière pour un récit que j'ai trouvé peu passionnant et qui est daté visuellement parlant. J'ai bien vu sur internet qu'il avait eu beaucoup de succès aux États-Unis, mais ça n'explique pas -à mon sens- le fait de l'incorporer au livre, surtout à la toute fin.

J'ai l'impression que Panini et Carrefour ne savaient pas quoi proposer pour occuper les dernières pages et ont choisi aléatoirement un one-shot et que sous-prétexte qu'il fut écrit par Chris Claremont, ça légitimerait la présence du numéro auprès des acheteurs. Un raisonnement stupide -s'il est avéré vrai- vu que l'objectif premier de la Super Heroes Collection est de séduire un lectorat débutant qui ne demande qu'à être charmé par cet univers de la BD américaine.

Autre problème que l'on avait déjà sur le volume précédent centré sur les Avengers, c'est la limitation aux 240 pages, ce qui empêche d'avoir les couvertures originales en fin de volume et c'est personnellement quelque chose qui m'embête toujours quand on y a pas droit.

Conclusion : Il vaut vraiment le coup

Malgré la limite des 240 pages, le volume se révèle être très riche en contenu (de qualité) et rentabilise largement son prix bas, il doit être trouvable à moins de cinq euros aujourd'hui. C'est une manière de démarrer les X-Men, d'avoir une bonne idée de ce qui a pu être fait auparavant et de voir les thèmes qui ont été abordés sur les plus de cinquante dernières années. Autant j'avais quelques déception sur le volume consacré aux Avengers, autant là, à part un chapitre dispensable, tout le reste est légitime et intéressant, je ne peux que vous le recommander.


Points positifs :
+ La plupart des récits sont intéressants et prenant
+ Certaines pages sont magnifiques
+ Le rapport qualité/prix

Points négatifs :
- Le dernier numéro avec les X-Babies
- L'absence des couvertures originales

Contenu et auteurs :

X-Men (1963) 1 par Stan Lee & Jack Kirby
Giant Size X-Men (1975) 1 par Len Wein & Dave Cockrum
Uncanny X-Men (1963) 137, 141-142 par Chris Claremont & John Byrne
New X-Men (2001) 114-116 par Grant Morrison & Frank Quitely
Uncanny X-Men (1963) Annual 12 par Chris Claremont & Arthur Adams

© 2018 MARVEL

05 mai 2020

Ivar, Timewalker

Quand j'ai acheté ce comics, je ne savais pas trop sur quoi j'allais tomber, mais comme on dit, "il faut se jeter à l'eau" et mon premier contact avec Valiant Comics eut lieu à ce moment-là. Aujourd'hui, je ne regrette absolument pas mon choix, qui a été réconforté tout au long de la lecture. Explications.

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis passionné par l'histoire ; le monde dans lequel nous vivons n'est que l'héritage du passé et j'aime personnellement l'étudier, le comprendre. Forcément, quand une bande-dessinée met en avant un homme capable de voyager à travers le temps et que l'on va pouvoir le suivre à travers presque 300 pages, l'excitation est à son maximum.

Ici, le héros (ou plutôt antihéros) s'appelle Ivar Anni-Padda et n'a qu'un objectif, empêcher Neela Sethi de découvrir le voyage dans le temps, chose qu'elle s'apprêtait à faire au Grand Collisionneur de Hadrons (du CERN, en Suisse). Si les raisons sont au départ floues, la physicienne obtient un élément de réponse en devenant la cible de conquérants de l'espace-temps, qu'elle tente de fuir avec Ivar, qui utilise des arcs temporels pour voyager à travers le temps et l'espace.

Dès lors, on est plongé dans ce qui est une course poursuite et l'esprit créatif Fred Van Lente revisite certaines des époques plus ou moins sombres de notre histoire, comme les prémices de l'Allemagne nazie, l'ère coloniale, le Jurassique, sans oublier le futur avec le Néo-Japon de l'an 4001.

Honnêtement, j'ai été largement satisfait du résultat final, j'ai enchaîné les numéros très rapidement, l'auteur avait pas mal d'idées. Celle de la puce anti-racisme qui finalement provoque quand même des discrimination est très superbe, les mondes parallèles, les époques passées revisitées, voir l'astéroïde de Chicxulub sous un autre angle, les monstres humanoïdes, tout cela est génial, j'ai vraiment adoré.
 
J'ai bien aimé la réaction de Neela Sethi, qui se rend compte du pouvoir et de l'avantage qu'elle a et le fait qu'elle souhaite l'utiliser pour réparer un des aléas de sa vie. Ça me conforte dans l'idée que le récit a été pensé en amont et qu'ils ont choisi d'aller avec la logique ; car c'est ce que ferait -probablement- toute personne ayant le pouvoir de voyager dans le temps. Autre chose que j'ai apprécié, la bonne dose d'humour, que ce soit avec Ivar ou ses deux frères. Les auteurs n'en ont pas abusé et les moments drôles ne cassent pas le rythme de la série, ils sont amenés au bon moment, rendant l'histoire plus équilibrée.

Quand une physicienne comprend que le 3x500 mètres d'EPS servait finalement à quelque chose.

Par contre, les dessins qui m'ont légèrement ennuyé. Non pas que c'était décevant à voir, mais le style m'a trop fait penser aux BD franco-belges et j'ai longtemps bloqué sur cela, ça me rappelle surtout que les comics sont variés et que le genre super-héroïque ne se limite pas aux corps musclés et aux capes. C'était assez beau, mais pas le style que j'affectionne, je regrette d'ailleurs qu'on ait pas eu des dessinateurs pouvant offrir des planches plus compréhensibles et fluides au niveau des scènes d'actions. En revanche et c'est assez rare que je cite des coloristes, je suis bluffé par le travail fourni ici par Andrew Dalhouse et Brian Reber. On a droit à une alternance entre les couleurs vives et sombres en fonction des époques et je trouve le rendu impeccable, c'est vraiment très beau. La magnifique couverture est quand à elle, signée Raul Allén, qui été également derrière la première de couverture d'Harbinger Wars : Blackout.

Honnêtement, je ne trouve pas de gros problème par rapport à Ivar, Timewalker. Disons juste que certains seront embêtés avec les chiffres romains (je l'avoue, mon cerveau m'a déçu à un moment) et que ceux ont du mal à comprendre le langage scientifique, seront un peu perdu, car certains termes utilisés sont hors de portée, mais donnent au comic-book un goût plus réaliste. Je vous rassure, c'est pas un récit difficile à comprendre, ce ne sont là que des détails. Personnellement, j'ai aussi été déçu qu'on ait pas une petite présentation du personnage et du comics dans des pages d'introductions d'ordre éditorial, comme c'est le cas chez Urban ou Panini. C'était déjà quelque chose que je regrettais avant de commencer la lecture de Valiant High, je trouve dommage qu'on ait pas eu droit dans ce bouquin.

Cette BD peut constituer une porte d'entrée raisonnable pour découvrir davantage l'univers Valiant. On y découvre ainsi certains personnages, liés à Ivar, comme l'Eternal Warrior ou Armstrong, mais on comprend vite que le récit est compréhensible sans qu'il n'y ait besoin de lire leurs séries respectives. Ce n'est pas pour autant que je ne compte pas les lire, ce bouquin m'a tellement plu que je compte bien acheter d'autres comics Valiant à l'avenir.

Prêt pour vivre l'histoire ? Je veux dire... pour la conclusion ?

Conclusion : C'est ce que doit être la BD en général

Je ne regrette absolument pas mon achat, c'est selon moi, exactement ce que doit être la bande-dessinée. C'est un art qui doit nous transporter, nous faire rêver et Ivar, Timewalker remplie ce rôle. C'est peut-être le passionné d'histoire qui vous parle et certains lecteurs vont trouver cela ennuyeux, mais dans mon cas, c'est tout le contraire. D'autant plus qu'il s'agit d'un choix de lecture judicieux, tant l'envie de découvrir et plonger dans l'univers Valiant -encore assez peu connu- s'est accrue.

Points positifs :
+ L'idée de revisiter certaines époques de notre histoire
+ Le personnage d'Ivar
+ L'humour dosée convenablement
+ Le trait, l'encrage des contours et les couleurs utilisées

Points négatifs :
- Pas de pages éditoriales chez Bliss ?
- Un style de dessin qui m'a un peu perturbé
- Trop court à mon goût

Contenu et auteurs :

Ivar, Timewalker (2015) 1-12 par Fred Van Lente, Clayton Henry, Francis Portela & Pere Pérez

© 2017, Bliss Éditions

24 avril 2020

Prince du Tennis

Comme beaucoup d'entre vous, j'ai profité du confinement pour avancer dans mes lectures et en ce qui me concerne, finir Prince du Tennis. Il s'agit probablement de la plus grosse œuvre de sport des années 2000 et celle qui a permis à Takeshi Konomi d'être un auteur qui compte au sein du Shōnen Jump. Si vous êtes affecté par le report de Roland Garros, la série de l'éditeur Kana se pose comme une assez bonne alternative.

Honnêtement, je m'attendais à du très lourd, parce que j'en avais un bon souvenir, mais je n'étais jamais allé au-delà du 19e tome durant mes années collèges. En effet, j'étais du genre à lire pas mal de mangas en même temps et certains ont perdu mon attention au fil du temps, comme Prince du Tennis. Au final, je peux dire que la série n'est pas aussi géniale que je l'espérais, c'est une œuvre qui a des qualités, dont une grosse notamment, mais qui souffre de pas mal de défauts.

Je vais d'abord vous résumer brièvement l'histoire, on suit des jeunes du collège de Seigaku (Tokyo) qui sont passionnés par le tennis et envisagent de devenir la meilleure équipe inter-collège du Japon et décrocher le titre national dans leur catégorie. Ils ne sont pas tous dans la même classe mais apprennent à se connaitre à travers leur passion et l'arrivée d'Echizen Ryoma dans leur collège va apporter une grosse plus-value à leur rêve, puisque ce dernier est un génie du tennis et son père, l'une des plus grandes légendes de ce sport et l'a entraîné depuis son plus jeune âge.

On voit donc cette équipe de Seigaku gagner en maturité au fil de l'aventure (42 tomes au total !) contre des adversaires toujours plus fort (Hyotei, St. Rudolph, Rikkai, Fudomine, etc...).

Je parlais d'un gros point fort et je vais l'évoquer dès maintenant, c'est la galerie des personnages et le traitement de ceux-ci. Les joueurs de Seigaku sont tous différents les uns des autres, on les identifie très facilement et personnellement, j'adore ça ; mais là où l'auteur se montre très bon, c'est dans leur traitement. Aucun des personnages n'est mis en retrait ou en avant davantage que les autres, ils vont ainsi tous progresser et bénéficier d'une mise en avant, là où dans Dragon Ball ou Naruto, le personnage principal devient tellement fort que les autres paraissent ridiculement faible.

Ce n'est pas le cas ici et tant mieux, car quand on s'attache à un personnage, on a qu'une envie, c'est de prendre plaisir à le suivre. Pour les personnages secondaires, l'auteur les a bien traités également et on a plaisir à revoir certains par la suite, car le manga propose deux arcs, d'abord un tournoi du Kanto (région tokyoïte), puis un tournoi national et certaines équipes se retrouvent par la suite.

Oubliez les Roger Federer ou Rafael Nadal, ces collégiens sont 100x meilleurs.

D'autres petits points positifs à signaler : le rythme de la série, à part deux temps morts (sur +40 tomes, c'est fort), tout le reste de la série s'enchaîne avec un rythme soutenu, on ne s'ennuie pas. Enfin, y a les dessins qu'il faut relever également, Takeshi Konomi adopte un style typique de ce qu'on voit dans le Shōnen Jump, c'est-à-dire un trait fin, précis et par moments, des environnements détaillés.

En revanche, comme je l'ai dit plus haut, Prince du Tennis multiplie les petits défauts et il est temps de les aborder.

D'abord, le fait de démarrer l'histoire sur un base réaliste où certains coups de raquette sont même expliqués, le genre de coup qu'une personne extérieur à cette discipline (comme moi) ne pourrait croire une seule seconde que ce serait possible à exécuter.

Sauf que ce côté réaliste et -au passage- intéressant perd tout sens quand l'auteur entreprend le virage "fantastique" (j'ai que ce mot en tête, désolé) et nous offre typiquement la même chose que les autres mangas, à savoir des affrontements où l'on pourrait carrément remplacer les raquettes par des poings en flammes que ça ne changerait rien à ce que l'on voit. Les matchs de tennis deviennent ainsi qu'un simple prétexte à de l'action pure où les balles peuvent disparaitre, être attirées à un point spécifique du terrain, rouler sur le filet à l'horizontale pour ne pas retomber là où est l'adversaire ou tout simplement ne pas passer le filet (car une force l'en empêche).

À la limite, si c'était un manga de cette veine dès le début, je n'aurais pas été embêté, car cela aurait été assumé dès le début. Ce qui me dérange en réalité, c'est qu'on nous vend un manga qui au final, n'est clairement plus le même à la fin, il y a cette impression de lire une autre série.

Autre point négatif, c'est qu'avec ce virage entrepris, on ne comprend plus grand chose aux actions, je ne parle pas d'avoir des explications, mais plutôt des dessins qui atteignent leurs limites puisqu'ils ne sont plus aussi clair qu'avant.

Notez la casquette Jack Purcell.

Enfin, un dernier point noir selon moi, c'est dans le dernier tome de la série, lors du dernier match de la finale du championnat national. Echizen Ryoma, le personnage principal reprend le dessus sans qu'il n'y ait de raison valable (je n'ai pas envie d'en dire plus pour ne pas dévoiler davantage), me laissant un petit goût amer dans la bouche.

Conclusion : Ça reste un bon manga

Prince du Tennis me rappelle Yu Yu Hakusho que j'aime beaucoup mais qui a pas mal de défaut. On a là, une série à lire au moins une fois, afin de se faire une réelle idée du manga, mais pas plus à moins d'être vraiment fan de l’œuvre. J'apprécie les personnages, j'aime les suivre, ils sont bien traités, mais il est évident que ce titre a trop de faiblesses pour finir un jour sur mon étagère. Takeshi Konomi est malgré tout un vrai passionné de tennis et réussit à transmettre son amour dans cette série et c'est tout à son honneur.


Points positifs :
+ Le traitement des principaux protagonistes de l'histoire
+ La galerie des personnages
+ Le coup de crayon intéressant
+ La première moitié du manga

Points négatifs :
- La seconde moitié de l’œuvre
- Le virage fantaisiste emprunté
- Les dessins qui perdent en clarté
- Le final du manga

© 1999 by Takeshi Konomi

01 février 2020

Valiant High

Si la sortie prochaine du film Bloodshot met un coup de projecteur sur Valiant Comics, c'est avant-tout la qualité de ses séries qui ont permis à l'éditeur de se faire une place toujours plus grande au milieu des deux géants que sont DC et Marvel. De ce fait, s'il y a bien une maison d'édition à suivre actuellement en France, c'est celle qui se charge de traduire, éditer et commercialiser les licences Valiant, j'ai nommé Bliss Éditions.

Et comme toujours, avant d'explorer un univers, il faut trouver une bonne porte d'entrée, afin que ce premier pas soit suivi d'un autre. Pour ma part, j'ai jeté mon dévolu sur Valiant High ; un récit complet en quatre numéros qui nous transporte au sein d'un établissement scolaire où la plupart des gros noms des séries de l'éditeur sont imaginés en étudiants dans une ambiance typiquement américaine. Pas loin d'être une école pour mutants comme dans les X-Men, la différence ici se situe au niveau du règlement, puisqu'il est totalement interdit d'utiliser ses pouvoirs.

Entre le pitch de départ et la page de couverture, on se doute bien qu'il ne s'agit pas du récit de l'année et que ce n'est pas spécialement un chef-d’œuvre, mais c'est un bouquin qui propose une lecture sympathique, rapide et sonne surtout comme une bouffée d'air frais au milieu des autres histoires plus sérieuses. D'ailleurs, les dessins de Derek Charm illustrent bien ce côté distrayant avec des traits arrondis, peu de détails, des arrière-plans vides mais colorés, donnant une ambiance typiquement cartoonesque, qui colle vraiment avec ce genre de récits à la fois drôles et légers.

Pour ce qui est de la narration, dans la mesure où le volume dépasse légèrement la centaines de pages, la lecture s'enchaîne très vite et on a cette sensation de récit expédié. Loin de moi l'idée de dire que le faible développement des personnages, l'exploitation de ceux-ci et la profondeur de l'intrigue sont un point noir, je pense en revanche qu'on reste sur notre faim parce qu'on aurait pu avoir mieux ; un ou deux numéros supplémentaires auraient pu réparer cela.


Comme je l'ai dit plus haut, j'ai choisi Valiant High avant-tout car je considérais le bouquin comme une bonne opportunité de faire connaissance avec l'éditeur américain. Il faut dire qu'on a là, un récit complet, court et on a pas nécessairement besoin de lire les séries Valiant, car celle-ci n'est aucunement liée aux autres. Ce qui m'amène à cette question : est-ce-que Valiant High s'impose comme un choix intéressant ?

Honnêtement, je dirais oui et non.

On peut faire connaissance "de très loin" avec certains personnages, être en mesure de les identifier, mais on peut aussi passer à côté des clins d'oeil et ne pas cerner toutes subtilités qu'un débutant comme moi n'a surement pas remarqué. En revanche, ce serait mentir que de dire que cela gêne la lecture, on peut tranquillement suivre le récit sans problème.

Conclusion : Un récit bien cool

Valiant High n'a aucune prétention autre que de divertir le lecteur. Si les puristes ne se jetteront pas forcément dessus, ces derniers passent à côté d'une histoire drôle, légère et qui a le mérite de parler aussi bien aux fins connaisseurs qu'aux débutants.


Points positifs :
+ drôle par moments
+ des dessins qui collent bien à l'ambiance générale
+ une galeries avec les couvertures originales et des variantes
+ une autre manière de découvrir les personnages Valiant, mais...

Points négatifs :
- beaucoup de personnages pour le débutant que je suis
- histoire trop courte

Contenu et auteurs :
Valiant High #1-4 (2017) par Daniel Kibblesmith & Derek Charm

© 2019, Bliss Éditions

26 janvier 2020

Harbinger Wars : Blackout - Prologue

J'enchaîne les petites lectures avec le prologue d'Harbinger Wars : Blackout. C'est un petit numéro que m'a gentiment offert Bliss (même si on sait qu'il y a un intérêt derrière hein 😉), écrit par Eric Heisserer et dessiné par le duo Raúl Allén/Patricia Martín. Ce récit lancerait apparemment un gros conflit opposant les "psiotiques" au gouvernement américain ; narré dans un volume unique commercialisé courant 2019 par l'éditeur français.

Mais qu'est-ce-qui pourrait déclencher un tel conflit, me direz-vous.

Autant le préciser tout de suite, malgré quelques éléments de réponse, c'est pas dans ce livret qu'on y trouve la raison principale.

Dans ce prologue, on a surtout la mise en place du contexte avec l'identification des deux camps qui seront opposés dans la guerre à venir. Les "psiotiques" de Peter Stancheck d'un côté et le H.A.R.D. Corps du gouvernement en opposition. Il faut dire que Stancheck est activement recherché, il est considéré comme l'un des plus dangereux "mutants" au monde. De ce fait, tout ceux qui entrent en contact avec le fugitif sont arrêtés, placés en garde à vue et interrogés par un militaire haut placé.

Pour ceux qui ne connaissent pas l'univers Valiant, vous serez probablement aussi intrigué que moi par rapport au personnage de Peter Stancheck. Ce dernier est dépeint ici comme une figure carrément messianique, celui que rien ne peut arrêter et s'avance comme le sauveur des êtres persécutés. C'est du moins, ce qu'il en ressort dans les dires des protagonistes et leurs flashbacks. À noter que les illustrations collent parfaitement à cette impression ; l'occasion pour moi de saluer le travail des deux dessinateurs espagnols. Les planches sont très détaillées, c'est beau et malgré que le découpage des cases soit un peu à "l'ancienne" ; on a la sensation de lire un film, tant les dessins sont fluides et s'enchaînent parfaitement.

Je rajoute qu'outre ce que je viens d'évoquer, l'auteur a bien accentué cette tension qui règne entre les hommes dits "normaux" et les "psiotiques", on voit bien que ces derniers sont chassés, abandonnés à leur sort et haïs par la société ; ça me rappelle les X-Men chez Marvel.

Conclusion : Bon, mais...

Ce prologue me tente vraiment, certains personnages réussissent à piquer ma curiosité. J'ai évoqué Peter Stancheck, mais un autre homme semble voué à jouer un rôle majeur et c'est sur lui que se termine ce numéro. Je trouve dommage qu'on ait pas eu l'évènement qui enclenche réellement le conflit. C'était court, tout semble avoir été fait pour présenter les personnages, sans vouloir en montrer plus. Il n'est d'ailleurs pas impossible de pouvoir lire la suite sans passer par ce prologue, mais il m'est difficile de me plaindre, dans la mesure où ce récit était gratuit.


Points positifs :
+ Un premier chapitre offert gratuitement
+ La qualité des dessins
+ C'est prenant et ça s'annonce explosif

Point négatif :
– C'est vraiment le minimum qui est proposé là
– La qualité du papier, mais c’est compréhensible sur ce format

Contenu et auteurs :
Harbinger Wars 2 #0 (2017) par Eric Heisserer, Raúl Allén & Patricia Martín

© 2019, Bliss Éditions

Kaijumax - chapitre 1


Le premier chapitre de Kaijumax a été proposé gratuitement l'année dernière à l'occasion du « Free Comic Book Day France » et dans mon cas, j'ai eu la chance d'en recevoir une copie de la part de Bliss Éditions, après ma commande de septembre dernier. Avant tout, il faut savoir que Kaijumax n'est pas une licence appartenant à Valiant, mais à Oni Press, une maison d'édition américaine spécialisée dans le roman graphique. Bliss ne se prive ainsi plus de varier son offre et ce n'est pas nécessairement une mauvaise idée, surtout qu'on a là, une belle pépite qui m'a montré qu'on pouvait être séduit en moins de vingt pages.

C'est du moins, la conclusion que je me suis fait à la lecture du premier numéro, qui nous invite à suivre Electrogor dans sa mésaventure, lui qui est arrêté alors qu'il cherchait à manger pour nourrir sa famille. Il est enfermé dans une prison pour monstre et n'a qu'une envie, la quitter le plus vite possible et retrouver son foyer pour deux raisons... que je préfère ne pas dévoiler et qui lancent réellement cette histoire.

Ce n'est certes, pas l'histoire du siècle, ce n'est pas très original, mais ça marche, ça me donne personnellement envie de lire la suite. Entre la dangerosité des prisons, le temps qui défile, le fait que le protagoniste principal se retrouve très vite dans les problèmes, on a là un condensé ce qui peut arriver de pire et la curiosité de voir comment le personnage va s'en sortir (en partant du principe qu'il s'en sortira).

Ne vous fiez pas à la première page de couverture et aux dessins pour valider -ou non- cette œuvre. Zander Cannon a un coup de crayon particulier, je le reconnais et il est loin de me séduire, c'est peu détaillé, les traits sont trop arrondis, mais c'est un style osé, car il y a un vrai contraste avec le fond qui est sérieux, le fait que ça soit autant coloré, rend le tout plus beau que ça ne l'est. J'ai réussi à m'y faire, alors que je n'ai qu'une vingtaine de page sous la main. Indirectement, on se dit que les illustrations passent au second plan dans ce genre d'histoire, même si on est d'accord qu'il faudra lire l’œuvre entièrement pour pouvoir trancher définitivement sur la question.

Conclusion : Ça donne envie

Je ne vous le conseille pas maintenant, car je n'ai lu que le début et ce serait maladroit de ma part de vous inciter à acheter une œuvre à la simple lecture des premières pages, de même que je donnerai un avis plus constructif et complet quand j'aurai le bouquin entre mes mains. J'avoue en revanche, que j'ai rarement été aussi pressé de lire un livre à la simple lecture du premier chapitre, je suis assez séduit et met Kaijumax dans ma liste de futurs achats.



J'ai aimé :
+ La gratuité (bah oui, je ne vais pas cracher dessus)
+ La beauté des planches, les couleurs qui donnent vie à celles-ci
+ L'histoire qui démarre vite et se montre excitante

J'ai moins aimé :

– La qualité du papier, mais c’est compréhensible sur ce format
– Le style graphique de l'auteur trop simple

Contenu et auteurs :
Kaijumax #1 (2015) par Zander Cannon

© 2019, Bliss Éditions

23 janvier 2020

Unity : dans la toile du Dr. Silk

Il y a quelques mois, j’ai commandé deux comic books de l’éditeur français Bliss : Valiant High et Ivar, Timewalker. Deux œuvres qui ont malheureusement pris la poussière sur l’étagère, car j’étais en pleine lecture des intégrales X-Men et personnellement, je n’aime pas démarrer plusieurs lectures en même temps.

Je voulais donc terminer la série Marvel des années 60 avant de tourner progressivement mon regard sur mes dernières acquisitions.

Sauf qu’aux côtés de celles-ci, j’ai également reçu deux petits cadeaux, tous deux issus du « Free Comic Book Day France ». Ma lecture du jour concerne justement un de ces deux ouvrages, en l’occurrence, « Unity : dans la toile du Dr. Silk » de Matt Kindt (scénario), Cafu (dessins) et Brian Reber (colorisation).

Le comic book nous plonge dans une course contre la montre, puisque le Dr. Silk a dans l’idée de contaminer toute la planète via un virus. Livewire a disparu, alors qu’elle enquêtait près de la base du docteur et c’est donc ce qui pousse le MI-6 a réunir Unity, un groupe de super-héros ayant déjà fait ses preuves par le passé. C’est ainsi dans l’optique d’aider Livewire et de stopper le Dr. Silk, que X-O Manowar, Ninjak et l’Eternal Warrior furent à nouveau réunis.

Une petite histoire bien sympathique et prenante, qui mêle science-fiction, action et un peu d’humour, sur le peu que j’ai pu lire.

Ce qui m’a surtout plu, au-delà même des personnages principaux, c’est l’antagoniste que je trouve très intéressant dans sa manière de voir les choses et son évolution psychologique à travers les quelques flashbacks du récit. Il a réussi à piquer ma curiosité et j’ai bien envie d’en savoir plus sur lui.

À noter également un style graphique qui en met plein les yeux. Je ne connaissais pas Cafu et bien désormais, je tâcherai de retenir son nom. Les planches sont très belles, l’animation est plutôt fluide notamment grâce au bon découpage des cases. Je n’ai eu aucun mal à comprendre ce que je voyais.

Conclusion : Du lourd en perspective

Alors que je m’attendais à avoir beaucoup de mal à comprendre l’histoire et cerner les personnages, pensant d’avance que j’allais être perdu au milieu du vaste univers Valiant, j’ai été stupéfait positivement par ce petit ouvrage. Le rôle de ce cadeau était d’essayer de charmer le lecteur pour qu’il en vient à acheter la série et bien sachez que je suis conquis. S’il est difficile de juger une toute petite partie de BD, il faut savoir que ce qui est proposé là est un récit complet, difficile de se plaindre, merci encore à Bliss Comics pour le cadeau.

★★★★★

Points positifs :
+ Découvrir un nouvel univers, une nouvelle équipe
+ Des numéros plaisants
+ Un récit complet, offert gratuitement
+ La qualité des dessins
+ Le Dr. Silk

Point négatif :

– La qualité du papier, mais c’est compréhensible sur ce format

Contenu et auteurs :
Unity #5-7 (2017) par Matt Kindt, Cafu & Brian Reber

© 2017, Bliss Éditions

31 décembre 2019

Bilan de mes lectures en 2019

Nous sommes le 31 décembre 2019 et c'est donc l'occasion pour moi, de faire un petit bilan sur ce que j'ai pu lire cette année.

Vu que mes critiques ne sont pas lues par tout le monde, je profite de cet espace pour vous proposer des liens menant à celles-ci, avec mes notes entre parenthèses.

Naruto (5)
Spider-Man (5)
Avengers (3)
Les Royaumes Carnivores (4)
Judge (4)
Silver Surfer : l’intégrale 1966-1969 (5)
X-Men : l’intégrale 1968 (3)
Chobits (4)
Hikaru No Go (4)
X-Men : l’intégrale 1969-1970 (4)
X-Men : l’intégrale 1972-1975 (3)
BLAME ! (1)

Comme vous pouvez le voir ci-dessus, j'ai voulu varier mes lectures et alterner entre les mangas et les comic books américains, mais ce sera de l'histoire ancienne dorénavant, car je vais arrêter de lire en voulant équilibrer les choses ; dorénavant, je lirai ce que j’ai envie et peu m’importe si j’enchaîne - par exemple - une année entière sans lire le moindre manga.

Bon sinon, ce bilan, que faut-il en retenir ?

J'ai lu six séries nippones, dont Naruto, qui est la plus populaire de la liste et l'un des plus gros succès au niveau mondial. Ce fut assez long (+70 tomes !), je le reconnais et c'est ce qui m'a amené à lire quelques mangas courts, comme Judge, Les Royaume Carnivores, Chobits ou encore BLAME ! Dans cette liste, seul Hikaru No Go peut être considéré comme une série longue (23 tomes).

Côté comics, j’ai enfin entamé la lecture de deux BD de type anthologiques, que j’avais acheté courant 2018, il s'agit de deux mini-anthologies sur Spider-Man et les Avengers. Je suis ensuite retourné vers les intégrales de Panini Comics avec le premier tome consacré au Silver Surfer et trois volumes centrés sur les X-Men. D'ailleurs, je vais faire une pause sur les X-Men, j’étais pas loin de l’overdose en lisant toutes ces intégrales. Mon objectif pour 2019 était juste de terminer cette série et de souffler un peu avant de reprendre - dans deux ou trois ans - la lecture avec le renouveau initié par Chris Claremont. Ça explique pourquoi j’ai un peu forcé en lisant trois intégrales, qui étaient - comme le montre mes notes entre parenthèses - quelque peu décevantes.

Concernant 2020, j’ai déjà quelques idées de lectures en tête, je suis même en train de lire Prince du Tennis, une série très longue (+40 tomes). Quatre autres mangas m’attendent, dont Dragon Ball, là encore très long (42 volumes). C’est le manga que presque tout le monde a lu et je me devais -un jour ou l’autre- d’en faire de même. Pour être franc avec vous, j’ai déjà lu cette série, mais c’était dans les années 2000, durant mes années collège et à cette époque, j’avais l’habitude de sauter quelques tomes par-ci par-là, j’étais moins discipliné et sérieux dans ma lecture.

Au niveau des comics, je compte lire deux bouquins que j’ai récemment acheté chez Bliss Éditions avec Ivar, Timewalker et Valiant High. Après cela, je me redirigerai à nouveau vers Marvel avec deux anthologies que j’ai acheté, il y a presque un an et demi, sur les X-Men et Deadpool. Je sais que je donne l’impression de boycotter DC Comics, mais je compte très bientôt démarrer un one-shot des années 80 et une aventure issue de la collection New 52, si le temps me le permet.

Voilà, voilà.

Je vous quitte en vous souhaitant une bonne année et merci encore pour tous les retours positifs sur les réseaux sociaux notamment et les forums. Si vous avez des suggestions de lectures, n’hésitez pas à m’en faire part.

03 décembre 2019

BLAME !

Il existe des auteurs qui nous marquent positivement et d’autres qui ne laissent pas un souvenir impérissable. Pourtant, j’ai inconsciemment mis un mangaka sur ma liste noire, afin de ne plus jamais lire une de ses œuvres. Ce mangaka en question n’est autre que Tsutomu Nihei. Pour me comprendre, il faut remonter à 2017, cette année-là, j’ai démarré la lecture d’Abara, une série en deux tomes, vous pouvez d’ailleurs (re)lire ma critique en cliquant ici. Je pense encore aujourd’hui, qu’il s’agit tout simplement de ma pire lecture, depuis l’ouverture de ce blog.

Mais j’ai conscience que Tsutomu Nihei ne s’est pas forgé une réputation par hasard, si ses mangas ont autant de succès, c’est qu’il y a une raison quelque part et j’ai donc commencé à me poser des questions et celle qui revenait le plus était la suivante : Faut-il lire « BLAME ! » pour se rendre compte du potentiel de l’auteur ?

Après tout, Abara ne s’étalait que sur deux tomes, il ne s'agissait pas un manga très développé et BLAME est considérée comme la série phare de l’auteur. Changer mon opinion vis-à-vis de l'auteur, telle était donc la mission de BLAME.

Le manga nous transporte dans un monde post-apocalyptique où l’on suit Killy, une sorte de cyborg ayant pour but de trouver un terminal génétique, à la demande du Bureau Gouvernemental. Pour cela, il doit gravir les étages d’une structure gigantesque, longue de plusieurs milliers d’étages, tout en faisant face aux différentes créatures qui se dressent sur son chemin.

Ce scénario peut paraître simpliste, mais il faut pouvoir l’identifier et le comprendre, chose qui est plus facile à dire qu’à faire. En effet, lorsque l’on démarre la lecture, on se rend rapidement compte qu’il n’y a que très peu de dialogue. Le manque d’interaction entre les personnages, fait qu’on a du mal à cerner les personnages, on ne sait pas qui ils sont, ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Il faut avancer à l’aveugle pour réunir petit à petit, les pièces du puzzle et comprendre l’enjeu du manga.

Personnellement, j’ai pas du tout aimé. Je ne suis pas contre ce format, mais j’exige une direction. Suivre Killy, c’était comme aller dans l’inconnu, c’était ennuyeux.

Inévitablement, on se tourne vers les dessins, le seul point positif, selon moi. Et pourtant, Tsutomu Nihei alterne entre le bon et le moins bon. Les décors et les arrière-plans, essentiellement constitués de structures/bâtiments, sont très bien dessinés et détaillés. Ils sont aussi bien pensés, de part leur immensité qui se marie bien avec l’idée que l’on se fait d’un monde cyberpunk. De plus, ces dessins accentuent cette anxiété, ce stresse que peut générer une guerre technologique entre deux camps rivaux.

Mais tout n’est pas parfait. Tsutomu Nihei a un gros problème dans sa manière d’illustrer les scènes d’action. On ne comprend rien du tout, c’est frustrant et au bout de dix tomes, vous êtes davantage tenté de tourner les pages par réflexe, plutôt que d’essayer de les analyser. Par ailleurs, les multiples coups de crayon transforment souvent les planches en pages de brouillon, autant dire que c’est désagréable pour les yeux.

Bien qu’il s’agisse d’un soucis mineur, je trouve que les premières pages de couvertures ne mettent pas trop la série en valeur et n’inspirent pas à l’achat. Les deux premières éditions font tâche à ce niveau-là en comparaison à la version Deluxe, sortie en 2018.

Conclusion : Je n’y arrive pas du tout... Tsutomu Nihei a son propre style, certains y adhèrent, d’autres non. BLAME n’est pas très différent d’Abara, on est presque dans la même ambiance, mais on comprend facilement pourquoi ce manga est devenu l’œuvre phare de l’auteur. La série est mieux développée, le personnage de Killy est plus charismatique et les illustrations pouvant flatter la rétine ne sont pas rares. Me concernant, j’ai enfin eu la réponse aux questions que je me posais, c’est définitivement pas pour moi.

Ma note : 1/5

Points positifs :
+ Des dessins beau et détaillés qui collent à l’ambiance du manga

Points négatifs :
– Il faut s’accrocher pour comprendre
– Certaines illustrations d’actions sont incompréhensibles
– Le choix douteux des pages de couvertures

© 1998 by Tsutomu Nihei